Le 2 février 1999
Mes chers amis,

C'est seulement aujourd'hui que je commence ce journal avec un grand retard, qui comme d'habitude est dû au surcroît de travail au refuge et à de nombreuses enquêtes qui me prennent un temps fou. Bien sûr nous allons retracer toute l'année 98.
J’essayerai de le faire de mon mieux. Nous nous étions quittés en mai 98. Si vous me le permettez, je vais reprendre depuis le début d'année pour nos nouveaux adhérents qui sont plus ou moins au courant de ce que nous avons vécu auparavant. Pour vous qui nous suivez, depuis très longtemps, ce sera un peu du réchauffé. Je vous prie de m'en excuser. Je sais que beaucoup d'entre vous prennent un certain plaisir à avoir de nos nouvelles et que vous ne m'en voudrez pas de reprendre les évènements un peu anciens.
Comme vous le savez, c'est chaque année la même chose, ce bulletin représente non seulement des nouvelles pour vous mais aussi pour nous un petit peu la clé du coffre puisque c'est une période où nous avons de grosses difficultés financières. Encore que je tienne à vous remercier particulièrement car dans l'année écoulée vous avez fait un effort considérable. Beaucoup d'entre vous qui n'étaient pas membres bienfaiteurs le sont devenus. J'ai remarqué que beaucoup de cotisations étaient plus importantes malgré une certaine récession pour tout le monde. Je crois que vous avez été très émus par l'histoire de Croquette. Elle n'est pas morte pour rien puisqu'elle a fait que vous preniez davantage encore conscience de ce qui se passe pour tous ces chevaux malheureux. Nous vivons ces malheurs au quotidien, cette vie de protection animale est difficile non seulement à gérer émotionnellement mais aussi très difficile à gérer au niveau financier et ça vous le savez tous. Je voulais particulièrement vous remercier tous pour votre générosité et tout spécialement certaines de nos membres. Des dames sont allées plus loin, encore, en finançant les matériaux pour des box. Grâce à elles nous avons de nombreux box supplémentaires, en tout cas huit, ce qui est formidable: je les en remercie. Les débuts d'année sont toujours très difficiles. En février - mars et même janvier, nous ne recevons que très peu d'argent: les cartes ont déjà été réglées, les quelques adhérents qui envoient régulièrement de l'argent sont peu nombreux. Les frais, eux, restent les mêmes. Le fonctionnement étant très onéreux nous accumulons les dettes en début d'année. Je sais que dès le bulletin reçu vous allez encore faire preuve de générosité et que j'arriverai à payer une grande partie des dettes et à fonctionner à nouveau un peu mieux. Je vous fais confiance.
Je vous rappelle que nous tournons actuellement à peu près avec 128 équidés, à peu près parce qu'un est rentré avant-hier, et qu'un autre rentrera peut-être demain. Malheureusement, nous en avons perdu quelques-uns. Ils sont très vite remplacés. Bien qu'ils ne le soient pas dans nos coeurs, ils le sont dans les stalles et les parcs. Ce cheptel énorme demande beaucoup d' attention: les chevaux rentrants sont généralement très abîmés. Il leur faut des soins importants: vétérinaire, maréchal-ferrant, dentiste équin et bien sûr une nourriture appropriée très riche. Nous avons toujours une dizaine de chiens et de chats, nos chèvres, nos moutons, les quelques daines qui nous restent et notre petite chevreuil Mona qui va très bien.
Hormis le fonctionnement du centre: nourriture et soins pour les animaux, vous savez que nous continuons d'aménager le refuge. Lorsque nous avons acheté, c'était un terrain de friche, une sorte d'immense terrain vague sur lequel il n'y avait absolument rien. Cet aménagement coûte cher chaque année. Il faut quand même savoir, qu'un jour, tous les aménagements nécessaires seront en place. Dans deux ou trois ans, peut-­être, les investissements terminés, nous n'aurons plus que l'entretien. Il sera , alors, bien plus facile de fonctionner. Nous vivons avec l'espoir de poursuivre notre mission, sans le poids des lourds soucis financiers. Nous avons maintenant, une capacité de box et d'abris qui commence à devenir intéressante puisque au moins un tiers, sinon un peu plus du cheptel est abrité l'hi­ver. Il suffirait de multiplier par trois les travaux déjà engagés pour que nous puissions mettre tout le monde à l'abri. Bien entendu, nous essayons, je m'y emploie, de ne pas trop augmenter le cheptel: quatre ou cinq chevaux, une dizaine au maximum chaque année. Il faudra être encore plus raisonnable et ne pas dépasser ce nombre d'animaux déjà consi­dérable. Toutefois, comme je le répète dans chaque bulletin, refuser un cheval c'est souvent le condamner à mort. Ce n'est pas facile de dire non quand on prévoit la fin inévitable.

L'année 98 a été placée sous le signe de Croquette. Vous tous qui êtes adhérents depuis au moins une année, vous avez connu la triste histoire, l'histoire épouvan­table de notre Croquette.
Le mois de janvier 98 lui a été consacré: soin, temps, chagrin aussi. Nous avons eu quand même, une note plus gaie, plus heureuse. En effet le samedi 10 janvier 98 notre fille Charlotte, bénévole à l'association, comme vous le savez, a épousé Christian également bénévole: notre petit Suisse allemand d'l mètre 95. Ils se sont unis, nous en sommes très heureux. Ils continuent à travailler pour l'association à laquelle ils consacrent tout leur temps, comme nous d'ailleurs.
J'en reviens encore à Croquette. Elle n'est pas trop mal, en ce moment, elle va plutôt mieux, elle grossi, elle a des pansements tous les jours; elle demande beaucoup de temps, je me lève la nuit pour voir si elle va bien. Elle m'appelle en tapant contre la paroi derrière laquelle je dors. C'est très facile de l'entendre m'appeler, je me rends à son chevet, elle va plutôt bien, elle a repris le moral, elle a l'oeil vif, je suis même assez contente, je reprend espoir. Finalement on va peut-être pouvoir la sortir d'affaire et elle va connaître la joie de marcher sans souffrir. Espoir ! Espoir !
