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LES NOUVELLES, ANNEE 2010

5 février 2010

Il y a un an jour pour jour, je vous promettais un très rapide come-back mais la vie en a voulu autrement. En effet le 7 février 2009 je perdais ma fille Alexandra dans des conditions particulièrement dramatiques et depuis je n'ai plus la tête pour écrire des textes, quels qu'ils soient. Rassurez vous je n'en ai pas abandonné le refuge ni les animaux pour autant et n'ai cessé de les secourir.
Même aujourd'hui j'ai beaucoup de mal à aligner les mots les uns derrière les autres, mais je vais faire de mon mieux pour reprendre le cours de ce site trop longtemps abandonné.
Si les premières photos sont celles d'une magnifique petite chatte de race Bengale c'est parce que Sanga ( c'est son nom ) est le souvenir vivant d'Alexandra qui était une passionnée de chats. Celle-ci était sa préférée car elle l'avait sauvée d'une mort certaine lors d'une exposition féline. Une éleveuse peu scrupuleuse présentait ce chaton les yeux fermés par le pus, d'une maigreur impressionnante. L'ayant beaucoup soignée, elle s'en était occupé beaucoup plus que les autres et lui vouait une immense affection. Sanga s'est bien habituée à la maison malgré l'accueil frileux que lui ont réservé mes nombreux minous. C'est une chatte très gaie, hyperactive, chasseuse mais particulièrement câline. Elle représente beaucoup pour moi. Je vous laisse apprécier sa beauté sauvage !

 

Ma dernière apparition avait ciblé le départ de notre regretté Upsa et je n'avais pas pris le temps de relater les faits concernant l'horrible affaire de la Ferme-zoo de Cessenon sur Orb qui defrayé la chronique dans le quotidien Midi-Libre pendant plusieurs semaines. En effet une macabre découverte avait été faite en janvier 2009, plus d'une trentaine d'animaux morts et bien d'autres à l'agonie avaient été retrouvés dans cette ferme. L'endroit était quasi abandonné depuis déjà longtemps, les animaux n'y étaient plus nourris ni abreuvés et mourraient à petit feu, certains enfoncés dans une boue collante au milieu des installations en état avancé de délabrement et de saleté. Il faut dire que 800 animaux vivaient entassés sur une superficie réduite. Alertés, les gendarmes et la direction des services vétérinaires se sont rendus rapidement sur place, ils n'ont pu que constater les images saisissantes de désolation.
Le gérant, Eugène Paquay aurait quitté les lieux trois semaines auparavant car sa ferme avait été placée en redressement judiciaire. Il aurait emporté avec lui différents animaux qui pouvaient présenter une valeur marchande, pour essayer de lancer une entreprise similaire dans un autre département abandonnant le reste du cheptel sur place. Déjà en décembre les pouvoirs publics avaient été intrigués par un camion d'équarrissage embourbé sur le chemin de la ferme.

C'était la premiere fois que je voyais un cochon aussi maigre !

Les ovins et caprins rescapés étaient squelétiques, et souffraient de maladies de peau et de pelade.

Toutes les mères étant gestantes, elles faisaient, chacune à leur tour, des bébés mort-nés qui avaient été entassés sous des bâches.

 

Le 13 janvier 2009 nous nous mettions en route pour la fameuse ferme où nous devions récupérer les équidés survivants alors que des camions " d'Assistance aux Animaux " étaient chargés d'emmener les ovins et les caprins pour les rapatrier sur Versailles. Un autre camion provenant d'un zoo embarquait les animaux tel que les buffles, les zébus et watusis. Nous avons ramené trois ânes mâles entiers et deux ânesses dans un état catastrophique dont une était gestante et suitée d'un petit ânon quasi mourant.

 

Si je suis revenue sur cette affaire déjà ancienne c'est tout simplement que je tenais à informer les quelques personnes généreuses qui ont participé financièrement aux soins de ces pauvres animaux.
Il resterait beaucoup à dire car, après avoir remis en état tous ces pauvres ânes, nous avons eu l'immense tristesse d'être obligés de faire euthanasier Nounette, la maman du petit Uno. Elle était devenue magnifique mais sa hanche cassée l'handicapait de plus en plus à mesure qu'elle prenait du poids, non seulement du à la bonne nourriture mais aussi à son état de gestation. Ses genoux étaient déformés par l'arthrose, le postérieur gauche de la hanche cassée ne posait plus et il ne lui restait plus que le postérieur droit pour la porter. La vie pour elle était devenue un enfer, elle passait des nuits à gémir pour essayer de se lever, elle ne faisait plus que quelques pas et il a fallu prendre la bonne décision. Les photos suivantes sont magnifiques, homage soit rendu à son courage. Un an après, ma belle Nounette nous pensons encore à toi très fort.

Uno, le fils de Nounette a miraculeusement survécu et coule des jours heureux chez Mellita, une fille formidable.

 

Nounette au refuge après quelques mois de soins intensifs.

 

Il faut tout de même préciser que Paquay a été recherché puis mis en garde à vue lors de la monstrueuse découverte, puis relâché 24 heures après. La mort de plus de 50 animaux et la souffrance des autres n'ont pas semblé suffisantes à la justice pour incarcérer le tortionnaire. Les infractions retenues contre lui étaient nombreuses : abandon volontaire d'animal domestique, sévices graves et actes de cruauté envers un animal domestiques, tromperie sur la nature, la qualité substantielle, l'origine des échanges intra-communautaires d'animaux, utilisation pour l'alimentation animale de matière interdites ou ayant fait l'objet de restrictions, usage de fausses attestations ou faux certificats.
Mais par chance ( pour nous !) l'ex-gérant s'est dépêché de récidiver. Il a été interpelé le 28 avril dans l'Ain en flagrant délit alors qu'il se livrait à une livraison irrégulière d'animaux domestiques, il a été placé ce jour en détention et j'espère qu'il croupit encore dans une geôle aussi sordide que celle de ses animaux.

Malgré quelques heures passée ensemble il me faudra encore beaucoup de "come-back" pour être à jour, nous n'avons qu'une année de retard !
Au passage, je vous informe que cet hiver siberien est un véritable enfer pour nous et les animaux, nous passons de la boue à la glace et de la glace à la boue ! Nous avons essuyé des températures négatives jusqu'à moins huit gelant les tuyaux et les abreuvoirs et nous obligeant pendant plusieurs jours à faire boire chaque cheval et autres animal au seau. Les tournées aux bidons ont eu, pendant quelques semaines, raison de notre moral.

Je vous mentirai en vous disant que les finances s'améliorent, la crise c'est la crise et nous, associations, nous la prenons en pleine figure. Merci aux "bons irréductibles" qui, malgré ce silence ont quand même envoyé leur obole. Ce soir nous prenons, Dany et moi la résolution de vous donner rendez-vous la semaine prochaine. Je reste persuadée que vous me pardonnerez.

A bientôt.

11 février 2010

Comme promis nous revoilà en ce jeudi hivernal particulièrement glacial. Le vent du nord souffle à 100 à l'heure en rafales après être passé sur la neige des trois quarts de la France. Impossible de se réchauffer ! C'est quand même la première année que je ne peux utiliser mon imprimante le matin ; sur l'écran s'affiche la mention " température trop basse", les plantes ont gelé dans le bureau et pour moi, c'est en cours ! Bien sûr aujourd'hui il faut abreuver les animaux au seau avec les bidons, de quoi réchauffer nos petits gars qui les transportent. En parlant de ça, ce matin un de nos salariés était encore absent comme il l'était hier, sans avertir, injoignable au téléphone, laissant les camarades se débrouiller ! Il faut dire qu'il est coutumier du fait puisque la dernière fois il est resté quinze jours sans donner de nouvelles puis a réapparu comme une fleur. Certes il faut de la patience avec les animaux mais les relations humaines sont encore bien plus compliquées et la conscience professionnelle n'est plus à l'ordre du jour.

Pour essayer de se mettre à jour de l'année 2009 nous allons parler des faits marquant car, ayant un peu perdue la tête mon agenda est presque vierge et ma seule façon de retrouver quelques histoires est de consulter les dates sur mes dossiers photos.

Le 28 janvier après avoir été avertie par téléphone, je me rendais à Marguerite en compagnie d'une technicienne des services vétérinaires pour voir un âne et un cheval attachés nuit et jour sur une petite parcelle en bordure de route sur la commune de Marguerite. L'âne était attaché avec un noeud coulant autour de l'encolure et, chaque fois qu'il tirait le noeud se resserrait. Ses pieds, encore ferrés avaient une longueur anormale et l'animal commençait à avoir des difficultés à se déplacer. Quant au cheval il était aussi attaché mais avec un licol. Aucun point d'eau n'était visible mais les 2 équidés semblaient en bon état. Il nous fallait intervenir auprès des propriétaires pour qu'ils abreuvent leurs animaux et fassent en sorte de les libérer dans un parc clôturé.
Renseignement pris auprès de la police municipale, c'est avec horreur que je m'apercevais de la similitude avec l'affaire de notre pauvre Margot pour laquelle j'étais intervenue en octobre 2001.

Margot avait été saisie alors qu'elle mourait à petit feu attachée à un arbre avec un noeud coulant au bout d'une corde de 3 mètres.Elle était d'une maigreur impressionnante, ses sabots antérieurs avaient poussé en escargot et elle marchait sur les boulets. Nourrie aux épluchures et aux croûtes de pain, sans eau à proximité, elle partageait son temps avec une chèvre, qui elle, marchait sur les genoux. Ce jour là nous emmenions les deux au refuge pour essayer de leur redonner goût à la vie malgré leur terrible handicap. Elle était devenue presque jolie au refuge mais, les 14 ans de maltraitance qu'elle avait subie nous ont obligé à abréger sa vie en 2007 car Margot marchait de plus en plus mal malgré les interventions nombreuses du maréchal ferrant.

