Le 21 janvier 1997
Chers amis,
Il faut toujours un début à tout, et ce soir j'ai décidé coûte que coûte de commencer à élaborer le bulletin 1996.
Je vais essayer d'écrire avec un peu d'humour pour ne pas vous lasser, mais les nouvelles ne sont pas réjouissantes. Je pense que vous vous doutez tous et toutes que cet hiver est des plus difficile à passer, et en particulier pour les gens comme nous qui vivons dehors le plus clair de notre temps, et pour les animaux qui sont obligés de subir toutes les intempéries qui, je vous prie de croire, nous ont mis le moral à zéro.

Comme vous le remarquez, je m'adresse à vous depuis Servas où nous sommes installés depuis juillet 1996 après un déménagement rocambolesque dont je vous ferai grâce!

Soixante quinze chevaux ont donc élu domicile sur la nouvelle propriété dont je vous ai parlé dans le bulletin précédent. Après un début de restructuration (mise en place des clôtures et des parcs : épuisant et coûteux), nous avons donc pu amener les trois quart du cheptel, le reste des animaux, ânes, poneys, chèvres, moutons et quelques chevaux, sont restés encore pour quelques temps au Marican, car nos finances étant épuisées, nous n'avons pu finir d'aménager.

En Mars 1996, j'ai déposé une demande de permis de construire à la DDE ( Direction Départementale de l'Equipement ) de façon à ne pas être en retard pour engager les travaux d'un grand hangar dans l'été, ayant fait une demande de prêt à la banque, à mon nom bien sûr, pour une partie du financement. A partir de ce moment, nous avons eu la nette impression que cet organisme d'état s'est acharné à nous créer les pires ennuis. Il a fallut faire et refaire les dossiers, passer des nuits le nez dans les papiers, les plans, les estimations, les demandes aux autres organismes, ( EDF, téléphone, eau...). Géomètre et architectes se sont succédés afin que tout puisse concorder à l'aboutissement de notre demande. Mais en vain !!! A chaque fois il fallait encore autre chose, et tout ça à grand renfort de frais énormes.
Lorsque tout à été en ordre, on nous a opposé " LA SECURITE ".
Il faut une borne à incendie, pour que le dossier soit complet, mais les adductions d'eau étaient trop étroites, aucune possibilité de borne ne s'offrait à nous. Notre seul espoir était la réserve d'eau, petit étang déjà existant sur la propriété. Mais, lors de la visite des pompiers, cette pièce d'eau s'est avérée trop petite, il fallait donc l'agrandir, puis faire aussi un forage pour l'alimenter.

En attendant, le temps à passé, l'automne est arrivé avec la pluie incessante et les derniers travaux n'ont plus été possibles.

Nous nous sommes donc retrouvés sans hangar pour le foin et sans boxes pour les chevaux. Tout notre petit monde est dehors, à cause de réglementations que je trouve abusives, et pluie, vent, neige, givre, sont depuis la fin Octobre le tribu que paient nos pauvres animaux.

Autant vous dire que depuis le mauvais temps, je n'ai plus vécu. Inquiétude, angoisse, larmes ont été présentes au quotidien jour et nuit. Tous ces technocrates qui ont pouvoir de vie ou de mort (on peut le dire dans le cas présent) n'ont jamais fait preuve d'aucune sensibilité, ni d'humanité. Ils se sont bornés à appliquer des réglementations qui risquaient d'être fatales aux plus démunis vieux ou malades de nos chevaux.

Jean-Claude, mon mari, s'est employé à construire quelques abris en bois pour les plus fragiles, ainsi que les opérés. Mais les autres sont là, passant des semaines entières sous une pluie ininterrompue, les pieds dans la boue. Heureusement ils ont tous une nourriture très riche que nous avons augmentée pour qu'ils puissent tenir le coup, et je tiens à vous rassurer, tous vont très bien! Pas une goutte au nez, pas une toux, ils sont tous bien ronds, même ceux qui ont eu de gros problèmes de chirurgie. Les quelques maigrichons sont toujours les mêmes: au nombre de trois, mais c'est chronique.