Le 12 janvier notre Blizzard, un gros cheval de compétition, à la retraite chez nous, à l'âge de 10 ans, après un grave accident sur un obstacle, avait été sauvé de justesse. La séquelle durable est une jambe énorme très fibrosée qui ne l'em­pêche d'ailleurs pas de galoper malgré deux postérieurs très abîmés aussi. C'est impression­nant, il a été opéré, après gan­grène, greffe, etc... il va très bien Blizzard, mais ce 12 jan­vier, il a fait un abcès au pied. Bien entendu, chaque fois qu'il y a un problème sur les pieds postérieurs de Blizzard, c'est le branle-bas de com­bat avec vétérinaire plus soins intensifs et la rentrée au box. Blizzard s'en est bien sorti. Cet abcès a bien guéri mais ça a duré près de 15 jours. Maintenant il est reparti dans son parc et il va très bien.
Le mardi 10 février
Malheureusement Croquette rechute, on a l'impression que malgré les pansements fréquents, quotidiens, une asepsie extrêmement vigilante, la jambe donne une impression de nouvelle gangrène. Croquette est à nouveau fiévreuse: je suis très inquiète.


Le samedi 14. Bien que ce soit le week-end, le vétérinaire se déplace de nouveau: Croquette n'est pas bien du tout. Elle a beaucoup de température et mon inquiétude grandit. Tout le mois de février va être comme ça. Nous sommes très inquiets, Croquette souffre. Je devrais prendre une décision, je devrais même la prendre assez vite, je n’ai pas le courage de la prendre. Je suis très perturbée, je n’ose pas prendre la décision finale. J'essaie de faire en sorte que les souffrances ne soient pas trop grandes, je lui admi­nistre beaucoup de calmant, je me lève la nuit pour lui faire des piqûres. Elle est toujours gentille, recon­naissante et incroyablement, elle a gardé un mons­trueux appétit. Elle qui avait toujours manqué de nourriture, elle mange, elle mange malgré l'état fié­vreux, la gangrène, elle continue à manger.
Le 15 février
Je reprends. notre petit journal. Ce soir, je suis un peu inquiète, mon fils aîné a été opéré de son épaule à Montpellier. Il faut dire que c'est la énième intervention chirurgicale après un grave acci­dent de moto, il y a cinq ans. On devrait avoir l'habitude mais ce genre d'habitude ne se prend pas. Pour ne pas trop y penser, ce soir, je reprends contact avec vous par l'intermédiaire de ce journal. Demain, 16 février, à Montpellier l’affaire Raillard, c'est-à-dire l'affaire qui concerne Croquette devrait être jugée. Nous en reparlerons.

Début Mars 98
Croquette ne va pas mieux et je me bats, elle se bat à mes côtés. Elle se bat tellement fort que je n’ai pas envie de laisser tomber. Je ne peux pas arrêter, elle est tellement battante, elle n’a pas envie de mourir.
Le jeudi 5
En plus de ça nous avons un gros problème. Le parc de nos daims, un parc très bien fait par un professionnel, qui m'a coûté très cher est détruit. Je rappelle qu'après les avoir saisis dans une villa où ils étaient emprisonnés dans une petite cage, ces daims nous ont été confiés par le parquet de Montpellier. Les daims, ce matin, ont eu leur parc complètement cassé, démonté et notre Macho, grand daim avec ses immenses bois, n'est plus dans le parc. Revenons en arrière: nous avons un voisin au village, éleveur d'animaux pour la chasse. Inutile de dire en quelle estime je tiens ce genre de métier...
Ce cher homme élève des faisans, des lapins, des garennes et des daims qui sont abattus régulièrement pour fournir une table d'hôte dans ce même établissement, ou qui sont lâchés pour la chasse. Or, l'année dernière, à peu près 25 daims de Monsieur Brahiti se sont échappés, évanouis dans la nature. Évanouis, pas vraiment: en effet, ils ont vite repéré que, dans le domaine du refuge, ils trouvaient à manger du foin en période creuse avec du grain, un bon breuvage et aussi des copains, qui étaient, eux, dans un enclos. C'est ainsi que nous avons récupéré la majorité des évadés qui avaient découvert leur Pérou. Jusque-là, j'étais plutôt contente, je trouvais que c'était une façon de les protéger des chasseurs. C'était magnifique, le matin de voir courir ces daims partout autour de nous. Les daines, accompagnées par un seul mâle, ont mis bas.
Elles ont eu des mâles, dont les bois ont poussé et en passant dans les clôtures ses daims ont commencé à faire beaucoup de dégâts. Ils ont cassé les clôtures des chevaux. Chaque jour il fallait les réparer. Ils ont ensuite décidé d'aller voir les copains, c'est-à-dire nos daims qui se trouvaient enfermés sans problème dans leur grand enclos, très beau, très ombragés dans lequel ils se trouvaient très bien jusque-là. Les bois des daims à l'extérieur plus les bois des daims de l'intérieur, contre le grillage ont fini par faire d'énormes trous et comme je vous le disais,
le jeudi 5 mars
Le parc est tout délabré et Macho est parti. Pour moi, c'est terrible parce que Macho est mon préféré avec Bambinette, Bambi qui est la première daine que j'avais sortie d'un cirque que j'aime beaucoup. Macho était un mâle extraordinaire, il avait des bois impressionnants et malgré tout il venait manger des pommes dans ma bouche. Vraiment, j'avais une confiance en lui sans borne, sans limites. J'adorais ce daim.