 

En effet je me trouvais à nouveau confrontée à ces horribles gens devenus ce jour récidivistes. Si on ne faisait rien pour le petit âne il risquait de finir avec les mêmes pieds que Margot. La rondeur des animaux était due au fait qu'ils étaient chez les tortionnaires seulement depuis deux mois. Je comprenais mieux ! Dans la "cour" , il y avait aussi une jeune chienne adorable, attachée à une corde d'environ 2 mètres et sans eau à proximité. Sur ce coup là, la saisie n'a pas été possible immédiatement et les services vétérinaires ont demandé aux vilains propriétaires de bien vouloir mettre le parc en conformité pour pouvoir lâcher les animaux. J'avoue être partie très déçue, avec un mauvais pressentiment.

 

Malheureusement je ne m'étais guère trompée. Dans la nuit du 29 au 30 le cheval se faisait renverser par une camionnette et a été euthanasié sur le champ. Le lendemain les gitans se sont dépêchés de vendre l'âne et jamais je ne saurai ce qu'il est devenu. Ma peine s'est transformée en haine, mais malheureusement je n'ai pas tous les pouvoirs et ne peut qu'espérer de ne pas être obligée d'intervenir chez ces abrutis je sens que je pourrai devenir méchante !

Il m'aurait été difficile d'oublier l'affaire concernant 2 chevaux Hispano-camargue que nous avons saisis du coté Nîmes le 25 février. En effet le 24 j'avais été interpelé pour me rendre à une enquête du coté de Nîmes où 2 chevaux étaient en train de mourir de faim et de soif. Devant une telle urgence je décide d'y aller l'après-midi même et force était de constater que la description était une réalité. Le plus faible des 2 chevaux était couché ne semblant pouvoir se relever. Tous deux étaient cachectiques et particulièrement déshydratés. Aucun abreuvement, aucune nourriture n'était visible et à mon avis, il fallait faire vite ! Après leur avoir donné un peu de nourriture je suis vite rentré au refuge pour faire un rapport d'enquête avec photos au directeur de la D.D.S.V. Monsieur Jean-Louis Blanc. Le soir même je recevais par retour l'autorisation de saisir les animaux considérant que cet absence de soins était à l'origine de l'état de misère physiologique et de souffrance des animaux et qu'à ce titre il y avait urgence à intervenir.

 

Le lendemain matin l'arrêté préfectoral ordonnant le placement d'urgence me parvenait par mail et aussitôt Dany et moi nous mettions en route pour aller chercher les deux chevaux. Arrivés sur place un technicien des services vétérinaires nous attendait confirmant le rapport d'enquête envoyé la veille. Nous avions prévu quelques bidons d'eau car la déshydratation des chevaux était particulièrement inquiétante. J'avoue que j'ai rarement vu des chevaux se jeter sur les seaux d'eau de la sorte, d'ailleurs ils se sont carrément disputer le dernier seau. Ensuite ils ont embarqué sagement, très interessés par le foin de Crau disposé dans les filets.

Le voyage c'est bien passé, le cheval le plus faible a réussi à se tenir debout j'imagine que la ré-hydratation et le bon foin y étaient pour quelque chose.

 

L'arrivée au refuge a suscité quelques Ah! et Oh! de la part des bénévoles et tout le monde a eu envie de s'occuper des deux malheureux.

 

Bien sûr dès le lendemain notre vétérinaire est venue faire une visite à nos rescapés, les maréchaux ferrant ont suivi de peu et ensuite la routine de remise en forme a été déclenché, en quelques mois les 2 chevaux sont devenus magnifiques, complètement transformés.

Cette histoire est très différente des autres, car si la maltraitance et le manque de soins ne faisaient aucun doute il y avait derrière une désespérance humaine doublée d'une mésentante familiale et bien sûr, comme d'habitude se sont les animaux qui en ont fait les frais. J'ai donc pris la peine d'étudier très sérieusement ce dossier, d'écouter les parties qui s'opposaient, pris connaissance d'un dossier photos avant le drame et, avec l'autorisation de la D.D.S.V. j'ai rendu les chevaux un an après leur saisie aux deux jeunes propriétaires, en mon âme et conscience. Ces derniers ont malgré tout reconnus leurs torts et moi, les circonstances atténuantes. J'en reste la gardienne désignée par les services vétérinaires et je ne pense pas le regretter. Cette action inhabituelle et qui ne me ressemble pas est basée sur la confiance et la sincérité. Il est difficile de tout vous expliquer mais je ramenais les chevaux en janvier 2009 chez 2 jeunes gens émus aux larmes de retrouver leur compagnons qu'ils avaient fait souffrir malgré eux.

Heureusement que nous avions fait les chevaux bien propres, en descendant du van, ils se sont roulés comme des fous, mais ils sont ronds comme des billes ! Une vilaine histoire qui finit bien, ne vous en faites pas je reste vigilante, mais il faut quelquefois savoir faire la part des choses.

 

Avant de nous quitter je dois vous parler du site d'Actuanimaux avec lequel j'ai signé un partenariat pour essayer de gagner quelques petits sous, vous pourrez consulter sur les 2 liens suivants :
www.concours-solidaires.com
www.actuanimaux.com

Nous venons de passer quelques heures pour arriver péniblement à finir le mois de février 2009 mais nous allons essayer de revenir la semaine prochaine car il y a encore pas mal de pain sur la planche. Je remercie tous ceux et celles qui m'ont témoigné leur sympathie et j'ai cru comprendre que beaucoup d'entre vous étaient heureux de notre retour sur le net. Je sais que certains ont même cru qu'on avait disparu ! Comment voulez-vous qu'on puisse s'évaporer avec près de 200 animaux ? Il faudrait une sacrée baguette magique ou bien une liquidation, Dieu nous en garde.

Aucune inquiétude pour les reçus, j'en envoie tous les jours, votre tour viendra. Et vous, parrains et marraines ne perdez pas patience les nouvelles ne vont pas tarder, j'ai dû changer mon imprimante je ne pouvais plus tirer les photos.

Merci à tous pour votre compréhension, votre fidélité et votre générosité qui me touche beaucoup.

18 février 2010

C'est incroyable, pour la troisième fois nous tenons nos engagements ! A cette allure, nous aurons vite fait de vous relater 2009 car, en plus, j'avoue ne pas avoir tenue mon agenda très à jour en cette année difficile, de ce fait, certaines affaires risquent de nous échapper.
Nous passons tout de suite en avril, le jeudi 9 exactement où les services vétérinaires nous ont amené, en provenance de Générargues trois équidés. Une jument camarguaise de 14 ans suitée d'un poulinou, aussi maigre l'un que l'autre et une pouliche de 5 ans, type ibérique, cachectique et si carencée qu'elle en a oublié de grandir. Tous les trois sont assez sauvageons et c'était, à mon avis, la première fois qu'ils rentraient dans un box. Quelques soins d'urgence ont été prodigués tel que le bain anti-poux et le parage des pieds qui s'est avéré sportif ! Ces chevaux appartenaient à un inconscient qui entasse les animaux chez lui alors qu'il n'a ni les moyens, ni les compétences d'en avoir autant. Plusieurs chiens squelettiques lui ont aussi été enlevés.

 

Il a fallu leur trouver un nom et, vu que ça bougeait beaucoup on a appelé la pouliche Rumba, la maman camargue, Java et le bébé Ulan pour qu'il soit à la lettre. Je vous laisse apprécier l'état très limite de ces pauvres animaux. En quelques mois, les vermifuges, la bonne nourriture ont eu raison de leur mauvais état et je puis vous assurer qu'à ce jour les deux juments sont des vraies boules. Quant à Ulan il a été adopté en même temps que notre petit Uno par notre amie Mélita dont je vous ai déjà parlé il y a quelques jours. La seule façon de remettre Java en état était de sevrer le poulain qui en avait l'âge.

Notre Rumba a bien changé, elle est devenue très sociable et ne pose à ce jour plus aucun problème de santé, par contre sa croissance est arrêtée, elle restera un petit modèle. Entre le poil d'hiver, les jeux d'ombres et la boue, elle a une robe bien particulière !

 

Quant à Java, comme vous le voyez, elle est grasse à souhait mais son caractère n'a pas beaucoup évolué ! Elle est toujours sauvageonne, et pour l'attraper il faut s'y prendre à l'avance ! En tous cas elles font plaisir à voir. Vous avez une idée du bourbier dans lequel nous nous trouvons. Après une semaine de gel à moins dix, moins douze, nous avons eu droit à des trombes d'eau pendant 48 heures. C'est l'enfer !

 

Dernièrement j'ai eu encore plusieurs téléphones m'avertissant du mauvais état des animaux qui avaient été laissés au propriétaire. Les chiens sont d'une grande maigreur et les chevaux ne sont pas mieux. Il est certain qu'il aurait été préférable de lui enlever tous les animaux. Il va donc falloir que je remonte au créneau mais en ce moment les enquêtes ne sont pas faciles. La Direction Départementale des Services Vétérinaires a été sérieusement remaniée, elle a changé d'appellation, de personnel et de ce fait, nous avons perdu Monsieur Blanc qui en était le directeur. J'avais pris l'habitude de travailler avec lui et j'avoue que je suis un peu désorientée. La mise en place d'une nouvelle équipe est toujours compliquée et surtout très longue. Les affaires à traiter sont si nombreuses qu'il y a de quoi y perdre son latin. J'espère que ça n'est qu'une question de temps et que nous pourrons bientôt travailler ensemble avec autant d'efficacité que par le passé.

Les histoires de chevaux sont vite rattrapées par celles des chiens, nous en donnerons la preuve dans les jours qui suivent, l'année 2009 en a été le reflet, déjà un premier exemple.

