Bambou

 

L'histoire de Bambou commence le 9 septembre 2011. Durant l'après-midi de ce jour, nous recevons un appel nous expliquant qu'il fallait en urgence aller chercher un ânon né la nuit précédente, qui risquait de mourir car sa mère ne s'en occupait pas et qu'il n'avait pas tété ! La personne explique que la vétérinaire lui avait assuré que nous pourrions sans problème le prendre en charge sur un simple coup de fil, sachant que l'année d'avant l'ânesse avait déjà refusé son autre bébé.

Certes, notre véto avait raison, nous avons élevé pas mal de ces petits bouts et toujours avec succès et on décide sans réfléchir de partir au plus tôt chercher le petit abandonné !

On se pose la question d'atteler le van ou non car le petit vient de naître et il n'est pas bien gros et il risque d'être bringuebalé, alors on opte pour le mettre dans la voiture de Jean-Claude, sur les genoux de notre bénévole Mady ! Nous voilà parties en direction de l'Uzège, le village en question est à plus de 60 kilomètres de chez nous !

Quand nous sommes arrivés, nous avons découvert notre petit bout, droit sur ses petites jambes, sous un soleil de plomb par une température de 32° ; notre inquiétude est monté d'un cran ! A peine l'avions nous porté jusqu'à la voiture, notre petit bout s'est couché, et nous avons vu qu'il était gravement déshydraté. Un petit corps avec la peau collé sur les os, les yeux mi-clos, sans réaction.

Pas le temps de palabrer, il nous faut filer le plus vite possible, le bébé reste endormi sous les caresses rassurantes de Mady !

 

Nous arrivons enfin, et, comme d'habitude, tout le monde est là à attendre la petite merveille ! Vite, vite, j'ai du lait de chèvre et du miel en réserve, je prépare vite un biberon et, avant de le sortir, il goûte enfin le breuvage qu'il a attendu tout un long jour en plein cagnard !

 

 

Celui que nous nommerons rapidement BAMBOU se révèle très gourmand et engloutit plusieurs biberons durant la soirée et la nuit.

"Une véritable complicité s'installe entre lui & moi. Il a décidé que j'était sa maman, et j'ai décidé qu'il était mon bébé", dixit Paula !

 

Mais au matin, le biberon ne passe pas, Bambou recrache, ses grandes oreilles sont très chaudes et je sens son petit coeur taper bien fort. Vite, thermomètre, stéthoscope, ma panoplie pour un premier examen clinique et d'un seul coup, tout bascule; la fréquence cardiaque est à son maximum, la température monte à 40, Bambou se meurt, il faut faire très vite. Au téléphone ma véto me dit qu'il fait probablement une septicémie, pas d'anti-corps et une trop longue exposition au soleil le premier jour, Bambou est perdu et tout s'écroule pour nous.

Il est certes trop petit pour survivre à une telle maladie et nos efforts conjugués risquent d'être vain malgré notre détermination.

La vétérinaire arrive, l'encolure de mon bébé est rasé pour la pose du cathéter, mais les choses se compliquent, les veines minuscules roulent et passent plus ou moins derrière un petit muscle et c'est la galère, les perf passent à côté aussi bien à droite qu'à gauche et il nous est impossible de passer la poche en entier. Toutefois, une très forte couverture antibiotique est mise en place, les anti-inflammatoires sont passés et notre véto trouve malgré tout notre Bambou plutôt battant !

La journée est partagée entre les larmes, les biberons inachevés et les prises de température. J'arrive par miracle à trouver cette vilaine petite veine et je peux injecter les 2 produits restants.

La nuit suivante, il est assez calme, dort la tête sur mes genoux et à chaque instant son petit corps est parcouru de spasmes, a vrai dire je ne suis pas rassurée et prie le ciel de lui venir en aide. Le matin, je suis complètement lessivé, Bambou est debout devant le ventilateur (installé en hâte la veille par 32 °) et je me dis qu'il est trop beau pour mourir !

Le combat pour la vie a commencé, Bambou se bat bien, il commence à bien avaler ses biberons pleins de bon lait et de miel et dès le 3 ème jour la fièvre diminue considérablement.

Les jours suivants, Bambou s'est montré très combatif et grâce à son courage et à nos bons soins, au bout d'une semaine tout cela n'était plus qu'un mauvais souvenir.

Notre bonhomme est en pleine forme !!!

 

Les semaines & les mois qui ont suivis ont été une successions de biberons, jours et nuits (toutes les 3h, puis toutes les 4h...au fur et à mesure que bébé grandissait !). Il faut noter notre difficulté à trouver une lait de chèvre dans une région pourtant connue pour son Pélardon, délicieux fromage de chèvre ! Dévorant ses plusieurs litres chaque jours, Bambou grandissait à vue d'oeil !

 

Bambou est devenu grand et fort, et surtout particulièrement beau ! Côté caractère, il est l'illustration parfaite de ce que l'on appelle "bébé biberon" ! c'est-à-dire qu'il considère les humains comme ses congénères et de ce fait, ne nous respecte pas beaucoup ! Adorable et câlin, certes, mais aussi tétu, mordeur et chahuteur ! Mais c'est comme ça qu'on l'aime, il faut l'avouer.