Depuis pratiquement trois mois il pleut, il neige ou il gèle. Les écarts de température ici sont terribles. Nous sommes passés de +11 avec la pluie à -10 avec la glace.
Les voila tous devenus rustiques et combattants. Chacun d'entre eux s'est aménagé un poil d'hiver confortable et j'ai acheté un maximum de couvertures pour chevaux, chaudes et imperméables. J'ai fait tout ce que j'ai pu pour qu'ils souffrent le moins possible! Aujourd'hui il tombe encore des hallebardes et je sens que la nuit ne sera pas reposante.

De plus, BABY-BOOM, un de nos chat élevé au biberon, est au plus mal, avec une trachéite qui l'empêche de boire et de manger depuis déjà quatre jours. Je suis très inquiète, mais je garde espoir, vu le traitement de choc que je lui administre.

Je reprendrai ce courrier plus tard, il est 1H30 du matin.


Le 24 janvier 1997 au soir.

BABY-BOOM va mieux, il recommence à se tenir sur ses pattes et les perfusions y sont pour quelque chose, mais il ne mange, ni ne boit. J'espère de tout mon coeur que nous arriverons à le retaper.

Je reprend donc mon récit, et je tiens à ce que vous sachiez que ce qui risque de vous sembler des jérémiades, ne sont en définitive que des faits réels que je me dois de vous relater. Il faut savoir que depuis la fin Octobre nous n'avons plus quitté les bottes en caoutchouc, que nos chemins sont devenus des rivières, nos parcs des bourbiers, que plus aucun véhicule ne passe dans la propriété et que les soins, matin et soir, se font en grande partie à pieds. Difficile de marcher perpétuellement dans la boue et surtout fatiguant; les pieds restent collés au sol, on glisse, on tombe, les chevaux nous bousculent car ils veulent manger et c'est une fois de plus le parcours du combattant.

Les ballots de foin sont très lourds, les seaux de grains et de carottes, aussi et j'ai l'impression que mes bras s'allongent chaque jour (c'est une façon d'avoir "le bras long"). Ceux qui viennent nous voir n'en sont pas encore "revenus". je vous donne en mille combien nous sommes pour tout faire? Incroyable, nous sommes deux, Stéphane et moi!!!

Je ne pensais pas qu'à à l'aube de mes 50 ans (le 15 Août de cette année) je devrais travailler aussi dur! Cet été avec le beau temps et le soleil du Midi, il y avait beaucoup de monde ici, des jeunes bénévoles pour les vacances et trois belges, un couple, Patricia et Auguste, et Cathy. Ils nous ont bien aidé et je les en remercie de tout coeur. Ils aimaient les animaux et s'en occupaient bien, ce qui m'a permis d'être plus libre pour déménager tout ce petit monde.

Puis le mauvais temps est arrivé. La vie est devenue très dure, surtout en caravane, ou l'humidité est intenable (j'en sais quelque chose !).

Un beau jour nos trois belges nous ont quittés en même temps. Certes, j'en étais avertie depuis un mois, mais tout de même cela a été un peu dur. D'un seul coup les effectifs étaient réduits et le travail avait triplé. Dieu merci, Stéphane est toujours avec moi, fidèle au poste; il mène une vie de travail intensif sans sortie, sans distraction. ni aucun loisir. Pour un jeune de 22 ans: chapeau ! Nous pouvons tous lui dire un enorme merci. Charlotte, ma fille et Christian eux aussi répondent présents. Ils ont la responsabilité de tous les animaux qui sont restés au Marican, et le travail ne manque pas: les intempéries étant les mêmes que pour nous. Je leur rend visite et les ravitaille, ainsi que les animaux presque chaque jour. Bravo les enfants, 18 et 22 ans et un travail quotidien sans congés, ni Dimanche, quel exemple...