Le 24 avril j'ai vu débarquer au refuge une personne avec une petite chienne très maigre, très affaiblie et pleine de puces. Complètement dénutrie, elle semblait hagarde et dans un autre monde. Nous en avons pris soin immédiatement et l'avons amené chez le vétérinaire. Mais ce n'est pas tout.

 

En effet cette chienne venait d'être enlevée d'une très mauvaise maison où elle serait morte si on l'y avait laissée. Son compagnon d'infortune a eu, lui, moins de chance. Nous avons retrouvé son cadavre en voie de décomposition dans le petit parc réservé aux chiens dont on ne s'occupaient plus depuis longtemps. Ceci dans le jardin d'une villa où les enfants jouaient régulièrement.

Triste tableau d'un animal mort depuis plusieurs semaines dans l'indifférence totale de la propriétaire. Il faut préciser que la petite chienne, sauvée de justesse vivait à côté du cadavre, sans eau propre ni nourriture au milieu de déchets.

 

Pour la petite histoire, la propriétaire peu scrupuleuse était tout simplement toiletteuse pour chien. Elle avait déjà été épinglée en 2008 par la S.P.A alors qu'elle avait laissé mourir à petit feu 2 dogues argentins. Après cette dernière affaire plainte a été déposée et nous avons obtenu la correctionnelle, le procès est passé le vendredi 28 août et la toiletteuse a pris 500 Euro d'amende, un mois de prison avec sursis et, le plus appréciable, l'interdiction de posséder des animaux et de travailler en leur compagnie pendant 5 ans. Certes la punition peut sembler douce en comparaison de la souffrance des animaux mais nous sommes satisfaits de savoir qu'une fois de plus, le tribunal est allé dans le sens de l'interdiction, ce que nous demandons à chaque fois mais qui ne nous est pas souvent accordé.

Le récit qui va suivre relate un fait très étrange, jamais vraiment élucidé et pour lequel je me pose toujours des questions. En Lozère à la limite du Gard, un cheval qui était en pension dans une "promenade pour touristes" est retrouvé errant sur la voie publique. Un énorme trou lui traverse l'encolure de part en part, on peut suivre l'animal à la trace tant l'hémoragie est importante. Par chance la personne est infirmière, elle arrive a arrêté l'hémoragie par compression, le temps de trouver les propriétaires du cheval et un vétérinaire.Celui-ci fait un diagnostic très clair : l'encolure a été transpercée par une balle explosive mais aucun organe vital n'est touché et le cheval va pouvoir s'en sortir après une intervention délicate et un suivi de soin très méticuleux. Nous sommes en mai, la chaleur est déjà là et les mouches sont au rendez-vous.

Intervention du côté droit de l'encolure, puis du côté gauche.

 

Il se trouve que le cheval appartient à la "copine" du petit fils d'amis à moi qui ne manquent pas de m'avertir. La propriétaire a des petits moyens, peu de connaissances vétérinaires et je comprends qu'il serait préférable que je me déplace. Déjà le vétérinaire n'avait pas été payé et à mon avis, il était hors de question qu'il se déplace une deuxième fois gratuitement.
Me voilà donc partie pour la Lozère avec produits injectables, pommade et spray vétérinaires. Je ne peux que constater les faits, le diagnostic du véto est incontestable, Macou ( c'est le nom du cheval) a bien été tiré à balle explosive ! Bien sûr nous n'avons pas de preuve et les gendarmes n'ont pas eu très envie d'en chercher et encore moins d'en trouver. Le cheval aurait pu, d'après eux s'échapper et courir au milieu des arbres, s'empalant sur une branche. Pour ma part j'ai bien observé le cheval et les zébrures ne sont pas dans le sens de la marche mais de haut en bas, ressemblant plutôt à des coups portés à l'aide d'une cravache ou d'un fouet pour faire sortir le cheval de son parc. De plus ce genre de blessures n'a pu être occasionné que par une arme de chasse et on se demande bien quel genre de personnage peut posséder une telle arme. Je vous laisse à votre réflexion !

L'inflammation était telle que d'énormes oedèmes se sont formés ça et là, le plus gros au niveau du poitrail Comme vous pouvez le constater Macou a subi une flagellation et non des traces de branchages.

 

Qui en voulait à Macou ? Etait-ce à sa propriétaire ou à la tenancière de la balade ? Les questions resteront probablement sans réponse, après tout, Macou n'est qu'un cheval ! A priori, Macou s'en est sorti , il a beaucoup maigri et je n'ai jamais eu d'autre nouvelle, malgré mes recherches. Je sais qu'il est revenu dans le Gard, du côté de Ners; si vous croisez son chemin n'hésitez pas à m'en faire part.
Quelle drôle de société, quels drôles de gens, n'importe qui est prêt à faire n'importe quoi et c'est souvent les animaux qui en font les frais. Je ne m'y habituerai jamais.
La suite au prochain numéro en espérant qu'il ne soit pas trop lointain. Si les choses vont comme nous l'espérons nous reviendrons jeudi pour passer un moment avec vous.

N'oubliez pas de cliquer chaque jours sur www.actuanimaux.com où vous retrouverez Gringo, notre grand brûlé. Chaque clic peut rapporter quelques sous pour le refuge. Je compte sur vous.

Merci pour votre fidélité, à très bientôt.

25 février 2010

Aujourd'hui, ça fera déjà un mois que nous sommes fidèles au rendez-vous, il faut croire que les miracles existent encore ! Pour les petits nouveaux qui prennent le train en route, il me faut préciser que ces nouvelles ne sont pas des plus fraîches puisque nous rattrapons ou, en tous cas essayons de rattraper le retard de 2009.
Pour faire court, nous passons directement au mois d'août, le 22 exactement où j'ai amené Uno et Ulan chez leur adoptante, Mélitta.

Vous avez eu l'occasion d'apercevoir Ulan à son arrivée sur la première photo du 18 février 2010 où il est avec sa mère Java. Il était à l'époque cachectique et le voilà à gauche le jour de son arrivée chez Mélitta. Impressionnant n'est-ce pas ? Il est devenu magnifique en quelques mois seulement.
Quant à Uno, idem ! Il n'est plus le petit âne pouilleux, squelettique que vous avez pu voir sur les nouvelles du 5 février. Il est maintenant bien rond et plein de vie.

 

Les voilà bien installés dans leur nouvelle famille où ils font le bonheur de leur toute aussi nouvelle maman. Au début, ils ont un peu donné du fil retordre à Mélitta, surtout Ulan qui avait décidé que dans ce nouveau terrain c'est lui qui serait le patron ! Depuis, ça c'est bien arrangé, Mélitta a mis un peu d'ordre ! Ils ont un nouveau compagnon le petit chien Pierrot.

 

Mais avec les animaux, je suis bien placée pour vous dire que les soucis ne manquent pas et un jour de neige, le petit Uno a glissé très doucement, sans aucune violence et qu' il s'est, malgré tout, cassé la hanche. Voilà, ce qui arrive plus facilement quand les animaux souffrent de graves carences dès leur plus jeune âge, Ils restent malheureusement très fragiles malgré les bons soins dont ils ont fait l'objet. Certes, ça n'est pas irréversible, Uno est encore un bébé et la calcification pourra se faire plus aisément. Notre Mélitta est bien sûr très attristée, mais elle garde confiance et je sais qu'Uno est particulièrement bien soigné. l'immobilisation au box risque d'être un peu longue, mais nous croisons les doigts et souhaitons à notre petit ânon préféré un prompt rétablissement.
Le mercredi 2 septembre, toujours 2009, nous profitions, Annick et moi d'une enquête dans le Vaucluse pour aller voir Quinoa, ponnette type appaloosa saisie en septembre 2007 et adoptée le 4 juin 2008. Plus d'une année était passée et nous n'avions ni nouvelle, ni photo de Quinoa.

Pour vous remettre en mémoire son histoire, voilà quelques photos de Quinoa datant de 2007 lors de l'enquête chez le tortionnaire. Elle était particulièrement squelettique au point de craindre pour sa vie !

 

Après avoir été sérieusement remise en état au refuge, la belle avait été adopté en juin 2008 et je l'avais amenée dans une très jolie propriété herbeuse et ombragée où elle devait couler des jours heureux en compagnie d'un petit âne. Les adoptants semblaient charmants et je suis repartie ravie de ce merveilleux placement. Le contrat signé, j'avais l'assurance d'avoir régulièrement des nouvelles.

 

15 mois après, nous visitions donc notre protégée, très inquiètes à l'idée qu'il y ait un problème. En arrivant, nous n'avons vu ni l'âne ni la ponette et personne ne répondait à la sonnerie. Nous avons donc insisté lourdement et l'adoptante est venue nous ouvrir, très surprise qu'on ait pu se faire quelques soucis. Les 2 animaux s'étaient mis à l'abri et j'ai été rassurée de les voir sortir tous les deux. A vrai dire Quinoa était devenue carrément obèse, presque aussi large que haute et c'est avec plaisir que nous avons constaté qu'elle nous reconnaissait. Elle ne nous a pas lâchées demandant sans arrêt des câlins.

 

Je l'ai bien sûr, passée rapidement en revue de la tête au pied et je me suis aperçue que ses sabots n'avaient pas du tout été entretenus. Pour le petit âne idem, on pouvait même observer un début de sabot en babouche. J'ai donc expliqué à l'adoptante qu'il était urgent de faire venir le maréchal et que ses animaux risquaient une fourbure. Affaire à suivre, nous y retournerons en début d'été prochain.
Si je m'étends un peu sur cette visite c'est pour préciser qu'il est aussi dangereux de priver un cheval de nourriture que de le laisser manger à volonté de l'herbe fraîche. Nous avons eu ici plusieurs fourbus dont certains ont du être euthanasiés malgré les soins intensifs et une surveillance de tous les instants. L'entretien des pieds est aussi indispensable, car tout le poids repose sur eux. Voilà pourquoi j'insiste sur les nouvelles et les photos des chevaux mis à l'adoption. N'ayant pas toujours le temps de les visiter, je me fais une petite idée avec les photos. A vrai dire depuis septembre je n'ai toujours pas eu de nouvelles et je vais devoir prendre mon téléphone et peut-être, parler un peu plus fort ! L'engagement pris dans les contrats n'est pas difficile à tenir, il suffit d'un peu de bonne volonté et de conscience.