Le 6 mars
Pas de nouvelle de Macho. Je téléphone à l'ancien propriétaire des daims échappés, qui sont maintenant devenus du gibier, puisqu'ils ont rejoint la faune sauvage. C'est la loi même si elle ne me convient pas vraiment: ils sont devenus du gibier de chasse. Je contacte donc ce Monsieur, et je lui explique que mon daim mâle s'est échappé, à cause de ses daims et que je suis très inquiète. Il me répond que lui n'a rien à voir avec ce troupeau considéré comme sauvage et de toutes façons que je n'ai pas d'illusion à me faire: mon daim Macho n'a absolument rien à "foutre" de moi et qu'il ne reviendra jamais maintenant qu'il a connu la liberté et les filles. Je ne suis pas intimement persuadée par cette réflexion et je garde espoir mais cet espoir est minime.

Le samedi 7
En effet, Macho revient. Il est 6 heures du matin, j'entends du bruit, je me dirige vers le bruit. Mon Macho est là, la tête en bas, des fils électriques des parcs à chevaux autour des bois, il ne peut plus relever la tête. Nous l'attrapons, nous le rentrons dans un box et nous faisons venir le vétérinaire. Atteint de trouble du cerveau et d'une double entorse cervicale, nous avons très peu d'espoir de le sauver. Malgré tout, j'essaie. Ce n'est pas toujours facile de soigner un animal sauvage, tel qu'un daim. Pourtant Macho avec ses bois de presque un mètre de hauteur, est resté dans le box et j'étais avec lui. Je l'ai soigné, je lui ai fait des piqûres, j'ai fait tout ce que j'ai pu. Malheureusement nous l'avons perdu trois jours après, il est mort non sans que nous ayons tout tenté pour le sauver. Voilà ! La négligence de certaines personnes, qui laissent échapper leurs animaux, n'engendre qu'ennuis et drames.
Le 13 mars, Macho s'endort définitivement dans mes bras, la tête sur mes genoux, je lui ferme les yeux. Je ne vous cache pas que je suis très bouleversée. Croquette agonise et Macho s'éteint, ça fait trop.
Le lundi 23 mars
En effet, Croquette va très mal. A deux reprises déjà, j'ai fait venir le vétérinaire pour l'euthanasier. Mais chaque fois elle se lève et chaque fois elle a l'oeil vif et chaque fois elle me regarde, avec son regard tellement profond, que ni lui ni moi, n'avons le courage de prendre une décision. Ce soir Croquette va vraiment très mal alors j'appelle le vétérinaire et je prends rendez-vous pour le lendemain.
Le Mardi 24
Croquette nous quitte définitivement. Je sens dans son regard un reproche, elle était tellement battante, elle voulait vivre, même malade. Mais il était impossible, pour moi, de la laisser souffrir autant. Comment accepter une telle souffrance pour cette jument qui a déjà vécu un martyre chez son propriétaire.
Ce mois de mars est un mois absolument épouvantable pour moi et les mois qui ont suivi dont pas été tellement meilleurs: j'ai fait de la dépression, ça a été très dur, je me suis mise à grossir, j'ai pris plus de vingt kilos. Je ne vais pas en dire plus parce que j'en ai parlé dans l'autre bulletin mais je tiens quand même à rappeler ces faits pour ceux qui arriveraient dans l'association: Croquette a passé quatre ans de martyre attachée par un pied à des filins au milieu d'une terre, sans nourriture et sans eau, bien souvent. Elle a passé sa vie à se débattre et à lutter contre la souffrance et contre la mort.
Trois jours après le départ définitif de notre Croquette, nous avons eu aussi un énorme problème avec Jacquinot. Jacquinot, un vieux cheval de 30 ans, a fait une obstruction oesophagienne qui a mal tourné avec une énorme hémorragie, nous avons dû le conduire immédiatement à la clinique où nous avons passé une demi-journée avec lui et le vétérinaire. Quand il est rentré, il allait plutôt mal. Mais après de très bons soins (il est resté dans le box qu'occupait Croquette) nous avons pu le sauver. Il va très bien aujourd'hui, ne vous inquiétez pas, il n'a plus une seule dent, mais on arrive à le nourrir avec un régime un peu spécial, il a toujours son mauvais caractère, mais tout va bien pour lui.
Ce maudit mois de mars ne pouvait "finir qu'en beauté": Illico, un poulain né au refuge d'une jument un peu spéciale, rejeté dès le début. A trois jours, il avait déjà des piqûres anti-inflammatoires à cause des coups de pied que lui donnait sa mère. Vous voyez: il a eu un très mauvais départ dans la vie. C'est un poulain de petite santé qui n’avait qu'un testicule ce qui provoque chez les chevaux un caractère plus que spécial, presque insupportable. Nous l'avons fait castrer puis opérer à nouveau pour enlever le deuxième testicule: il a passé sa jeunesse à être soigné jusqu'au jour où il s'est empalé sur un piquet de clôture. Une fois de plus nous l'avons sorti d'affaire.

Le mois d'Avril
A été un peu plus calme, il y a eu deux faits marquants:
Le dimanche 19 Avril
Nous avons récupéré un berger allemand, d'une façon très curieuse. Il se trouve que chacun d'entre nous vaquait à ses occupations au refuge lorsque nous avons entendu deux coups de feu stridents, une voiture démarrer et un chien hurler. Tout cela en même temps. Le chien a traversé le parc des chevaux camarguais, nous sommes allés à sa rencontre. Il était couvert de sang: trois balles l'avaient touché, à la tête et au niveau des poumons. Il avait du sang plein la bouche, c'était assez spectaculaire. Je l'ai tout de suite mis dans la voiture et je l'ai conduit chez Valérie notre vétérinaire qui s'est dérangée un dimanche pour le soigner. Par chance, ce chien n’avait aucun organe vital touché, nous avons pu le sauver. Les balles ont été extraites ultérieurement après qu'il ait été adopté par une de nos adhérentes, une femme qui l'aime beaucoup. Il a donc trouvé une très bonne famille. Je me permets d'insister sur la sauvagerie de ces gens qui sont arrivés en voiture, à la limite de notre propriété, se sont arrêtés, ont jeté le chien hors de la voiture, lui ont tiré dessus et qui sont ensuite partis dans un démarrage tonitruant. Bien entendu j'étais fort occupée à sauver le chien, je n’ai pas poursuivi les malfaisants, les enfants n'ont pas pu les rattraper: ils n'avaient pas de véhicule sous la main. Ces gens sont des êtres humains, ils sont nos congénères et j'ai vraiment honte d'appartenir à la même espèce. Le deuxième fait marquant de ce mois d'Avril est le passage au tribunal de l'éleveur Monsieur Tésauris, chez lequel j'avais découvert un troupeau de 36 chevaux en mauvais état dont certains étaient morts le 2 octobre 97. Le déroulement de l'audience a été absolument insoutenable. Aucun des griefs que nous avions contre Monsieur Tésauris n'a été retenu: son avocat était très brillant. Le mien n’a pas pu me défendre dans cette affaire pour une raison déontologique: un de ses associés ayant été antérieurement un des avocats de Monsieur Tésauris. Je me suis retrouvée sans avocat et c'est tout juste si à la fin de l'audience, je n'étais pas considérée comme une folle furieuse. Donc Monsieur Tésauris s'en est sorti avec tous les honneurs. Le tribunal a mis en délibéré jusqu'au 20 juin et je ne vous cache pas que monsieur Tésauris a été relaxé, à la grande surprise de la protection animale, de Monsieur Rouvière inspecteur à "Assistance aux animaux" qui s'était aussi occupé de l'affaire et de moi-même. De toutes façons, nous en reparlerons, depuis il y a eu du nouveau dans cet élevage.