Ces sacrés animaux ne nous laissent pas beaucoup de répit, voire pas du tout, et même si nous les aimons beaucoup, il nempèche que nous sommes tous épuisés.

Comme d'habitude, l'hiver m'apporte de nombreuses enquêtes et beaucoup de chevaux sont dans un état de total abandon. En Camargue, cinq chevaux sont morts dans 1,10 m d'eau, deux autres ont pu être sauvés in­extremis grâce à notre intervention. Ici ou là une jument meurt de faim, l'autre est en piteux état, quatre chevaux sont enfermés dans une puanteur abominable, sans nourriture, plus loin un poulain né dans la boue glacée n'a jamais pu se relever, les membres collés au sol. Pas loin de chez nous on appelle le vétérinaire lorsque le cheval n'a plus que les os et la peau; trop tard! Il est mort deux jours après son arrivée au centre.

D'autres enquêtes m'attendent, mais hélas le temps me manque et les finances ne suivent vraiment plus. Je passe ma vie à faire des chèques sans provisions, non seulement sur le compte C.H.E.V.A.L, mais également sur nos comptes personnels. Malgré tout, le Crédit Agricole a été très compréhensif mais il y a des limites et je sens que cela se gâte. Chaque jour j'ai peur qu'un chèque ne soit pas honoré!

Il faut maintenant 50 000 francs par mois pour faire vivre notre petit monde et je n'en rentre pas le quart. Je n'ai plus rien à vendre de mes biens personnels, je vous avoue que la situation est plus que critique.

Je suis très endettée personnellement, et je me demande comment je vais faire pour m'en sortir.

J'espère que le ciel ne nous abandonnera pas!

Déjà aujourd'hui, il n'a pas plu. Pourvu que ça dure!!! On a même aperçu le soleil et on a pu enlever les couvertures; les chevaux se sont tous roulés et ils ont changés de couleur.

Un petit mot sur ceux qui sont arrivés, les petits nouveaux!

Quelques retraités comme :
SKIP, MAX, JICKA, MERIOS, GAVROCHE, MISS, LOUISE, LE MAGARAN, (cheval de club, mis à la retraite par son propriétaire, Bravo!) .

Quatre de ces chevaux sont également assumés par leur propriétaire par une pension mensuelle de 600 francs, ce qui paie juste la nourriture. Deux autres plus jeunes sont aussi pris en charge. Quant aux autres ils sont tous à mes frais.

Nous en avons, à ce jour 105, dont neuf qui m'appartiennent. Hélas les autres ont pratiquement tous des problèmes de boiterie, d'emphysème, de cancer ou tout simplement de vieillesse.

Nous avons aussi accueilli JACQUINOT mourant, opéré quatre fois, qui nous a crée d'énormes soucis mais qui est maintenant sauvé. Aujourd'hui il a doublé.

BABA-COOL, à l'attache depuis plusieurs années, étranglé par un lien qui pénétrait les chairs de l'encolure jusqu'à l'os, a été opéré, il va très bien.

JAMELA, condamnée par une ostéomvétite et couverte de plaies, après des soins intensifs, elle est superbe et va pour le mieux. FLY, lui aussi couvert de plaies sur tout le corps. La plus importante attaquait son nez jusqu'au cartilage (bonjour les vers !!!) car la peau était piquée par plus de cent mouches plates et le tout accompagné d'une maigreur accablante. Rassurez vous, il a bien changé et c'est un amour!

