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LES NOUVELLES, ANNEE 2014

 

29 janvier 2014

Depuis début janvier, nous avions décidé avec Camille de préparer la mise à jour du site afin de clore l'année 2013, et de ce fait il me fallait écrire quelques textes. Le temps passe très vite et nous avons perpétuellement tant de choses à vous raconter ! Mais j'avoue que j'ai du mal à réunir mes neurones et surtout à canaliser mon émotion.
Oui, vous avez deviné, il y a une très mauvaise nouvelle en cette fin d'année, notre Valrico nous a quitté pour toujours. Certes, nous nous y attendions, ces dernières années, l'arrivée de l'hiver était synonyme de souffrance pour mon Coco et chaque fois, je craignais le pire. L'humidité ambiante de cette année a accentué les douleurs d'arthrose de plusieurs de nos protégés mais pour Valrico c'était devenu l'enfer.
Le 16 décembre dernier, nous avons du prendre l'ultime et l’insupportable décision, je n'avais pas le droit de prolonger cette vie de souffrance qu'était devenue la sienne.

C'est la raison pour laquelle nos vœux pour 2014 ont pris du retard !
Il est bien certain que je vous souhaite à tous, vous qui nous soutenez et nous aidez, une nouvelle année qui comblera vos vœux les plus chers, une bonne santé et beaucoup de joie avec votre famille humaine et animale.
Notre vœux parmi les vœux, ce serait bien sûr que les animaux ne soient plus assimilés à des biens mobiliers mais qu'ils soient reconnus comme des êtres vivants et sensibles pour lesquels l'être humain aurait surtout des devoirs, que les sévices, abandons  et privations soient des délits punis sévèrement par la loi jusqu'à la prison ferme pour faire jurisprudence.
Même si ça paraît complètement utopique, nous souhaitons que la souffrance animale diminue, que la corrida ne soit plus qu'un mauvais souvenir, que certains spectacles où les animaux sont utilisés soient interdits, que la détention et la prolifération des animaux soient réglementées pour leur bien- être et que les refuges sérieux qui sauvent et soignent les animaux soient aidés par l'état ou les collectivités territoriales . . .
. . . Et, pour faire court, que l'humanité prenne conscience qu'elle est en train de détruire la terre et les espèces qui la peuplent pour son plus grand malheur.

Merci à vous toutes et tous pour l'intérêt que vous portez au refuge, pour votre générosité fidèle, pour vos cartes de vœux et vos petites attentions tellement délicates !
C'est vous qui faites battre le cœur du refuge et cette année qui vient, nous aurons encore plus besoin de vous car notre cheptel augmente sans cesse mais pas nos rentrées d'argent.

Merci de tout mon cœur.

Stérilisation des chats errants

Certes, à l'Association C.H.E.V.A.L., notre principal activité, ce sont les chevaux ! Mais on n'en oublie pas les autres animaux néanmoins, et bon nombre d'entre vous savent que la misère du chat est absolument dramatique. En France, ils sont des milliers de chats errants, ayant été abandonnés ou bien nés dans la rue, qui survivent comme ils le peuvent, subissent les campagnes d'éradication menée par les communes (ce qui consistent à empoisonner tous les chats errants, car ils dérangent...) et surtout se reproduisent à gogo... C'est un véritable fléau, les chatons sont en général condamnés et pour la plupart, ils meurent de faim, de maladie, écrasés par une voiture ou même torturés par des jeunes gens de certains quartiers qui trouvent cela bien amusant...

Le refuge n'est pas épargné par ce problème, et chaque année nous découvrons de nouveaux chats et chatons sur le domaine, ils sont souvent sauvageons ; ils viennent des maisons voisines (ils ont repérés que les gamelles au refuge sont toujours pleines !) ou sont tout simplement abandonnés chez nous lorsque les propriétaires n'en veulent plus. Evidemment, aucun n'est stérilisé, les mâles entiers sont agressifs et à plusieurs reprises, nos chats (tous opérés!) ont été blessés.

Nous avons donc décidé d'attraper chaque nouveau chat, en se servant d'une cage de capture dont nous avons fait l'acquisition cette année, et de les faire opérer afin de calmer les ardeurs des entiers, et bien sûr de limiter la reproduction.

Nous tenons une fois de plus à sensibiliser les propriétaires de chats. Une stérilisation ou une castration n'est en rien un acte barbare, le chat n'est ni mutiler ni diminuer, mais au contraire bien plus serein. En effet, comme nous le disions, les mâles entiers sont souvent agressifs envers leurs congénères, ils sont donc souvent blessés (parfois gravement) lors de bagarres ; de plus ils sont fugueurs, toujours à la recherche d'une femelle, et risquent donc leur vie sur les routes... Sans oublier qu'un chat entier délimite son territoire par des jets d'urine malodorantes et des griffades, peu agréable dans la maison !

Quant aux femelles, elles peuvent faire deux portées par an, ayant jusqu'à 8 chatons à chaque fois ! Des chatons qui seront bien souvent tués violemment à la naissance car les propriétaires n'en veulent pas, ou bien placés chez n'importe qui via des sites internet de petites annonces. Bon nombre de ces chatons, une fois adultes, finiront à errer dans les rues, ou bien dans un refuge car les enfants de la famille s'en seront désintéressés... Alors à quoi bon faire naître, si tel est l'avenir réservé aux chatons ?!!! A savoir également qu'un chat opéré bénéficie très généralement d'une espérance de vie plus longue ; les femelles non stérilisées sont bien souvent victimes de cancer de l'utérus ou des ovaires.

A titre indicatif, sachez qu'un couple de chats peut donner théoriquement en 5 ans, 15 552 descendants...

A la fin de l'été, une portée de 4 chatons de 3 mois a été abandonnée à l'entrée de la propriété. Au bout de quelques jours, nous nous rendons compte que les petits ne semblent pas en forme. Tous sont hospitalisés à la clinique vétérinaire ; le typhus (maladie mortelle chez le chaton) est déclaré. Malheureusement, malgré 6 jours de perfusion et de soins coûteux, 3 chatons meurent... Nous en sommes bien attristés, et très en colère contre la personne qui les a abandonné...

Seule celle qui sera baptisé WALLEE a survécu, sans doute plus résistante et chanceuse que les autres. Elle restera pour le moment au refuge puisque Camille l'a adoptée ! Vaccinée et stérilisée, la jolie minette profite maintenant d'une vie de pacha !

 

Celle que nous avons baptisé NINJA, cette petite minette d'environ 6 mois a été stérilisée puis relâchée là où elle avait élu domicile depuis le début de l'hiver : dans notre réserve de foin !

Nous la nourrissons tous les jours et lui avons construit un abri afin qu'elle puisse se mettre à l'abri et au chaud. Malgré son côté très craintive, elle guette toujours l'arrivée des croquettes et s'approche de plus en plus de nous !

 

Un petit nouveau que nous avons vu apparaitre au refuge il y a quelques semaines.

Il est désormais castré, il sera donc moins agressif mais reste très sauvage.

 

Environ 2 ans, ce mâle est plutôt gentil, peu bagarreur.

Sauvage, il vient manger chez nous puis retourne à sa vie de chat !

Mais désormais il ne traquera plus les minettes !

 

Cette jolie minette a été trouvée, non pas au refuge, mais traînant dans les rues d'Alès, à la recherche de nourriture. Très boiteuse, elle a émue notre amie Annick qui a préféré l'emmener au refuge afin de la sauver des voitures...

Agée d'environ 1 an, nous l'avons fait stérilisée. Un examen et des radios de sa patte ont révélé qu'elle a subit une fracture qui s'est ressoudée en formant une cale osseuse. Ce n'est pas douloureux pour elle, juste gênant mais il n'y a plus rien à y faire, la jolie Poupée boite déjà bien moins depuis qu'elle est au calme au refuge, elle s'adapte bien à son handicap et vivra avec sans souci.

Il est hors de question de la remettre à la rue, c'est pourquoi nous lui cherchons une merveilleuse famille. Sinon, elle restera au refuge où elle s'est très vite sentie chez elle ! C'est une minette adorable, très câline et très douce, elle aime et recherche la compagnie des humains puisqu'elle nous suit partout dans le refuge !

 

Notre JACK est enfin adopté !!

Au refuge, il y a des jours avec et des jours sans et le jeudi 12 décembre est à marquer d'une pierre blanche !
Notre petit Jack, qui n'a que 3 pattes a été adopté par Cathy, notre amie et bénévole au refuge dès qu'elle en a le temps. Nous sommes tous très heureux car nous commencions à désespérer !

Jack était au refuge depuis avril 2011 et ça faisait plus de 2 ans et demie qu'il vivait en chenil. Si beaucoup de monde craquait pour lui, sa gentillesse, son regard tout et son besoin de tendresse, jusque-là rien ne s'était concrétisé... Chien à poils courts et de ce fait plutôt fragile, nous appréhendions un nouvel hiver pour lui et... le miracle est arrivé !

Il a 7 ans, il était temps qu'il connaisse la douceur d'une famille aimante, merci Cathy !

En tout cas, il a très vite compris comment on s'installe sur le canapé !

Adorable JACK, tu mérites vraiment le bonheur ! Nous te souhaitons la plus belle des vies désormais, avec Cathy & ses 3 chats !

 

 

Hommage à Valrico, cheval d'exception.

 

Vous raconter Valrico est un exercice difficile, si fort en émotion que j'ai du mal à trouver les mots, du mal aussi à garder mes yeux assez secs pour pouvoir écrire.
Il était un symbole, il était une icône mais il était surtout mon amour, mon cheval de cœur, le premier que j'apercevais de ma fenêtre en me levant, celui que j'avais chaque jour peur de perdre ces dernières années tant sa santé se dégradait.
Je disais que le jour où il partirait ce serait pour moi le pire des cauchemars et aujourd'hui . . . je vis ce cauchemar depuis déjà quelques semaines puisqu'à la mi décembre, nous avons du prendre la si difficile décision de l'endormir pour toujours, sa souffrance étant devenue intolérable..

Si Valrico était aussi handicapé, il le devait à un passé qui l'avait marqué à vie, il avait servi la corrida en tant que cheval de « rejoneador », toréador à cheval .
La plupart d'entre vous connaît par ouïe-dire, documents ou vidéo, la corrida de « rejon » où le cheval monté est confronté au taureau (lui même torturé auparavant!) qui, sous l'effet de la douleur essaie de se défendre alors que le toréro lui plante les banderilles du haut de sa monture,
Le vaillant cheval, extrêmement bien dressé, exécute des figures aux accélérations brusques, aux freinages très court, faisant des pirouettes pour éviter les cornes du taureau qui l'effleurent à chaque instant, ceci au galop avec le poids du cavalier et de la lourde selle portugaise.
C'est un véritable combat à l'issue duquel le matador provoque la charge du taureau au plus près pour pouvoir le tuer à l'aide du « rejon » sorte de javelot de bois avec une pique d'acier d'environ quinze centimètres.
Vous comprenez que l'impact d'un tel exercice sur les postérieurs du cheval n'est pas anodin et nous avons pu, radios à l'appui, dénombrer de très multiples micro-fractures dans les jarrets de notre bien aimé Coco. 
Ces chevaux-là ne durent pas longtemps, la sollicitation violente par leurs cavaliers en fait très vite des boiteux qui ne sont plus utilisables, quand ils ne sont pas déjà « cassés » lors des nombreux entraînements intensifs. Plusieurs chevaux sont morts éventrés, le dernier en 2012 s'appelait XELIM, vous pouvez lire son histoire sur notre site.

Si notre Coco a échappé à la mort, il n'a pu se soustraire aux séquelles invalidantes de la corrida de rejon et très vite il a été mis au rebut sans grand soin et peu nourri. Il a ensuite été vendu à un marchand et c'est là que je l'ai découvert il y a 16 ans.
Il était entier et, attaché à une barre avec d'autres chevaux il montrait un caractère agressif.  Il était cachectique, maigre jusqu'à la fonte musculaire, et malgré tout, refusait la nourriture. Le marchand m'expliquait qu'il maigrissait un peu plus chaque jour à son grand dam ! (Malheureusement, pas de photos de cette période ; à cette époque le numérique n'existait pas, et il m'est impossible de remettre la main sur les photos que j'avais faite...)
Son regard, son caractère et sa beauté sous-jacente m'avaient conquise.
J'ai alors proposé de le prendre au refuge pour essayer de lui redonner l'envie de vivre et le remettre en état.
Ce fut chose faite et, malgré des débuts difficiles j'ai réussi à le faire grossir et à l'apprivoiser et il est très vite devenu un bel espagnol, rond à souhait, ne boitant plus puisqu'au repos, malgré quelques petites ballades tranquilles qu'il affectionnait particulièrement. Notre relation était devenue une véritable complicité, je m’accommodais de son caractère et lui des soins vétérinaires qu'il détestait !

 

Au bout d'une année, le maquignon est arrivé un jour avec un acheteur potentiel, chose à laquelle je ne m'attendais pas du tout et c'est là que j'ai pris conscience du sentiment profond que j'avais pour mon beau Coco. L'homme en question semblait intéressé et je commençais à pâlir !
Le lendemain, j'ai très mal reçu le marchand, j'ai hurlé comme jamais, réclamant tout à coup une pension pour le cheval, le remboursement des frais vétérinaires et puis j'ai dit que j'étais prioritaire pour l'achat et que Coco ne pouvait plus travailler et qu'il avait bien mérité une retraite heureuse avec nous !
Le monsieur en question n'était pas un mauvais bougre, je lui avais soigné et retapé plusieurs chevaux auparavant et il ne l'avait pas oublié.
Une heure après, Coco était à moi, pour toujours et je savourai l'instant avec des larmes de joie !

 

En 2001, il a été la vedette de,la marche organisée par l'Alliance Anticorrida présidée par mon amie Claire, mais pour lui, ce fut une épreuve que jamais je n'aurai pu imaginer ; j'avais senti une certaine nervosité lorsque je lui avais essayé cette belle selle portugaise que quelqu'un m'avait prêtée pour l'occasion puisque je devais me « déguiser » en torera et, comme je ne le montais plus du tout, j'avais mis ceci sur le compte d'un ras le bol de sa part.
Mais quelle ne fut pas ma surprise de le voir rechigner à monter dans le van pour nous rendre à Nîmes, lui qui était habitué auxtransport.
Je me suis dit qu'il craignait sûrement que je l'emmène ailleurs, l'arrachant à son camp de base qu'était devenu le refuge et je m'employais à le rassurer, l'embrassant et lui chuchotant que nous serions rentrés le soir même.
Le court voyage s'était bien passé mais, arrivés à Nîmes, sa nervosité grandissait, il était visiblement inquiet. En le sellant, il me semblait trembler légèrement et je commençais à regretter de l'avoir emmener mais nous y étions et,d'ici un peu plus d'une heure tout serait terminé et nous rentrerions à la maison retrouver notre cocon familial !
Les minutes passant, Valrico n'était pas calme et en démarrant la marche, je demandais à mon bénévole de le tenir en longe n'étant pas tout à fait certaine de pouvoir réagir dans le cas où il y aurait un événement particulier.
Tout se passait plutôt bien, j'étais fière de mon très beau Coco défilant au pas pour cette cause qui me tient tant à cœur, je ne le sentais pas vraiment à l'aise mais je lui redisais encore et encore que nous allions bientôt rentrer.
Puis d'un coup, à la vue des arènes qui se dessinaient au loin et qui étaient le but de la marche, Valrico s'est arrêté net, a déposé un énorme crottin et s'est mis à transpirer et trembloter en hennissant très fort, j'en étais retournée jusqu'à me demander si je devais descendre.
Puis il est reparti, les naseaux très dilatés, la peau frémissante, jusqu'aux arènes .
Pendant le rassemblement sur le parvis des arènes, je l'ai dé-sellé, bouchonné car il était en nage et je l'ai tout de suite monté dans le van, toute seule sans difficulté, il venait de comprendre qu'il rentrait à la maison et a accepté de manger les carottes qu'il m'avait refusées quelques minutes avant.
Je l'embrassais, m'excusais de l'avoir entraîner dans une telle aventure, lui redisais que je l'aimais tant, encore et encore et que plus jamais nous ne quitterions notre havre de paix.
Qu'on ne me dise pas que les chevaux de corrida aiment le travail qu'on leur impose, Valrico a su nous faire comprendre son émoi, sa peur panique à la seule vue de ce bâtiment maudit.

D'ailleurs, Luc Jalabert, organisateur de corridas équestre disait dans le magazine du Gard :
«  Un taureau, ça fait peur à un cheval ! »
Il disait aussi : «  Il y a tellement de difficultés pour avoir une écurie de chevaux pour la corrida toute l'année qu'il faut la préparer en permanence avec tous les accidents qui peuvent arriver. En 1982, j'avais des chevaux fabuleux, en 1983, accidents, fractures, je n'en avais plus, tous massacrés »
Après un tel discours, prononcé par un professionnel, je pense qu'il est facile d'imaginer la violence exercée sur ces animaux et les séquelles physiques et psychologiques dont ils peuvent souffrir quand ils s'en sortent !

C'est comme ça que nous avons vu Valrico décliner, d'années en années, vieillissant très mal, ses postérieurs droits comme des I et craquant de tous ses membres. Bien que très battant, le corps ne suivait plus et remettre à plus tard l'ultime décision n'était plus envisageable.
Quand je vois ces jours les pluies torrentielles que nous avons subit en ce début d'année, la boue qui nous envahit, je me dis que mon Coco est parti à temps, juste avant ce déluge qui lui aurait été fatal, dans des souffrances justes intolérables.
Nous lui avons évité une mort violente, à se débattre pour se relever et la dernière preuve d'amour a été d'accepter cette séparation qui me fait si mal.
Va, mon Coco, tu as pu vivre jusqu'à 32 ans entouré et gâté, tu m'as donné le bonheur de t'avoir à mes côtés de nombreuses années, merci, je ne t'oublierai jamais.

Les dernières photos de notre beau VALRICO ...


Bien sûr, l'histoire de Valrico nous remet en mémoire le martyre des chevaux mais surtout qu'il ne nous fasse pas oublier celui des taureaux, innocentes victimes de la barbarie de certains qui trouvent dans le sang répandu un divertissement inqualifiable.
Comment peut-on se distraire et se réjouir de la souffrance, de l'agonie et de la mort ? 

 

Paprika, puis Erbil, sont adoptés !

Cette fin d'année ne nous a heureusement pas apporté que du chagrin... En effet, 2 de nos pensionnaires ont trouvé une nouvelle famille et c'est pour nous une grande joie ! Nous espérons de tout coeur que tout ira au mieux pour eux, bien sûr nous gardons des contacts réguliers avec les adoptants, et attendons avec impatience des bonnes nouvelles de nos loulous !

Le 17 décembre, c'est d'abord la jolie et gentille Paprika qui part pour sa nouvelle vie, auprès de sa nouvelle maman : Nadège ! Cette dernière a eu un véritable coup de coeur pour cette magnifique Pur-Sang arabe de 9 ans qui a tout à apprendre mais possède déjà un coeur en or ! Proche de l'homme, très câline et bien dans sa tête, Paprika est un amour de jument. Un débourrage en douceur, prévu dans les mois à venir, ne devrait poser aucun souci et Paprika deviendra une formidable jument de loisir !

Paprika sur le départ !

 

Le trajet s'est très bien passé, Paprika est très calme. Nous arrivons sous un magnifique ciel bleu, des conditions idéales !

Inutile de préciser que notre belle jument était TRES attendue, et le bonheur de Nadège fait plaisir à voir !