Le lendemain, jeudi 3 septembre, encore 2009, j'étais alertée par un mail très alarmiste de tout un troupeau de chevaux absolument squelettiques dans le département de la Creuse. Les chevaux appartiennent à une femme prétendant faire de la protection animale ou plutôt gardant des vieux chevaux en pension. Les personnes enquêtant sur place, au vu de certaines mâchoires affirment que les chevaux ne sont pas si vieux que ça, certains sont même des poulains. Pourtant la majorité des animaux est cachectique, la détentrice ne s'en occupe que très peu, le foin est rare et les abreuvoirs sont vides. Tout le troupeau est en état de misère physiologique et il va falloir agir au plus tôt.

Difficile de rester de glace devant de telles images. On ne peut attendre, chaque jour compte, la dégradation des animaux est palpable au quotidien.

 

Non seulement le cheptel reste longtemps sans nourriture et même souvent sans eau au plus chaud de l'été, mais en plus, on constate fréquemment qu'il divague avec les risques que cela peut entraîner. Devant l'état catastrophique des animaux je prends contact avec la Direction Départementale des Services Vétérinaires de la Creuse qui a déjà été sollicitée par une association locale, j'apprends que la propriétaire a refusé de présenter les papiers des chevaux qui devraient tous être identifiés et pucés. Un technicien aurait été gravement menacé par cette dernière, il a même usé de son droit de retrait devant la violence des propos. Vu le manque de soins de nourriture et d'eau le maire de la commune s'est vu dans l'obligation de prendre un arrêté de réquisition afin de palier à ces carences pouvant entraîner la mort de certains de ces animaux. D'autre part on a pu constater sur le site un mouvement tournant inquiétant. Une semaine il y en a 13, plus tard 16, la semaine d'après 14, les plus chétifs disparaissent, d'autres les remplacent, il y a même des étalons mêlés aux juments (!) , d'où la conclusion que cette personne possède un grand nombre de chevaux qui sont tous en difficultés et dont la vie est un véritable enfer.

Le 11 septembre une jument grise maigre jusqu'à la fonte musculaire, meurt après une très longue agonie dans l'indifférence de la propriétaire. Les marques laissées sur le sol et l'escart de frottement situé au grasset prouvent qu'elle s'est débattue longuement sans qu'un vétérinaire ait été appelé. Déjà en février de cette année un poulain avait perdu la vie dans des conditions qui restent à déterminer.

 

Si l'on observe les dents ce cheval, on se rend bien compte qu'il peut avoir une quinzaine d'années au plus et même peut être moins. Tous ne sont pas des grabataires ! Quant à ceux qui pourraient dépasser les 25 ans il faut savoir qu'ils perdent leurs molaires et que la survie pour leur retraite dépend d'une alimentation appropriée faites de produits très onéreux, nous sommes loin de ce cas de figure. Quant aux pieds la photo se passe de commentaires !

 

Le 22 septembre l'état d'une des jument se dégradait sérieusement et le vétérinaire appelé par les associations n'hésite pas à parler de pronostique vital engagé, d'où l'urgence d'une intervention qui risque déjà d'être trop tardive. De plus les pieds de cette jument qui n'ont pas été entretenus depuis fort longtemps ont besoin du maréchal ferrant, les sèmes (fentes du sabot de bas en haut) sont si importantes qu'elles atteignent la couronne et nécessitent probablement un cerclage.

 

Malgré le refus d'obtempérer de la propriétaire, la divagation considérée comme délit, la privation de nourriture et d'eau, la D.D.S.V. de la Creuse ne semble pas être décidée à faire saisir les animaux. Le 26 octobre je dépose plainte directement au Procureur de la République de Guéret demandant la saisie du troupeau et l'interdiction de posséder des animaux, sans oublier de me porter partie civile dans cette affaire. Ce sera la première plainte sur le bureau du Procureur, d'autres suivront celles de One Voice, la F.B.B., et l'association locale. Malgré ce, il faudra attendre la mort de 2 chevaux de plus le jour de Noël puis celle d'un poulain de 2 ans le 30 décembre. Enfin, le 4 janvier 2010, 15 chevaux sont saisis et sont placés dans des familles après avoir compté 7 morts. Je suis soulagée de savoir les animaux en sécurité, je m'étais bien sûr proposée dans le cas où les places manqueraient mais bien sûr, vu la charge actuelle du refuge et les moyens financiers limités, je suis heureuse qu'ils aient pu être casés sur place. Déjà des juments sont en train de pouliner ce qui prouve bien la volonté de la tortionnaire de vouloir faire de la reproduction et pas de la protection animale. Je ne manquerai pas de vous tenir au courant de la suite du procès.

Il est bien tard et la mise à jour est déjà bien éprouvante de part ce dernier récit sordide. Il est temps de nous quitter et nous ferons notre possible pour revenir jeudi prochain pour finir l'année 2009. Nous faisons face actuellement à des conditions climatiques insupportables au gel succède les trombes d'eau puis la grêle, enfin c'est la totale et nous pataugeons du matin au soir.

Merci de nous suivre avec tant d'assiduité, à bientôt.

5 mars 2010

Ce matin, il me semblait vous entendre dire, d'ici, ça y est , la mise à jour du jeudi est terminée sur un ton légèrement résigné ! C'est vrai, hier fut une journée chargée mais aujourd'hui nous sommes là ! Il est certain que si nous voulons avancer, il ne faut absolument pas déroger à la règle et honorer notre rendez-vous avec vous au moins une fois par semaine.

Toujours pour faire court, nous allons passer directement au 7 octobre 2009 où on me signalait 3 chevaux dénutris à St Victor les Oules en insistant sur l'urgence de la situation. Dès le lendemain, je me rendais sur place avec mon amie Annick et, après avoir passablement parcouru de chemins, nous sommes tombées sur le fameux parc avec les fameux chevaux. En effet, les animaux étaient si maigres qu'il était possible de faire un cours d'anatomie sur leur squelette. Pas un brin de gras sur les os, les 3 chevaux étaient dans le même état, signe, d'un manque de nourriture évident. L'une d'entre eux était fort boiteuse et tous trois paraissaient d'un âge déjà avancé.

 

En rentrant au refuge, je me suis empressée d'appeler la mairie de St Victor, précisant l'emplacement exact des chevaux par un plan de Google Earth. Je lui fais passer, dans la foulée, un e-mail avec les photos. Très vite, l'employée de mairie me signale que ce terrain se trouve sur la commune voisine à St Hippolyte de Montaigu. Très choquée, elle me propose aimablement de prendre contact avec la mairie voisine m'assurant qu'elle avait fait suivre les photos.

 

J'ai oublié de préciser que certains chevaux étaient atteint de gale au niveau du garrot et le long de la colonne vertébrale, signe de mauvais état d'entretien et de carences. Les poils s'arrachaient par touffes.

 

Peu de temps après, je reçois un appel de la mairie de Montaigu, dont la secrétaire avait réussi à trouver les coordonnées des propriétaires. J'ai donc pris contact avec ces personnes, leur exposant la situation et ce jour là, j'ai failli devenir sourde ! En effet, ce monsieur s'est mis à hurler comme un malade dans le téléphone, me disant qu'il allait déposer plainte pour diffamation, affirmant que ses chevaux étaient en parfaite santé et que je ferais mieux de m'occuper de mes oignons ! Il a assuré les avoir depuis leur plus jeune âge, les aimer, et les nourrir abondamment. Je devrais savoir que des vieux chevaux sont toujours maigres à cause de la fonte musculaire et que je ferais bien de me renseigner !!! Sur ce, il a raccroché.
Que dire, que faire ? Je n'avais même pas eu le temps de polémiquer ni d'expliquer qu'un vieux cheval perdait ses molaires et qu'un régime approprié fait d'aliments spécifiques lui était indispensable pour ne pas dire vital. Il ne me restait plus qu'à faire part de l'affaire à la Direction des Services Vétérinaires, ce qui fut fait dans l'instant. Monsieur Jean-Louis Blanc, encore directeur à l'époque a donc envoyer un courrier au propriétaire lui expliquant la marche à suivre. Je n'ai eu ni le temps ni l'occasion d'y retourner mais ça ne saurait tarder, je vous en tiendrai au courant.

 

Le matin du vendredi 9 octobre, j'apprenais avec tristesse la mort de mon bel Alpha, décédé en Bretagne où il avait depuis le 5 juin 2006. Alpha n'était pas un cheval mais un beau loup blanc de l'Arctique et je me dois de donner quelques précisions pour ceux qui n'ont jamais eu vent de la triste histoire de cette meute que j'avais accueillie au refuge début 2001. Je passe sur les détails du début de l'histoire, un article de presse " l'incroyable destin des loups de Servas " écrit par la Gazette de Nîmes me semble parfaitement explicite.

 

Vous retrouverez dans cet article, l'histoire des loups en amont, leur vie mouvementée déjà bien avant d'arriver au refuge.

