Gringo

 

Notre pauvre Gringo est un martyr. Il est le seul rescapé d'un incendie d'écurie dans lequel il a été brûlé au troisième degré sur une grande partie du corps. Il a ensuite vécu avec son fidèle copain Kentucky chez un monsieur en détresse morale et physique qui n'était pas franchement apte à s'occuper de chevaux. Les soins qui ont été apportés durant ces années étaient si minimes que les plaies, en particulier celles du dos, présentaient une nécrose profonde dont les mouches s'étaient appropriée.

Ensemble des brûlures de Gringo, laissées quasiment sans soin durant des années. Le dos purulant et couvert de mouches

 

Lorsque nous avons accueilli au refuge Gringo et Kentucky, en octobre 2007, il était urgent de limiter les dégâts de notre grand brûlé et de commencer un traitement à base de pommade allant vers une amélioration à ce jour constatée.

L'application quotidienne d'une pommade régénérente a eu de bons résultats.

On dirait un cheval pie !

 

Le maréchal ferrant n'ayant pas été sollicité souvent, le nôtre a du réparer le manque évident.

 
Les pieds de Gringo, avant et après le travail du maréchal !  

 

Il y a quelques temps, nous avons eu la surprise d'accueillir au refuge une jeune fille. Cette dernière nous explique être la fille de l'ancien propriétaire de Gringo, et elle souhaite revoir ce cheval. Egalement, elle nous annonce que, d'après l'âge que Gringo avait lorsqu'il appartenait encore à son père, il aurait aujourd'hui plus de 40 ans ! Malgré une arthrose avancée, il est encore en forme, garde un bon moral et un grand appétit. Gringo révèle même un caractère bien marqué et ne se montre pas toujours coopérant pour les soins ! Son grand âge ne l'empêche pas de rester tout rond, été comme hiver ! Il vit toujours avec Kentucky qui aurait environ 36 ans ; tous les deux sont inséparables et nous n'envisageons pas d'en perdre un !

Par contre, Gringo nous cause encore des soucis. Ses brûlures ne cicatrisent pas vraiment malgré des soins réguliers ; les démangeaisons occasionnées par ce genre de blessures empêchent une guérison complète puisque Gringo se gratte très souvent et arrache les croutes, se mettant ainsi la peau à vif. Les pommades n'y font malheureusement rien. Mais il ne semble néanmoins pas en souffrir d'avantage, du moins il s'en accomode plutôt bien.

 

 

L'été, nous le protégeons au maximum avec une couverture adaptée en matière "nid d'abeille", ce qui permet à la peau et aux plaies de "respirer", tout en les protégeant du soleil et surtout des insectes. Sans cela, l'été serait un véritable calvaire pour lui et les risques d'infections ingérables (les mouches ont la facheuse tendance à pondre dans les plaies !)

 

L'hiver, il porte également une épaisse couverture qui le protège du froid et des intempéries.
Bien protégés et à l'abri, Gringo et son fidèle compagnon Kentucky profitent d'une retraite bien agréable !

 

 

GRINGO est mort le 27 février 2013. Malgré des soins quotidiens, une infection généralisée s'est déclarée suite à ses brûlures qui n'ont jamais vraiment cicatrisées. Sa souffrance n'était plus tolérable ; nous avons pris la décision de l'endormir. Gringo avait plus de 40 ans.