Quant à Paprika, elle découvre tranquillement son nouvel environnement, qui semble lui plaire !

 

Longue vie à toi, jolie fille, nous te souhaitons que du bonheur !!

La belle PAPRIKA dans sa nouvelle maison ! Elle partage désormais son parc avec BIMBO, une adorable mule de 2 ans !

Les deux fifilles sont rapidement devenues des grandes copines !

 

L'histoire d'Erbil qui finit très bien

Vous avez pu lire la folle histoire d'Erbil précédemment dans les nouvelles de septembre et décembre 2013. Le pauvre chou a eu son lot de tracas et sa vie n'a pas toujours été un long fleuve tranquille. C'est un cheval très particulier, extrêmement attachant, très câlin avec les humains mais il est un peu solitaire et très facilement dominé par ses congénères.

J'avais expliqué dans les nouvelles du 8 décembre 2013, que la soeur de son ex-propriétaire l'avait retrouvé, ici au refuge et qu'elle lui portait une affection sincère, venant chaque semaine de loin pour le voir et s'en occuper.
Au bout de quelques semaines, elle a émis le voeux de l'adopter car il lui manquait trop. A chacune de ses visites, elle repartait si triste, pratiquement au bord de larmes que j'en étais très émue. Après en avoir discuté avec l'équipe nous avons décidé d'accepter d'autant plus qu'Erbil ne semblait pas particulièrement heureux ici. Certes il avait profité et s'était bien remplumé mais je le trouvais toujours tristounet, trop dominé par les autres et j'avoue que ça ne me satisfaisait pas. Stéphanie dispose de structures parfaites à 5 minutes de chez elle, chez un voisin éleveur tout à fait disposé à accueillir Erbil dans de très bonnes conditions.


C'est donc le matin du 30 décembre, par une journée très ensoleillée, que nous avons chargé Erbil dans le van pour une nouvelle destination qui semble être cette fois, la dernière.

Erbil sur le départ !

 


Il nous a fallu affronter les petites routes de montagne un peu verglacées (en Lozère) et je reconnais que j'étais soulagée d'arriver vers 13 heures.

Nous avons, Jean-Claude et moi, découvert un magnifique site vallonné avec de beaux chevaux bien ronds et des gens tout à fait charmants. Ils nous ont bien accueillis et nous avons casser la croûte avec eux.

Stéphanie était aux anges, elle caressait et embrassait son protégé très affectueusement.


Après avoir visiter les installations, nous avons été tout à fait satisfaits et ce fut très vite le moment des adieux car il fallait rentrer au refuge avant la nuit.
J'ai été très touchée par la douceur et la sensibilité de Stéphanie et je suis persuadée que notre Erbil a gagné en affection car il est très demandeur et au refuge nous ne pouvons pas nous attarder longuement sur chaque cheval au quotidien !

ERBIL & Stéphanie, désormais réunis et heureux !


Je sais qu'il est heureux sur sa montagne où il va poursuivre sa retraite entouré d'amour et de bons soins. J'ai une confiance absolue en Stéphanie et je sais qu'Erbil ne pouvait pas trouver mieux. Il a eu beaucoup de chance dans son malheur, merci aussi à Irène de l'avoir sorti des griffes du maquignon.

 

Pas de répit pour le Réveillon !

Kazirak De Préjeurin, ou K.D.P pour les intimes !

C'est une fois de plus, une histoire à peine croyable que je vais essayer de vous raconter.
Le 28 décembre, une personne m'appelle sur les conseils du commissariat d'Alès, pour une histoire de chevaux dont la Police Nationale semblait bien embarrassée.
En effet, un cheval peu ordinaire et entier de surcroît, avait fait irruption sur son terrain, la veille, pour saillir sa vieille jument et bousculer le cheval hongre qui lui tient compagnie.
Devant le peu de coopération et l'insolence de la détentrice du cheval, le couple de retraités ne voulait pas en rester là car il craignait que l'étalon réitère son « échappée belle » le soir d'après et qu'à nouveau, il agresse leurs deux vieux chevaux qui menaient jusqu'alors une retraite paisible.
Je me suis donc rendue chez eux pour évaluer avec plus de précision la situation et faire ma petite enquête personnelle.
Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir un magnifique et fringuant pur-sang arabe d'une quinzaine d'années, précairement attaché avec des rennes de cuir entourant son encolure, à un abri lui-même précaire où le cheval ne pouvait en aucun cas être contenu.

J'en profite pour rappeler, au passage, que la détention d'un étalon est une responsabilité. Il doit être enfermé dans un box la nuit et sortir la journée dans un parc clôturé de plusieurs rangées de fils conducteurs de plus d'un mètre cinquante de hauteur, copieusement électrifiés par un poste de clôture en bon état de fonctionnement. Ceci bien sûr pour éviter toute fugue qui risquerait de s'avérer dangereuse, sachant qu'un étalon en rut n'est plus dans son état normal.

J'ai vite compris l'appréhension des voisins lorsque j'ai constaté de visu que la clôture n'était pas du tout électrifiée et que les rubans étaient trop bas et très peu solides. Ce pauvre cheval était donc condamné à rester attaché, contenu par des planches clouées à la hâte et des brouettes disposées debout dans la mangeoire pour l'empêcher de sauter !

 

Je vous laisse imaginer le danger que ce genre d'installation pouvait représenter pour l'animal s'il avait voulu sauter pour rejoindre «  la belle », coûte que coûte ! De plus, aucune nourriture ni eau de boisson n'était à sa disposition.
Je suis donc repartie soucieuse mais bien déterminée à faire évoluer la situation dans le bon sens et, 48 heures après, soit le 31 décembre !, j'étais en mesure de venir chercher le cheval, accompagnée de Camille et Annick sans oublier l'équipe de policiers municipaux mise à disposition par le maire. Ceci, quelques heures avant le réveillon ! ! !
Je ne tiens pas à rentrer dans les détails mais il faut savoir que cet animal était détenu par une gamine de 16 ans, qu'elle l'avait fait venir de loin, proposant une pension, pour soi-disant le valoriser sur l'obstacle, et ce sans même une carrière !

Une fois K.D.P en sécurité au refuge, il m'a fallu me démener, via les Haras Nationaux, le naisseur, internet, les réseau sociaux, etc . . . pour retrouver la véritable propriétaire (dont on continuait à me cacher les coordonnées!), qui est, elle aussi une toute jeune fille qui semble traverser une période un peu précaire. J'ai avec elle des relations courtoises et j'espère que nous pourrons trouver la solution.
Je ne le lui ramènerai que lorsque je serai certaine que la situation est stable et que Kazirak ne risque plus d'être trimbalé à gauche et à droite.

 

Pour la petite histoire, ce cheval a été champion de France de « modèles et allures », il est à l'origine de 48 produits répertoriés et son métier, c'est « étalon », ça veut dire qu'on ne peut pas le poser n'importe où, n'importe comment, en faisant fi des règles élémentaires régissant la détention des étalons !
En attendant il est bien au refuge, notre véto le verra dès le début de semaine. Il a déjà eu la visite de deux jeunes femmes qui ont fait partie de sa vie avant qu'il ne soit vendu par son naisseur, elles sont parties rassurées et heureuses de l'avoir revu dans de bonnes conditions. Elles ont fait plus de 300 kilomètres pour le revoir, ça c'est de l'amour ! En prime, elles sont arrivées le bras chargés de dizaines de kg de pommes et de carottes, de couvertures, licols et produits pharmaceutiques. Sans oublier les croissants et autres friandises pour le petit déjeuner de l’équipe courageuse du refuge ! Et enfin, elles ont chacune pris une carte de membre à l’Association, et engagé un parrainage. Un immense MERCI, Laetitia et Anouchka.

En tout cas, depuis qu’il est au refuge, le beau Kazirak ne nous pose aucun problème. Il est en box durant la nuit, et sort une partie de la journée dans un parc « spécial entier », bien clôturé et loin des juments, qu’il partage avec notre P’tit Loup, entier lui aussi ! Kazirak est un cheval très respectueux, il marche en longe très gentiment, « chante » comme un étalon mais sans jamais nous bousculer ni se cabrer même en voyant une jolie fille ! Un cheval adorable comme on les voudrait tous !

Nous ne manquerons pas de vous tenir au courant de la suite des événements.

Bilan 2013

C'est ainsi que s'achève l'année 2013, qui fut pour nous, à l'image de toutes les précédentes, bien remplie !

En 2013, ce fut :

18 chevaux, 2 ânes et 2 chiens sauvés pour tous d'une mort certaine.

4 chevaux et 1 poney accueillis au refuge, car leurs propriétaires ne pouvaient plus les assumer.

12 chevaux, 2 ânes, 1 chien et 2 chèvres adoptées ! Nous leur souhaitons le meilleur, et recevons bien sûr des nouvelles régulières. Sans oublier Capucine, notre singe Magot, placée dans un centre spécialisée où elle y est très bien traitée.

8 chevaux, 1 âne et 1 chien décédés, ayant atteints des âges canoniques, ou souffrant d'une grave pathologie ; leurs souffrances étant devenus insupportables. Nous avons toujours un douce pensée pour eux.

7 chevaux et 1 poney en retour d'adoption. Ce chiffre est pour nous une grande déception ; à chaque adoption nous espérons que c'est pour la vie, mais ce n'est malheureusement pas toujours le cas...

 

Nous terminons donc l'année avec plus de 165 chevaux au domaine. Et nous sommes conscients que 2014 ne nous permettra sans doute pas de diminuer le cheptel ! Sans être défaitiste (mais plutôt réaliste!), le déclin de la misère animale n'est malheureusement pas encore annoncé, les propriétaires de chevaux ne seront certainement pas plus respectueux de la vie et la vieillesse de leurs animaux, sans oublier la hausse de la TVA à 20%, que tous les cavaliers connaissent désormais, et qui destine bon nombre de chevaux à la boucherie, les petites structures équestres étant condamnées par cette augmentation.

Un bien sombre avenir pour le monde équin, et globalement animale, mais nous restons néanmoins plein de courage et animé d'un engagement chaque jour plus marqué. Certes, nous ne pouvons pas sauver tous les chevaux, bien loin de là, et parfois nous sommes un peu découragés ; mais pour tous ceux que nous sauvons, ça change tout !

A bientôt et une fois de plus, merci pour votre fidélité !

 

17 mars 2014

Déjà le mois de mars, le temps défile à une vitesse incroyable ! Voilà bien longtemps que nous ne vous avons pas donné de nouvelles mais il faut dire que depuis le début de l'année 2014, on ne chaume pas vraiment ! Nous vous laissons découvrir tout ce qu'il s'est passé au refuge en janvier et février, bonne lecture à tous !

Bienvenu à toi, petit Zack !

Il m'arrive assez souvent de recevoir des appels ou des mails très émouvants de personnes désirant se séparer de leur cheval pour des raisons x ou y et souvent dans l'urgence.
Je refuse la plupart du temps car, comme vous le savez, nous sommes très chargés et je pourrai, si j'en avais la possibilité, rentrer 2 ou 3 chevaux par jour, tant les abandons sont nombreux ces dernières années.
Lorsque j'ai reçu les photos de Zark et son histoire, j'avoue que ce petit cheval courageux m'a émue.

Les premières photos de Zark que nous avons reçu.


C'est absolument inexplicable, il n'était ni plus beau, ni plus jeune (20 ans cette année), origine inconnue, ni rien du tout de plus que les autres mais ses yeux, son regard m'ont touchée et lorsque j'ai parlé avec sa propriétaire de la vie du cheval, de son beau parcours dans les compétitions de monte western, je me suis dit que ce petit père courage méritait largement une belle retraite et j'étais même un peu fâchée que ce ne soit pas sa maman de cœur qui puisse la lui offrir.

Il fallait commencer l'année par un sauvetage un peu particulier et ce petit bonhomme courageux, besogneux, battant et même gagneur, je n'avais pas envie de penser à lui en me posant les pires questions et le mieux, c'était que nous allions le chercher au plus tôt.
C'est ainsi que le vendredi 3 janvier, nous sommes parties, ma fille Charlotte et moi-même dans les Bouches-du-Rhône chercher ce Zark que nous aimions déjà !

Je ne m'étendrai pas trop sur son état qui nous a vraiment choquée et surtout ses pieds, anormalement longs et cassés, quand même, si on est fauché on peut toujours trouver 25 € pour faire parer son cheval, il nous a donné l'impression d'avoir été un tant soit peu abandonné ces derniers temps !
Bien sûr à l'occasion de notre venue, Zark avait été rentré dans un box mais on a bien senti qu'il n'y était pas habitué car il nous a reçu avec ses fesses bien tournées vers nous sans faire, toutefois de geste méchant. Sa propriétaire nous a dit qu'il était très craintif et que c'était bien pire quand elle l'a acheté.
Nous le sentions très tendu et nous n'avons pas traîné pour l'embarquer, lui et son matériel.

Zark embarque sans aucun problème dans le van. Bien qu'inquièt, il se montre très calme.

Le voilà en route pour une nouvelle maison où il y profitera d'une douce retraite bien méritée !!

 

J'ai senti dans les yeux de Charlotte, beaucoup de compassion et en même temps le cheval semblait attentif à ses paroles rassurantes. Quoi qu'il en soit, c'est toujours stressant pour un cheval d'embarquer pour l'inconnu avec des gens étrangers à son environnement.

Il a très bien voyagé et, dès que nous sommes arrivés, Charlotte s'est occupée de lui immédiatement pour essayer de le mettre en confiance et j'ai très vite subodoré une grande histoire d'amour en préparation !


Je ne me suis pas trompée et Charlotte et Zack (nous avons enlevé le R, c'est plus doux!) sont devenus les meilleurs amis. Le petit cheval a beaucoup changé, il est beaucoup moins craintif et il s'est bien arrondi, il fait l'objet d'un « chouchoutage » particulier qu'il semble apprécier !

Après quelques semaines passées au refuge, Zack semble déjà très à l'aise et il se sent déjà chez lui !

 

Ses progrès sont une véritable satisfaction pour nous, sa crainte disparaît peu à peu et il semble bien heureux, c'était le but recherché.
Le voilà parti pour une bonne retraite,espérons qu'elle soit la plus longue possible !

Hélios & Oscar sont adoptés ensemble !

Les doubles adoptions sont toujours un grand bonheur pour nous, savoir que deux de nos loulous vont passés leur vie ensemble, c'est merveilleux ! C'est donc un plaisir pour nous de vous annoncer l'adoption d'Oscar et Hélios par de bons amis et en plus, à 20 minutes de chez nous ! Vraiment tout pour plaire car depuis le 26 janvier, nos deux compères coulent des jours très heureux chez Fanny et Robert, un couple d'amis formidables, des gens si gentils et généreux.

Le 26 janvier donc, nos deux gaillards embarquaient dans le van sans aucune difficulté, vers leur nouvelle vie, à quelques km du refuge !

 

C'est vrai que l'on pouvait difficilement rêver mieux pour nos deux lascars, ils ont tout ; les bons abris, le chouette terrain la nourriture à profusion, les gourmandises et des câlins en veux-tu, en voilà, en un mot, c'est le paradis et ils le méritent bien tous les deux.

La salle à manger ! La maison d'HELIOS ! La maison d'OSCAR !



Leur vie d'avant n'a pas toujours été rose, Hélios était arrivé, il y a quelques mois avec la peau sur les os et un œil crevé quant à Oscar il a mené une vie de misère pendant des années chez un tortionnaire qui pensait avoir tous les droits sur ses animaux et les détenait dans des conditions inacceptables, les affamant régulièrement.
Tout ça n'est plus qu'un mauvais souvenir !

Nos amis ont eu la grande douleur de perdre leur jument comtoise adorée des suites d'une grave colique, Idole, le 20 septembre 2013 dont nous vous avions parlé à l'époque, pour nous en être occupé et l'avoir même emmené à la clinique vétérinaire pour y recevoir des soins très approfondis.

Ils s'étaient alors promis de rendre heureux deux de nos déshérités ayant tout leur temps pour le faire puisque Robert et Fanny sont à la retraite ! Belle retraite aussi pour Oscar et Hélios qui prennent 18 ans cette année.


Hélios & Oscar ne se connaissaient pas ; lors des présentations, le petit âne était un peu impressionné par ce grand cheval parfois très vif ! Mais ils ont vite compris qu'ils allaient vivre ensemble et ont, chacun, mis de la bonne volonté dès les premiers jours. Très vite, ils se sont attachés l'un à l'autre et sont désormais les meilleurs amis du monde ! Nous n'avons aucune inquiétude pour eux, ils sont entre de bonnes mains, Robert et Fanny sont aux petits soins avec eux, ils sont les rois du monde ! Ils ont même comme co-locataires une ribambelle de chats, c'est la maison des animaux !

HELIOS & OSCAR arrivent à bon port ! Ils découvrent tranquillement leur nouvel environnement, et font connaissance avec Robert & Fanny !

 

Longue vie à vous Hélios & Oscar ! Et un grand merci à Fanny et Robert pour les bons soins et l'amour que vous leurs apportez.

Au tribunal !

Vous vous souvenez peut-être d'une affaire traitée en Ardèche à Vallon-Pont-d'Arc exactement, contre une association "Les Chevaux du Savel" qui faisait une sorte de maquignonnage, sous prétexte de protection animale.

Nous avions gagné notre procès par un jugement correctionnel du 18 janvier 2013, mis en délibéré au 15 février. La condamné avait alors interjeter appel et ce n'est que le 31 janvier 2014 que j'ai été été convoquée par la Cour d'Appel de Nîmes en tant que partie civile. La matinée à la 3ème chambre de la Cour d'Appel (convoquée à 8h30) fut particulièrement longue, empiétant sur l'après-midi puisque nous sommes sorties, Sandra (notre secrétaire) et moi-même, après 15 heures ! Malgré tout, cette audience m'a satisfaite. La Cour m'a semblé sensible à nos doléances, elle a reproché à l'accusée de ne pas avoir respecté la décision judiciaire du 15 février 2013 concernant la saisie des animaux qui nous avaient été confiés. L'affaire a de nouveau, été mise en délibéré au 28 mars, il ne nous reste plus qu'à croiser les doigts en espérant que la Cour appréciera la dangerosité de l'accusée envers les animaux et aussi l'environnement bien mis à mal dans cette affaire...

Une fois de plus, affaire à suivre !

Pilou s'endort pour toujours...

Un triste hiver que celui de cette année avec des pertes qui, même quand on s'y prépare, sont toujours difficiles. Après notre beau Valrico en décembre dernier, c'est notre Pilou qui nous a quitté en ce début de mois de février... Pilou, comme on le dit ici, "il fait partit des meubles !". Difficile d'imaginer le refuge sans lui, difficile de mettre un autre cheval dans le box qu'il habite depuis bien des années. Voilà près de 19 ans que Pilou vit avec nous ; il fut l'un de premiers sauvetages de l'Association.

Nous sommes en août 1995 lorsque je le découvre chez un marchand. Pilou était jeune (6 ans), très beau, mais cela ne suffisait pas pour lui éviter le couteau du boucher. Il était devenu ataxique (son cerveau ne commandait plus ses membres), et il ne pouvait presque plus marcher. Il était condamné à cause d'un coup sur les cervicales (accident dans un camion de transport) qui l'avait rendu impotent. Ses jambes partaient dans tous les sens, il tombait souvent et semblait irrécupérable. Il souffrait d'une compression médullaire au niveau des cervicales.