Le mois de Mai
A été marqué par une visite, une enquête concernant une association de protection du cheval. C'est toujours difficile quand on est appelé dans une autre association. Bien entendu, nous sommes très gênés. Il se trouve que la S.PA de Nîmes m'a sollicitée pour cette visite et que la déléguée de la S.RA de Nîmes est venue avec moi. Toutes deux, nous nous sommes rendues à Fontvieille ou plutôt à la limite de Tarascon et nous sommes allées voir cette fameuse association, ne sachant pas d'ailleurs, à ce moment là qu'il s'agissait d'une association.
Nous nous déplacions pour mauvais traitements sur des chevaux en très mauvais états. Nous avons trouvé un campement avec de nombreuses caravanes. Mais ça, ce n'est pas trop choquant dans la protection animale sauf qu'une odeur terrible nous a tout de suite un peu surprises. Il n'y avait personne, nous sommes restées. Claude et moi avons constaté qu'il y avait une quinzaine de chiens attachés sous les caravanes. Les structures d'hébergement semblaient plus que précaires. Quant aux chevaux, certains étaient complètement incarcérés dans des-box dégoûtants. Leurs pieds pataugeaient dans tant d'excréments et de boue qu'on ne voyait plus ni sabots, ni boulets (l'os qui vient tout de suite après le sabot) entièrement recouverts de fange. Les chevaux étaient dans un état épouvantable, sans aucune nourriture et sans eau. Très maigres, avec des poils qui pendaient partout, ils n'avaient visiblement reçu aucun coup de brosse depuis fort longtemps. Les pieds très longs, ouverts en deux ou en trois, ces bêtes étaient vraiment pitoyables. Il y avait une ponette avec un poulain, d'autres poulains très maigres un peu plus loin, tous vivant dans cette odeur pestilentielle. Nous avons attendu tout l'après-midi. Finalement les propriétaires sont arrivés le soir. Ces gens-là n’étaient pas du tout des gitans. Nous n'avons pu nous entendre avec eux. J’ai voulu les aider, j'ai pris pour cela une carte de membre chez eux. Mais tout a très vite dégénéré: la personne qui tenait cette association refusant toute discussion, nous a tout de suite abreuvées d' insultes. Lorsque nous sommes parties, j'ai décidé de déposer une plainte, j'ai envoyé une lettre au procureur. Malheureusement, je n'avais que quelques photos, à mon avis très parlantes. Mais nous avons été déboutées: les griefs n'étaient pas assez importants pour qu'on puisse faire quelque chose. Une fois de plus, on a laissé faire ces gens. Je n'ose imaginer dans quel état c'est maintenant pas plus que je n'ose y retourner. Je dois quand même préciser, que si mon vieux cheval Glorieux, que j'aime beaucoup, qui a 27 ans cette année devait finir ses jours dans une association pour la défense du cheval comme celle-là, je préférerais qu'il soit euthanasié sur-le-champ. C'est exactement ce que j'ai dit au procureur lors de ma plainte. J'en profite pour dire un mot à ce sujet, je reçois quelquefois des courriers de personnes qui me demandent conseil et je les en remercie car il est vrai que c'est un terrain délicat, voire glissant lorsqu'on décide de faire de la protection du cheval et de monter une association. Plusieurs associations de protection du cheval se sont arrêtées d'un seul coup, j'en connais une dernièrement qui s'appelait "Troisième âge équin" dont le président a mis la clé sous la porte. Les animaux se sont retrouvés tous seuls. Les personnes étant proches ont dû se débrouiller pour les placer mais il vaut mieux ne pas en arriver là. C'est pourquoi je dis toujours aux gens qui m'écrivent: "faites très attention". Ils sont plein de bonne volonté et ont certainement un coeur plein d'amour mais ils ne mesurent pas ce que représente la protection du cheval. Le cheval est un animal réservé à une certaine classe de la société: on ne peut pas se permettre d'avoir des chevaux si on est au R.M.I. Un cheval coûte très cher, surtout s'il lui arrive quelque chose, s'il a un problème vétérinaire et ces problèmes là doivent être réglés dans tous les cas. Lorsque quelqu'un m'écrit en me disant: "Je n'ai pas de terrain, je n'ai pas d'argent, mais je pourrais louer un terrain et peut-être faire un emprunt", je dis: "stop !". Lorsqu'on monte ce genre d'association, il faut avoir de l'argent au départ et bien entendu, une propriété où mettre les animaux. Je me suis rendu compte que nous avons nous-mêmes dépensé énormément de notre argent et que si nous étions partis sans un sou, nous aurions coulé tout de suite. ... A bientôt...