Pêle-mêle de notre anôn trop craquant !

 

A 9 mois, notre gros bébé très turbulent a été castré, puis gentiment intégré à notre groupe de jeunes ânes, avec qui il s'entend à merveille.

Notre bébé est désormais adulte, mais on l'aime toujours autant !

 


 

Cactus

 

Tout juste un an après le sauvetage de Bambou, l'histoire se répète puisque le 17 septembre 2012, nous recevons un coup de téléphone de notre vétérinaire nous informant que l'ânesse a de nouveau fait un ânon et qu'elle ne s'en occupe pas. Il nous faut le récupérer au plus vite, sans quoi il mourra. Il faut savoir que cette ânesse souffre en fait d'une mamite (infection chronique des mamelles) très douloureuse , c'est pourquoi elle refuse de nourrir ses petits.

Nous acceptons d'aller cherche ce nouveau bébé à la seule condition que les deux ânes entiers de ces gens soient immédiatement castrés. Ce fut fait par notre vétérinaire peu de temps après.

Nous voilà donc repartis, cette fois Camille & moi, à Uzège pour aller chercher ce pauvre orphelin.

Premier jour de Cactus au refuge ! Il a même passé une nuit dans la yourte de Paula !

 

La suite est pour nous comme un retour en arrière d'une année ! A nouveau, nous sortons notre panoplie de biberon et 'est partie pour les tétées toutes les 3h, jours & nuits !

 

Cactus grandit très vite, il est aussi beau que son grand frère et nous en sommes tous complètement "gaga" !

Plein de vie et de malice, Cactus nous en a fait voir de toutes les couleurs mais avec sa bouille d'amour, nous étions tous obligés de craquer !

 

Côté caractère, il se montre plus affectueux que Bambou au même âge, nous espérons que cela durera !Il a part contre le même tempérament "d'ânon biberon", mordeur et chahuteur !

Jusqu'à ses 8 mois, Cactus a vécu en liberté dans le refuge (durant la journée, et en box la nuit). Il jouait avec les chiens, les voitures et les humains ! Un vrai petit monstre adorable !

Cactus rencontre son grand frère Bambou !

 

Puis il nous a fallu le faire castrer, et il a ensuite intégré le groupe de nos jeunes ânes, avec Bambou.

Notre Cactus à 11 mois !

 

Au mois d'août 2013, nous recevons au refuge la visite d'une charmante famille qui nous explique vouloir adopter des ânes. Leur choix se porte sur Bambou et Cactus, les adorables frangins ! Dans un premier temps, nous refusons, ne souhaitant pas nous séparer de nos "bébés". Mais devant leur insistance et leur gentillesse, après plusieurs jours d'hésitation, nous acceptons finalement cette adoption inattendue.

C'est ainsi que début septembre 2013, nos deux lascars rejoignent leur nouvelle famille à quelques dizaines de km du refuge. Tout est prêt pour leur arrivée, un grand parc juste à côté de la maison, des clotûres en "sanglière", des abris, des abreuvoirs automatiques, et même une vidéo surveillance avec un écran dans la cuisine, pour toujours avoir un oeil sur eux ! Un peu triste de les quitter, mais très heureux pour eux, nous les laissons avec confiance dans ce nouveau lieu de résidence.

Très vite, tout se passe bien pour Cactus qui est un amour avec sa nouvelle famille. Pour Bambou, cela se révèle plus compliqué. Notre bébé refuse son déménagement, le refuge était sa maison et il est très en colère de l'avoir quitté. Il se montre très distant, inattrapable et même agressif envers les gens (ce qu'il n'a JAMAIS fait au refuge!). Les mois suivants ont été de pire en pire. Bambou faisait régulièrement des abcès au sabot et les soins étaient un casse-tête, si bien que le maréchale-ferrant ne voulait plus s'en occuper !

Malgré de la bonne volonté de la part de la famille d'adoption, se sentaient dépassés, ils ont préférés nous rendre Cactus & Bambou ; ils sont ainsi revenus au refuge début février 2015. C'est pour nous toujours une grande déception quand nos adoptions se finissent ainsi...

Dès lors, nous avons retrouvés nos ânes câlins et très calmes, joueurs, affectueux, disciplinés...etc. A croire que Bambou surtout avait décidé qu'il ne voulait être nul part ailleurs qu'au refuge ! Quant à nous, j'avoue que nous sommes ravis de les avoir retrouvés !

 

 

A ce jour, nous ne souhaitons pas les proposer à nouveau à l'adoption. Par contre, ils ont peu de parrain/marraine alors n'hésitez pas !

L'histoire de Bambou et Cactus vous a touché ? Alors n'hésitez pas à les parrainer l'un ou l'autre (20 €/mois) ou simplement faire un don en leur faveur. Pour cela, envoyer un courrier à l'Association en précisant votre demande. Pour un parrainage, nous vous enverrons un contrat à signer ainsi que des photos de votre filleul.

D'avance, un grand merci pour eux !

ASSOCIATION C.H.E.V.A.L

Domaine du Valat de Ramel

Route de Servas

30340 SALINDRES