A sa vue, un véritable film d'horreur s'était déroulé dans ma tête. D'abord, l'embarquement dans le camion de la mort, puis l'épouvantable voyage et enfin, l'interminable parcours jusqu'au couteau, Pilou tombant tous les 3 mètres, relevé à coups de pied, de batôn ou à coup d'électricité, déjà épuisé avant de mourir, battu comme s'il était coupable. Cette idée m'était insoutenable, mais l'Association n'avait pas les 4500 Francs nécessaires, et déjà germaient dans ma tête tous les moyens pour les trouver !

Le lendemain, j'en parlai, les larmes aux yeux, à un journaliste parisien spécialisé dans les voitures!, qui m'a dit "je vais voir pour ce petit cheval". Sans plus. Il faut s'avoir qu'à cette époque, l'Association était jeune et nous venions, mon mari et moi, d'investir dans le terrain à St Jean de Valériscle ainsi que les structures, et il m'était difficile de demander encore de l'argent pour acheter des chevaux !!!!!

24 heures après, il me rappelait, m'annonçant qu'avec quelques amis, il avait réuni la somme et qu'il m'expédiait le chèque. Autant dire le soulagement que j'ai éprouvé à cet instant. Je m'étais déjà préparé à ce que Pilou soit irrécupérable ; dans ce cas il s'endormirait pour toujours, dans la douceur du refuge, mais ne connaitre pas l'affreux périple de l'abattoir.

Arrivé au centre, notre vétérinaire m'a redonné l'espoir (à l'époque, le refuge était basé au Domaine du Marican, à quelques km de là où nous sommes actuellement !, avant que nous déménagions vers le Valat de Ramel, en 1996.). Nous avons fait, sur ses conseils, une thérapie pour le cerveau, et après 12 jours de traitement, il allait déjà beaucoup mieux. Ce traitement consiste à des injections par intraveineuses de Candilat, un oxygénateyr cérébral & médullaire.

Fin septembre 95, il marche, tricotant un peu, mais ne tombe plus. Il peut même aller quelques heures par jour au pré avec les autres ! Plus question de l'euthanasier !! Pilou va de mieux en mieux et ses yeux sont pleins de reconnaissance. Il a retrouvé le moral, c'est à nouveau un petit cheval gai !

 

Depuis toutes ces années, Pilou a vécu avec nous, une vie douce et sereine. Bien accomodé à son handicap, il se déplaçait sans problème, à son rythme, s'offrant même parfois quelques cabrioles ! Les visiteurs ou les bénévoles venants au refuge nous disait souvent qu'on avait l'impression qu'il était saoul quand il marchait ! Cela nous faisait toujours sourire !

Pilou en 2011 et 2012, en pleine forme et rond comme une bille !

 

Mais depuis quelques mois, nous voyons son état évoluer rapidement. Jusque-là, Pilou aimait passer de longues heures à dormir au soleil, c'était son petit plaisir ! Il parvenait même à se coucher et se relever seul dans son box ; box médical spécialement équipé pour lui avec un matelas anti-dérapant et un système de palan au plafond, au cas où. Mais depuis cet été, nous ne le voyons plus se coucher, comme s'il savait qu'il n'arriverait pas à se relever. Un examen de notre vétérinaire fut réalisé en juillet 2013; Cécile ne déclara rien de dramatique, Pilou approche des 25 ans, dont 20 ans d'ataxie !, il est normal qu'il fatigue. Nous le surveillerons néanmoins de très près.

 

Malheureusement, l'aggravation de son état s'est poursuivit, et avec les grosses pluies qui s'abattent sur le refuge depuis la mi-décembre, sa vie devenait très compliquée. Les terrains étant très boueux et glissants, Pilou ne pouvait plus sortir, et passait ses journées en box.

Certes, nous étions souvent avec lui, lui distribuant des carottes et passant de longs moments à le brosser, afin de lui faire passer le temps. Mais ce n'était que surperflu, nous en étions conscients. Son postérieur gauche se déformait de plus en plus (l'ataxie détruit les articulations), Pilou avait bien du mal à se maintenir debout ou à se tourner dans le box, prenant souvent appui sur les murs et risquant une chute douloureuse.

Mais il nous était si difficile de prendre une décision pour lui, ce cheval si courageux, son bel oeil doré toujours vif et surtout un appétit d'enfer. Jusqu'à la fin, il a dévoré ses rations avec plaisir, mais malheureusement ça ne faisait pas tout... Lorsque Cécile est venu le voir, elle nous a dit qu'il était tant d'arrêter, il n'y aurait plus d'amélioration et ce serait de pire en pire pour lui.

Dans la plupart des cas, les chevaux ataxiques ne vivent que quelques années et Pilou a battu tous les records de longévité puisqu'il est resté parmi nous presque 19 ans !

Avec 19 ans de sursis, Pilou s'est finalement endormi tranquillement en ce début février, entouré par toute l'équipe qui l'a accompagné jusqu'au bout.

Tu étais un cheval incroyable, nous ne t'oublierons jamais, petit Pilou.

 

Saisie de 12 chevaux en Corrèze !

Et . . . rebelote !

Certains d'entre-vous se souviennent certainement de cette grosse saisie de pur-sang arabes en Corrèze, chez un éleveur tortionnaire dont les chevaux mouraient comme des mouches, nous en avions ramené plus de 40 au refuge en 2 fois !
C'était l'année 2006, j'avais été sollicitée pour cette affaire par la gendarmerie elle-même qui ayant eu vent de « mon efficacité », recherchait désespérément une association de protection du cheval capable d'intervenir sur cette affaire sordide dont personne ne venait à bout et qui durait depuis des années semant sur son chemin un grand nombre de cadavres.
Je suis obligée de rependre un peu l'histoire à ses début car je me rends compte que la mise à jour du site, de l'époque avait été très succincte pour cause de surcroît de travail, accueillir une quarantaine de chevaux au refuge, en très mauvais état, relevait de l'exploit !
J'étais donc montée en Corrèze avec ma petite assistante, Marilyne, le 29 mars 2006 après avoir pris rendez-vous directement avec les services vétérinaires de Corrèze.
Les gendarmes avaient prévu la visite des chevaux le lendemain et nous avons passé la journée entière jusqu'à la nuit pour arriver à voir le plus gros du cheptel qui était disséminé sur une dizaine de communes. Il a fallu faire des kilomètres en voiture mais aussi à pied, sans prendre le temps de boire ni manger car le timing était serré !
Toute la journée, nous avons vu des horreurs...

 

Les chevaux sont faméliques, blessés, cachectiques, couvert de dermatophylose (bactérie assimilable à un champignon proliférant en milieu humide) avec des pieds dans un état lamentable, tous dans un état de misère physiologique !

Ces chevaux n'ont sans aucun doute jamais vu un maréchal-ferrant !

Trop longs (jusqu'à en déformer le pied et le membre du cheval, causant de graves souffrances), cassés, éclatés, certains sabots ne retrouveront jamais une forme normale...

 

Des poulinières pleines et suitées avec la peau sur les os, des poulains dans un état alarmant, des chéloïdes impressionnants dus à des blessures de barbelés, seul matériel de clôture utilisé par cet éleveur indigne.

Poulains de l'année précédente, dans un état alarmant...


Enfin, à plus de 21 heures, j'étais à la gendarmerie pour déposer plainte jusqu'à presque 23 heures. Le gendarme était tellement heureux de pouvoir entrevoir une issue dans cette affaire sordide qu'il n'a compté ni son temps, ni sa peine, exactement comme moi !
Le lendemain matin, j'étais dès l'ouverture de la D.D.S.V à la porte et quelques minutes après je m'entretenais avec un technicien duquel je pouvais démolir les rapports qu'il m'avait montré la veille, photos à l'appui, pour la plupart des équidés visités. Par la suite, nous devions travailler ensemble.

Puis il nous a fallu rentrer et laisser ces troupeaux misérables sans trop se retourner mais j'étais plus que jamais, déterminée à mettre cet éleveur hors d'état de nuire dans les délais les plus brefs.
Plus de 1000 kilomètres en voiture et la longue marche à pied on fait que je suis rentrée exténuée mais dès le lendemain, je saisissais le Préfet de la Corrèze, lui demandant l'enlèvement rapide des équidés en danger et aussi de voir avec un vétérinaire pour abréger les souffrances de certains qui, sans soin, mouraient à petit feu.
Le 21 avril, je recevais un courrier du Préfet disant ceci : « Par arrêté du 18 avril dernier, j'ai ordonné l'euthanasie de 5 chevaux en état de misère physiologique et mis en demeure Monsieur Perrier d'apporter une nourriture saine et complète. »

Malheureusement, je me suis vite rendu-compte que la pauvre jument Zoubida avait été cachée et continuait à être saillie malgré son chéloïde très invalidant et d'autres plaies aux postérieurs dues aux barbelés, c'était pour elle l'enfer sur la terre !

 

Entre temps, l'association ONE VOICE est venue en renfort déposer plainte à nos côtés et aussi se porter partie civile et c'était très sympa de leur part.

Après de nombreux dossiers envoyés, autant de mails et de coups de téléphone entre les services vétérinaires, le procureur et la préfecture, nous obtenons la saisie conservatoire du cheptel par un arrêté préfectoral et un enlèvement prévue pour le 11 mai 2006.
Monsieur le Préfet, très sollicité par moi-même, n'a pas voulu prendre plus de risques car d'autres chevaux avaient encore perdu la vie et la date du procès n'étant pas fixée, d'autres pouvaient encore mourir sachant que toutes les poulinières étaient gestantes.
Il nous fallait donc organiser un rapatriement très important et la préfecture a sollicité l'aide du personnel des Haras de Pompadour, sachant qu'une partie des chevaux n'étaient ni attrapés, ni manipulés.
Nous avons donc affréter pour l'occasion 2 camions partis du refuge ainsi que le van attelé à ma voiture, ma fidèle Marilyne était du voyage.
ONE VOICE a très largement participé au transport en louant à grands frais les camions « Trans Horse », le nec plus ultra du transport pour chevaux. Très sincèrement merci, la logistique était assurée !

La journée du 11 mai 2006 fut mémorable et épuisante, tant au niveau nerveux que physique !


Nous avons terminé à la nuit et il restait encore 450 kilomètres à faire avec les camions, une belle nuit blanche en perspective !
J'étais bien sûr satisfaite de savoir que 31 chevaux (plus les 5 bébés prêts à naître!) étaient à l'abri dans les camions et qu'ils partaient pour une vie meilleure au refuge mais il en manquait 6 que nous avions répertoriés et qui n'avaient pas été déclarés morts, l'éleveur avait du les cacher. D'autres part 14 autres ont été confiés au Haras pour la reproduction par les services vétérinaires alors que ça n'était absolument pas prévu et que j'aurai préféré les savoir un peu plus heureux chez nous, mais il a fallu faire contre mauvaise fortune, bon cœur !

Les chevaux sont bien arrivés au refuge, fatigués par le voyage mais curieux de découvrir leur nouvel environement, et surtout déjà soulagés d'avoir quitté leur enfer !

Les caméras de télévision sont là ; un reportage sera diffusé quelques jours plus tard.

 

Quelques jours après, nous avons été sollicités par les Haras de Pompadour pour venir en urgence, récupérer les 6 poulains dont ils ne voulaient plus !
J'étais absolument outrée de cette façon de faire, sans aucun respect ni pour les animaux, ni pour les gens ! Quand je pense que nous avons ramené de Corrèze un camion quasiment vide, ça me donne envie de hurler !
Nous sommes donc repartis, Jack, son camion et moi, chercher les fameux poulains le 20 mai 2006 très exactement. Qu'elle ne fut pas notre surprise de voir des animaux sous la pluie battante et froide, sans abri, encore en plus mauvais état que sur le terrain. Un véritable désastre, ils étaient tous atteints de diarrhées profuses et certains ne tenaient plus debout, il a fallu les porter pour monter dans le camion.

 

 

L'un d'entre eux est mort quelques jours après malgré 5 jours de perfusion et des soins intensifs. Anémie, début de septicémie, les analyses sont probantes.

Malgré les soins et l'attention quotidienne dont il a été l'objet en arrivant au refuge, le pauvre Qaled ne se remettra pas.

Il avait à peine plus d'un an...


A ce jour je n'ai encore pas compris ce qui c'était passé avec les Haras car je n'ai jamais eu d'explications !

Je vous prie de croire qu'il a fallu être sérieusement combatif et doté d'une certaine résilience pour venir à bout de cette sombre affaire  et une chose était certaine, « J'irai jusqu'au bout pour mettre ce type hors d'état de nuire car je sais qu'il a gardé des chevaux et pourrait recommencer n'importe quand ! »
Ensuite il y a eu le procès le 13 juin, One Voice se portant aussi partie civile. Notre brillant avocat, Maître Massal, a été d'une grande compétence en démontant systématiquement les nullités mises en exergue par la partie adverse. Il a fallu attendre le 12 juillet la décision du délibéré pour savoir que nous avions gagné mais c'était sans compter sur la détermination à nuire du condamné qui a aussitôt interjeté appel de cette décision !

Nous voilà repartis dans une longue attente jusqu'à l'audience de la Cour d'Appel le 9 février 2007 à Limoges où là aussi mon avocat s'est employé à rejeter les exceptions de nullité exposées par celui de l'éleveur. Encore un voyage en perspective !
Sur le site, dans les nouvelles de 2007 en février, vous trouverez le récit de la fameuse audience ; il a encore fallu attendre la décision mise en délibéré au 16 mars !

Et là, quand on croit qu'on arrive au bout de la peine, on reçoit un courrier disant : « Pour satisfaire aux vœux de la loi, je vous indique que Monsieur Perrier a formé un pourvoi en cassation contre l'arrêt de la Cour d'Appel de Limoges le 16 mars 2007 ».
Nous avons donc du encore attendre, attendre et nous avons fini par recevoir un courrier de la Cour de cassation déclarant le pourvoi non admis, on pourrait dire : « Tout ça, pour ça ! »

Nous savons maintenant que les chevaux saisis sont à nous mais que rien n'est terminé, bien au contraire, la suite en est la preuve !

L'affaire continue en 2008, Zoubida, pour qui j'avais déjà tiré la sonnette d'alarme et que le propriétaire avait cachée, se meurt dans des souffrances insupportables. Elle a fait 3 poulains depuis 2006, deux sont morts et le troisième n'en a que pour quelques jours !


Après avoir vu les terribles photos, je dépose plainte le 25 août auprès du Procureur sachant que les services vétérinaires qui s'étaient déplacés n'avaient pas été choqués !
Je relève dans ce courrier l'état de misère physiologique, les clichés difficiles à regarder, l'incapacité de l'animal à se déplacer, enfin l'agonie de cette pauvre jument dans une indifférence choquante !
J'implore la pitié de la justice et demande la requalification des faits en « cruauté envers animaux » et surtout son euthanasie dans les délais les plus brefs.
A cela, j'ajoute des envois de mails au Préfet, à la gendarmerie, en ajoutant toujours les photos impressionnantes.
J'ai très vite une réponse du Préfet  par mail qui me dit «  tout faire pour apporter la réponse la plus rapide et la plus adaptée  » puis j'ai le procureur au téléphone et je sens que tout s'accélère dans le bon sens.
C'est avec tristesse mais aussi avec un grand soulagement que j'ai appris le dimanche 31 août au soir, l'euthanasie de la pauvre jument sur l'ordre de Monsieur le Procureur.
Bien que beaucoup trop tardive, cette décision représente une délivrance pour cet animal qui pourrissait tout simplement sur pied, l'odeur pestilentielle qui s'en dégageait en était la preuve.

Je me félicite d'être arrivée à faire déplacer un dimanche matin, le Procureur, le vétérinaire et plusieurs gendarmes et je remercie encore une fois tous les acteurs de la délivrance du 31 août.
Une fois de plus, je me pose la question : « Comment peut-on laisser aller le dénuement à un tel point ? C'est une question de déontologie avant tout, celle de l'éleveur et aussi des instances gouvernementales responsables et je ne trouve, pour ma part, aucune excuse ni à l'un, ni aux autres !
Pour des questions bassement lucratives, Perrier continuait à faire reproduire cette jument, parce que, disait-il, c'était elle qui faisait les plus beaux poulains. Le pire est que depuis 3 ans ils mouraient, l'un après l'autre, mais l'éleveur s'est acharné, la faisant saillir une fois de plus cette année là, car la jument est morte en gestation, alors que son dernier poulain venait de rendre l'âme quelques jours avant!

Nous passons directement en 2010 où, à nouveau, des chevaux sont découverts par la population dans un état de misère physiologique et aussi par le maire de Forges, c'était le 7 janvier.

Un cheval entier de 7 ans, nommé Shahloul trouvé sur un terrain, en décubitus latéral dans un état de maigreur et de faiblesse proche de l'amyotrophie.

Un vétérinaire a été dépêché sur place, le cheval a été mis en perfusion et a reçu tous les soins nécessaires, mais il n'avait plus la force de se lever ! Son état empirant, il a été euthanasié dès le lendemain, c'est à dire le 14 janvier. Un autre vétérinaire était déjà intervenu auparavant mais le propriétaire n'avait pas daigné lever le petit doigt pour venir en aide à son cheval souffrant.

Trois autres chevaux avaient aussi été signalés pratiquement squelettiques et rien n'a pu être fait pour eux, heureusement, de constitution plus robuste, ils ont réussi à s'en sortir.
Cette année 2010, j'avais été particulièrement occupée avec une multitude d'affaires de maltraitance absolument sordides (voir site 2010!) et j'avoue ne pas avoir touché terre. Sachant que « ONE VOICE » se chargeait de déposer plainte avec une autre association « SOS CHEVAL », j'ai pensé qu'il n'était pas indispensable de me joindre à leurs plaintes leurs faisant entière confiance !
J'étais tellement débordée que je m'imaginais mal constituer un nouveau dossier parmi tous ceux déjà en cours, à l'époque.
Il y a donc eu un procès le 9 février 2010 et, bien sûr, l'éleveur a fait une fois de plus, appel de la décision. Le 16 juin, la cour d'appel a requalifié le délit en abandon volontaire et, étant donné les antécédents et la récidive, l'interdiction de posséder des animaux a été prononcée ainsi que la saisie des 3 chevaux.
J'aurai pu sauter de joie à l'annonce de ces condamnations mais aucune des 2 associations s'étant portées partie civile n'a jugé bon de m'envoyer la copie du jugement ! Ce n'est que l'année d'après que j'en ai été informée.
C'est tout de même curieux, après tout le mal que je me suis donné dans cette affaire et j'avoue avoir été sous le choc !
Mais ce n'est pas tout, les 3 chevaux, Sultan du Laurent, Spartacus et La Planque confisqués par le parquet et confiés à SOS CHEVAL, n'ont jamais été saisis par l'association, ni par One Voice, c'est là que je me demande si je ne suis pas quelquefois, «  indispensable », je n'en reviens pas ! Les pauvres sont passés aux oubliettes, nous n'en avons plus entendu parler.

Jusqu'au jour où, des chevaux ont été remarqués par les habitants, dans un état inquiétant et, on a su très vite que l'éleveur avait « remis le couvert » c'est à dire qu'il continuait à posséder des chevaux, à faire saillir des juments et à faire naître des poulain faisant fi de la décision judiciaire à son encontre, c'est à dire l'interdiction de posséder des animaux. 
Dès lors, j'ai décidé de ne plus lâcher cet individu et j'ai, pour la énième fois, déposé une plainte auprès du Procureur, assortie d'une constitution de partie civile, c'était le 13 novembre 2012.
Un mois après, ONE VOICE faisait de même et c'est après de longues investigations des gendarmes qu'une décision de saisie commençait à poindre à l'horizon au début de l'année 2014.