Le 22 février 99
J'ai déjà dit que l'affaire de Croquette passait le 16 au tribunal de Montpellier. Elle a été reportée, je suis allée à Montpellier pour rien. Vous serez tenu au courant de la suite des évènements. Aujourd'hui la journée a été très chargée: nous venons de découvrir quatre chevaux morts chez Monsieur Tesauris, ce fameux éleveur de Saint Martin qui avait été relaxé par le parquet. Quatre chevaux morts on ne sait pas de quoi, on ne sait pas ce qui s'est passé. Je continue mes investigations auprès de la gendarmerie, des vétérinaires, de la direction des services vétérinaires (organisme officiel). Bien entendu, je vous reparlerai de cette découverte macabre qui m'a profondément secouée, je vous l'avoue.
Mai 98
Le lundi 18 mai
Je suis allée à Hyères dans le Var pour aller chercher des renards bleus et des chiens du viverain. Ce sont des animaux sauvages qui étaient détenus par un original, pour le moins. Ces animaux sont élevés habituellement pour la fourrure. La Fondation Bourdon, qui avait été avertie de cette vente, les a rachetés pour leur éviter le sort que nous imaginons tous. Nous les avons rapatriés depuis hier, le voyage a été un peu long pour des animaux sauvages qui se débattaient dans les cages et j'étais bien contente d'arriver le lundi soir à bon port avec les animaux. La Fondation Bourdon a payé les structures pour ces animaux et maintenant ils sont au centre. Ce sont des animaux très curieux qui ne sont pas spécialement sympathiques, beaucoup trop sauvages pour être caressés, ils ne veulent absolument rien savoir de l'amitié qu'on pourrait leur donner. Ils sont là, tout simplement: ils mangent, ils boivent, ils dorment, c'est déjà pas mal, et ils ne souffrent de rien.
Le mardi 26 mai
Nous rentrons deux nouveaux chevaux: Du Grillon et Vainqueur de Lion, deux chevaux de race, avec des papiers, chevaux de concours hippique qui rentraient pour une retraite anticipée puisqu'ils ont des problèmes de pieds et de dos. Ils étaient initialement voués au couteau du boucher. C'est une fois de plus la Fondation Bourdon qui les a sauvés en payant la valeur qu'ils représentaient pour le boucher. Du Grillon était entier, il a été castré dès l'après-­midi car le problème des chevaux entiers ici n'est pas facilement gérable.
Mois de iuin 98
Passage de Monsieur Cruze au tribunal, l'éleveur de Camarguais de Saint Laurent d'Aigouze, dont nous avons relaté les méfaits dans le bulletin précédent puisqu'en 97, il avait été découvert dans sa propriété un charnier de chevaux Camargue morts de faim et d'épuisement. Nous avions répertorié plus de 30 carcasses de chevaux. Monsieur Cruze est arrivé au tribunal, le sourire aux lèvres, accompagné d'un avocat tout aussi souriant, bien que les parties civiles soient très nombreuses (toutes les fondations et associations de protection animale dont la nôtre, évidemment). Cela n'empêchait pas l'équipe de Monsieur Cruze de continuer de regarder tout le monde narquoisement. Je vous fais grâce de cette audience assez longue: chaque partie civile a répété exactement les mêmes griefs contre Monsieur Cruze. L’avocat du tortionnaire a été très brillant. En fin d'audience, ce pauvre Monsieur Cruze n'était absolument pour rien dans cette tragédie. Une fois de plus, il est insoutenable d'entendre des choses pareilles. L’affaire a été mise en délibéré. Vous aurez les résultats de ce délibéré un peu plus tard.

Le mercredi 17 juin
Nous perdons Sara. Sara était une jument grise très maigre atteinte d'une très grave mélanose qui empirait chaque mois, chaque année. Nous avions eu un peu d'espoir pour elle mais les cancers ont pris le dessus. Nous l'avons faite euthanasier. Sara, soudainement, ne tenait plus debout, elle tombait. Nous ne pouvions pas la laisser agoniser plus longtemps. Sara était une jument d'un caractère très difficile presque inapprochable. Elle avait, je crois, beaucoup souffert et l'on peut lui pardonner ses sautes d'humeur. En tout cas nous avons essayé de lui donner le meilleur de nous-mêmes, ce n'était pas facile. J'espère qu'elle a quand même été un peu heureuse avec nous. Ce même mercredi, nous avions eu une enquête sur Clapier près de Montpellier. Nous avons découvert une jument d'une maigreur épouvantable qui allaitait un poulain. J'ai porté plainte suite à cette enquête.
Le ieudi 25
J'ai été mordu cruellement par un de mes petits renards bleus. Ce charmant petit animal n’a pas supporté que je lui soigne un oeil malade, s'est retourné et m'a ouv­ert un doigt jusqu'à l'os. Ça n'a pas été très grave mais cela m'a fait souffrir et gêné quelque temps: le travail avec une main invalide ce n'est pas très agréable.Petit renard: Merci.