 

Le 21 avril au matin à 6 heures 15 je trouve l'enclos des loups ouvert, le grillage est découpé sur une hauteur de 1m20 sur 90 cm de large. J'ai cru me trouver mal, mon sang bouillonnait dans mes tempes, mes loups avaient disparu ! L'épouvantable traque restera à jamais gravée dans ma mémoire. Trois des loups ont été mortèlement blessés par les gendarmes et peu après on m'appelle pour me dire que mon Alpha venait d'être trouvé avec une balle dans la tête mais qu'il était encore vivant. Son oeil était sorti de l'orbite mais on avait une chance de le sauver et nous l'avons opéré aussitôt avec Cécile, ma vétérinaire. Il était un beau loup dominant en pleine santé et il a pu survivre grâce aussi à des soins post-opératoire intensifs au quotidien.

 

Le soir de ce drame, mon chagrin et ma fatigue sont immenses mais la haine me tient debout et, alors que Toundra, la dernière louve est rentrée ( toute seule d'ailleurs ! ) je n'ai que deux buts, soigner mon Alpha et le sauver , et trouver le coupable, l'ordure qui a ouvert le parc. La suite n'a pas été facile non plus, Alpha, dominant ayant été diminué, Québec a bien sûr voulu prendre sa place et des combats sanglants s'en sont suivis m'obligeant à passer une dizaine de nuits dans leur parc, séparant les belligérants chaque fois qu'il le fallait, j'ai vraiment cru craquer ! Puis nous avons du faire une séparation aux normes, c'est à dire à grands frais pour qu' Alpha puisse vivre sa convalescence avec la petite Taïga. Je peux assurer que la mort des trois loups et la blessure d'Alpha n'étaient en aucun cas nécessaires et que l'agressivité tant redoutée des loups n'existe que dans le conte de Charles Perrault "Le Petit Chaperon Rouge". Si cet auteur avait pu prévoir les conséquences de son histoire, il serait resté couché ce jour là ! Quant aux suites judiciaires, elles n'ont bien sûr pas abouties faute de preuve, malgré mes suspicions que je pensais bien étayées.

 

Autant dire que depuis ce drame j'ai chaque jour vécu dans la terreur. Le hurlement de ma meute réglé comme une horloge à six heures du matin était bien loin de me réveiller, je l'attendais déjà impatiemment depuis cinq heures, l'angoisse au ventre. L'idée d'une récidive me traumatisait et je vivais dans un stress permanent. L'idée de leur trouver un hébergement n'a cessé de mûrir dans ma tête malgré le grand attachement que j'avais pour eux. De plus, la température estivale de notre région était leur ennemi numéro un et les mouches des chevaux, le numéro deux. C'est grâce à la détermination de Thierry et Willy que toutes les autorisations ont été enfin données et que le déménagement a pu se faire en présence de ma vétérinaire Cécile et de Monsieur Jean-Louis Blanc. Je déplore une chose, c'est d'avoir été obligée de tirer moi-même au fusil hypodermique, j'aurais tant voulu qu'ils gardent l'image du chef de meute aimant que j'étais devenue. Ils sont partis dans un endroit plus clément pour une retraite tranquille. Malgré un énorme pincement de coeur, tout particulier pour mon Alpha que j'ai tant soigné, j'étais heureuse pour eux.

 

Je n'avais pas l'intention, au départ, de m'étendre autant sur cette histoire déjà ancienne, mais je ne pouvais pas vous annoncer le départ d' Alpha pour l'au delà, sans quelques explications préalables. J'avoue que ce retour en arrière m'a vidée, cette tragédie fait partie des pires moments de mon engagement dans la protection animale et j'avoue avoir eu les larmes aux yeux quelques fois en écrivant ces paragraphes. Adieu mon Alpha, tu étais vraiment mon préféré, même si je ne devrais pas le dire !
Pour ceux qui ont découvert cette triste histoire je dis et je répète que l'être humain, si il est capable du meilleur, est trop souvent capable du pire. Même si je n'ai pas le droit de juger les gendarmes, je peux affirmer que trois loups sont mort pour rien, et qu'ils seraient rentrés tout seuls à la maison comme l'a fait Toundra, après avoir testé la violence des humains. Quant à celui qui a ouvert le grillage et que je crois connaître, s'il a échappé à la justice des hommes, j'espère qu'il n'échappera pas à la justice divine !

Sur ces bonnes paroles, nous allons vous quitter en vous donnant rendez-vous la semaine prochaine en espérant ne pas être trop débordés par les nouvelles affaires, le téléphone n'arrête pas de sonner !

A bientôt

12 mars 2010

Je vous avoue que depuis le dimanche 7 mars, je suis particulièrement découragée. L'épisode neigeux qui s'est abattu sur le département a mis le refuge dans un véritable chaos, le recouvrant de près de 40 centimètres d'un manteau blanc et lourd. Si j'ai l'habitude de vous parler de nos difficultés financières courantes et récurantes, vous avez pu remarquer que je lance très rarement un appel aux dons, genre S.O.S. ! Cette fois je suis vraiment obligée de déroger car depuis lundi notre structure abritant le foin a rendu l'âme. Il est vrai que ce genre de serre-tunnel reste un habitacle fragile mais il résistait depuis de nombreuses années, même si nous avons du changer la bâche plastique plusieurs fois. Mais à cette heure, rien n'a résisté, même pas la grosse carcasse de métal pourtant faite d'arceaux d'un diamètre impressionnant. De ce fait nous n'avons plus rien pour ranger le foin à l'abri et j'avoue que je crains le pire, car la prochaine livraison d'un semi-remorque ne saurait tarder.

 

Voilà le désastre en photo, tout est aplati comme une crêpe, les quelques ballots qui restent sont devenus inaccessibles, l'énorme poids de la neige a détérioré les deux couches de plastique et l'armature complètement écrasée n'est plus récupérable. Il a fallu déneiger et mettre des poteaux de soutien pour avoir accès aux énormes ballots de 400 kilos qu'on ne peut transporter qu'avec le tracteur.

 

Le lendemain, c'était pire ! Dès qu'on a commencé à retirer les ballots nécessaires au nourrissage, le reste de la serre s'est complètement écroulé me laissant perplexe devant un tel désastre, sachant que nous n'avons aucunement les moyens de remplacer cette structure. On nous répète tous les jours que c'est la crise, mais crise ou pas, il va falloir que nous puissions couvrir notre foin dans des délais assez brefs et j'avoue que je compte un peu sur vous !

 

Certes le paysage est magnifique, tout est blanc de blanc tant que la neige est encore propre !

 

La neige est tellement dense que nous nous enfonçons relativement peu car une épaisse couche tassée reste encore sous nos pieds mais il y a quand même des endroits où l'on pourrait disparaître, Christian en a fait l'expérience ! Quant à Charlotte, légère comme une plume, elle ne s'enfonce pas du tout.

 

 

Finalement, notre plus gros soucis c'est bien sûr les animaux. Le premier effet ludique passé, faisant les fous dans la neige, le quotidien reste très pénible pour ceux qui restent dehors. Les écuries avec une vingtaine de box sont pleines, les parcs avec abris aussi et il reste ceux qui n'ont pour toit que le ciel. Ayant tendance à faire un peu d'anthropomorphisme on s'imagine qu'ils risquent leur vie dans de telles conditions. A vrai dire, ils ne sont pas plus mal que dans la boue et s'accommodent des pires situations dans la mesure où ils sont très bien nourris, en tous cas je dois m'en persuader tous les jours.

 

Si nous savons que les chevaux bien nourris sont des animaux résistants, les autres ne s'en sortent pas trop mal, et comme vous voyez boudent un peu les abris préférant gambader dans la neige. A ce jour, la neige qui fond est en train de finir de détremper tous les sols et nos pauvres loulous se retrouvent, une fois de plus dans une boue de plus en plus profonde et ça, j'avoue ne plus le supporter. Nous sommes obligés de faire des tournantes sortant l'un pour rentrer l'autre afin de sécher les pauvres pieds. Vivement le printemps !

 

Dans notre région, le plus dur à supporter c'est l'amplitude énorme entre le jour et la nuit. Les températures nocturnes descendent, ces jours, jusqu'à moins douze et montent au soleil jusqu'à quinze degrés, alors on a du mal à gérer les problèmes de couvertures, enlève, enlève pas, comment savoir où on en est ? Dans l'ensemble ils ont tous bien supportés et supportent encore ces derniers ( du moins je l'espère) sursauts de l'hiver pour le moins inattendus qui en tous cas, ont fini de me casser le moral.

Mais s' il n'y avait que ça se serait supportable sans compter avec les alertes quotidiennes pour ceux qui sont beaucoup moins bien lotis que les nôtres et qui, en plus des conditions climatiques difficiles, ne sont ni nourris ni soignés. Mes téléphones n'ont de cesse de sonner, beaucoup d'animaux et de chevaux et d'ânes en particulier sont en détresse. Même des troupeaux entiers de moutons sont abandonnés dans la neige sans aucune nourriture. L'être humain n'a pas de limite, mais moi j'en ai et ne peux sauver la terre entière, alors je fais au mieux. Dernièrement j'ai suivi avec horreur un év&ecute;nement particulièrement insupportable. Sur la commune du Bosc, dans l'hérault, le samedi 20 février, une jument a été retrouvée couchée au sol, une oreille coupée les muscles de l'encolure manquant, la trachée sectionnée, tout comme la jugulaire et la carotide, et j'en passe. D'après le vétérinaire qui a été appelé sur place il s'agit d'un travail propre, fait au couteau par quelqu'un qui a manifestement l'habitude de dépecer. D'après les gendarmes et aussi le vétérinaire il pourrait s'agir d'un accident de chasse. La jument aurait pu être touchée par balle et de ce fait, le responsable aurait retiré les plombs au couteau, ce qui pourrait expliquer les diverses découpes. Un appel à témoins a été lancé dans Midi Libre.
Les différentes sociétés de chasse locales ainsi que le maire de la commune, ayant été contactés, ont affirmé qu'aucun chasseur n'était venu à proximité du terrain des juments. Or, après l'appel à témoins, plusieurs personnes ont affirmé avoir vu des chasseurs non loin des juments ce jour là. A mon avis, dans la mesure où on a rien à se reprocher, pourquoi raconter des histoires ? L'instruction judiciaire est en cours, la S.P.A. locale, la Fondation Bardot et moi-même avons déposé plainte et nous sommes portés partie civile. Espérons que le coupable sera un jour démasqué si bien sûr les gendarmes mettent un peu de bonne volonté à approfondir cette sordide enquête. Nous sommes obligés de reconnaître que les chasseurs sont trop souvent les acteurs d'actes inqualifiables, déjà sur cette commune un âne, une vache et un cheval avaient fait les frais de balles perdues ou de confusion avec un chevreuil ou un sanglier, ce qui me semble hallucinant. Autant vous dire que les propriétaires sont effondrés par une telle sauvagerie et qu'ils n'ont pas l'intention d'en rester là. Ils ont encore des vieux chevaux retraités sur ce même terrain et nous craignons le pire. Pardon pour les photos qui vont suivre, elles ont été insupportables pour moi et le seront aussi pour vous, mais il faut que chacun sache de quoi certains êtres humains sont capables. Affaire à suivre.