 

Nous voilà donc repartis en Corrèze, Jean-Pierre & moi-même, le 8 et le 9 février pour une nouvelle saisie de 12 chevaux appartenant à Monsieur Perrier. Quelques souvenirs du voyage !
Sur la route d'Argentat ! Traversée du pont de Millau


Il en était prévu d'avantage mais des problèmes ont surgit sur place et je pense qu'il faudra y retourner si l'on veut appliquer la décision judiciaire jusqu'au bout.
Il y a 5 chevaux entiers dont 4 étalons, 2 juments plus 2 autres suitées et une pouliche de 2 ans. Leur état n'est pas trop inquiétant, la plupart d'entre eux étaient nourris par des voisins et certains étaient accueillis chez des habitants et de ce fait, étaient nourris convenablement.

Un petit cheval de 4 ans paraît avoir 6 mois tant il est de petite taille et maigre. Il est on ne peut plus, carencé, certaines de ses dents sont noires, bougent et tombent, le pauvre petit bonhomme, nommé BIBOU ne sera jamais un cheval normal.

BIBOU est dans un état épouvantable. Squelettique, ses dents sont pourries, usées ou déjà tombées ! Pauvre petit bonhomme ! Il a été mis sous perfusion juste avant que nous le récupérions, il était si faible que nous n'étions pas certains qu'il puisse voyager dans de bonnes conditions...

 

Une pouliche est maigre ainsi qu'une jument, elle-même suitée d'un poulain très maigre et plein de poux.


Les chevaux étaient pour la plupart parqués par deux et Thierry, enquêteur de One Voice nous avait devancés avec l'adjudant Ranglaret pour rassembler le cheptel au même endroit, dans un centre équestre, pour faciliter l'embarquement qui s'est fait le 9 au matin. Autant dire que rien n'a été facile car les chevaux, peu ou pas du tout manipulés étaient pour certains un peu récalcitrants mais dans l'ensemble, ça s'est très bien passé.


J'en profite pour remercier au passage, l'adjudant de gendarmerie qui a fait un travail de terrain exceptionnel et dont les investigations ont été des plus fructueuses. Sincèrement merci, il nous a été d'une aide précieuse !
Le voyage s'est très bien passé, nous sommes arrivés en fin d'après-midi au refuge, tout le petit monde allait bien. L'équipe du refuge au grand complet était là pour débarquer les chevaux ; tout s'est passé dans le calme.

BIBOU, VICI et tous les autres découvrent leur nouvel environnement !

Tous sont un peu inquiets mais font preuve de beaucoup de calme.

La livraison de nos 18 tonnes mensuelles de foin de Crau avait eu lieu quelques jours auparavant ; de quoi bien nourrir nos 12 nouvelles bouches !!!


Les étalons ont été rentrés au box (plus prudent!) et les filles et leurs petits ont été montés aux parcs du haut, moment assez sportif au vu du peu d'éducation des animaux !


Dès le lendemain nous avons pris tout le monde en main, fait venir notre vétérinaire pour les soins de certains et mis en place des régimes appropriés.
Tous ou presque étaient infestés de parasites, chacun a été vermifugé et nous avons pu constater, lors des crottins suivants, un grand nombre de vers d'espèces différentes.
Invictus était couvert de dermatophylose jusqu'au sang et Vici, qui avait été castré une semaine avant, souffrait d'une infection.

Tous ont été soignés et à ce jour ça va plutôt bien, les étalons ont été très vite mis en confiance, ils sont rentrés et sortis chaque jour.
One Voice a pris en charge la logistique, c'est une bonne chose, merci.
Nous espérons que le procès passera avant les vacances judiciaires et surtout que l'éleveur déjà condamné aura compris qu'il doit se résoudre à ne plus avoir d'animaux à vie et que nous serons toujours en travers de son chemin s'il lui prenait l'envie de recommencer, trop de chevaux ont souffert, beaucoup sont morts, il est temps que ça cesse !

Voilà maintenant un peu plus d'un mois que les 12 chevaux sont au refuge. Chacun a prit ses marques et semble se sentir très bien ici !

SPARTACUS, 4 ans, étalon.

Un caractère bien marqué, un brin mordeur !, mais néanmoins très gentil et respectueux. Il est jeune et il a encore beaucoup à apprendre, mais c'est un bon garçon !

 

D'HEB, 11 ans, étalon.

Très gentil même si très chaud ! D'Heb était couvert de teigne, nous l'avons soigné et tout va mieux pour lui.

 

VENIVEDIVICIX (VICI pour nous !), 5 ans. Castré il y a peu, il n'a pas été soigné et sa plaie était très infectée. Immédiatement mis sous antibiotique, nous lui avons prodigué les soins nécessaires et tout va déjà mieux.

C'est un jeune cheval plutôt sanguin, inquiet et réactif, il a besoin de calme et de patience. Mais tout cela est du à son jeune âge et au manque de manipulation. Il n'en reste pas moins magnifique ! Il est un fils de D'HEB.

 

 

INVICTUS, 4 ans.

Relativement maigre et souffrant d'une maladie de peau, la dermatophylose, le pauvre petit loup n'es pas au meilleur de sa forme. C'est un petit cheval inquiet au caractère difficile, il a sans doute été très peu manipulé et les soins sont à chaque fois très compliqués ! Il lui faudra du temps pour se laisser amadouer et accepter sereinement le contact avec l'homme.

 

ON THE ROAD AGAIN, 2 ans. Très maigre sous son poil d'hiver mais néanmoins pleine de vie et d'énergie ! Ses dents sous extrêmement abimées, plusieurs sont déjà tombée, preuve de graves carences. Elle est la fille de D'Heb & La Planque.

BIBOU, 4 ans ! Un physique de poulain pour ce pauvre petit bonhomme... Souffrant d'une déformation de la machoire, Bibou n'a sans doute jamais pu se nourrir correctement depuis son plus jeune âge. Il a de ce fait été très carencé et sa croissance en a souffert. Il aurait eu besoin de recevoir des compléments en calcium et une alimentation adaptée.

 

LA PLANQUE (8 ans). Gentille, elle se laisse approcher et manipuler sans problème. Etat très moyen, il lui manque une bonne cinquantaine de kg et est envahie par les vers. Le vermifuge lui a fait du bien ! Elle est certainement gestante.

Son poulain, 1 an environ, que nous avons baptisé DJAMEL. Sous son épais poil d'hiver, il n'a que la peau et les os, et un gros ventre rempli de vers. Pauvre petit gars, il était temps que l'on s'occupe de toi ! Très timide, il ne se laisse pour le moment pas trop approché ; nous le laissons s'habituer à nous.

 

CARAMBA, 5 ans. Un peu timide au premier abord, elle vient finalement chercher des caresses (ou des carottes !). Elle est sans doute gestante.

Sa fille, environ 1 an, que nous avons baptisé DORA. Un peu plus sauvageonne que sa mère, elle reste curieuse et s'approche sans trop de crainte.

CARAMBA & DORA étaient pleines de poux et infestées de vers. Désormais traitées, elles se sentent déjà mieux !

 

UR, 6 ans, est un amour de jument, très proche de l'homme et en recherche de câlins !

YEMANJA, 7 ans, est également adorable et très "pot-de-colle" ! Mais elle peut aussi se montrer très vive ! Non éduquée et plutôt costaud, elle n'en fait qu'à sa tête et il est important de lui poser des limites ! Pour ne rien gacher, Yemanja est certainement gestante !

 

SHIVAS est adopté !

Pour une surprise, ça en est une !! Voilà 4 ans que notre beau Shivas attend patiemment une famille. C'est un chien formidable mais il a subit la mauvaise réputation de sa race (c'est un Rottweiler croisé Beauceron) et de ce fait, personne n'en voulait. Son seul défaut : il n'aime pas les chats ! Mais pour le reste, il est adorable, très obéissant, puissant mais respectueux, il connait les limites et peut se montrer très doux. Joueur et plein d'énergie, toujours de bonne humeur, il adore que l'on s'occupe de lui !

Le hasard a fait qu'une de nos bénévoles, venue promener les chiens, est tombé en panne à côté des chenils. Un garagiste est venu réparer le véhicule, et il a eu un véritable COUP DE FOUDRE pour Shivas ! Ce dernier habite à une dizaine de km du refuge, dans un maison avec grand terrain clotûré, pas de chats mais une gentille chienne de type berger.

La belle GABY, la chienne de la famille et la nouvelle copine de Shivas !

 

Bref, les conditions idéales ! Le soir même, avec notre accord, il emmenait Shivas chez lui pour un essai... et il ne nous l'a jamais ramené !!! C'est un immense bonheur pour nous, Shivas mérite plus que tout la douceur d'un foyer, ce qu'il n'a jamais connu jusque-là. Nous avions un peu perdu espoir pour lui, son côté "anti-chat" le rendait difficile à placer et à son âge (presque 6 ans), il serait très difficile de changer ce comportement.

Shivas et son papa !

Il est le plus heureux des chiens !

Shivas & Gaby !

Tous les deux s'entendent à merveille !

 

Nous lui souhaitons que du bonheur dans sa nouvelle famille où il est déjà très à l'aise. Ses nouveaux parents ont pour habitude de faire de longues promenades dans la région avec leur chienne, et ce avec des amis eux aussi propriétaires de chiens ! Désormais, Shivas est de la partie, autant dire qu'il rencontre plein de copains, ce qui lui convient très bien !

Une douce pensée pour notre WAZICK...

Wazick vivait au refuge depuis plus de 17 ans. Il avait été « oublié » par des bénévoles qui, lors de leur départ n'avaient pas juger utile de se charger de leur chat !
Bien qu'un petit peu sauvageon, il avait intégré notre environnement sans trop de difficultés, jusqu'à ce que le gros Nono arrive et fasse preuve de dominance.
Les accrochages et bagarres n'ont pas manqué entre les deux mâles, pourtant castrés mais les dernières années, un « modus vivendi » faisait que les relations étaient devenues moins conflictuelles .
Toutefois notre Wazick a très longtemps refusé de renter à l'intérieur à cause de Nono et, à mon grand dam,j'ai du me résoudre à lui installer une petite maison isolée sur la terrasse où d'ailleurs il se plaisait bien.

L'hiver, je rajoutais une bouillotte sous sa laine de mouton pour le tenir au chaud !


Petit à petit, il s'est risqué dans la cuisine puis carrément sur mon lit avec Nono au pied, Sanga et les autres.
Comme beaucoup de minous mâles, il a commencé l'an dernier, à avoir des problèmes urinaires et le vétérinaire lui avait administré une injection en me disant qu'il ne survivrait pas longtemps et qu'à son âge ça faisait partie du parcours normal, il faut dire que notre Wazou avait passé 18 ans.

En ce début d'année il a commencé à maigrir terriblement, son appétit se réduisait chaque jour jusqu'à ne plus avoir de force, jambon haché, poulet haché, plus rien ne le tentait et c'est avec une grande peine que j'ai du me résoudre à tout arrêter.

Ce jour là, me voyant pleurer lors de l'ultime piqûre, le vétérinaire m'a dit : « Paula, ce chat a bien vécu, plus longtemps que beaucoup d'autres et à un moment, la vie s'arrête, c'est comme ça ! »
C'est vrai, Wazick a eu une belle vie avec nous mais ça n'empêche qu'il nous manque, aussi à Sanga qui était sa petite sœur de cœur, ils avaient tous deux une grande complicité et jouaient beaucoup malgré la différence d'âge.

 

Tous aux Arcades ! (cinéma d'ALES)

Je connais bien Walter Bader et je crois pouvoir dire que sa relation avec les chevaux est basée sur la compréhension et le respect de l'autre.

Si vous habiter près d'Alès n'hésitez pas à participer à cette rencontre, vous y découvrirez un court métrage passionnant et des paysages fabuleux.

BANDE ANNONCE ICI !!

 

Nous y serons et participerons avec un grand plaisir.

A bientôt, informez vos amis et tous les amoureux des chevaux !

 

Ainsi s'achève cette longue mise à jour qui couvre 2 mois de vie au refuge ! Et encore, ce n'est pas tout à fait fini puisque, d'ici quelques semaines, nous vous présenterons 7 pensionnaires de plus ! Afin de ne pas vous lasser, gardons un peu de mystère !!!

Depuis début janvier, c'est donc 20 nouveaux pensionnaires qui ont rejoint le refuge. Nous sommes bien évidemment ravis de ces nombreux sauvetages, mais cela représente aussi du travail supplémentaire pour l'équipe qui est déjà réduite à son minimum (un grand merci aux rares bénévoles qui viennent, malgré le mauvais temps, nous apporter une aide précieuse quelques jours par semaine !) et des grosses dépenses ; nourriture, vermifuges, maréchalerie, soins vétérinaires... mais aussi les structures car nous avons du cloturer une nouvelle partie de la propriété afin de pouvoir installer tout ce petit monde ! De nouveaux abris vont également être construits au printemps.

Alors une fois de plus, nous espérons pouvoir compter sur votre générosité pour nous aider à faire vivre le refuge au quotidien. Et puis si vous habitez dans la région, et que vous avez un peu de temps libre à offrir, n'hésitez pas à venir nour prêter main forte !

A bientôt !

 

20 août 2014

Quand on commence à m'appeler pour me demander si le refuge existe toujours, j'avoue que je me pose des questions ! Avons-nous donner à nos adhérents et abonnés, des mauvaises habitudes ?

C'est bien possible car lorsque je visite les sites des autres asso, pour la plupart, le retard se chiffre quelquefois en années !

C'est vrai, exceptionnellement nous avons plus de 4 mois de retard pour la mise à jour du site mais cette année 2014 a été aussi exceptionnellement chargée, principalement en affaires sordides et en accueil d'équidés. Nous n'avons pas arrêté une seule minute et je n'ai jamais trouver le temps de rédiger les papiers nécessaires au site, favorisant les rapports d'enquêtes et les dépôts de plainte qui se sont malheureusement succédés nous permettant de sortir quelques animaux d'un mauvais pas à condition de ne pas arriver trop tard comme pour la petite Cheyenne, victime de la barbarie humaine. Les audiences au tribunal prennent bien souvent la journée sans compter qu'il faut souvent attendre un délibéré ultérieur !

Merci de votre compréhension, nous n'avons pu tout géré à la fois et l'actualisation va se faire par étape jusqu'à ce que nous soyons à jour, comme au bon vieux temps.


Mais vous aussi, pour la plupart, vous nous avez un peu oubliés pendant ces vacances aussi je me permets de vous rappeler que nos frais vont en augmentant alors que nos rentrées vont en diminuant et qu'il nous faudra vite rééquilibrer la balance pour pouvoir continuer à faire vivre tout ce petit monde !

Sachez que nous avons passé la barre des 180 équidés et que notre budget dépense ne fait qu'augmenter, vous qui nous soutenez depuis si longtemps, je sais que vous m'entendrez et je vous en remercie du fond du cœur, vous ne nous avez jamais laissés tomber.

Saisie de 7 ânes dans le Gard !

C'est une véritable histoire cévenole comme on aurait pu la vivre au 19ème siècle dans les Cévennes profondes où la dureté des gens était à la hauteur de leur rude existence sous un climat de montagne des moins favorisés.
Les gens vivaient à cette époque d'une façon précaire, élevant des animaux avec le minimum que leur offrait la nature sans se préoccuper des règles essentielles de l'élevage.
C'est ainsi que nous avons découvert ce que j'appellerai un élevage sauvage d'un autre temps, d'un troupeau d'ânes et de moutons à cornes.
Une personne âgée en était la propriétaire et elle ne s'occupait pas plus de sa santé que de celle des animaux qu'elle élevait. Son élevage d'ânes est parti de l'acquisition d'une belle et grande ânesse qui était pleine et qui un jour, a mis-bas d'un ânon mâle. A partir de ce jour, ce fut l'escalade, l'ânon saillit sa mère qui donna naissance à une ânesse, saillie elle-même par son propre frère qui saillit une fois de plus sa mère etc, etc..., tout ça à l'ancienne, dans la plus grande consanguinité, sans prendre en compte un seul des préceptes relatifs à l'élevage.

C'est à peu près de la même façon que grandira le troupeau de moutons, sans jamais être vermifugés, ni tondus et à peine nourris. La laine, vieille de nombreuse années, pend en formant d'énormes locks remplis de morceau de bois, de bouts de grillage sans oublier les parasites externes qui trouvent un terrain favorable.

 

Pas de vermifuge ni identification pour ces animaux, tout va à volo dans l'illégalité totale. On naît, on meurt, ainsi va la vie des animaux chez cette dame peu scrupuleuse.
Pour sa décharge, il faut avouer qu'elle n'était plus du tout en mesure de s'occuper des animaux, le physique ne suivait plus et elle souffrait de maux graves et invalidants. Mais elle s'entêtait à vouloir poursuivre mettant en péril, non seulement les animaux mais aussi le peu de santé qui pouvait lui rester, d'ailleurs la maladie l'a emportée quelques temps après..
Depuis des années quelques voisins interpellés par la condition attristante de ces animaux, ont essayé de parer au plus pressé en complémentant en nourriture et faisant de leur mieux pour rafistoler les abris précaires et clôtures, les ânes étant très souvent dehors.

Les clotûres sont faites d'un grillage en très mauvais état, rafistolé à d'inombrables endroits par des ficelles et des fils de fer, le tout fixé sur des piquets en bois qui ne sont même pas plantés dans le sol !

Il y avait également des rangées de barbelés détendues, très dangereux.

Les années pluvieuses posaient des problèmes supplémentaires car le parc des animaux était inondable et il fallait se dépêcher de leur ouvrir quand la rivière débordait.
Plusieurs signalements de personnes sont arrivés jusqu'à nous et j'ai transmis au Services Vétérinaires car la situation se dégradait d'année en année en même temps que la santé de la propriétaire se détériorait.
Il fallait trouver une solution et la DDPP a pris l'affaire à bras le corps dès le début février 2014, me demandant de bien vouloir prendre les ânes qui, pour la plupart, n'étaient absolument pas manipulés, ni attrapés. 
Pour les moutons, c'était plus triste car aucune solution n'existe pour des bovins, ovins ou caprins qui n'ont ni profilaxie, ni identification (bouclage des oreilles). La loi est ainsi faite, c'est aux propriétaires à prendre leurs responsabilités dans tous les cas de figure.
Dans cette histoire, rien n'était simple, nous nous sommes heurtés à un groupe de personnes qui nous ont expliqué que c'était un élevage naturel dans une zone de montagne, que les animaux vivaient libres et « heureux » et qu'ils s'opposeraient à leur enlèvement. Certes, pour des néophytes, les ânes n'étaient pas maigres (gros ventre plein de vers) et les carences dont ils souffraient, étaient peu visibles. Les mères gestantes, carencées, peu nourries et jamais vermifugées, risquaient de mettre au monde des morts nés comme elles l'avaient déjà fait par le passé et ces personnes qui tout à coup surgissaient d'on ne sait où auraient bien fait d'intervenir bien avant puisqu'elles connaissaient l'affaire depuis, semble-t-il, fort longtemps.
Finalement, le rendez-vous fut fixé au 18 février dernier mais nous n'avons pu ce jour là, emmener qu'une vieille ânesse et sa fille : Olivette et Cigale, qui se sont montrées docile et coopérantes. Nous les avons conduites dans la foulée à la clinique pour une visite générale et l'identification obligatoire.

Dès le lendemain nous étions à nouveau sur le terrain avec notre fusil hypodermique ce qui nous a permis d’attraper les animaux dans le calme et les faire voyager sous une légère anesthésie. Ce jour là, c'est Vénus, une petite ânesse brun foncé suitée de son petit que nous avons appelé Dakota.