Le vendredi 10 juillet
Je suis allée chercher deux petits chevaux demi lourds, presque des chevaux de trait. Ces chevaux ont été ramenés de la Valbonnette, montagne au-dessus de Digne, dans les Alpes-de-Haute-Provence. J'en profite pour parler de ces poulains lourds ou demi lourds qui sont élevés pour la boucherie. Vous savez ou vous ne savez pas qu'il existe, en France, des élevages sauvages de chevaux demi-lourds pour la viande uniquement. Ils ne sont pas élevés. Ces chevaux se suffisent à eux-mêmes. Les propriétaires ont des grands terrains, ils n'apportent aucune nourriture aux chevaux qui doivent se débrouiller. Nous connaissons deux de ces élevages: l'un dans les Pyrénées ­Orientales, l'autre dans les Alpes-de-Haute-Provence. Le fait que ces chevaux soient destinés à la boucherie est déjà dramatique en soi, mais le plus dramatique tient dans la façon dont ils sont amenés pour être tués. Je tiens à vous dire quelques mots de cette horreur. Ces chevaux ne sont en principe jamais approchés. Les poulains naissent et ne connaissent absolument pas l'homme. Ils vivent ou ne vivent pas: les conditions sont rudes. Il y a ce que ces éleveurs appellent la sélection naturelle: les plus faibles meurent et les plus solides arrivent à grandir. A l'âge de 6 mois ils sont récupérés pour partir à l'engraissement en Italie. C'est ce qui se passe pour l'élevage des Pyrénées-Orientales. Les chevaux sont chargés dans les camions, on fait des couloirs dans lesquels on les pousse avec les mères dont ils vont être séparés définitivement. Puis on fait le tri et on fait monter les chevaux dans les camions, d'une façon brutale, bestiale. Les êtres humains que sont ses éleveurs se déchaînent: tout le monde tape, frappe. Les chevaux sont complètement apeurés, terrorisés et tout ce petit monde monte dans un fracas absolument insupportable de coups de bâton et de hurlements. Tous sont entassés, sans séparations, et se piétinent, se mordent. Il se passe des choses, dans ces camions véritablement épouvantables. Le convoi démarre pour l'Italie où ils sont engraissés aux hormones. Je vous laisse apprécier l'horreur de cette façon de faire. A ce sujet je voudrais vous parler de notre amie Cathy, une femme formidable qui habite les Pyrénées Orientales, qui a voué sa vie à un de ses élevages de poulain. Elle s'est installée dans une petite baraque, qui lui permet de vivre au milieu d'un troupeau de chevaux dits sauvages. Lorsqu'elle est arrivée, ces chevaux étaient sauvages, maintenant, ils ne le sont plus. Elle s'occupe depuis plusieurs années d'apprivoiser, petit à petit, les mères et même l'étalon. Dès leurs naissances elle approche les poulains qui ont tout de suite une autre vision de l'homme. Depuis qu'elle a commencé cette action, elle a réussi à sauver tous les poulains. Plus un seul poulain ne part à la boucherie. Pour elle, c'est très dur, il faut qu'elle les place et il faut qu'à chaque fois elle puisse donner le chèque au propriétaire. Nous essayons de l'aider, nous mettons des annonces partout, mais à ce jour elle réussit à caser tous les poulains qui naissent. Cette cause, pour noble qu'elle soit, est une cause presque perdue puisque année après année ça recommence. Chaque année, il faut payer puis vendre ou placer une dizaine ou une quinzaine de poulains. Le même problème existe sur Digne, mis à part que les poulains ne sont pas envoyés en Italie. Ils vont directement à la boucherie à deux ans. L’embarquement est quasiment pire. A deux ans, les chevaux sont déjà costauds. Ils ne se débattent qu'avec plus de vigueur, imaginez leur stress, leur peur. Des chevaux demi -lourds de deux ans qui se débattent, croyez-moi, ça fait des blessures, ça fait des accidents, ça fait quelquefois des fractures. Il faut préciser qu'ils sont brutalement séparés de leur mère qu'ils n'ont jamais quittée. Ils sont séparés de leur troupeau, le seul environnement connu, embarqués avec beaucoup de violence dans ces camions de la mort.

Vendredi 18 juillet
Nous avons sauvé deux demi-lourds que nous avons ramenés et placés. Isis a été revendue à une famille pas très loin d'ici et Jason a été acheté par un couple de Perthuis. Il y a eu d'autres chevaux sauvés. Plusieurs personnes ont envoyé un peu d'argent. Nous avons reçu des chèques de 100 F, 200 F, 300 F, que nous avons mis bout à bout qui nous ont permis de racheter des poulains que nous avons replacés par la suite. Que ces personnes soient remerciées, par ce don elles sont devenues membre de notre association, elles recevront à partir de cette année le bulletin.
Le mercredi 15 juillet
Nous avions le plaisir de recevoir Monsieur Bernard Scofier, directeur de 30 millions d'amis, Fondation bien connue que nous aimons tous. Il a pu visiter le centre, regarder un petit peu nos besoins. Je crois qu'il a été content de sa visite, que le refuge lui a plu et j'espère qu'il décidera de nous accorder une aide pour les clôtures. C'est ce dont nous avons parlé lors de sa visite. Nous aimerions clôturer une autre partie de la propriété car les grandes clôtures de grillage nous préservent non seulement de la fuite des chevaux qui peut se produire à l'occasion d'une peur mais qui peut aussi nous préserver de la visite de gens malfaisants comme certains qui, à un moment donné, nous ont volé du foin. A bientôt, Monsieur Scofier, peut-être 30 millions d'amis pourra nous aider, un petit peu à prolonger notre clôture.
Le mardi 21 juillet
Nous avons eu un gros chagrin, nous avons perdu Lac, un vieux cheval borgne, ancien cheval de course qui avait de très gros problèmes d'intestin à cause d'une suralimentation, comme l'avoine, que les entraîneurs donnent en très grosse quantité, aux chevaux de course. Il avait fait de nombreuses coliques, c'était un cheval fragile, déjà très âgé, et qui nous avait posé de gros problèmes. Il n'a pas supporté la température qui a sévi cet été 98. Le mardi 2 juillet, il faisait 40 degrés, Lac transpirait, sans bouger, puis il s'est mis à reculer, à reculer jusqu'à ce qu'il tombe. Les vaisseaux sanguins du cerveau ont éclaté, il a fait une attaque. Il nous a quitté. Adieu Lac, là où tu es tu ne souffriras plus. En tout cas, il a passé quelques années ici qui lui ont permis d'avoir une retraite bien tranquille.
Le vendredi 24 Juillet
Nous terminons une partie du chemin d'accès à la propriété. Ce chemin était très mauvais, toujours boueux, défoncé. Aucun véhicule n’avait plus accès chez nous, en période de pluie et c'était vraiment notre souci premier. Nous avions fait faire un devis par une entreprise, ce devis était tellement énorme que jamais nous n'avions pu en faire faire la moindre partie. C'est finalement Eric, l'oncle de Christian, un entrepreneur paysagiste Suisse, qui a fait ce chemin. Il a fait un travail fou en 15 jours. Nous avons loué des engins, Eric a fait un travail formidable avec des drainages, des écoulements. Il a réalisé environ 500 mètres d'un chemin praticable, qui vient jusqu'aux écuries et jusqu'à notre petite maison.