KARIME, ramassée de justesse devant la porte de l'abattoir dans un état inquiétant de mauvais entretien et d'ataxie, comme PILOU elle se déplace en lançant ses pieds dans tous les sens.
HOUPPETTE, avec un pied cassé et une ostéocondrose a été opérée, elle boîte fort mais ca va.
INDIA, fracture de la mâchoire, d'une hanche, un oeil crevé, les dents cassées, rouée de coups, et pour compléter une déchirure de la vulve ainsi qu'une métrite, sous une carcasse d'os et de peau. Dentiste, vétérinaire, maréchal ferrant, beaucoup de soins; malgré son grand âge, elle est devenue une petite boule et les séquelles sont très supportables.
HARAD, 18 mois, poulain arabe, né avec une méningite, très désordonné dans ses déplacements et dodelinant de la tête. Il a une pêche d'enfer et semble heureux, il est tout rond!
SIX-ROSES, atteint d'un cancer du foie, il a eu ses derniers mois bien entouré, il nous a quitté cet été pour toujours. La même chose pour CALINE, atteinte d'une compression médullaire très grave, elle n'a pas survécu.
TANIA, boiteuse, a été rachetée gestante. Elle mettait bas deux mois plus tard d'une petite IBIZA, très mignonne et très coquine. Maman ne boite presque plus, mais ses jarrets restent fragiles. Elle ne pourra plus jamais travailler, c'est donc pour elle une retraite anticipée à 7 ans. BELLE ALICIA, s'était déchirée en mettant bas chez un éleveur peu scrupuleux. Les deux sphincters ont aussi été atteints et BELLE fait ses crottins en marchant; elle est incontinente mais en bonne forme. Elle partait à la mort et galope maintenant comme une folle.
MAX, vieillissant, mais en bonne santé nous a aussi rejoint.
Il me faut aussi vous donner des nouvelles de nos "anciens", ceux que vous connaissez déjà par nos précédents bulletins.
Tout d'abord, nos petits ânes qui font toujours l'objet d'une instruction judiciaire et qui pour le moins traîne en longueur. Voilà plus de trois ans qu'ils ont été saisis par le parquet et que l'affaire n'est toujours pas passée devant le tribunal. Le principal c'est qu'ils aillent bien. Ils sont toujours cabotins, coquins et aussi têtus, ce n'est pas une légende, mais tellement mignons.

MANON, une grande ânesse brune les a rejoint. Je vous en reparlerai plus tard.
Quant à GENTIL PRINCE, notre petit poulain, né avec une polyarthrite, condamné par les hommes de science, il fêtera ses trois ans en Avril prochain. Pas une boiterie : il marche, trotte, galope et reste notre affectueux bébé. C'est un véritable miracle !

Et GOUSSA, notre gentille jument saisie par le parquet voilà quatre ans, que devient-elle ? Elle va très bien avec "une pêche formidable". Elle est magnifique et très attachante. Nous avons pu obtenir la correctionnelle pour son bourreau et nous pensons repasser au tribunal en février. Voilà encore une affaire qui aura traînée quatre ans. J'espère de tout mon coeur qu'elle nous sera confiée à vie, j'y suis très attachée !
PILOU, toujours ataxique, continue à se déplacer de façon désordonnée mais ne tombe pratiquement plus, on le surprend même à galoper.
SYRIUS, le poney au trois sabots, galope aussi.
ETOILE est en pleine forme, GRISOU vieillit très bien, PETOULET joue le matcho avec ses trois juments, GITAN a toujours aussi mauvais caractère, CHEYENNE est restée adorable.
Quant aux chiens, nous avons eu la chance de trouver d'excellentes familles d'adoption pour certain d'entre eux. Place a été faite pour d'autres.
HASTA, notre chienne Mâtine atteinte de leishmaniose, survit dans les meilleures conditions. Presque aveugle, elle a un moral d'acier et se permet d'être gaie et remuante.
Tous les chats vont bien, sauf BABY-BOOM mais je garde grand espoir.

Après avoir fait un petit tour d'horizon sur nos protégés, il me reste à reprendre mon agenda pour un survol de la rétrospective 1996, ce qui serait trop long ce soir, je reprendrai donc mon ouvrage plus tard, à bientôt....

... Déjà le 5 Février ! Me revoilà à la tâche, et comme promis nous allons survoler l'agenda 1996 et ses faits les plus marquants.