Le 20 février, troisième jour, nous avons pu prendre les derniers dont 2 mâles entiers Mimosa et Mikado, qui sont directement partis à la clinique pour identification et castration. Mélissa a aussi eu droit à sa visite vétérinaire et à son identification, la mission est accomplie.

L'enlèvement a été rondement mené (3 jours quand même!) sans bousculade ni excès de stress et nous étions satisfaits de les avoir sortis de cette galère qui durait depuis trop longtemps.
Les vétérinaires ont été clairs, les ânes étaient tous bien carencés, présentant des anomalies dentaires (bouches trop petites qui ne peut accueillir toutes les dents) et des défauts de croissance. Par rapport à la génitrice du départ, la taille des ânes a diminué chaque année, nous avons maintenant de très petits modèles.

Je ne redirai jamais assez que l'élevage ne s'improvise pas et que la reproduction des animaux doit être scrupuleusement gérée et suivie par un vétérinaire, les animaux ne sont pas des ventres sur pattes !

Nous vous présentons donc :

VENUS (7 ans) et son fils DAKOTA (1 an), OLIVETTE (+ de 20 ans) et sa fille CIGALE (2 ans), MELISSA (7 ans), MIKADO (5 ans) et MIMOSA (6 ans)

 

Pour des ânes sauvages, ils ont vite compris qu'on ne leur ferait aucun mal !! Personne ne résiste à une carotte !

 

Par la suite, le 25, nous faisions adopter Olivette et sa fille Cigale au village de Servas, c'est à dire à 5 minutes de chez nous !
C'est formidable, les filles sont choyées par toute la famille et nous sommes ravis de ce placement.

Olivette & sa fille Cigale découvre leur nouvelle famille et leur nouvel environnement.

 

Nous avons aussi fait castrer le petit Dakota à la fin mai, car bien qu'encore très jeune, il commençait à avoir des ardeurs d'étalon, hé oui, petit, au refuge, la reproduction c'est terminé !

Très beau, notre Dakota désormais castré !

 

Bonne route, adorable Kazirak.

Le 2 mars 2014, au petit matin, c'est Kazirac, le joli étalon pur-sang arabe qui était arrivé au refuge le 31 décembre 2013 tel un cadeau de fin d'année !

Les 2 mois pendant lesquels nous l'avons gardé, ont été suffisants pour que nous nous y attachions un brin.
Gentil, respectueux malgré son statut d'étalon, il a su se faire apprécier et c'est avec un gros pincement de cœur que je l'ai vu partir pour rejoindre sa jeune propriétaire en Picardie.
Nous n'avions aucun droit sur ce cheval mais j'ai la sale manie de me poser toujours la même question, que vont-ils devenir ?

 

J'avais bien sûr raison d'être inquiète car j'ai appris ces dernières semaines que Kazirac était à vendre et pour moi c'est terrible de voir les animaux que nous avons gardés et chéris se retrouver sur le marché des chevaux. Nous risquons de ne plus avoir de nouvelles et au fait, va-t-il être heureux chez ses nouveaux propriétaires ?
Le sort des chevaux de sport, en plus étalon, est très aléatoire, rares sont ceux qui ont fini à la retraite chez leur propriétaire. La plupart ont un parcours peu enviable et je ne peux m'empêcher de m'inquiéter pour ce sympathique loulou qui nous laisse un si bon souvenir.
Bonne chance, garçon, j'espère que ce n'est qu'un « au revoir » !

Des naissances !!!

Carnet rose au refuge, la nursery se met en place !

Dès la fin mars, les juments ardéchoises saisies gestantes en septembre 2013, ont commencé à mettre bas et c'est avec un ravissement certain que nous avons accueilli le premier né. Il est arrivé la nuit du 30 au 31 mars, nous l'avons nommé Eurêka, il est le fils de Summer. C'est un petit alezan (pour l'instant!) un peu frêle, avec une bouille d'amour. Il a été très vite excessivement dégourdi, très proche de nous et plutôt du genre indépendant, il est vraiment trop joli !

EUREKA, né dans la nuit du 30 au 31 mars.

Fils de Summer, 8 ans.


Ses antérieurs sont long jointés, j'espère que ce n'est que momentané et que ses paturons vont vite se redresser avec le bon lait de maman et le bon apport de nourriture. Les juments ont souffert pendant les 5 premiers mois de leur gestation et, le temps de les remettre en état par la suite, il se peut que le fœtus ait manqué, croisons les doigts.

Puis ce fut le tour d'Extra, fille de River de dire bonjour à la vie au petit matin du 4 avril. Jolie petite puce, de robe alezane aussi, mais elle est « snow-flacke » sur les fesses ce qui veut dire taches de neige en anglais. Elle aussi, on verra plus tard comment cela tourne, les histoires de robe c'est très aléatoire ! Elle est un peu plus timide que Eurêka, il faudra un peu plus de temps pour faire des gros câlins.

EXTRA, née dans la nuit du 3 au 4 avril.

Fille de River, 9 ans.

 

Quant au troisième, c'est un garçon tout maigrichon et peu vigoureux qui nous arrive le 7 avril au matin. Sa maman, Upie, le sent un peu fragile et elle le couve tant que l'on peut à peine le toucher. Il est alezan, comme les autres et nous le gardons sous surveillance rapprochée, à voir les égratignures sur la tête, je pense que sa mère a mis bas debout !

ELIXIR, né dans la nuit du 6 au 7 avril.

Fils d'Upie, 5 ans

 

C'est dans le calme de la nuit du 18 au 19 mai qu'Enigme, fille d'Ithaque nous fait l'honneur de montrer son nez. Trouvée au matin par Camille, elle est déjà bien agile et peu farouche. Dès le lendemain, elle nous a fait des petites démonstrations de « levage de croupe » c'est une comique, très proche de l'humain pour notre grand bonheur !

ENIGME, née dans la nuit du 18 au 19 mai.

Fille d'Ithaque, 17 ans

 

Et n'oublions surtout pas notre Eden, adorable petit ânon que j'ai découvert le 13 mai au matin. Sa maman s'appelle Mélissa, elle est un peu sauvageonne et j'espère que nous pourrons vite l'apprivoiser car il a une fâcheuse tendance à faire comme maman !
Comme tous les ânons c'est une craquante peluche, les photos parlerons mieux que moi, vous savez tous que je suis une inconditionnelle des ânes !

EDEN, né dans la nuit du 12 au 13 mai.

Fils de Mélissa, 7 ans.

 

Depuis leur naissance, nos 5 petits nouveaux se portent à merveille et grandissent plus vite qu'on ne le voudrait ! Pour le plaisir des yeux, voici un pêle-mêle de nos bébés entre 0 et 4 mois ! Les poulains sont très proches de l'homme, voire sacrément pot-de-colle!. Seul le petit ânon Eden reste un peu timide, mais tout s'arrangera en grandissant !

 

Voilà comment en quelques jours on augmente le cheptel de 5 têtes, bon gré, mal gré, sachant bien sûr que les juments et ânesses ont toutes été saisies gestantes. Certes leur naissance nous mettent en joie, c'est tellement magique de les voir naître et grandir, mais quand on réfléchit...

Je déplore que la plupart des propriétaires de juments ne puisse s'empêcher de les faire saillir, étant bien placée pour vous assurer qu'un poulain sur deux souffre de négligence et qu'une partie d'entre eux finira victime de maltraitance. Tous ces pauvres chevaux, subissant d'horribles sévices, ont d'abord été des poulains tous aussi craquant que les nôtres.

Certaines juments deviennent des ventres sur pattes et finissent lamentablement, portant quelquefois jusqu'à plus de 25 ans, j'en ai été le témoins de nombreuses fois.
Beaucoup de ces bébés si craquants quand ils sont poulains, qui n'ont ni papiers, ni origine connue, terminent leur parcours trimbalés de maquignons en maquignons ou sur l'étal du boucher ! Quelle tristesse.
Au lieu de faire porter les juments, sauvons des chevaux qui ont l'épée de Damoclès sur la tête, ce sera une vraie bonne action.

 

Une triple adoption !

BAMBINO, TOUAREG & CALIM, le tiercé gagnant !

Le 13 avril n'est pas un vendredi porte-bonheur mais un dimanche, celui des Rameaux et surtout c'est un jour béni car nos trois petits ânes, Bambino, Touareg et Calim rejoignent leur famille d'accueil.

L'embarquement s'est passé dans le calme pour nos trois loustics un peu inquiêts de ce qu'il allait leur arriver !

 

Petit pincement de cœur pour moi mais un grand bonheur de savoir qu'ils vont continuer à vivre ensemble sans être séparer après toutes ces années passés à trois à tout partager dans la bonne entente. Nous arrivons, Jean-Claude et moi, par une piste de garrigue dans une magnifique pépinière car, vous l'avez compris, nos adoptants sont horticulteurs. Leur maison est une éco-construction, en paille, La nourriture de la famille est bio et les enfants sont élevés dans le respect de l'environnement et des animaux.

Tout le monde est là pour nous accueillir, les enfants sont très dégourdis et, dès l'ouverture du van, chacun prend un âne en charge. Je suis très surprise de voir que nos baudet se prêtent volontiers au jeu car chez nous ils étaient peu manipulés, mais tout se passe bien.

 

Nous rejoignons un très beau parc de 3 hectares, très arborés, juste à côté de la maison et je me dis que nos loulous vont être au paradis !

Au départ cette famille s'était présentée pour adopter 2 ânes ; le papa était accompagné de ses enfants et il était difficile de faire un choix parmi nos trois amours qui se montraient tous très séducteurs usant de leur charme comme ils savent si bien le faire.

Pour les enfants, l'affaire était déjà claire dans leur tête ; « On ne va tout de même pas en laisser un tout seul, il risque d'être malheureux ! » Tous étaient très emballés d'adopter tout le petit troupeau et le papa ne semblait pas vraiment contre cette idée qu'il fallait laisser germer et, ce n'est qu'à la visite d'après que la décision fut prise.

Les enfants étaient aux anges et cette famille me paraissait bien sympathique !

Après les formalités d'usage, toutes les conditions sont réunies pour que nos trois baudets soient heureux et, dans la foulée, le contrat fut signé de part et d'autre.

Depuis, nous avons régulièrement des photos et des nouvelles et les enfants sont très heureux de leurs frères aux grandes oreilles !

Bonne continuation à tous, pour la petite histoire je voulais vous dire que la hiérarchie a changé et que c'est Bambino qui est devenu le chef ! Qui l'eut cru, quand on connaît l'histoire de ce pauvre ânon accueilli au refuge mourant et plus petit que tous les autres, je ne l'aurai jamais imaginé !

Perchée dans un arbre depuis 8 jours !

Le samedi 19 avril, alors que nous nous mettons à table pour déjeuner, je reçois un appel sur mon portable plutôt alarmant.

Au bout du fil, une jeune-femme, Stéphanie, m'explique qu'un chat est perché, malgré lui, à la cime d'un pin de son jardin, à plus de 15 mètres du sol et que cela dure depuis 8 jours, malgré les nombreux coups de fil passés aux instances qui semblaient être concernées par la détresse d'un animal en mauvaise posture.

La gendarmerie, le commissariat, la S.P.A, les pompiers, à entendre Stéphanie, personne ne s'est intéressé à ce pauvre chat qui hurle désespérément, sans boire et sans manger depuis plus d'une semaine, chacune des instances donnant des conseils inutiles, sans que personne ne se déplace. « Je vous appelle en désespoir de cause, me dit-elle, mes enfants pleurent et je n'ai pas de solution »

Quelle drôle d'histoire ! On ne peut tout de même pas laissé mourir ce petit animal, alors, extrêmement motivée, je décide de passer quelques coups de fil dont un, qui fut salvateur, à mon ami Gilbert, ancien chef de corps des pompiers, à la retraite.

Il faut préciser que notre gouvernement, avide d'économie (ça dépend pour quoi!) a fait supprimer par les pompiers, ce qu'il appelle les interventions de confort. Donc, dans le cas présent, il fallait simplement attendre que ce pauvre chat tombe simplement d'épuisement, au risque de se rompre les os.

Mais les pompiers de G.R.I.M.P à Alès, sont formidables, ils sont déjà intervenus pour nous, sauvant un chien en mauvaise posture et à cette occasion je les avais bien appréciés. Grâce à notre ami Gilbert, le grand chef des pompiers de Nîmes a demandé qu'on se déplace sur le site, au moins pour apprécier la situation.

Chance, je pars aussitôt sur place et rencontre les pompiers qui, après évaluation, décide de grimper pour sauver notre petite boule de poil ! Pour se protéger, le jeune pompier a mis des gants car un chat affolé peut avoir la griffe dangereuse !

Mais il n'en a rien été, le chat, complètement épuisé, s'est laissé attraper et mettre dans le sac à dos sans mot dire, sûrement soulagé de ne plus être en suspension sur cette petite branche où il ne pouvait plus avancer ni reculer.

 

Voilà à nouveau un beau sauvetage et je remercie de tout mon cœur notre équipe du G.R.I.M.P qui, une fois de plus, s'est montrée efficace.

 

Ce qui prouve bien qu'il y a toujours une solution à un problème mais il faut se donner la peine.

Je n'aurai pas pu passer une journée normale tant que cette petite minette (oui, c'est une fille !) risquait sa vie et j'étais bien décidée à ne pas lâcher le morceau !

La voilà bien en sécurité au refuge !

 

La fin de l'histoire fut des plus heureuse puisque, après un article dans Midi-Libre, notre Minette a été adoptée par une famille formidable où elle coule des jours heureux. Elle s'appelle désormais Baghera, car elle est toute noire et c'est une vraie petite panthère !

 

Encore merci à tous les acteurs de ce joli sauvetage.

Difficile rétablissement pour notre vieille BALOO

Baloo, c'est une adorable jument Selle-Français âgée de 28 ans qui vit au refuge depuis bien des années. Pour la petite histoire, dans les années 1998, nous avions accueilli la jument en pension. Elle appartenait (et appartient d'ailleurs toujours!) à un avocat de Nimes très en vu qui, au bout de 5 mois, a cessé le paiement des pensions, faisant fi des nombreuses relances. De ce fait, Baloo est depuis lors à notre charge totale, sachant qu'elle est naviculaire et à besoin de ferrures orthopédiques et de soins particuliers (onéreux!) et que nous ne l'avons jamais abandonnée, au contraire de son propriétaire dont nous n'avons plus la moindre nouvelle!

Un matin, début d'avril, Camille la découvre très boiteuse dans son parc, si bien qu'elle ne pouvait plus avancer d'un pas. Nous sommes immédiatement très inquiêt, Baloo n'est plus toute jeune et les problèmes de santé à cet âge sont souvent délicats. Tant bien que mal, pas après pas, nous la ramenons aux écuries et l'installons dans un box équipé d'une dalle en caoutchouc et d'une épaisse couche de litière. Dans l'après-midi, notre vétérinaire vient la voir, et le diagnostic ne se fait pas attendre. Alors que nous pensions plutôt à une entorse du jarret, Baloo souffre en réalité d'un abcès dans le sabot postérieur, extrèmement douloureux.

A savoir que les abcès dans le pied sont en général dû à un petit caillou ou autre corps étranger qui à pu pénétrer dans le sabot et s'est infecté. Suite aux mois de boue que nous avons subit cet hiver, et malgré les soins et l'attention que nous portons à nos chevaux, un abcès est bien difficile à empêcher, et nous pouvons même dire que c'est étonnant que seule Baloo en ait souffert ! (fort heureusement pour les autres!!!)

S'en suit alors des semaines de soins pour notre brave mamie, toujours très coopérante malgré la douleur. Cataplasme de graines de lin pour ramollir la corne du sabot et permettre à l'abcès de percer ; puis désinfection du pied et pansement quotidien, bain de javel...etc. Notre maréchal-ferrant a créé une "fenêtre" dans la sole (la partie située sous la sabot d'un cheval) afin de permettre d'évacuer l'infection.

Un mois plus tard et malgré nos soins, Baloo n'est pas encore bien rétablie. Elle boite encore beaucoup car si toute la partie infectée a disparu, son pied est désormais bien fragilisé et il faudra du temps pour que la corne repousse et recouvre la zone de chaire actuellement apparente. Il faut surtout veiller à ce qu'aucun corps étranger ne se loge dans la partie charnue qui n'est plus protégée.

Malgré tout cela, Baloo est toujours aussi sage pour les soins, il faut dire qu'elle adore que l'on s'occupe d'elle et être enfermée en box ne la dérange pas plus que ça ! Sans parler qu'elle profite quotidiennement de plusieurs heures de "tonte d'herbe" !!

"Finalement, ce n'est pas si mal d'être blessée ! Je suis chouchoutée, câlinée, gavée de carottes et en plus je peux brouter! Le top", dit Baloo !

 

Fin juin, Baloo est finalement enfin rétablie ! Plus de boiterie à cause de son pied (elle reste néanmoins boiteuse car c'est une jument qui souffre d'arthrose à un stade très avancé, mais à ce jour, elle s'y accomode très bien). Baloo a pu rejoindre son parc & ses copains, elle est ravie. Depuis, nous continuons à la surveiller de près, mais tout va bien pour elle !

Remerciements !

Il y a quelques temps, nous recevions un appel du maire de Pont-Saint-Esprit, une commune à 40 km du refuge, nous expliquant que 2 juments avaient été abandonnée sur le stade de la commune. Malgré plusieurs articles dans la presse, leur propriétaire ne s’est jamais manifesté.

Nous remercions chaleureusement le Maire de Pont-Saint-Esprit qui a accepté de prendre en charge ces belles filles et le félicitons pour sa sensibilité aux animaux. Les juments ont été mises en pension chez un professionnel de la ville : Les écuries d’Angélia.

L’âge de ces 2 juments est estimé à une trentaine d’années.

Si cette mairie a fait appel à nous, c'est qu'ils n'ont pas vocation à prendre en charge les animaux trouvés sauf momentanément et ils cherchent de ce fait un lieu adéquate.

Ayant à ce jour quelques 195 chevaux au refuge, il nous est difficile de les accueillir, c'est pourquoi nous lançons un appel afin de leur trouver une famille avant l'hiver.

Un grand merci pour Elles!

 

Nous avons donc commencé à combler notre retard de nouvelles ! La suite arrivera très prochainement jusqu'à être parfaitement à jour ! Une fois de plus, nous vous remercions pour votre compréhension, et nous vous disons à très bientôt, nous avons encore bien des choses à vous raconter !!!

Notez bien que nous vous attendons nombreux le DIMANCHE 7 SEPTEMBRE pour notre Journée Porte Ouverte annuelle !

 

22 novembre 2014

Ce n'est encore pas cette fois que nous allons nous mettre vraiment à jour, mais nous allons tout de même purger un peu de notre retard qui commence, personnellement, à me peser.
Certes, nous avons été très occupés et notre horizon a été quelque peu assombri par quelques chagrins que vous découvrirez au fil des mises à jours successives.
Le fil de notre actualité n'est toujours pas un long fleuve tranquille et quand le moral n'y est pas, je suis bien incapable d'assembler les mots sur mon clavier, il faut dire que nos journées sont souvent des plus anxiogènes !
En plus cette année, nous n'avons pu faire autrement que de nous occuper d'une kyrielle de chats et chatons, leur misère est si touchante qu'on ne peut passer outre.
Pour rattraper cet immense retard, je vais tâcher d'écrire chaque semaine quelques textes et j'ose espérer que d'ici la fin de l'année nous serons à jour.
Notre pauvre Camille est tributaire de mes écris et après, elle a tout le fastidieux travail de la mise en ligne, chose dont je suis parfaitement incapable.
En tout cas, même si vous n'avez pas trop de nouvelles, sachez que nous sommes toujours là et que c'est toujours aussi difficile de faire tourner cet immense refuge où nous comptons à ce jour, près de 200 équidés, nous frôlons la surcharge à l'entrée de l'hiver et, en cette fin d'année, nous avons toujours autant besoin de vous. Merci de penser au petit Noël des animaux, ils comptent et sur nous, et sur vous !