 

Comme vous voyez nous n'avons pas tenu nos engagements concernant la mise à jour de la fin 2009, mais vous ne perdez rien pour attendre, nous y reviendrons car quelques affaires importantes ne méritent pas d'être passées sous silence. Toutefois, nous sommes allés au plus urgent en cette période désolante, pour demander votre aide et aussi pour soutenir Monsieur et Madame Rigaud très touchés par la perte de leur jument dans des conditions aussi dramatiques.

Je vous remercie d'avoir été à l'écoute et de bien vouloir participer financièrement à la reconstruction d'un abri pour le foin absolument indispensable, car, s'il fait soleil ces derniers jours nous ne pourrons éviter les pluies habituelles de printemps. Nous avons pris des renseignements pour la mise en place d'une nouvelle structure plus solide et plus résistante aux intempéries. Il faut compter un minimum de 20 000 euros au vu des livraisons particulièrement importantes dont nous avons besoin. Chaque 20 jours, un semi-remorque de 18 tonnes de foin est livré au refuge pour nourrir notre très important cheptel. J'ai toujours cru au miracle car depuis 18 ans le ciel ne m'a jamais totalement abandonné et nous sommes toujours debout malgré les critiques et les prévisions morbides de certains qui aimeraient nous voir couler à pic. J'ai confiance en vous et je suis certaine que, dans la mesure de vos moyens vous ferez un geste pour nous éviter le pire. Quelques sous plus quelques sous, ça finit par faire des gros sous et déjà j'ai presque envie de commander une charpente métallique pour commencer les travaux. Ne voulant pas être trop optimiste il vaudrait peut-être mieux attendre un peu !
Il est ce soir très tard, car, bien qu'ayant commencé notre mise à jour en début d'après-midi, nous avons été sérieusement retardé par une panne d'internet qui n'est pas la première en ces jours d'intempéries. Encore merci pour votre assiduité à nous soutenir, ces derniers mois ont été particulièrement difficiles et vos courriers d'encouragement me vont droit au coeur.

Nous espérons être au rendez-vous de la semaine prochaine en temps et en heure car nous avons encore beaucoup à vous raconter.

19 mars 2010

Malgré les événements pénibles de la semaine dernière, à mon grand étonnement nous sommes là pour vous tenir au courant de la suite. Le soleil est revenu, la neige a totalement disparu, laissant place à la boue de plus en plus profonde dans les parcs. Jean-Claude ( mon mari ) a profité "d'une journée de congé" pour démonter les ruines du tunnel à foin, aidé de notre ami Charly, fidèle bénévole du mercredi. Le spectacle est assez désolant, tas de plastiques, de palettes, de ferrailles tordues et inutilisables. Le foin restant a été recouvert par un morceau de bâche et j'avoue que je m'inquiète pour le prochain voyage qui doit nous être livré mardi ! A ce propos merci à vous tous qui avez mis la main à la poche pour que nous puissions reconstruire une nouvelle structure. Pour l'instant, nous ne sommes pas prêts, le compte en banque est encore bien trop maigre et, en attendant, j'ai acheté une immense bâche en priant le ciel que la pluie ne soit pas accompagnée d'un vent violant, comme c'est souvent le cas ici. C'est vrai que c'est une région particulière les contreforts des Cévennes ! Par exemple, après la neige, nous avons du supporter des températures à moins douze la nuit, alors qu'il faisait quinze la journée, températures printanières qui ont participé à la fonte rapide. Je n'avais quand même jamais vécu des -10 et -12 à la mi-mars, ce réchauffement de la planète nous joue vraiment des tours ! Enfin je vais essayer d'être optimiste et dire que nous sommes sur la bonne voie. Quelques photos du spectacle de désolation à l'entrée du refuge où trônait il n'y a pas si longtemps notre abris à foin.

 

Vous risquez d'avoir du mal à vous y retrouver car à nouveau nous allons revenir en arrière pour finir les nouvelles de 2009. En effet nous nous étions arrêtés en octobre où la D.D.S.V. a saisi plusieurs dizaines de chiens suite à nos enquêtes, mais nous y reviendrons. Il serait temps de vous offrir quelques jolies photos qui nous permettent d'entrevoir une trouée de lumière dans cet environnement quotidien plutôt noir .En effet le lundi 19 octobre je partais avec mon ami Jack et son camion pour amener dans leur nouvelle famille Justin et Jasmin nos deux traits bretons achetés au Haras pour les sauver du couteau. Ils sont arrivés dans de grands espaces plutôt verdoyants et ont fait connaissance avec Guillaume et son papa, des gens charmants qui déjà possèdent beaucoup d'animaux. Ils ont des chèvres, des moutons, une basse-cour, mais aucun membre de cette famille animale ne finit sur l'étal du boucher. Les moutons sont des vieux à la retraite, la basse-cour donne des oeufs et quelques chèvres du lait. Voilà une mentalité qui me convient bien et je sais que nos deux compères sont très heureux là bas. Comme chez nous, ils ne servent à rien, c'est seulement pour l'affection et ça leur va pas mal !

Déjà notre amie Véronique est allée les visiter à Noël, tout va bien.

 

Nous allons ouvrir un nouveau chapitre de chiens, malgré notre spécialité équine, bien qu'ayant juré dés l'ouverture du refuge que je ne me tiendrais qu'à la plus noble conquête de l'homme ! Une fois de plus c'est raté ! Il ne se passe pas une semaine sans que je ne sois sollicitée pour des maltraitances de la gent canine ou même féline. Il faut dire que peu d'élevages sont dignes d'intérêt. La plupart sont en surcharge, les structures sont souvent trop petites et sales, les abris délabrés et les négligences vont de pair. Certains animaux sont parqués, ou trop au soleil, ou en plein vent l'hiver et sautent des repas quand les propriétaires n'ont pas le temps. Bien sûr, je ne ferai pas une généralité de cet état de fait car j'ai dans mes connaissances des éleveurs scrupuleux et aimants.

Et puis, il y a les chiens qu'on nous jette par dessus le portail comme ce pitbull, pas tatoué, pas pucé, pas castré, sûrement pas déclaré donc complètement interdit par la loi. Quelle surprise le matin du 27 novembre de découvrir ce pauvre chien complètement perdu. Son maître l'avait balancé et avait du lui dire de rester là et de l'attendre. Fort de ça l'animal n'a pas bougé, même quand on a ouvert le portail. Il gardait sa place et aucun d'entre nous ne pouvait l'approcher. Il montrait les dents et grognait si fort que, même moi, je n'ai pas eu le courage de l'aborder franco. Je lui ai donc donné un peu de calmivet avec de la viande et, quand il a été un peu calmé, nous l'avons attrapé avec la barre de capture et l'avons amené au chenil. Nous avons constaté une petite blessure à sa patte suite à sa chute du haut du portail.

 

Depuis, il est au refuge, c'est devenu un véritable amour, quelques dizaines de kilos de tendresse et nous l'adorons. Malheureusement, il est condamné à vivre jusqu'a la fin de ses jours au chenil, mais nous faisons tout pour qu'il soit le plus heureux possible. Nous l'avons appelé Brad, car il était déjà pitt ! ( Brad Pitt !!!!!!!)

 

J'en reviens aux élevages et en particulier à celui dont je m'occupe depuis le début 2008. A l'époque déjà, tout allait mal, les chiens étaient maigres, vivaient dans la saleté et buvaient surtout quand il pleuvait.

Les pauvres mères porteuses étaient squelettiques à chaque gestation et certaines en mourraient. Elles étaient détenues dans des conditions inacceptables.

Cette pauvre dogue argentin, à gauche, n'a pas survécu. Quant à la cané corso elle est morte avant que les chiots ne soient vraiment sevrés. En voulant sauter de la caravane où elle avait remplacé l'autre, elle s'est pendue. J'ai du mal à comprendre comment on peut aller jusque là et en plus, prendre les gens de haut ! Nous y sommes retournés fin novembre 2008, cette fois avec la D.D.S.V.

 

La deuxième visite n'a pas été beaucoup plus édifiante malgré la pression exercée sur les éleveurs. Saleté répugnante dans les parcs, abris délabrés, environnement de déchetterie. Les chiens n'étaient pas maigres, ils avaient été nourris par la S.P.A. pendant quelques mois.

 

Etant têtue comme une mule j'y suis retournée au printemps 2009 pour constater les améliorations apportées après la suspension du certificat de capacité et la mise en demeure de la D.D.S.V. quelques efforts avaient été faits mais ça n'a pas duré longtemps et ma visite de décembre où j'étais accompagnée par la présidente de la S.P.A., a été catastrophique. Les chiens étaient nourris environ tous les trois jours, les abreuvoirs étaient vides, les chenils remplis d'excréments et d'urine. Les dogues, chiens à poils très court, tremblaient de froid et la plupart ne pouvaient s'abriter au vu du délabrement des structures posées à même le sol.