Nous nous sommes quittés l'an dernier en février, et c'est donc par l'arrivée de MISS, pur sang anglais sauvé de l'abattoir le 2 Mars que nous allons reprendre.
Le 3 Mars, nous accueillons BABA COOL, il sera opéré le 4, afin de retirer le lien qui l'étrangle depuis des années.
Le 5 Mars, HARDY rentre en clinique à Lunel pour l'opération d'une tumeur sarcoïde (cancer), il est opéré le 6. Il sortira huit jours après, en forme, mais malheureusement une nouvelle évolution me catastrophe.
Le 6 Mars, j'assiste à une audience du tribunal de Nîmes, ou nous nous portons partie civile. Un homme avec la complicité d'une jeune femme a tué une jument à coups de hache, il prendra six mois avec sursis. Quelle honte !!!
La propriétaire du cheval écoute, effondrée et en larmes, le verdict!
Le 13 Mars, Patricia et Auguste arrivent de Belgique comme bénévoles.
Le 15 Mars, arrivée de Cathy, jeune fille Belge qui vient pour nous aider. Ils resteront tous les trois jusqu'au début du mois de Décembre.
Le 17 Mars, PAMPERA, jument sauvée de l'abattoir, nous fait une colique irréversible.
Nous partons à la clinique de Lunel en urgence, elle est quasi perdue. Elle sera opérée dès notre arrivée en pleine nuit; même intervention que KIKI (26 000 francs). Elle sera sauvée et réintégrera le centre le 27. Chouchoutée, elle se remettra lentement mais sûrement. Elle va aujourd'hui très bien.
Le 20 Mars, nous recevons CALINE, pouliche de trois ans, avec une compression médullaire très importante, elle a beaucoup de mal à se déplacer, elle tombe souvent, sont état est très critique. Elle sera euthanasiée deux mois plus tard pour abréger ses souffrances, la science n'ayant pu la sauver.
Le 4 Avril, nous recevons un reporter-photographe du journal Maxi, dans lequel nous aurons plus tard un article sympathique.
Le 21 Avril, JACQUINOT, adorable petit cheval, rentre à la clinique pour l'ablation du pénis. Il sera réopéré trois autres fois, pour finir, par une uretérostomie qui le sauvera, il traînera longtemps squelettique, et grâce aux soins et à l'amour que nous lui portons, il redémarrera en janvier 1997 et à ce jour il est tout rond et malgré ses 26 ans, reprend goût à la vie. C'est un amour !
Le 29 Avril, TANGO, le cheval de Charlotte, se fait une petite fracture du sésanoïde (petit os du pied). Il rentre en clinique ou il est plâtré, et au repos complet pour deux mois.
Le 30 Avril, je récupère KARIME devant la porte de l'abattoir de Florac, amenée par sa propriétaire qui voulait s'en débarrasser.
Le 5 Mai, je prend le train pour Genève, afin de me rendre à la grande conférence Européenne sur le transport des animaux de boucherie, organisée par Franz Weber. Là, j'ai connu l'horreur des films relatant ces transports. Je découvre des professionnels de la torture, je n'aurais jamais imaginé de pareilles atrocités. Je suis heureuse d'être végétarienne et de ne pas être complice des souffrances insoutenables infligées à ces pauvres animaux, avant de connaître les affres de l'abattoir. Pendant deux jours, nous travaillerons avec les députés Européens à une dizaine d'articles, afin d'essayer d'adoucir les derniers jours de vie de ces bêtes, et abolir le transport d'animaux vivants sur les longues distances, préférant le transport réfrigéré des carcasses. Je suis rentrée atterrée et effondrée par ce que j'ai pu voir et entendre à cette conférence. En principe cette directive devrait aboutir au début de cette année. Croisons les doigts !!!
Le 15 Mai, MAX arrive au centre pour la retraite.