Bronco, petit sauvageon !

Le lundi 14 avril, après avoir attelé le van, je prends la route en direction de Buis-Les-Barronnies dans la Drôme méridionale.
C'est, à vrai dire, l'aboutissement de 3 jours de discussion avec la mairie de cette charmante ville de la Drôme où un petit cheval sème la zizanie depuis des années, à chacune de ses fugues au cours desquelles il fait, semble-t-il, de nombreux dégâts, blessant les personnes dès que l'une d'entre elles voulait exercer quelque autorité sur lui.
Cet animal sans éducation se permettait, de par son état d'étalon, d'aller faire la cour et même saillir les juments du voisinage, bousculant tout sur son passage et même les personnes qui se permettaient de se mettre en travers de son chemin.
Les fugues en questions étant de plus en plus fréquentes et l'animal faisant de plus en plus de dégâts, il était devenu la bête noire du maire et de sa police municipale qui de surcroît n'était pas vraiment rassurée.
Il fallait donc trouver une solution et bien sûr la mairie en question avait miser sur notre compassion pour les animaux et aussi sur nos compétences en matière d'équidés compliqués.
La seule solution était de prendre un arrêté municipal concernant le petit cheval en divagation, surtout que ce dernier n'avait aucune identification par puce électronique et que, légalement parlant il n'avait pas de propriétaire.
J'ai pu poser aussi 2 conditions, celles de pouvoir compter sur le remboursement des frais de castration et de l'identification par nos vétérinaires et aussi de mes frais de route compte tenu de la distance et de la « dangerosité » de l'animal qui semblait plutôt rébarbatif !

Après quelques échanges par téléphones et mails, l'arrêté municipal étant pris, nous étions d'accord sur le déroulements des opérations et sur les conditions énoncées ci-dessus. Le petit farceur s'appelle BRONCO et il sera bientôt intégré dans la grande famille du refuge !

Lorsque je suis arrivée dans cette charmante bourgade j'ai tout de suite été accompagnée jusqu'au centre équestre local où était « incarcéré » cet animal sauvage !
Son embarquement fut épique, chacun se méfiant, et à juste titre, des réaction de ce pauvre cheval qui était enfermé depuis 2 jours et qui n'avait qu'une idée, prendre la poudre d'escampette ! Même moi, après tout ce que j'avais entendu, j'étais à peine tranquille !
Mais je vous rassure, tout s'est bien passé et sur la route du retour, je n'ai pas manqué de m’arrêter à la clinique vétérinaire pour poser l'animal dans le but de le castrer avant de l'amener au refuge, il était tellement chaud que je préfèrai mettre tous les atouts de notre côté.

Je l'ai donc récupéré 3 jours après, sachant qu'il a 20 ans c'est toujours un peu plus délicat mais tout s'est déroulé comme nous l'espérions, aucun problème de santé, l'opération est un succès. Il est maintenant identifié, comme le veut la législation, au nom du refuge.

 

Pour la petite histoire, il faut savoir que BRONCO a passé toute sa vie attaché à un arbre chez un marginal qui l'utilisait de temps en temps pour aller faire ses courses à la ville. Au cours de ces sorties, Bronco était malmené et même violemment réprimandé car, bien sûr, libéré de sa chaîne, il avait envie de profiter de cette semi-liberté qu'il savait de courte durée. Nous pouvons tous imaginer le calvaire de ce pauvre petit cheval, passant sa vie au bout d'une chaîne, avec deux licols superposés et d'énormes mousquetons au cas où l'un deux casse. Son comportement était dicté par ses pulsions d'entier, sa seule obsession était de trouver des juments et de jouir d'une liberté si rare, ce qui en faisait un véritable petit monstre qui effrayait toutes les personnes avec lesquelles il pouvait être en contact.
Arrivé au refuge, nous avons bien sûr eu quelques difficultés de comportement car il était toujours entier dans sa tête et il n'a surtout jamais reçu la moindre éducation, pour lui la vie consiste à faire ce qu'il veut ! Mais avec le temps et quelques séances d'éthologie par notre ami Walter Badet, il s'est bien calmé.

Bronco & Walter

 

Il faut quand même reconnaître qu'il n'est pas le petit cheval câlin que nous aimerions avoir mais il est devenu gérable. 
Je me félicite de l'avoir sorti de cet enfer, il mène ici une vie paisible dans un parc avec abri où il il oublie la violence, la captivité à tous les vents, toutes les pluies et la solitude. Il vit avec des congénères qui sont dans les parcs voisins avec lesquels il a établi un véritable « modus vivendi » !

Bronco semble finalement bien apprécié sa vie au refuge où il y a trouvé un équilibre et un contact doux et respectueux avec l'humain, ce qu'il n'a auparavant jamais connu.

 

Bonne retraite, tu as passé 20 ans et tu mérites bien un repos tranquille pour les années à venir !

Grande tristesse pour Apache & Epice...

Les décès font aussi partis du quotidien du refuge. Nous ne nous y habituons jamais vraiment mais il faut bien comprendre que malgré les meilleurs soins et tout l'amour que nous leur portons, nous ne pouvons pas les rendre éternels malheureusement. Aimer les animaux, c'est aussi savoir leur dire au revoir au bon moment, ce qui n'est pas toujours chose aisée...

Ainsi, notre Apache s'est endormi naturellement le 29 avril, il avait fêté cette année ses 36 ans, un âge très honorable ! Ancien poney de club, notre petit poney pie passait une retraite paisible au refuge depuis plusieurs année. S'il était quasiment aveugle depuis quelques mois, sa copine de longue date, la ponette Roxane, lui servait de guide et sa vie était douce et confortable. Très gourmand, il mangeait toujours avec appétit et il est resté tout rond jusqu'à la fin !

APACHE - 36 ans.

 

Ciao mon bonhomme, tu nous laisses d'agréables souvenirs et nous ne t'oublierons pas. Malgré notre peine, nous sommes heureux et fiers d'avoir pu te garder aussi longtemps à nos côtés en bonne santé.

Quelques jours plus tard, le 6 mai, la série noire continue et nous devons prendre la difficile décision d'endormir notre Epice pour toujours.

Depuis quelques mois, nous constations qu'il avait de gros problèmes pour respirer. Notre vétérinaire diagnostiqua tout d'abord une sinusite, une pathologie dont le seul soin possible est une lourde opération qui n'était pas envisageable pour un cheval de 21 ans... Il pouvait néanmoins vivre avec, nous lui faisions régulièrement des cures d'antibiotique afin de le soulager un peu.

Mais au fil des semaines, on voyait que la tête d'Epice se déformait de plus en plus, il avait des "bosses" partout et sa respiration devenait très difficile. Il ne souffrait en réalité pas d'une sinusite mais plutôt d'un cancer à développement très rapide contre lequel nous ne pouvions rien faire. Il était inutile de le laisser souffrir d'avantage, notre brave garçon s'est endormi dans nos bras.

EPICE - 21 ans

 

C'est pour nous une perte très difficile, Epice vivait au refuge depuis 20 ans (son histoire ici) et nous n'imaginions pas le perdre si tôt... Affectueusement, nous disions qu'il faisait "parti des meubles" ! C'était un gentil cheval, facile à vivre au quotidien. Il menait une vie tranquille et paisible au refuge.

Dapile & Mascha, un petit passage chez nous !

Voilà deux fifilles qui ont eu, elles aussi la chance de connaître le refuge !
Elles sont arrivées au refuge le 12 mai pour y être hébergées un mois ou deux alors que leur propriétaire, Maryse était dans une situation de détresse morale, physique et financière. Rien n'allait plus pour cette personne que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam mais dont l'histoire ne pouvait que m'émouvoir. Elle se retrouvait seule, sans appui, sans trop d'argent et en plus avec trois immenses juments, ses deux chiens et autre volailles apprivoisées.

Elle venait de déménager depuis le nord du pays et semblait vraiment démunie. La première fois qu'elle m'a contactée je lui ai dit que je ne prenais plus de chevaux en pension ayant eu trop de déboires et malgré son insistance je suis restée ferme. Mais pas pour longtemps, je l'avoue car au deuxième coup de fil j'ai craqué  et malgré la surcharge du refuge nous avons pu trouvé un parc pour y accueillir Mascha et Dapile sachant que Maryse pouvait prendre en charge la troisième sur un petit terrain près de la maison qu'elle venait d'acheter, elle était si désespérée qu'elle avait même pensé s'en séparer mais . . .
Elle avait sauvé de la boucherie ces juments d'un âge certain quelques années avant et elle s'est vite rendu compte que les personnes intéressées pour les accueillir n'avaient pas que des pensées honnêtes et, comprenant que les donner signifiait les condamner, elle s'est battue pour trouver une solution jusqu'à ce que le ciel nous mette sur son chemin.

Mascha & Dapile sont des juments très sympas, faciles à vivre et respectueuses, elles se font très discrètes malgré leur taille !

 

Les juments sont donc en pension chez nous, je cherche avec Maryse un terrain qui soit proche de chez elle, en attendant les filles sont en sécurité et elles sont en train de bien reprendre du poil de la bête car la pension qui les hébergeait dans le nord les avait bien négligées.

DUSTER, poulain élevé pour la viande !

Je passe mon temps à dire que si je mangeais du cheval, j'aurai l'impression de manger mon chien !
Et pourtant beaucoup de ces animaux appelés couramment «  la plus noble conquête de l'homme » ne sont élevés que dans le but de la consommation humaine  et certains de ces maquignons-éleveurs font jouer la corde sensible proposant à la vente quelques uns de ces poulains craquants à des associations de sauvetage.
Bien que ce ne soit pas ma tasse de thé de faire gagner de l'argent à ces profiteurs sans scrupules, je décide, presque chaque année, de sauver un de ces poulains lourds dont les jours sont malheureusement comptés et c'est de cette façon que la photo de DUSTER est arrivée sur mon bureau, via mon ordinateur.
C'était un appel d'une de ces asso de sauvetage diffusée par une charmante jeune femme d'un village voisin qui, connaissant mon action, me sollicitait avec insistance, évoquant l'urgence de la situation. Tous les poulains étaient sauvés et Duster était le seul condamné alors que le camion devait faire le ramassage le lendemain !
Il faudrait être en béton ou bien habiter en appartement pour ne pas craquer devant ce pauvre chou, demi-lourd avec une très jolie robe noire et blanche un tantinet appaloosa qui risquait d'être embarqué en l'Italie pour le dernier voyage.
Je me suis d'abord dit que nous avions beaucoup trop de chevaux puis j'ai aussi pensé qu'il y avait longtemps que nous n'avions pas sauvé de ces poulains élevés pour la viande, aussi, dans un élan de compassion j'ai envoyé un acompte pour retenir le poulain, me disant qu'il était jeune et plutôt beau et que je trouverai bien un adoptant qui, comme moi craquerait !

C'est comme ça que, le 23 mai, nous accueillions Duster au refuge. Il n'était pas bien gros pour un poulain de boucherie, une vraie « claquette » avec un gros ventre plein de vers et les traits de la misère !

Son premier jour au refuge. Le petit Duster (âgé d'un peu plus d'un an) est un peu perdu et demeure craintif. Il se montre néanmoins très câlin et proche de l'homme, très vite il deviendra un vrai pot-de-colle !

 

C'était bien un poulain de maquignon, mal entretenu et payé bien trop cher si on avait voulu comparer au prix de la viande, mais à ce jour, il était devenu un animal de compagnie qui allait être aimé et considéré comme un être vivant et sensible, et ça change tout.

Depuis son arrivée, il a été castré, vermifugé, il a bien grossi et ressemble pour de bon à un demi-lourd ! Il a un caractère très doux et ne pose aucun problème de comportement, ni de santé.

DUSTER, tout rond !

 

Je pense que son avenir est dans une bonne famille et d'ici peu, il intégrera le groupe des chevaux à l'adoption. Il mérite une famille d’accueil aimante car il n'est qu'une grosse boule d'amour et je me demande comment ces marchands peuvent faire pour envoyer ce genre de merveille au couteau !

Les trois « grasses » !!!

Voilà déjà presque deux mois que j'avais reçu les photos de trois belles juments ardennaises qui risquaient de mal finir. En effet la propriétaire venait aux nouvelles régulièrement car le temps passait et j'avais bien précisé que je ne prendrais pas les juments tant que je n'aurai pas d'adoptants sous la main.

Tournant toutes les trois autour de la vingtaine d'année, il n'était pas évident de trouver des amateurs et je m'inquiétais. J'avais bien compris que ses propriétaires-naisseurs n'avaient pas tout à fait la même vision de l'avenir des trois filles, leur maman humaine les aimait, quant à son époux, il était prêt à les sacrifier sur l'étal du boucher car, après un accident invalidant, il ne pouvait plus s'en occuper et les belles frisant la tonne, ça aurait pu rapporter passablement ! Puis enfin, le jour vint où deux familles étaient prêtes à les adopter et ce fut un grand soulagement pour moi et aussi pour la propriétaire un peu inquiète au demeurant.

C'est donc le samedi 24 avril que je partais en camion avec notre dévoué Jacques qui, comme souvent, nous a une fois de plus sacrifié son week-end ! Le voyage fut long, presque sans fin tant la route était mauvaise et étroite pour aller dans la Haute- Ardèche, avec des virages si courts qu'il fallait s'y reprendre à plusieurs fois sans trop s'attarder sur le vide impressionnant, un véritable parcours du combattant !

Finalement, trois heures après, nous atteignions notre but sans manquer de galérer à faire une marche arrière périlleuse sur un petit chemin. Nous découvrons nos trois mémères, bien grasses et bien belles mais je remarque vite que leurs pieds ne sont pas entretenus. Elles jouissaient des vertes prairies locales, d'où leur embonpoint, mais elles étaient tout de même un peu à l'état d'abandon, il était temps que nous arrivions ! Après les formalités d'usage, remise de papiers et questions diverses, nous les embarquons assez facilement, on voit bien qu'elles en ont l'habitude, elles faisaient des concours de beauté dans toute la France au temps des heures de gloire.


Nous sommes partis en laissant un âne entier, une petite mule et une jument qui tous les trois étaient aussi en liste d'attente et j'avoue que j'ai eu un vrai pincement de coeur ! La jument devait être emmenée par une association mais les deux « plus grandes oreilles » n'avaient pour l'instant aucun point de chute.

En partant lorsque, contente, j'ai dit au propriétaire que les juments auraient une fin heureuse, il m'a répondu : « Si ça n'avait dépendu que de moi, il y a longtemps qu'elles ne seraient plus là ! » Sans commentaire ! Il semblait l'avoir compris.

Après un voyage de retour fatiguant, nous sommes arrivés au refuge sans encombre, le déchargement fut un peu mouvementé car les fifilles excitées d'avoir changé de lieu et se trouvant en présence de tout un cheptel, sont parties comme des fusée entraînant les gens au bout de la longe, il faut dire qu'elles ont une force phénoménale !

Deux jours après, le 26 mai j'emmenai Idylle chez ses adoptants sur une commune voisine où elle est vraiment très chouchoutée et bien soignée car elle a des problèmes de pieds importants et ses nouveaux propriétaires s'en occupe très bien.

Idylle a de suite fait connaissance avec le cheval Mérens de la maison, un beau et gros bébé qui nous a paru un véritable modèle réduit quand Idylle s'est approchée de lui ! C'est vrai que, proportionnellement, il avait l'air d'un petit poney ! La rencontre s'est bien passée, merci à Laure et Marc d'accueillir cette belle fille qui a quand même des problèmes sérieux nécessitant quelques visites vétérinaires.

 

Les deux autres, Liberté et Magie sont parties en Normandie après avoir passé 5 semaines au refuge. Ce n'est, pour elles, pas une adoption ordinaire, plutôt un sauvetage, c'est la raison pour laquelle nous n'avons pas rechigné à les laisser partir assez loin.

Magie & Liberté au refuge.

Elles sont adorables et nous nous y sommes beaucoup attachées durant leur court séjour ici.

 

Toutes trois ont encore de beaux jours devant elle, je me félicite de ce sauvetage un peu mouvementé mais grâce auquel ces trois belles filles auront une fin heureuse.

Te Quiero, un squelette ambulant !

Le 26 mai, les services vétérinaires du Gard me font part d'un cheval squelettique parqué aux portes de la Camargue à côté d'un troupeau de taureaux bien maigres aussi.
Une délégation de la DDPP se rendant sur les lieux le lendemain, nous nous donnons rendez-vous le 27 mai afin que je puisse enlever le cheval, pendant qu'une équipe « santé et protection animale » ferait l'inspection minutieuse des taureaux.
Nous parcourons un long chemin de terre à peine assez large pour le van, complètement perdu dans la campagne, très loin des regards indiscrets.

Lorsque nous sommes arrivés, j'ai été prise d'une grosse angoisse, le cheval en question était cachectique, c'est à dire d'une grande maigreur, jusqu'à la fonte musculaire. Je me suis tout de suite posé la question de savoir comment il faisait pour tenir debout ! Les taureaux à côté n'étaient pas épais non plus, un véritable cauchemar !
J'ai voulu rentrer dans son parc tout clôturé d'au moins 6 rangs de barbelés et de palettes mais c'était impossible, le paddock était totalement dépourvu de porte, ni le cheval, ni personne ne pouvait ni rentrer, ni sortir. Les piquets et les fils étant très rapprochés, il était impossible de se faufiler.
Ça  voulait dire qu'aucun soin n'était donné à cet animal, que personne ne l'approchait, même pas pour lui donner à manger, et que mangeait-il à part ce qu'apportaient les personnes de la DDPP depuis quelques jours ? Certainement rien, à voir ce pauvre animal, je crois qu'il fait partie des plus maigres que j'ai vus depuis plus de 20 ans !

Toujours la même question :

Comment peut-on en arriver là ?...

 

Il a fallu appeler le maire de la commune qui a dépêché un employé de mairie pour venir avec de l'outillage permettant d'ouvrir la clôture.
A vrai dire, le cheval était incarcéré dans cet enclos, où il mourrait à petit feu sans qu'âme qui vive ne lui porte un regard ! J'étais vraiment très choquée, je dirait même atterrée de voir que de telles pratiques pouvaient exister.
Nous avons donc pu ouvrir après avoir sectionné les barbelés et libérer ce pauvre animal qui tenait à peine debout. Il est monté dans le van sans grande difficulté et je suis partie contente de quitter cet endroit maudit mais très inquiète pour le cheval que je devais conduire au refuge 60 kilomètres plus loin sous une chaleur accablante.

Nous sommes arrivés en début d'après-midi, il était toujours debout mais avait beaucoup transpiré, la fréquence cardiaque était basse et l'état d'anémie dans lequel il était me préoccupait. Nous l'avons installé dans un box avec du bon foin de Crau dont il s'est régalé, évitant de donner tout de suite du grain, son estomac devant être terriblement rétréci.
Il a pas mal bu et a passé le reste de la journée à grignoter doucement mais sûrement sa ration bien dosée pour sa pathologie de cheval dénutri, ses dents de vieux cheval faisant lentement leur travail.
Le soir, je suis allée le voir avant de me coucher, assez tard, il était debout et semblait dormir, je l'ai appeler, il a à peine tourner la tête, je suis rentrée le caresser, il semblait très fatigué presque amorphe.
J'ai serré sa tête contre moi, l'ai embrassé et je suis rentrée, la peine mais aussi la rage au cœur !

