OLIVETTE

L'histoire d'Olivette débute le 24 février 2015. Nous recevons un appel en fin d'après-midi, nous signalant un cheval à bout de force sur la route de Seynes, un village à quelques km du refuge. L'animal est tombé d'épuisement, agenouillé sur la route alors qu'il est attelé à une roulotte, plusieurs automobilistes se sont mobilisés pour lui venir en aide et l'attelage est reparti alors que le cheval est à bout de force. Il faut dire que la côte est très raide et encore bien longue jusqu'au prochain village.

Je ne peux laisser faire ça , il faut que je me rende compte par moi-même de ce qui se passe et je décide de me déplacer en voiture sur les lieux. Sur la route, je situe à peu près l'endroit où est tombé le pauvre cheval et je continue, grimpant une côte très raide mais je ne vois toujours rien et ça m'inquiète car je me demande comment un cheval déjà épuisé pourrait grimper de la sorte avec une lourde roulotte à tirer ! Finalement, tout en haut, j'aperçois l'attelage sur le bord de la route et je découvre une pauvre jument à bout de force, les 2 genoux profondément couronnés, avec des sortes d'escarres sur tout le corps dus au matériel d'attelage.

La pauvre jument est à bout de force, blessée et complètement épuisée.

La roulotte est beaucoup trop lourde pour elle et l'équipement d'attelage n'est pas du tout adapté...

 

Sans ménagement j'interpelle le meneur lui demandant de libérer la jument de ses harnais et de la laisser reposer avec breuvage et nourriture. Mais il n'a rien, ni eau, ni nourriture et veut aller plus loin, le ton monte, enfin c'est plutôt moi qui crie car je suis exaspérée par le manque de compétence du meneur qui veut absolument continuer sa route. Il me dit qu'elle s'appelle OLIVETTE et qu'ils ont fait ensemble un périple hors du commun ! Bien sûr je ne lâche rien et redescends chez moi pour solliciter les gendarmes et leur demander de se déplacer pour arrêter le jeux de massacre.

Entre temps, mon amie Pascale m'appelle, je lui explique et elle décide de monter sur place accompagnée d'Annick pour attendre la gendarmerie. Mais rien n'y fera, les gendarmes déplacés sont incompétents, ils n'ont aucune connaissance des chevaux ni de la législation qui encadre les équidés et laisse repartir le meneur sans autre, disant qu'il a le droit de faire ce qu'il veut de sa jument ! Cette dernière est épuisée, elle n'a aucune identification par puce, elle n'a aucune sorte de papier d'identité, en gros, elle appartient à personne !

Entre-temps, j'ai appelé l'inspectrice de la DDPP, lui laissant un message sur son portable, qu'elle verra au plus tard demain matin mais il n'est pas question que j'abandonne, cette jument est en danger, elle n'est plus en mesure d'assumer la route, quand je pense qu'il a prévu d'aller à Lussan demain, tout en haut d'une colline, je sais très bien que la jument n'y arrivera pas. Mais la chance est avec nous et quelques minutes plus tard j'ai la bonne surprise d'avoir la DDPP au téléphone qui me propose de faire une visite à la jument dès le lendemain matin. Inespéré !!! Je suis aux anges, ça me permettra de dormir un peu cette nuit car bien sûr je suis en souci et j'avais vraiment besoin d'être rassurée.

Le lendemain matin, je suis accompagnée par deux inspecteurs et nous partons à la recherche de la pauvre jument. A mon avis, il sera facile de la trouver car nous ne sommes qu'à un petite dizaine de kilomètres de Lussan et il n'y a qu'une seule route. Nous parcourons donc la route à faible allure jusqu'au village et nous ne trouvons rien. Nous cherchons à l'intérieur du village, interrogeons des passants mais aucune trace de cet attelage maudit, je peste ! Il est presque midi, et bien sûr mes 2 inspecteurs m'annoncent qu'ils regrettent bien mais qu'ils ont des rendez-vous l'après-midi et doivent interrompre leurs recherches. Je suis vraiment désespérée et d'un seul coup j'ai une lumière ; Eurêka, sur la route que nous avons parcourue dans tous les sens, il y a une ferme auberge et mon petit doigt me dit qu'il faut absolument y faire une halte, j'ai comme un pressentiment et je m'y accroche. Aussitôt dit, aussitôt fait, nous empruntons le chemin conduisant à la ferme et, bingo, j'aperçois la roulotte sur une butte.

Dieu soit loué, dans la foulée j'aperçois Olivette qui ne lève pas le nez du sol, à priori elle broute passionnément le petit carré d'herbe où elle se trouve. Nous nous dirigeons tous trois vers la jument et j'avoue que le fait de la voir sans son harnais et les brancards me choque encore d'avantage, elle est très maigre ! Ses plaies sont très visibles et suintantes, son dos est décharné, ses côtes bien apparentes, de ses genoux s'écoule déjà du pus. Nos inspecteurs la déclarent en misère physiologique et déjà je sais qu'un placement d'urgence suivra dès que l'arrêté préfectoral sera pris, tout cela va très vite et, dès le soir, Olivette dormira au refuge, avec un repas consistant et des soins qui seront les premiers d'une grande série. *

Olivette arrive au refuge.

D'une maigreur effrayante, cette pauvre jument n'est absolument pas en condition physique pour être attelée.

 

Pendant 3 mois nous soignerons sans relâche ses multiples escarres qui étaient très infectés sous les croûtes et aussi ses genoux profondément blessés.

Des escarres, des plaies, des brûlures... Le corps meurtri d'Olivette fait peur à voir !

 

Nous espérons ne pas devoir la rendre, ce serait un véritable crève-coeur, pour nous, certes, mais surtout pour elle qui a retrouvé la santé. Le meneur n'était pas une brute épaisse mais un rêveur sur un nuage qui pense qu'il aimait beaucoup Olivette et qu'il était persuadé qu'elle allait très bien, tellement heureuse de faire la route avec lui et de partager des bons moments avec les personnes rencontrées !

Outre sa maigreur et ses blessures, les sabots d'Olivette n'avaient pas meilleure mine ! Le meneur de l'attelage tenait à la ferrer lui même, sans avoir aucune formation en maréchalerie ! Du coup, ses fers n'étaient pas adaptés, de mauvaises taille et mal posés...

Imaginez faire une longue randonnée en montagne avec des chaussures en mauvais état, trop petites et trouées !

 

A ce jour, Olivette coule toujours des jours tranquille au refuge. Ses nombreuses blessures ne sont plus que de l'histoire ancienne ! Elle est devenue absolument magnifique, ronde comme une bille et en pleine forme ! C'est une jument très sympathique, toujours agréable et coopérante avec nous. Elle est très sociable avec ses congénères, vit très bien en groupe et profite désormais d'une "retraite" bien méritée, bien qu'elle soit encore jeune ! (elle aurait une douzaine d'année)

 

 

 

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ASSOCIATION C.H.E.V.A.L

Domaine du Valat de Ramel

Route de Servas

30340 SALINDRES