Le 5 Août 98
Arrivée de Patricia, une jeune adhérente du Nord. Elle a traversé toute la France pour venir mieux connaître notre association et nous donner un coup de main. Elle passera une quinzaine de jours avec nous et nous rendra de grands services. Elle a pu remarquer le travail que nous avons, elle s'est inves­tie. C'est très gentil, nous la remercions.

Le lundi 17 août
Arrivée de Timée, une petite jument toute ronde et qui a un très gros jarret d'un postérieur, le droit, je crois, elle a une déchirure ligamentaire, elle a été sauvée par une personne qui l'a rachetée à un maquignon. Elle sortait des laboratoires de l'institut Mérieux dans lequel on tire du sang des chevaux pour faire les vaccins. C'est une vie affreuse pour ces animaux, comme tout ce qui est expéri­mentation animale, nous le savons tous. Timée était d'abord sortie du laboratoire où elle a certainement passé une vie de martyre: elle est d'ailleurs marquée par un gros numéro tatoué sur son encolure. Ensuite, elle a été blessée chez ce maquignon, puis rachetée par cette dame. Aujourd'hui, elle est chez nous. Je ne sais pas si c'est pour toujours ou pour quelque temps.
Il faut que je remercie tous ceux, et surtout toutes celles qui m'ont envoyé de magnifiques cartes remplies de bons voeux, pour mon anniversaire.
Tout ça m'a beaucoup touchée : ces signes d'amitié me font énormément plaisir.
Le mardi 18
Nous perdons un autre très vieux cheval de plus de 30 ans: Ourasi, un peu comme Lac, il est mort de chaleur. Le thermomètre varie entre 39 et 41 degrés et Ourasi, comme beaucoup de nos vieux chevaux a beaucoup souffert de cette température inhabituelle. Ils ne sont pas les seuls à en souffrir, pour moi c'est très dur aussi. Nous n'avons rien pu faire pour Ourasi qui, lui aussi, a succombé à une attaque cervicale. Il est tombé, je pense sans souffrance. C'était la mort rêvée pour lui qui avait passé les 30 ans depuis déjà quelque temps et qui a vécu, en tout cas, une bonne retraite chez nous.
Au mois de septembre
Notons la manifestation anti-corrida à Nîmes. Le samedi 12 manifestation annuelle grâce au travail de Claire Starosenski, la présidente de cette association qui se démène pour tenter d'aller encore plus loin dans sa lutte contre la corrida. Elle est l'auteur d'un livre: " La mort donnée en spectacle", un livre très bien fait, qui peut vous être très utile pour répondre à tous les fanatiques de corrida, à tous les aficionados qui ne rendent pas toujours compte de ce qui se passe vraiment. Tous les fonds, que rapportera ce livre, seront reversés à l'association l'A.S.S.A.C. dont Claire est la présidente. Si vous êtes intéressé, prenez contact avec moi, je vous enverrai l'imprimé pour pouvoir acheter ce livre.
Le lundi 14 septembre
Nous avons eu la visite de Laetitia Scherer un top modèle connu par beaucoup d'entre vous. Je rappelle qu'elle est la fille du grand couturier Scherer, et qu’elle fait de la protection animale depuis de nombreuses années. C'est une amoureuse des animaux.Elle nous a rendu une visite très amicale que nous avons beaucoup appréciée. C'est une jeune femme charmante qui, en plus d'être jolie, est une femme de coeur. Elle a fondé une association. Nous espérons la revoir bientôt.

Le mardi 15 septembre
Je partais à Millau où l'affaire contre Monsieur Dvorzack , un éleveur, passait au tribunal.
Nous n'avons vraiment pas de chance avec les éleveurs. Celui-ci, nous l'avions dans le collimateur depuis plusieurs années, nous avions déposé une plainte contre lui dans le Gard. Malheureusement, nous n'avions rien obtenu, il avait été relaxé.
Il avait transporté ses animaux dans l'Aveyron. Avec l'aide de la famille Alonso qui est membre de notre association et qui est très protectrice, nous avons pu suivre sur ce département ses agissements catastrophiques. Des vaches et des veaux sont mort durant le transport, le transfert par camion a été lamentable. Nous avons obtenu gain de cause, après une délibération de quelques jours. Nous avons obtenu 24000 francs d'amende, non pas de dommages et intérêts, mais d'amende payée à l'état.
Pour une fois, un tortionnaire va être un peu plus sérieusement puni. Je reconnais que 24000 francs, c'est peu de chose par rapport à toutes les souffrances endurées par nos amis. Chez cet homme, les cadavres ne se comptent plus. Il a quitté l'Aveyron. Il continue, malgré tout, à côté de Nîmes à faire ce qu'il veut. Ce qui est malheureux, c'est le manque de suivi. Il faudra à nouveau porter plainte. Pour ma part, je regrette que les instances judiciaires ne coupent pas court, carrément, qu'elles n'interdisent pas à ce genre d'éleveur d'avoir des animaux. Le raisonnement de la foi française c'est qu'on ne peut pas interdire à qui que ce soit d'avoir des animaux parce que l'homme est perfectible. Ce qui veut dire que celui qui a torturé des animaux, un jour, peut devenir meilleur et la semaine d'après peut ne plus torturer les animaux. Pour ma part, je n'y crois pas du tout mais la loi est la loi et malheureusement nous devons nous y plier.
Depuis hier nous n'avons pas de courrier, ce qui est un peu dramatique pour nous qui vivons quand même beaucoup avec notre boîte aux lettres. La grève des facteurs du district durera plus de 15 jours.