Le lendemain matin, nous l'avons trouvé couché en décubitus latéral, les yeux vitreux, il semblait un peu absent et nous étions très angoissés. Après que nous ayons essayé de le lever, sans succès, j'ai appelé notre vétérinaire qui est venue dès qu'elle a pu et son diagnostic a été sans appel, il avait fait un AVC suite au transport et à la chaleur, étant donné son état de mort-vivant ! Sans oublier que l'examen des dents révèle qu'il a au moins 30 ans ! Nous avons du choisir la solution ultime, quelle tristesse !

Nous l'avions appelé Te Quiero, « je t'aime » en espagnol de par ses origines ibériques, nous n'avons pas pu l'aimer longtemps mais il est mort dans nos bras, très entouré, chose qu'il n'aurait pas pu imaginer lorsqu'il était dans sa prison sous un soleil brûlant, sans un abri, sans un arbre et sans l'empathie de quiconque. Va sur l'autre rive, petit, l'herbe y est bien plus riche !

 

 

C'est avec ces quelques histoires que nous commençons à combler notre retard. La suite devrait arriver d'ici une quinzaine de jours si tout ce passe bien ! De nombreux nouveaux sauvetages, certains chevaux dans des états déplorables, des décès douloureux mais aussi des naissances et des adoptions. Voilà, il ne nous reste plus qu'à vous raconter tout cela !

A bientôt, et merci à vous tous de nous rester fidèles.

 

 

26 novembre 2014

Comme nous vous l'avions promis, nous sommes de retour pour essayer de combler peu à peu le retard de notre fil d'actualités.
Je vous prie de croire qu'il faut une sacrée opiniâtreté pour tenir le coup en ce moment.
Vous avez du voir les actualités météorologiques et pu constater que nous subissons des épisodes de pluie diluviennes absolument insupportables depuis le mois de septembre. Un jour sur deux nous sommes en alerte orange et nous avons obligatoirement des dégâts, vous pouvez l'imaginer !

Comme vous pouvez vous en douter, nos finances de fin d'années ne sont pas des plus brillantes et à l'approche de Noël, je vous rappelle que vous avez jusqu’à la fin décembre pour régler votre cotisation si vous ne l'avez pas fait ou pour nous faire un don, si vous voulez toucher le crédit d'impôt pour l'année 2014 qui se monte toujours à 66 % ce qui n'est pas négligeable. Profitons en pendant que nous le pouvons encore !
Je vous remercie à l'avance de penser au Noël de nos animaux, près de 200 équidés plus les chiens, chats, vaches, moutons etc . . . ne se contentent pas d'amour et d'eau fraîche et avec le mauvais temps, nous dépensons d'avantage, réparations obligent ! Vous savez que je ne fais pas d'appel aux dons intempestifs, ce n'est pas mon style mais j'ai plaisir à vous rappeler à notre bon souvenir !
Notre fonctionnement est énorme et grandit avec le nombre croissant des animaux. Merci à tous.

La misère est très grande, et pour ma part,  je ne sais plus où donner de la tête, l'histoire de Cheyenne est la preuve d'une société déliquescente, on brûle, on mutile, on torture, on affame et on viole les animaux sans oublier les abandons, oui, vous savez tous que chaque jour des milliers de chats et de chiens sont abandonnés, et bien nous pouvons ajouter les chevaux, oui, on les jette aussi sur un chemin, un peu plus loin, lorsqu'ils sont vieux ou boiteux, où on les abandonnent dans un enclos jusqu'à ce que mort s'en suive.
C'est ainsi que se comportent nos congénères, les sans cœur, les sans scrupule, les abjectes !

Les animaux viennent d'être reconnus comme des êtres vivants, et bien qu'on les traite comme tels et que la justice punisse les tortionnaires comme ils le méritent, j'ai un petit peu d'espoir, ça commence à bouger ! 

 

CHEYENNE, martyre des traditions


Combien de traditions débiles, inhumaines sont encore appliquées dans notre pays ! Combien de personnes, d'enfants, mais aussi d'animaux en meurent dans d'atroces souffrances. Ce récit, à peine croyable vous ouvrira peut-être les yeux sur les sévices infligés au nom des traditions à de pauvres animaux sans défense, sévices totalement ignorés de la plupart d'entre nous. Vers le 25 mai, je reçois un appel ,téléphonique pour le moins très alarmant ; Une petite ponette est détenue dans des conditions inhabituelles et indignes de l'espèce considérée. Elle est attachée par un postérieur sur un chemin près de Bellegarde, à Jonquières Saint Vincent très exactement. Mais ce n'est pas tout, le deuxième postérieur est coupé sous le jarret et l'on peut voir un moignon sanguinolent, infecté, d'où s'écoule un pus très épais. L'autre postérieur est souillé par les écoulements, la queue est devenu un bâton infâme. La souffrance de cet animal ne fait aucun doute, aucun soin n'est apporté, les mouches pullulent sur la plaie.

Les photos envoyées sont parlantes et j'imagine le pire !


Je prends immédiatement contact avec la mairie pour donner l'alerte et j'arrive, au bout de 2 jours, à parler au téléphone avec le maire qui semble tellement « occupé » que mon récit le laisse quasi indifférent ! Toutefois il promet d'envoyer la police municipale sur les lieux et je reste en contact avec la secrétaire que je ne me prive pas de harceler à plusieurs reprises, pressée d'en savoir plus sur cet animal en danger. Finalement, après une multitude d'appels en mairie, je finis par avoir une explication ubuesque de la part du policier municipal un peu énervé qui me dit que les propriétaires ont coupé eux-même la jambe de la ponette, par amour car elle ne pouvait pas guérir et que le vétérinaire voulait l'euthanasier !

« Ils faisaient des piqûres de béthadine pour pas que ça s'infecte » et, ce serait d'après eux, le vétérinaire de Tarascon qui les aurait encouragés à procéder eux-même à l'amputation ! Difficile d'imaginer une telle barbarie, j'en suis complètement retournée et je saisis dans la foulée les services vétérinaires qui, mesurant l'urgence de la situation et se sont déplacés dès le lendemain, sollicitant la présence d'un vétérinaire local, en l'occurrence le docteur Clavel que je connais bien et que j'apprécie. Le diagnostic irréversible est tombé, le moignon infecté avait provoqué une ostéomyélite et aucun espoir de la sauver n'était envisageable.

La pauvre Cheyenne a été euthanasiée le 4 juin 2014, ce jour j'enlevais aussi un joli poney entier qui avait été mis avec Cheyenne entre-temps, peut-être dans l'idée de la faire saillir, on peut imaginer les pires choses de la part de ce genre de personnages ! N'oublions pas de préciser que celui-ci avait aussi une entrave depuis qu'il était là c'est à dire très peu de temps, il avait aussi une chaîne qui lui serrait le cou, ce petit bonhomme a eu la chance d'être enlevé très vite de cet endroit maudit !

 

Cheyenne a été un amour jusqu'au dernier instant, elle est partie calmement sans opposer aucune résistance. Je suis rentrée ecoeurée, dégoûtée mais aussi très en colère, avec des envies de m . . . . . ! Le certificat du vétérinaire est clair, la jambe de Cheyenne s'est nécrosée peu à peu à cause du lien qui la serrait, jusqu'à se qu'elle pendouille et soit ensuite coupée par les barbares de propriétaires ! ! ! ! ! !

Ces gens là sont des marocains et ils font ici comme ils faisaient au bled ! Là-bas, les chevaux (et les autres animaux, d'ailleurs) sont entravés, faire des clôtures, c'est bien trop de travail et puis faire brouter les animaux sur les chemins, ça fait des économies, alors on leur attache les jambes avec une corde ou une chaîne qu'on enlève jamais ! Cheyenne était un petit poulain quand elle est arrivée chez ces barbares, elle a vite grandi et grossi mais personne ne s'en est inquiété et . .. vous connaissez la suite.

Je peux imaginer la souffrance qui a rythmé les jours et les nuits de cette petite innocente, morte à deux ans dont un an de martyre lent, très lent ! La jambe s'est nécrosée doucement jusqu'à se détacher, je préfère ne pas savoir comment ils ont coupé l'os, nous sommes en plein moyen-âge ! Dans cette affaire des plus sordides, on se pose beaucoup de questions sur l'achat et la détention d'équidés ; ces gens-là avaient 2 équidés, dont un n'avait aucune identification et l'autre avait une puce non répertoriée aux Haras Nationaux, donc rien de légal dans cette détention. On peut aussi remonter au vendeur qui lui-même était aussi dans l'illégalité pour avoir vendu une ponette non pucée. Aucun entretien n'était apporté à ses animaux qui, bien souvent divaguaient sur la commune sans que les propriétaires ne soient beaucoup inquiétés puisqu'ils n'ont jamais eu d'amende pour divagation. Les gendarmes se contentaient de leur rendre les animaux. Mieux que ça, une personne qui avait un jour recueilli Cheyenne alors qu'elle était encore en bonne santé, s'est trouvée mise au rang de voleuse parce qu'elle avait gardé la ponette quelques jours !

Plainte a été déposée à Monsieur le Procureur, au tribunal de Nîmes, je n'ai sur ce courrier aucunement mâché mes mots et j'espère que nous obtiendrons une peine exemplaire et une interdiction définitive de détenir des animaux pour ces gens sans aucune empathie pour les animaux qui détenaient ces équidés soit-disant pour amuser leurs enfants. Quel exemple de vie pour ces gosses !

Crunch le poney est avec nous, Cheyenne restera dans un coin de notre coeur !

Crunch coule désormais des jours tranquilles au refuge ; il partage son parc avec notre poney Snoopy. C'est un p'tit gars adorable et très attachant, on l'adore !

 

A très bientôt pour la suite des nouvelles !

 

 

3 décembre 2014

BAÏKA, lâchement abandonnée en gestation.


Comme je vous le disais dernièrement, la lâcheté des humains envers les animaux ne régresse pas et cette histoire en est la énième preuve. C'est à la fin du long week-end de l'Ascension, le dimanche 1er juin, que j'ai été appelée sur mon portable par une personne qui paraissait désespérée.

En effet, depuis le vendredi elle essayait en vain d'appeler la S.P.A qui ne répondait pas, car elle avait découvert à Saint Ambroix, une chienne attachée à un arbuste sur le bord de la rivière, en plein soleil. Mais ce n'est pas tout ; la belle venait de faire sept chiots et bien sûr, elle ne pouvait rester à cet endroit sans soin et sans nourriture. La bienfaitrice a frappé à plusieurs portes mais ce week-end prolongé compliquait grandement la situation.

Ravie de pouvoir nous joindre elle nous donne donc un rendez-vous immédiat au vu du caractère urgent de la situation, il est midi, il fait très chaud et une demie-heure après, nous découvrons, Camille et moi , la courageuse maman et ses petits. Des jeunes de la commune avaient eu la bonne idée de lui faire un abri de branches et de feuillages pour qu'elle ait un peu d'ombrage et nous découvrons la chienne tout au fond avec ses bébés.

 

La première chose choquante était de la voir si maigre, on pouvait compter toutes ses vertèbres et elle semblait vraiment déshydratée. Bien qu'étant pas loin de l'eau, elle ne pouvait y accéder car la corde à laquelle elle était attachée s'était entortillée autour de l'arbuste. Nous savons tous qu'une maman qui allaite, qu'elle soit humaine ou animale, doit boire à volonté pour que la sublime machine de la lactation puisse fonctionner. Nous l'abordons avec prudence, la belle est normalement protectrice, et, bien que méfiante, elle nous laisse approcher. Mais il n'en a pas été de même quand elle m'a vue avec mon appareil photo pendu à mon cou, elle m'a sauté dessus et a mordu mon appareil ! Heureusement, je n'ai pas peur des chiens et n'ai pas été trop impressionnée.. Je lui ai parlé et j'ai pu finalement faire la seule photo que nous avons d'elle dans sa tanière.

Le plus urgent était de désembrouiller sa corde pour qu'elle puisse boire, ce qui fut fait et je vous assure qu'elle a bu un très long moment, pauvrette, elle était en train de mourir de soif ! Puis nous avons pris les petit un à un, sous sa surveillance et les avons installés dans une corbeille posée dans la voiture. Elle était inquiète mais nous faisait tout de même une certaine confiance. Elle n'a montré aucune agressivité et elle est montée à son tour dans l'auto, retrouver sa progéniture.

C'était très touchant et nous sommes repartie heureuses d'avoir bien réussi ce beau sauvetage dominical !

 

Mais arrivées à la maison, l'euphorie passagère s'est estompée pour laisser place à la triste réalité ; nous ne pouvions en aucun cas laisser vivre tous ces petits bouts, la mère était très affaiblie, et le premier acte de protection animale est d'éliminer à la naissance la plus grande partie de la portée, c'est à dire que l'on n'en garderai que deux pour cette pauvre maman.. J'ai très lâchement laisser choisir les filles et nous avons, dès le lendemain, apporté les 5 chez le vétérinaire, qui a d'ailleurs confirmé la grande faiblesse de la chienne. Il y a des décisions qui sont pénibles à prendre mais elles sont indispensables et lorsque l'on fait de la protection animale, elles sont primordiales. Mettre des bébés sur le « marché » de l'adoption est une véritable responsabilité et nous savons bien comment les chiens peuvent disparaître lorsque leur maître déménage, et alors nous perdons toutes traces.

Honte aux responsables de cet abandon qui n'ont eu aucun scrupule à abandonner une chienne gestante et lui faire courir toutes sortes de risques, j'en suis écoeurée.

Dès son arrivée au refuge, Baïka a eu droit à toutes les formalités d'usage au niveau des soins, elle a trouvé la nourriture à son goût et elle a bien apprécier son chenil assez vaste pour courir. Elle a profité pleinement de ses deux loulous qu'elle a élevé consciencieusement.

BAIKA est devenue magnifique.

C'est une chienne adorable, d'une grande gentillesse malgré ce qu'elle a vécu...

 

Quoi de plus adorable qu'un petit chiot ?

Nous, on craque !

 

Le temps a passé, les petits anges ont bien poussé, ils sont devenus énormes et ont chacun trouvé une bonne famille à quelques kilomètres du refuge.

Les bébés devenus grands !

Le père devait certainement être un très gros chien car à 6 mois, nos deux loulous pèsent déjà 30 kg !

Ce sont tous les deux des amours, leurs familles respectives sont ravies.

 

Puis vint le tour de Baïka, je tenais à ce quelle soit vite adoptée, en tout cas avant l'hiver. J'attendais d'ailleurs pour la faire stériliser d'avoir un point de chute afin qu'elle aille directement chez ses adoptants après l'opération. Nous avons eu beaucoup de chance en trouvant un couple de retraités absolument adorables et qui connaissaient bien les boxers pour en avoir déjà eus.

Le rendez-vous chez le véto fut pris pour le 30 octobre et je devais l'emmener chez ses adoptants de suite après en fin d'après-midi. Vers 9 heures 30, le vétérinaire m'appelle pour me dire que le test de la leishmaniose était positif et que ça risquait de refroidir sa nouvelle famille. J'avoue que cette nouvelle m'a mise KO, tout allait si bien et d'un coup tout a basculé ! J'ai bien sûr confirmé l'opération, il fallait de toutes façons la stériliser. J'ai du prendre mon courage à deux mains pour annoncer la terrible nouvelle aux futurs parents de Baïka et j'étais horriblement stressée à l'idée d'une réponse négative. Mais le ciel a veillé sur la fille, ses adoptants ne se sont pas désistés et ils ont pris l'engagement de la faire soigner. C'est une véritable preuve d'amour à laquelle je m'attendais un peu, je l'avoue.

Depuis, Baïka mène une vie de princesse chez ses parents aimant que je remercie du fond du coeur. Que de péripéties pour cette jeune chienne d'à peine 15 mois qui a tout subi dès le début de son existence, elle a été une vraie battante et mérite vraiment d'être heureuse, merci Nicole et René, elle vous rendra votre amour au centuple !

 

A bientôt pour d'autres nouvelles !

 

 

22 décembre 2014

Juments suitées en danger !

Toujours en juin !
Comme vous le voyez, nous n'en avons pas encore fini de ce mois de juin 2014 très chargé, vous comprenez mieux notre retard en voyant toutes ces affaires qui se succèdent apportant leur lot de courriers, de déplacements, de tracasseries administratives pour ne pas toujours aboutir comme on le voudrait, sans compter le souci qui me ronge lorsque je sais des animaux en danger.

Rien de plus anxiogène que de recevoir des photos épouvantables avec des chevaux et des poulains squelettiques qui ne sont ni nourris ni abreuvés. Il faut aussi se battre avec les pouvoirs publics qui sont débordés et ne prennent pas toujours en compte l'urgence des situations signalées et pour moi l'attente est souvent interminable.

En juin donc, j'ai été alertée pour 2 affaires, une dans le Vaucluse, l'autre dans l'Hérault près de Ganges et toutes deux étaient alarmantes. De plus, il se trouve que j'ai des contacts moins cordiaux avec les DDPP de ces 2 départements qu'avec le Gard où les choses se passent plutôt bien.

Dans le Vaucluse c'est donc un éleveur qui est sur la sellette, ses juments sont squelettiques bien qu'étant suitées de poulains très jeunes et probablement à nouveau pleines comme il est de mise chez ces gens-là. Pas d'herbe dans les parcs mais pas de foin ni de céréales apportés à ces animaux, même l'eau est rare.

Plusieurs juments squelletiques, suitées de jeunes poulains.

Le poil d'hiver (le long de la colonne vertébrale) qui persiste au mois de mai révèle un manque évident de soins et d'attentions...

 

Le voisinage se mobilise pour que les juments survivent. Elles sont souvent en divagation et les gendarmes doivent fréquemment contacter le propriétaire mais rien n'y fait, ce dernier « s'en fiche éperdument »!

J'ai donc envoyé un premier mail à la DDPP du Vaucluse, avec en pièces jointes une séries de photos parlantes en demandant son intervention rapide au vu que les juments sont en état de misère physiologique et qu'elles ont à charge des poulains. Mais dans la commune il semble régner une certaine omerta, l'éleveur en question a des relations et les signalements en mairie ou en gendarmerie sont restés lettres mortes. Sur ces entre-faits, la DDPP a demandé officiellement aux gendarmes de bien vouloir diligenter une enquête.

Étant sans nouvelle et toujours très en souci, je me suis permise de recontacter les services qui m'ont simplement répondu que les photos prises par les gendarmes étaient satisfaisantes et que l'on en restait là. Autant dire que j'étais dans tous mes états et ma réponse a malheureusement été à la limite de la correction, je le reconnais et ça m'a valu un blâme si je comprenais bien, mes photos envoyées des juments très maigres n'avaient pas de valeur et celles des gendarmes avec des juments rondes étaient retenues, alors vous le comprenez, j'ai craqué ! Puisqu'ils n'avaient pas le temps d'y aller, je me suis rendue sur place et bien sûr les chevaux étaient toujours squelettiques, et j'ai pu envoyé les photos prises par moi-même pour me disculper et prouver que les gendarmes n'avaient pas pris les bons chevaux !