Le ler juin, nous commençons à déménager à Servas, Patricia et Auguste installent leur caravane, ça y est le processus est lancé. La propriété est magnifique, les prairies sont vertes, c'est le bonheur pour les nouveaux arrivants !
LAÏKA, MALICIA, NAPOLEON, MARQUISE, SKIP qui étaient en liste d'attente nous rejoignent. Puis c'est GIKA, CALI, BELLA et les autres...

Le 19 juin, c'est un bébé chevreuil de quelques jours, déshydraté, récupéré dans une crevasse, abandonné par sa maman qui n'avait pu l'aider à sortir. Avec beaucoup de patience, j'arrive à la faire téter à la seringue. Cinq fois par jour, elle boit du lait de chèvre et petit à petit reprend goût à la vie. Elle fait toujours partie de notre grande famille.
Le 25 juin, nous transportons les daims à Servas, les femelles ne les rejoindront qu'au printemps prochain, le temps de laisser passer le rut.
Le 12 juillet, GIROFLEE et HANNIBAL déménagent chez Caroline. Ce sont nos petits ânons qui, élevés ensemble, ne seront pas séparés. Ils sont merveilleusement bien et choyés comme de vrais enfants !
Le 15 juillet, une mini tornade balaye la propriété, des arbres séculaires sont arrachés, les clôtures sont brisées, une jument est légèrement blessée, nous sommes tous en émoi. Il faudra des jours et des jours pour remettre tout en état.
Le 15 août, GAVROCHE grand cheval gris, d'un grand âge nous rejoint. Il a une grosse arthrose déformante, mais j'ai bon espoir de lui faire passer une retraite paisible et la plus longue possible !
Le 6 Septembre, PAPY et LAC partent pour la clinique de Lunel, pour des examens approfondis de sang, selles et urines. Ils y passeront trois jours. Ce sont les seuls à ne jamais grossir! Les analyses révèlent des traces de pyroplasmose ancienne devenue chronique. Ils resteront probablement très minces toute leur vie, mais ils ont un bon moral et sont toujours aussi avides de nourriture.
Le 20 Septembre HOUPETTE petite ponette en très mauvais état est opérée d'un accrochement de rotule.
Le Dimanche 22 septembre dans un campement de hippies, nous saisissons JAMELA petite jument dans un état épouvantable. Elle a des blessures profondes sur l'encolure, très infectées, dues à des morsures d'étalons. Sa jambe droite présente un énorme oedème, l'articulation du pied est bloquée. Plus tard le diagnostic des radios tombe: ostéornvélite. L'os est attaqué par l'infection, la paroi osseuse est détruite. La pouliche risque la fracture spontanée d'une minute à l'autre. Immobilisée, soignée, nourrie, elle est aujourd'hui sauvée, mais ne pourra jamais avoir une vie de cheval de selle. Elle restera au centre comme tant d'autres.
Le 30 Septembre, HARDY est de nouveau opéré d'une tumeur, nous tentons en dernier recours une chimiothérapie, qui actuellement s'avère relativement efficace. HARDY a le moral., il a encore de beaux jours devant lui et ... un appétit féroce ... bon signe !!!
Le ler octobre arrivée de JIKA, jument de 27 ans à la retraite. Elle était plutôt maigrichonne, aujourd'hui, c'est une boule.
Le 10 Novembre arrivée de la pluie, des trombes d'eau s'abattent sur nous et un vent d'une rare violence fait rage. La bâche qui recouvre le foin est arrachée, notre réserve est trempée, le foin chauffe, nous perdons près de 10 000 francs de fourrage.
Le mois de janvier n'a été que "galère" et travail intensif, je n'ai malheureusement pu me rendre à toutes les enquêtes, malgré les nombreux appels au secours. Les pages de l'agenda sont restées vides, et Dieu merci la santé de nos amis a été satisfaisante. Les intempéries n'ont pas eu raison de leur moral et le soleil, revenu aujourd'hui leur fait le plus grand bien.
Une fois de plus j'interrompt ce long journal pour aller me coucher. A bientôt.