 

Toujours le même constat, quand les containers de crottes sont pleins, on rajoute des bassines, une, deux, trois et puis c'est une infection quand on arrive. Ajouté à la saleté des chenils, tous ça est difficilement supportable. Quand on ne travaille pas, comme ces propriétaires là on peut quand même prendre le temps de faire un minimum de nettoyage. Seulement l'hiver a été très froid et les travaux à l'extérieur peu engageants.

 

Parmi les molosses il y avait un chien de petite taille à poils long avec des locks partout ( photo à droite) tellement sale qu'on avait du mal à distinguer la tête de la queue. Petit chien d'appartement il n'avait nullement sa place dehors par des températures très négatives.

 

Ce jour là une mère dogue argentin était tremblante. Les os sur la peau, elle avait creusé un trou pour avoir moins froid et s'y enroulait dedans. Elle m'a tellement fait pitié que je n'ai pu la laisser et j'ai immédiatement téléphoné à Monsieur Jean-Louis Blanc de la D.D.S.V. expliquant l'urgence de la situation. Ce dernier m'a aimablement donné l'autorisation d'emporter la pauvre chienne pour l'emmener chez le vétérinaire dès le lendemain matin et la mettre en lieu sûr. Sans nous elle n'aurait peut-être pas survécu.

 

Le vétérinaire a pu constater que la chienne était en diarrhée profuse, complètement déshydratée. La dénutrition ne faisait aucun doute et il était temps de lui apporter des soins appropriés et un peu plus de confort. D'après ses papiers elle s'appelle Ballade mais nous l'appelons Bayane. Elle est complètement sourde mais dès qu'elle nous voit arriver elle devient folle de joie. Elle est extrêmement affectueuse et je ne suis pas vraiment sûre de vouloir la rendre ! Sa vie a complètement changé, elle mange une nourriture de qualité et commence à devenir très ronde.

 

En janvier lors de notre première chute de neige hivernale, il a fallu à nouveau intervenir car la neige avait envahi les chenils et les chiens n'avaient bien sûr plus un seul endroit pour se mettre. Personne ne les avaient visité et je me suis empressée d'alerter avec des photos par email, les Services Vétérinaires. Une fois de plus ils ont dû contacter les propriétaires pour qu'ils viennent déneiger dans les meilleurs délais. Toute cette histoire est bien navrante, à chaque fois, c'est reculer pour mieux sauter mais on avance pas. Actuellement, le nombre de chien a diminué mais ça ne me rassure pas car on ne sait pas où sont passés les autres. Avec les beaux jours qui arrivent les pauvres loulous seront mieux, mais jusqu'à quand ? Je regrette de n'avoir pas pu me déplacer lors de la dernière neige de mars, je crains le pire !

 

Il est déjà bien tard et je m'aperçois que nous n'avons pas réussi à finir l'année 2009 et pourtant je n'ai fait que survoler les événements beaucoup trop nombreux. Pendant que j'écris je reçois une photo d'un cheval avec des pieds en babouche épouvantables sur mon téléphone portable, ça veut dire une autre affaire à s'occuper.
Mais qu'est ce qu'ils ont dans la tête tous ces gens qui ne sont pas capables d'assurer au moins l'essentiel et qui se chargent d'animaux ?

Je demande pardon aux parrains et marraines qui n'ont pas encore reçu les nouvelles de leurs filleuls ni leur reçus fiscal. Je suis en plein dedans mais c'est impossible de faire des jolies photos dans la bouillasse ! J'espère arriver à envoyer tous les reçus d'ici le début avril, ne désespérez pas, je fais l'impossible. Encore une fois merci à tous ceux qui ont répondu à mon appel, nous avons encore des gros besoins pour pouvoir abriter notre foin mais c'est sur la bonne voie.

A la semaine prochaine en espérant pouvoir rattraper notre retard.

15 avril 2010

Après une courte absence, nous re-voilà fidèles au poste. Je crois que cette fois nous allons pouvoir enfin boucler l'année 2009 avec quelques trois mois et demi de retard. J'aime beaucoup ce proverbe :
" Mieux vaut tard que jamais ", ça m'arrange bien !

Plusieurs d'entre vous ont suivi les péripéties des dégâts causés par la neige et ont répondu financièrement présent à l'appel que nous vous avions lancé. Grâce à vous les premiers balbutiements du nouvel abris à foin ce sont concrétisés hier par la confection de six énormes plots de béton qui recevront bientôt les piliers devant soutenir la structure de métal. Fini le tunnel plastique trop fragile, nous décidons de faire du plus solide. Nous avons acheté une charpente métallique et les tôles de couverture pour le toit. Par la suite nous fermerons avec des bardages de bois, petit à petit, un coté après l'autre. Si tout va bien, dans moins d'un mois nous aurons déjà un toit au dessus de notre foin. Celui-ci est actuellement bâché et quand il pleut il faut courir pour amarrer la bâche correctement car ici le vent et la pluie vont de paire. Mine de rien, bien que les photos ne soient pas très parlantes, il a fallu toute la journée d'hier pour confectionner ces plots de béton et j'en profite au passage pour remercier nos amis bénévoles qui se sont déplacés pour l'occasion et Jean-Claude ( mon mari) qui a lui aussi passé son jour de congé sur le chantier. Je le remercie aussi pour la grosse rallonge personnelle investie dans ce dernier achat. En tous cas ça fait plaisir de savoir qu'on n'est pas vraiment tout seul dans les moments difficiles et encore merci à vous tous. Merci aussi à Anaïs et ses deux amies qui ont organisé une collecte sur Alès et les environs, récoltant plus de trois cents euros, à ma grande surprise ! Voilà une initiative remarquable que je salue bien bas. Je ne manquerais pas de vous tenir au courant de l'évolution des travaux photos à l'appui.

 

Ces dernières semaines le soleil est revenu alternant avec des pluies quelquefois diluviennes, mais ces jours, le beau temps a l'air de vouloir s'installer. La boue profonde de certains parcs est toujours présente mais dans l'ensemble on va dire que l'amélioration est palpable. Certes il va aussi falloir refaire la plupart des chemins qui sont vraiment défoncés. Cette hiver 2009-2010 aura laissé des stigmates impressionnantes que nous gèrerons au coup par coup. La plupart des chevaux ont bien supporté ces intempéries à part quelques vétérans qui ne pouvaient plus tenir debout. Nous y reviendrons plus tard. Nous allons évoquer les dernières affaires de 2009. Tout d'abord l'enquête à Calvisson, chez ce que j'appellerais un récidiviste. Déjà les deux années précédentes trois rottweilers en divagation, lui appartenant avaient été euthanasiés à la fourrière tandis qu'on trouvait le cadavre d'un quatrième à demi brûlé sur son terrain. Quand je dis terrain je devrais dire gourbi car en arrivant, on a l'impression de rentrer dans une décharge ! Les photos qui vont suivre vous donnerons une idée de l'endroit. Le plus regrettable c'est que des animaux puissent être " stockés" dans un lieu aussi peu adapté pour ne pas dire dangereux. Une pouliche attachée à une chaîne et une petite jument y survivent, nourries de pain moisi et de paille, susceptibles de se blesser à chaque instant sur des férailles et objets contondants. Il y a aussi trois moutons enfermés dans les baraquements.

 

Un chien est attaché au milieu des poubelles, un autre est en liberté ( ou plutôt était) c'est à mon avis les gardiens du temple ! Il sont d'ailleurs si impressionnants que je n'ai pas osé aller plus loin. Depuis un des deux chiens pris en divagation a aussi été euthanasié ça ne fait que le cinquième !

 

Depuis cette enquête du 22 décembre, j'ai pris contact avec la police municipale, la mairie, la Direction des Services Vétérinaires mais c'est un peu le statu-quo. Une enquête est en cours mais ça traîne en longueur et en attendant les animaux sont toujours dans la galère. Aucun d'entre eux n'est identifié mais ça n'est pas suffisant pour les enlever, d'autant plus que les juments ne sont pas maigres puisqu'elles n'étaient là que depuis peu et que le pain (même moisi) distribué en grande quantité entretient les rondeurs. Toutefois les chevaux n'étant pas des "farinivores", ce genre de régime peut être dangereux pour leur santé. Aujourd'hui encore j'ai eu un contact téléphonique avec la D.D.S.V. pour que cette affaire ne tombe pas dans l'oubli et j'ai eu l'assurance de la bonne continuité de l'enquête. Impressionnant n'est-ce pas ce haras des temps modernes ?

J'aimerais revenir une fois de plus sur les histoires d'élevage de chiens et de chats qui malheureusement ne sont pas souvent des quatre étoiles. Pendant des mois une enquêtrice de la S.P.A. et moi même avons mené une enquête chez deux éleveuses de la région d'Alès, à pas de fourmis, épluchant les annonces sur le net et les journaux gratuits, surveillant les allées venues jusqu'à la constitution d'un dossier pouvant paraître sérieux. De son côté, la gendarmerie menait aussi ses investigations et possédait des éléments intéressants.