 

Tout ceci a créé un grand froid mais a décidé les services à se déplacer et à juger par eux-même. Depuis l'éleveur a été obligé de prendre conscience du mauvais fonctionnement de son élevage et de ses manquements aux règles les plus élémentaires et les choses ont changé, le troupeau est à ce jour en bien meilleur état. Je suis vraiment désolée de m'être fâchée de la sorte mais il est vrai que lorsque les animaux sont en danger, j'ai tendance à voir rouge et j'avoue avoir du mal à me contrôler.

Mais tout est bien qui finit bien et le principal c'est le bien être de cet élevage. Toutefois, je sais pertinemment que les services de l'état sont très souvent débordés par les signalements de toutes parts et que ça n'est pas simple du tout. Malheureusement, je n'ai pas leurs pouvoirs et suis obligée de les solliciter, à mon grand dam !

Encore un éleveur de pacotille !

Quand on termine avec une affaire, il faut se douter qu'une autre pointe à l'horizon ! C'est ainsi que je découvrais dans la foulée, un autre élevage alarmant composé de chevaux eux aussi, squelettiques avec des juments suitées de poulains en état de misère physiologique.

Ces animaux appartiennent à des gitans qui squattent des terres inoccupées, sur le département de l'Hérault. J'ai bien sûr immédiatement alerté la DDPP avec un mail et des photos parlantes et très vite la vétérinaire, chef de service m'a répondu, disant qu'elle était choquée de l'état catastrophique des animaux et de l'absence totale des soins les plus élémentaires comme manger et boire.

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Le troupeau est dans un état catastrophique, les chevaux et poulains manquent cruellement de soins.

Ils vivent dans une décharge ! Plusieurs sont blessés ou présentent de vilaines cicatrices.

L'étalon ci-contre est très maigre.

A savoir qu'un entier est normalement rond, doté d'une musculature naturelle.

 

 

Dès la semaine suivante, je recevais une deuxième salve de photos et m'empressais de les faire passer à la chef de service car l'état des animaux se dégradait à grande vitesse et la mise en danger de la vie des poulains me semblait avérée.

 

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Un poulain de l'année précédente, complètement pelé. Sa colonne vertébrale est complètement droite, & il est très maigre.

La poulinière est pleine, elle allaite son petit plus un autre poulain squelettique qui a perdu sa mère!
On peut dire que c'est grâce à notre intervention que ce poulain n'est pas mort !
L'étalon a une plaie ouverte à l'antérieur droit et un gros genoux à gauche, la totale !

 

Je proposais donc mes services pour accueillir les plus dénutris dans un premier temps, comme je le fais d'habitude. Dans la foulée, mon interlocutrice, touchée par la misère effrayante des animaux, me donne une réponse positive pour la saisie en me disant que je pouvais me procurer un camion pour le début de semaine prochaine car il fallait en urgence soustraire quelques uns de ces pauvres malheureux.

La semaine est passée et, étant sans nouvelle je me suis permise de revenir vers mon interlocutrice ayant retenu un camion de location pour le mercredi. Mais là, je suis une fois de plus tombée de haut ! Il n'était plus du tout question de saisir et il a fallu que je me confonde en excuses auprès de la société de transport disant que la saisie était retardée. L'inspectrice s'était déplacée et avait rencontré les propriétaires ; elle avait donc appris que les chevaux étaient détenus par trois propriétaires différents depuis relativement peu de temps et, de ce fait, elle a préféré faire 3 mises en demeure et 3 procès verbaux pour les 10 chevaux présents. Les chevaux auraient reçu des soins d'un vétérinaires et un des propriétaire s'est engagé à mettre de l'eau régulièrement, il aurait également acheté des compléments alimentaires !

C'est comme ça que j'ai du décommander le camion, et me dire que l'affaire était close ! Pour la décharge de la DDPP de l'Hérault, je dois reconnaître que la véto, chef de service est une femme très humaine qui aime les animaux car nous avons bien travaillé ensemble et nous avons par le passé, enlevé beaucoup de chevaux quelquefois mourants. J'ai beaucoup d'estime pour elle. Quant à l'inspectrice, je sais qu'elle a longuement travaillé sur ce dossier et qu'elle s'est souvent déplacée mais elle a, à mon avis, trop privilégier le volet humain de cette affaire.

Ces gens là n'ont ni foi ni loi, ils achètent des chevaux en pensant gagner de l'argent sans rien faire sur le dos des animaux surexploités. Ils ont pleurniché en disant que c'était leur gagne-pain et ça a suffit pour attendrir notre inspectrice ! Je continue à suivre ces chevaux et malheureusement l'amélioration ne saute pas aux yeux. Quelques jours après la descente de la DDPP, les propriétaires ont fait quelques petits aménagements au niveau des clôtures et ont apporté un peu plus d'eau, mais surtout, ils se sont débarrassés des animaux les plus misérables que des maquignons sont venus chercher et ça m'a fait très mal au coeur, c'est bien sûr très souvent la réaction de ce genre de personne !

Depuis, ils continuent à squatter des terres, la plupart du temps sans autorisation et les chevaux sont encore souvent sur la route. Cette année, les pauvres chevaux ont eu de la chance car il a beaucoup plu et l'herbe a poussé anormalement, ça leur a permis de manger à leur faim ! Ils ont pu boire, aussi, la pluie remplissant les baignoires régulièrement, mais la suite risque d'être un éternel recommencement, car l'hiver finira bien par arriver.

Pour la petite histoire, il faut savoir que les chevaux sont déplacés uniquement sur des terres squattées sans aucune autorisation, que ces « éleveurs » peu scrupuleux ne possèdent pas de terrains et qu'ils n'apportent aucun soin à leurs chevaux. Force est de constater qu'ils ne sont même pas capables de donner un coup de brosse pour enlever le poil d'hiver que les animaux gardent jusqu'au milieu de l'été, attendant qu'il tombe tout seul ! Quant au propriétaire principal, déjà repris de justice au moment des faits, il est en prison pour coups et blessure sur sa compagne, ça ne présage rien de bon et j'ai une fâcheuse tendance à faire la corrélation entre les traitements infligés aux femmes et aux animaux ! La violence polymorphe de ces individus reste très inquiétante.

Tout en continuant la surveillance, je me dis que nous ne sommes pas prêts d'être au chômage, ni pour moi, à la retraite, tant que ce genre de sinistre personnage existera !

 

Une vraie vie de chien !


Comme si nous n'étions pas assez occupés avec les chevaux, nous voilà encore parties un beau matin de juin, Pascale et moi, pour porter secours à 2 chiennes dont la vie est une succession d'événements malheureux.

Laïka et Lady appartiennent à une femme très instable qui a du mal à se gérer elle-même et ses enfants et qui trouve normal d'imposer une vie de misère à deux chiennes et un mâle qui restent des semaines sans sortir, enfermées dans une pièce au milieu de leurs excréments et de leur urine.

Il s'agit de la mère qui n'a pas deux ans et la fille d'à peine un an à laquelle on a déjà tué une portée de chiots. Toutes deux vivent avec un mâle, chien catégorisé, qui est le fils de Laïka et le frère de Lady. Laïka a en effet été saillie par un American Staff, et elle a ainsi produit des chiots très typés "Staff". Ce dernier a tour à tour sailli sa mère et sa soeur qui ont chacune eu une portée ! Ce n'est pas simple de s'y retrouver mais, pour faire court, nous pouvons dire que Laïka qui a 18 mois a déjà fait deux portées et sa fille d'un an, Lady, en a fait une ! L'une avec son fils, l'autre avec son frère, la consanguinité n'a pas gêné la propriétaire, d'ailleurs je pense qu'il n'y a pas grand chose qui ait pu la gêner.

On se demande ce que les gens ont dans la tête, comment peuvent-ils en arriver là ? Quel aurait été l'avenir de ces deux très braves filles si nous ne nous étions pas dérangées ?

Enfin, pas le temps de polémiquer, nous arrivons sur place après plus de deux heures de route et aussi de recherche du lieu. Le jeune garçon qui nous reçoit est très ennuyé, il a nettoyé comme il a pu mais l'odeur est tenace et à vomir, le pauvre n'y est pas pour grand chose, c'est sa mère qui est responsable. Il nous explique qu'elle a emmené le mâle et qu'il ne reste plus que les deux chiennes. Elles sont adorables et nous font mille fêtes mais elles répandent une odeur pestilentielle et nous décidons de les mettre dans des cages de transport.

Nous rentrons au refuge et nos petites, sorties de leur prison filent vite à la douche car c'est insoutenable. Elle seront lavées, vermifugées puis vaccinées et stérilisées un peu plus tard.

Elles sont vraiment adorables et n'ont pas de rancune envers l'humain, Laïka est partie en famille d'accueil chez les parents de Pascale mais toujours à l'adoption, elle y est très gâtée et mène une vie de princesse.

La belle Laïka est très bien soignée dans sa famille d'accueil mais nous espérons lui trouver rapidement une famille définitive.

 

Lady a eu la chance de trouver une famille définitive chez notre amie Valérie où elle nage dans le bonheur !

Lady est la plus heureuse des chiennes ! Elle vit désormais au sein d'un centre équestre en compagnie de chevaux, chiens, enfants qui la calinent, mais le plus important c'est sa maman Valérie !!!

 

Quel changement pour ces deux puces, une nouvelle vie a commencé pour elle et c'est grâce au jeune-homme de la maison que nous avons pu connaître leur existence, nous sommes très heureux pour elle, souvenez-vous que Laïka est toujours à adopter, elle a deux ans, elle est stérilisée, vaccinée et pleine d'amour. Croisée avec un border-collie elle n'a qu'une seule oreille droite et beaucoup de charme.

De temps en temps, j'ai une pensée pour le mâle que cette femme a gardé et je me demande ce qu'il est devenu, je ne connais pas sa nouvelle adresse et nous avons tant à faire. J'espère qu'un jour nous croiserons sa route avant qu'il ne soit trop tard car à l'époque, il n'était ni castré, ni vacciné, ni identifié, ce qui fait beaucoup de « ni » pour un chien de 1ère catégorie !

Les deux filles ont eu beaucoup de chance mais combien de chiens sont victimes de la bêtise et de la méchanceté humaine ? On finit par désespérer de pouvoir constater un jour, une réelle prise de conscience !

Sauvetage de Lancero, No Name & Pistou

Le mardi 22 juillet j'ai rendez-vous avec l'inspectrice de la brigade vétérinaire de recherche pour saisir 3 équidés chez un maquignon de Nîmes qui, mis en examen, n'a plus le droit de détenir des chevaux. Ce dernier a été impliqué dans la grosse affaire de trafic de chevaux pour les abattoirs qui a dernièrement défrayé la chronique.

Deux chevaux et un âne sont parqués dans un hangar, je fais connaissance avec chacun et je me rends compte qu'il était temps de leur venir en aide.

Lancero est un beau cheval espagnol entier (un de plus!) qui se meut avec grande difficulté. Ses sabots antérieurs sont en forme de babouche, le paturon de l'antérieur droit présente une large forme osseuse qui pourrait ressembler à une fracture ancienne. Déjà bien abîmé en Espagne, il a été racheté pour la viande et, en attendant d'être tué, il est chaque semaine loué à des éleveurs de Camargue pour qu'ils puissent faire saillir leurs juments afin d'améliorer la race, l'apport de sang espagnol étant bien vu dans notre région.

 

Ce qui paraît incroyable c'est qu'aucun de ces éleveurs n'ait eu, à un moment ou à un autre, l'envie d'appeler un vétérinaire ou un maréchal ferrant en voyant cet animal avec de tels pieds, souffrant à chaque pas ! Ils en ont profité tant et plus le laissant avec sa souffrance puisque de toutes façons il était bon pour la « casse » ! Bien triste mentalité qui n'est sûrement pas prête de changer.

Quant à No Name, ni identifié, ni pucé, il n'avait même pas de nom d'où No Name, ce qui veut dire "pas de nom" en français, beaucoup d'entre vous l'auront compris ! Le pauvre garçon est immense mais d'une grande maigreur, ses pieds ne sont pas parés mais ce n'est pas encore catastrophique, il est temps de s'en occuper !

 

Quant à Pistou, c'est un âne de belle taille, plutôt gras mais avec les pieds limite (début de babouche!) et une dermite estivale fleurissante sur ses 4 membres.

 

Tous trois ont été soignés, vermifugés, passés au maréchal, au dentiste, Pistou est soigné chaque jour pour sa dermite, No Name mange comme 4 et s'épanouit avec la jument Chaloun dont il est amoureux et ils vont maintenant tous trois, plutôt bien.

L'état de Lancero reste préoccupant, les radios faites après son arrivée ont révélé deux fractures du paturon et le parage de ses antérieurs a été très douloureux, il faudra d'ailleurs y revenir plusieurs fois, il restera handicapé et en souffrance à vie.

 

Quelques jours après le passage du maréchale, Lancero se sent un peu mieux et se déplace plus souplement.

Nous l'aidons au mieux avec un traitement anti-inflammatoire puissant.

 

Lancero a été installé dans un box confortable, doté de dalles en caoutchouc isolantes et anti-dérapantes. Il sort en paddock durant la journée pour se dégourdir les jambes !

Sa castration n'est pas envisageable pour l'instant, il faudra attendre qu'il se remette, le problème c'est que nous avons déjà plusieurs entiers en saisie conservatoire que nous n'avons pas le droit de castrer, pas facile à gérer tout ça !

Nos trois rescapés sont en sécurité, ils l'ont échappé belle, ce maquignon là est mis hors d'état de nuire, il lui a été signifié que s'il reprenait un seul cheval c'était « les Baumettes » (prison marseillaise célèbre) ! Pistou et No Name sont d'une grande gentillesse, Lancero, avec son caractère d'entier est plus réservé mais pas du tout méchant !

Enfin, les trois compères sont en sécurité au refuge et vivent des jours bien meilleurs ! Mais il en reste beaucoup d'autres de ces gens sans aucun scrupule et c'est malheureusement sans fin, « sans cesse sur le métier, remettons notre ouvrage » . . . c'est tout ce qu'il nous reste à faire !

Quelques mots sur le code civil !

Comme vous vous en êtes rendu-compte, la formidable campagne lancée dernièrement par 30 Millions d'Amis, soutenue par une pléiade de personnalités pour que les pouvoirs publics reconnaissent aux animaux le statut d'êtres vivants et sensibles dans notre code civil a finalement abouti.
Mais, sans vouloir être défaitiste, je pense qu'il ne faut pas se leurrer et tomber dans un excès d'optimisme. Ce changement, qui, soit dit en passant, ne s'applique pas aux animaux sauvages, ne représente encore qu'un premier pas. Sans doute, enfin, nous l'espérons, ça pourrait permettre aux magistrats d'appliquer les textes existants d'une façon différente, mais sachons que cet amendement n'a pas pour objet d'en modifier le contenu. Ils continueront, tels qu'ils étaient, à encadrer les activités d'élevage, commerciales ou de loisir en lien avec les animaux et ceux-ci restent considérés comme des biens corporels, n'ayant toujours pas de personnalité juridique spécifique.
Autrement dit, pas plus qu'avant, on ne leur reconnaît des droits, et la légalité des activités qui leurs portent atteinte n'est en rien remise en cause.
Seul pourrait changer, le bon vouloir des juges,  mais les peines prévues dans le code pénal pour mauvais traitements ou actes de cruauté demeurent inchangés. Donc pas question de droits pour les animaux.
Or, il se trouve qu'un texte, hélas non officiel, existe pour les définir !  C'est la Charte internationale des droits de l'animal laquelle détaille avec précision ce que l'on doit à l'animal, et c'est bien cette Charte et ses différents articles parfaitement pensés, qu'il faudra faire aboutir.
C'est désormais pour ce texte que nous allons devoir nous battre, sans nous laisser endormir par le dernier amendement qui doit être considéré comme un petit pas en avant et non comme une grande victoire. Restons très vigilants !
Merci à 30 Millions d'Amis et à vous tous qui, comme nous, avez soutenu cette pétition.

Remerciements !

Comme vous pouvez, une fois de plus le constater, nous n'avons pas chômé ces derniers mois d'été, obligés d'être sur plusieurs fronts à la fois, mais ce n'est pas fini. Vous pourrez bientôt lire les nouvelles d'août et septembre et vous verrez que nous avons tenu une cadence infernale !
Nous avons aussi essayé de réaliser quelques travaux dont certains étaient vraiment très urgents en rapport des nouveaux arrivés qui avaient besoin de nouveaux parcs et d'autres abris.
Nous avons actuellement cinq dossiers judiciaires en cours qui j'espère pourront passer en début d'année. Tout cela est générateur de beaucoup de stress et de fatigue, pour moi, bien sûr, mais aussi pour tous ceux et celles qui composent notre équipe. Chez nous on ne compte pas vraiment les heures et il n'y a pas de jours fériés, même les dimanches sont rares et le mot vacance a perdu tout son sens !
En cette fin d'année, je voudrai rendre hommage à Jean-Pierre qui a complètement transformé la configuration du refuge. Il a planté des centaines de piquets de bois avec une dextérité phénoménale, nous a fait des nouveaux parcs mais a aussi refait les anciens qui étaient au bout.
Il a fait l'entretien au niveau du débroussaillage, y revenant sans cesse cette année car il a plu d'avantage et ce fut un travail de titan. Mon mari, Jean-Claude, s'est aussi beaucoup donné malgré sa santé fragile, avec Jean-Pierre et Charly, sans oublié Alex, ils ont construit encore des abris et le sol de la plupart des box a été recouvert de dalles caoutchouc car les chevaux qui sont en box sont bien sûr les plus fragiles, l'humidité qui vient du sol impacte leurs articulations.
Nous voulons bien entendu le meilleur pour eux et nous y employons tous.
Que dire de Camille, très dévouée à « son » cheptel, elle travaille tous les jours, commence de très bonne heure et ça devient de plus en plus difficile de lui faire prendre du repos, elle met en ligne le site et fait mille choses au quotidien c'est une battante !
Charlotte, levée à l'aube aussi, Annick, Magali, Florian, Laurent, Régis et d'autres encore, tout ce petit monde s'affaire chaque jour au bien être de nos protégés et viennent de passer une année bien mouvementée.
Je leur rends hommage et les remercie pour tout ce qu'ils ont donné sans ménagement.

A ce jour, un peu plus d'un tiers de nos adhérents est à jour de sa cotisation et c'est vrai que c'est inquiétant mais il reste encore 10 jours et j'ai confiance ! Je sais que vous ne nous avez pas oubliés.
Vous qui donnez votre argent, vous sans qui le refuge ne pourrait subsister, vous, qui pour certains vous privez pour nous gâter d'avantage, je vous le redis, vous êtes le cœur du refuge ! Chacun d'entre-vous est précieux et surtout ne croyez pas que je sois une ingrate parce qu'il est vrai que je ne vous écris pas beaucoup, mais je connais le nom de chacun et je loue votre générosité fidèle chaque jour ! L'important, c'est de travailler et obtenir des résultats, c'est ce que nous essayons de faire. Merci du fond du cœur.

Malgré l'âge qui avance, ma santé qui faiblit, j'essaie d'être encore à la hauteur, de faire preuve d’opiniâtreté et je ne pense pas à la retraite, il y a tant à faire, je souhaite qu'avec mon mari nous allions jusqu'au bout et je le remercie aussi d'être à mes côtés dans ce combat difficile alors qu'il ne l'a pas vraiment choisi.

J'ai une pensée, comme chaque fin d'année pour tous ceux qui souffrent et pour tous ces animaux qui continuent à vivre l'enfer sur la terre !

Tous ici, vous souhaitons de bonnes fêtes de Noël et pour les vœux de l'an nouveau, nous repasserons avec plaisir vous faire un coucou !