Le 10 Février au soir, j'espère que ce soir je vais arriver à finir ce véritable "roman à épisodes" et surtout ne rien oublier car j'ai encore mille choses à vous dire.

J'ai eu le résultat des analyses, malgré la vaccination, BABY-BOOM a la leucose.

Il me tient particulièrement à coeur de vous parler des êtres chers que nous avons perdus cette année.
Comme vous le savez tous, Jean-Pierre HUMN, nous a quitté début juin et nous a laissé dans la tristesse. Point n'est la peine de vous dire quel homme d'exeption il était. Inconditionnel des animaux, il savait les aimer, les comprendre et aussi les défendre.
Il nous manque beaucoup !
Quelques jours après, j'avais le grand chagrin d'apprendre le décès de Mr Edmond ROUDNISKA. Il était cet adhérent bienfaiteur des Alpes Maritimes dont je vous parlais anonymement dans mon dernier bulletin.
Inconnu dans la protection animale, il l'était mondialement dans l'espace des parfums. Créateur célèbre, son nom et sa réputation dépassaient les frontières. Il était un homme aisé qui mettait son argent au service des pauvres, des exclus et des animaux. Il répondait présent chaque fois que nous avions besoin de lui; il restera gravé dans ma mémoire et dans mon coeur.
Puis c'est Philippe qui est parti, parti pour toujours. Dans mon paragraphe sur les ânes, j'avais nommé MANON, une ânesse venue grossir le troupeau. MANON, appartenait à Philippe qui souffrait d'une maladie grave. Sa maman, déjà âgée, ne pouvait s'occuper de son fils malade et de MANON, mais tous deux étaient très inquiets sur le sort de cette petite ânesse. Je n'ai pas hésité un instant à l'accueillir, et elle est maintenant le souvenir qui nous reste de Philippe.

Il est parti à 37 ans après de grandes souffrances, faisant preuve d'un immense courage. Il était lui aussi un inconditionnel des animaux, avec un coeur énorme. Il laisse une maman effondrée et inconsolable.
Ces lignes tristes, beaucoup trop tristes, je devais les écrire, le départ de nos amis a terriblement marqué cette année passée.
Mr TARDIEU que vous connaissez aussi à travers le dernier bulletin, a été très malade et nous lui souhaitons de tout coeur de se remettre au plus vite.
Nous ne sommes que très peu de chose sur la terre, c'est la raison pour laquelle je rêve que notre association soit d'avantage prospère, dans le cas ou je ne serais plus là (je ne suis pas pressée, mais on ne sait jamais !), pour ne pas laisser ma famille dans un trop grand embarras et que les animaux n'en fassent pas les frais.
C'est vrai que lorsqu'ils sont malades, je me sens un peu indispensable, je sais les soigner et souvent les guérir. Dès que Charlotte et Christian nous auront rejoints, il faut que je leur apprenne certains soins avec plus de précision. Le week-end dernier nous avons eu très peur pour VANDA, une jument que j'adore, aucun vétérinaire n'était disponible, j'ai donc du me débrouiller toute seule. Il a fallu 48 heures et une nuit blanche pour être certain qu'elle soit sauvée. J'étais heureuse d'y être arrivée par mes propres moyens.