Lorsque j'ai été prête, j'ai convoqué Monsieur Blanc, (à l'époque encore directeur de la D.D.S.V.) à la mi-novembre 2009 pour lui présenter notre travail avec photos à l'appui, enregistré sur mon ordinateur. Il n'en a pas fallu plus pour qu'il prenne contact avec les gendarmes et le lundi 23, quatre-vingt chiens détenus dans des conditions inacceptables étaient saisis aux Salles du Gardon chez une éleveuse peu scrupuleuse soupçonnée de trafic de chiens, d'escroqueries, de falsifications de documents sans oublier les mauvais traitements. Le lendemain, re-belote cinquante-six chiens étaient à nouveau saisis sur Alès où les conditions d' hébergement étaient encore pire, d'ailleurs un des chiens est mort pendant le transport. Nous sommes assez satisfaites d'être à l'origine de ces saisies, il faut dire que Pascale et moi, quand nous avons des soupçons, nous nous acharnons et ne lâchons rien ! Cette fois-ci le résultat a été concluant. Nous attendons le jugement avec impatience pour que la S.P.A. puisse placer les chiens dans les meilleurs délais.

 

Tout ça me fait penser qu'en septembre, je m'étais aussi rendue chez une éleveuse de la région avec un technicien de la D.D.S.V. après dénonciation par d'éventuels acheteurs. Si l'endroit n'était pas aussi choquant, il y avait quand même bien à redire. Les chiots d'à peine un mois étaient enfermés dans un local dont l'odeur d'ammoniac était insupportable. Plusieurs chiens avaient la teigne et nous pensons ne pas avoir vu le pire car la propriétaire nous a fait attendre un quart d'heure au portail, le temps de faire un peu de "ménage" et peut-être de cacher quelques sujets pas très présentables.

 

Comme vous voyez, il y avait aussi des chats. Certaines chattes étaient en cage avec leur petit sur une surface de moins d'un mètre carré.

Un chat persan ( à droite) était couvert de teigne et on arrachait ses poils seulement en le caressant, faisant apparaître des plaies au sang sur son dos.

Cette éleveuse n'a eu qu'un avertissement avec obligation d'amélioration.

 

 

Aux dernières nouvelles, sachez que notre amie Catherine Lasvenes a eu la générosité ( entre autres ) de faire confectionner des tee-shirts au profit de l'association, que je trouve fort sympathiques. Vous pouvez les acquérir pour la modique somme de 10 euros. Le dessin du cheval me plaît beaucoup, il a de grosses joues, un air canaille et le texte est bien explicite . Merci de tout coeur à notre fidèle amie qui a été la première à revêtir ce vêtement mythique !

Bravo Catherine et encore merci.

 

Et pour finir utile, pour ne pas dire indispensable je tiens à vous mobiliser pour être à nos cotés lorsde la prochaine Marche Anticorrida le 11 septembre de cette année. Si vous habitez la région vous n'avez aucune excuse pour ne pasvenir ! Si vous habitez plus loin nous vous serons encore plus reconnaissants de votre présence ce jour là. Si nous voulons faire reculer la barbarie nous devons nous unir pour être plus forts. C'est la raison pour laquelle je compte sur vous, très très fort, sachant que certaines associations font des centaines et même des milliers de kilomètres pour nous soutenir. D'ailleurs si vous avez l'intention de venir ( c'est un devoir ! ) n'hésitez pas à m'envoyer un mail de confirmation, ça me mettra du baume au coeur !

Les liens à consulter :

http://www.allianceanticorrida.fr/Docs_atelecharger/banderole-message-privilegie.pdf

http://www.allianceanticorrida.fr/manif.html


Je suis satisfaite de clore enfin, l'année 2009 que nous avons, bien sûr survolée, occultant certaines affaires faute de temps et pressée de pouvoir commencer l'année 2010 avec quatre mois de retard ! Je dois avouer que je fais de moins en moins d'enquête car c'est vrai, je n'ai pas été en mesure d'accueillir d'autres animaux durant cet hiver complètement pourri ! Et puis le refuge est déjà bien chargé et qui dit enquête, dit souvent saisie car c'est malheureusement la seule façon de sauver les animaux. Les semonces, les injonctions, les obligations de mise en conformité, tout ça ne marche pas souvent et c'est toujours les animaux qui trinquent ! Si on avait plus de moyens, on pourrait en accueillir d'avantage mais il me faut rester prudente pour ne pas mettre en péril ceux qui sont déjà là.

Merci pour votre fidélité et votre générosité, à très bientôt

PS: N'oubliez pas de cliquer sur actuanimaux.com, ça rapporte.

6 mai 2010

Trois semaines ont passé depuis notre dernier rendez-vous, mais nous ne vous avons pas oubliés pour autant. Comme vous pouvez le voir, notre structure à foin a avancé, certes, à pas de fourmis, mais le progrès est visible ! La structure métallique est montée et, dès mercredi prochain (jour de congé de Jean-Claude) le toit sera en place si les conditions météorologiques s'y prêtent ! Nous avons commencé par deux éléments, mais c'est comme les Lego, nous pourrons par la suite en rajouter un autre selon nos moyens. Nous prévoyons aussi un bardage de bois pour protéger de la pluie mais je pense que financièrement, on le fera petit à petit, panneau après panneau. Enfin, la progression est déjà encourageante et une fois de plus, je tiens à vous remercier.

 

La semaine dernière, nous aurions pu vous dire que les parcs commençaient à sécher grâce au beau soleil printanier, mais aujourd'hui c'est un autre langage ! Nous voilà repartis avec des vents violents, des pluies battantes et des températures plus que "friskettes" ! C'est surtout aux chevaux que je pense, sachant qu'ils ont perdu leur poil d'hiver et qu'ils n'ont plus de protection sous cette pluie très froide. Pour les humains, c'est guère mieux, car s'ils ont des impers et des bottes, le travail d'extérieur reste bien pénible sous les intempéries. Pour ma part, je ne me plains pas car j'ai passé ces dernières semaines enfermée dans mon bureau pour finir d'envoyer les reçus, je suis pratiquement au bout, plus qu'une petite journée de travail.

Je crois qu'il est temps de commencer à vous mettre au courant des affaires de l'année 2010 qui n'ont pas été très nombreuses, à cause des mauvaises conditions hivernales qui m'a interdite de rentrer des chevaux supplémentaires, ça n'aurait pas été bien raisonnable. Car il faut savoir, qui dit enquête dit souvent saisie, alors j'avoue avoir fait un peu le canard ! Toutefois le samedi 9 janvier, je repartais pour une histoire de chien, accompagnée par Pascale, déléguée SPA, sur les alentours d'Alès. On nous avait signalé une chèvre attachée, blessée et quatres chiens, vivant dans des conditions inacceptables. En effet, la biquette était au bout d'une chaîne complètement entortillée qui lui laissait à peine un mètre de battement et que nous avons vite libérée.

Elle avait une blessure infectée sur le flanc ainsi qu'une à l'oreille. Elle n'était pas maigre mais les conditions de détention laissaient à désirer ainsi que les soins visiblement inexistants. Nous y avons d'ailleurs remédier au plus vite. Le pire c'est qu'elle n'était pas cloturée et risquait les attaques de chiens errants à tout moment. C'est probablement à ça qu'elle devait ses blessures.

 

Plus loin, nous découvrons deux chenils, un premier avec un malinois et un vieux chien leishmanien qui vous tirait les larmes des yeux tant il était en misère physiologique. Dans le deuxième un berger allemand et un autre malinois étaient attachés, malgré la clotûre, au milieu de flaques de boue liquide. Les niches n'avaient pas de sol et les chiens avaient creusé des trous profonds à l'intérieur, qui se remplissaient d'eau et de boue, ce qui ne leur permettait pas de se coucher.

Un aperçu du vieux chien leishmanien qui n'a plus de truffe, le moignon est en sang et les oreilles sont complètement rongées par la maladie. Couché dans la neige, il mangeait un vieil os qu'il gardait avec une certaine aggressivité.

Il n'avait jamais été soigné et son état empirait de jour en jour sans inquiéter pour autant son propriétaire qui disait ne pas avoir les moyens financiers pour le faire euthanasier.

Nous lui avons donc proposer, la SPA et moi-même, de nous en occuper car on ne pouvait, en aucun cas, le laisser mourir à petit feu. Ce fut chose faite dans les semaines qui ont suivi, je pense que ce fut pour lui une délivrance au vu des conditions d'hébergement.

 

Ce malinois vivait avec le chien leishmanien, ils avaient une niche pour deux, enfin si on peut appeler ça une niche car le sol à l'intérieur était plus bas que la terre et la niche en question était remplie d'eau. En parlant d'eau, les bacs qui servaient d'abreuvoirs n'en étaient pas pourvus, de mauvaises croquettes très ordinaires, traînaient ça et là, sans être mangées. Toutefois, les chiens n'étaient pas maigres car la nourriture bien que de bas de gamme était donnée en quantité.

 

Dans le deuxième chenil, le berger allemand et un autre malinois se partageaient l'enclos avec un abri délabré chacun, au milieu d'un véritable lac de boue liquide. Le berger allemand attaquait le grillage à coup de dents dans lequel il avait déjà fait un énorme trou. Le propriétaire n'avait rien trouvé de mieux à faire que de rafistoler avec des morceaux de fil barbelé représentant un danger pour l'animal chaque fois qu'il y passait le nez.

 

Pour finir, la SPA a récupéré le berger allemand qu'elle a pu faire adopter, le chien leishmanien a été piqué et le propriétaire a insisté pour garder les deux malinois. Nous l'avons sommé de refaire les structures. Les niches ont été doublées, un plancher surélevé y a été rajouté ainsi qu'une litière de paille, les clôtures ont été refaites et doublées de bois à hauteur des chiens qui ont retrouvé une semi liberté puisqu'ils n'ont à ce jour plus de chaîne. Quant à la biquette, elle a trouvé refuge en Lozère dans une association spécialisée dans les caprins où elle est très heureuse. Voilà une affaire presque réglée bien que nous restions très vigilants pour la suite.

Cette mise à jour ne sera qu'un "coucou" furtif car le temps me manque mais je vous promets un très prochain rendez-vous dans les jours qui suivent. A bientôt !