Bien sur, je les aime beaucoup, mais cela m'amuse toujours quand on me dit: "comme vous avez de la chance d'être avec ces animaux qui sont si gentils". Certes, je revendique cette chance de vivre au milieu d'eux, mais que l'on ne s'y trompe pas, nos petits anges sont parfois des démons!!! Certains ne sont pas très agréables, il y a même quelques pénibles que l'on passerait volontier à la "moulinette".
Il y a des agressifs avec nous, des agressifs avec leurs congénères, il y a des brutes qui bousculent, des vicieux qui tapent et qui mordent et ceux que j'appelle les "ventres" car seule la "bouffe" les intéresse. Il y a ceux que je garde parce qu'il n'y a pas d'autre solution, mais c'est vrai qu'ils n'ont pas grand chose pour plaire. Rassurez vous, dans la majorité ils sont adorables avec leur défauts et leur qualités et quel bonheur de les voir revivre lorsqu'on les à vu presque morts !
Tout ça pour vous dire que malgré les difficultés, la grande fatigue, mon surendettement, je ne regrette rien et suis heureuse d'être a leur service.
Il va falloir essayer d'obtenir la reconnaissance d'utilité publique, c'est la raison pour laquelle je vous envoie cette fiche à remplir. Le dossier à constituer est lourd, la décision de cette demande doit être prise avec les adhérents. Je compte donc sur vous pour me renvoyer cette fiche remplie et signée.

Je profite également de l'occasion pour demander à chacun d'entre vous encore un effort supplémentaire. En effet, ce serait formidable que chaque adhérent trouve ou "parraine" une autre personne, pour l'instant étrangère à l'association. D'avance merci !
L'assemblée générale se fera dans la salle communale de la mairie de Servas le Samedi 15 Avril 1997 à 15hOO. Vous y êtes bien évidemment tous conviés, mais la plupart d'entre vous étant si loin, je pense que seulement les personnes les plus proches pourront se déplacer. Dommage !
Quant au bilan financier, il est plus que négatif, il est catastrophique. Nous espérons qu'avec votre aide nous arriverons à redresser la barre !
De notre côté nous avons des projets afin de rentabiliser la propriété et d'équilibrer les budgets, comme par exemple, la création d'une ferme pédagogique, ou tout autre idée dans ce genre... Nous en reparlerons lors de l'assemblée générale...

Je suis bien désolée d'avoir tant tardé pour expédier les cassettes que certains d'entre vous ont commandé et même parfois payé, mais le montage a été très compliqué et onéreux. Les premiers envois se feront début Avril, n'hésitez pas à me rappeler à l'ordre dans vos courriers, je ne m'en vexerai pas et ainsi je n'oublierai personne; Encore une fois pardon!

Je ne suis, hélas, pas arrivée à faire ce que je voulais en temps et en heure, mes journées sont trop courtes. A quand la semaine de 35 heures ? A quel syndicat dois-je m'adresser ???

Ce bulletin ne mérite pas un "classement vertical", il est le type même de la lecture qui doit se trouver sur votre table de nuit, et éventuellement vous empêcher de dormir en pensant que vous n'avez pas encore posté votre cotisation de membre bienfaiteur...

Cette pointe d'humour sonne la fin de ce bulletin, car il est hors de question de vous démoraliser complètement !!!

Permettez moi de vous embrasser de tout coeur et de vous dire merci à tous.



A bientôt.
PAULA



REMERCIEMENTS

Heureusement en cette fin d'année la FONDATION BARDOT nous a gentiment aidés. Un chargement de foin ainsi que des boîtes chiens/chats nous ont été offerts. Merci de tout coeur à cette FONDATION qui s'est émue de notre détresse. Merci également à 30 MILLIONS D'AMIS qui nous a remis un chèque de 5 000 francs (bienvenu !)

Merci à vous tous, et surtout vous toutes, car nos plus fidèles adhérents sont en majorité des dames.

Je n'ai certainement pas répondu à tout le monde ou si peu, mais sachez que sans vous il n'y aurait pas eu de survie possible. PARDON!

Ce bulletin représente une grosse partie de mes espoirs. En effet la situation financière du centre repose essentiellement sur vos dons et votre soutien permanent.

Merci à tous les sociétaires de la S.C.I, propriétaires des terrains pour une valeur de 40 hectares pour cette clôture grillagée, côté route, qui est indispensable, nous en avons la preuve tous les jours.

A Madeleine, Françoise, Ludvine, Luce, Paulette, Christiane, Marc et Dominique, Roger et josiane, Joël et Annie et tous les autres qui sont fidèles et ne nous oublient pas tout au long de l'année...