Mois d'octobre
Le mardi 6 octobre grand choc: nous trouvons notre parc à daims complètement vide. Ce matin, ce n'est pas un daim échappé, mais un parc totalement déserté. L’autre mâle, celui qui restait, Bambou plus Fleur, Bambinette et le petit faon ont disparu, tous partis. Grande tristesse, nous savons que les daims sont considérés, hors de leur enclos, comme gibier de chasse. Octobre est une période de chasse, ils risquent d'être tirés, tués, d'une minute à l'autre.
Le mercredi 7
Je fais faire un constat d'huissier pour les dégâts occasionnés par les daims dits de faune sauvage. Nous espérons le retour de nos daims. Le soir et le matin, je vais avec un seau de nourriture, essayer de voir nos daims. Ça ne traîne pas beaucoup :
le jeudi 8
Nos daims reviennent, nous pouvons les faire rentrer et c'est un grand bonheur. Je me faisais beaucoup de souci, surtout pour ma vieille Bambinette que nous avons depuis de nombreuses années qui est tellement apprivoisée qu'il semble impossible qu'elle puisse revenir à l'état sauvage. Il a fallu faire de très gros frais pour le parc des daims. De toutes façons il est constamment détérioré et le problème reste entier.
Le samedi 16 octobre
Nous accueillons Etoile, une petite jument brune, très mignonne qui était sur le fil du rasoir depuis quelques jours. Elle devait partir à l'abattoir le lundi 19 le maquignon qui l'avait rachetée dans un club avait décidé de la faire tuer. Ne voulant pas garder de chevaux à nourrir l'hiver, il faisait tuer les chevaux qui lui restaient. Il se trouve qu'Etoile avait appartenu à une jeune fille qui ayant eu vent du départ prochain de son ex­-jument pour l'abattoir, s'est mise en tête de la sauver. Malheureusement, elle n'avait pas suffisamment d'argent. Lorsqu'elle m'a appelée au téléphone, je lui ai conseillé d'essayer de faire une petite quête, d'en parler aux gens qui aiment les chevaux, de ramasser un peu d'argent. Je J'ai assurée que nous mettrions ce qui manquerait et que nous sauverions Etoile. Aussitôt dit, aussitôt fait l'association a rajouté la moitié de la valeur d'Etoile. Elle est là maintenant.
Elle est plutôt maigre, il est vrai que les chevaux qui arrivent de chez les maquignons ne sont pas gros.
(Au moment où j'écris ce bulletin, elle a bien changé: elle est toute ronde.)
Ce même jour, nous avons posé la citerne pour le forage que nous avons fait, qui ne donne hélas pratiquement pas d'eau. Il semble que l'hydrogéologue ait fait une erreur. Ce forage risque de ne jamais être opérationnel. Il ne donne de l'eau que lorsqu'il pleut. A mon avis, il s'alimente plutôt dans une nappe d'eau de pluie que dans une vraie nappe phréatique.

Le lundi 19 octobre
En faisant une visite au centre équestre, je découvre Roxane dans son box. Cette grande jument ne travaille plus, parce qu'elle a un abcès au pied. Je regarde son pied, avec l'autorisation de son propriétaire. (Le sabot a été ouvert par le maréchal ferrant ) il sort beaucoup de pus, tout cela est méché. Je me rends compte que c'est sérieux et je propose au centre équestre de prendre Roxane au refuge pour la soigner. Cela libérera un box pour eux, et pour elle se serait peut-être mieux d'être dans un endroit où l'on passe plus de temps au soin. La proposition est acceptée et Roxane est chez nous. Nous la soignons pendant plusieurs semaines et quand je prends conscience qu'il n'y a pas d'amélioration je décide de faire à mes frais, non seulement une visite vétérinaire mais aussi une radio. Bien m'en a pris: la radio montre une ostéomyélite, c'est-à-dire une gangrène sur une phalange du sabot rongée déjà au trois quarts. La jument souffrait beaucoup, boitait. C'est bien plus grave qu'un abcès. Le traitement est complètement différent. Roxane va bien mieux mais avec une ostéomyélite, il n'est plus question pour elle de travailler. A 16 ans, Roxane est définitivement à la retraite. Je remercie Christian, le directeur du centre équestre, qui a accepté d'arrêter cette jument et qui a réglé les frais vétérinaires. Roxane est à notre charge désormais, mais quand même, la démarche du directeur du centre équestre, va plutôt dans le bon sens. Je souhaiterais que d'autres directeurs de centres équestres aient cette démarche au lieu de livrer leurs chevaux au boucher après de nombreuses années de travail intense.
Le jeudi 22 octobre
On nous signale un cheval très maigre qui divague depuis trois jours plus ou moins sur la route, qui traverse des propriétés. La gendarmerie nous demande de bien vouloir en prendre soin, de façon qu'il ne crée pas d'accident. Nous allons donc le récupérer, nous ramenons Black-Jack (nous n'avons su son nom qu'après) un très beau cheval noir, avec un poil très brillant mais malheureusement très maigre. C'est un cheval cob, il est d’origine anglaise. Certes très beau mais mal entretenu: maladie de peau dans la crinière et la queue, les crins plein de croûtes, on sent qu'il est abandonné à son triste sort. Nous en prenons soin, et nous nous mettons en quête du propriétaire dont nous aurons des nouvelles huit jours après. Sa propriétaire était partie en vacances et avait plus ou moins confié le cheval. Lorsque je lui ai reproché la maigreur du cheval, elle a avoué qu'elle n'y connaissait pas grand-chose mais qu'elle l'aimait beaucoup. Elle avait l'air sincère et je lui ai proposé de le garder un mois afin de lui donner toutes les vitamines nécessaires pour qu'il revienne à un état normal pour un cheval de cette taille. Elle accepte et me paie un mois de pension, avec les frais de médicaments, de vitamine, de maréchal-ferrant dont il avait grand besoin.
Depuis et jusqu'à ce jour de février 99, je n'ai plus eu aucune nouvelle de cette femme. Le principal est que le très gentil Black-Jack soit là, qu'il ait beaucoup grossi. J'ai décidé que puisque c'était un de nos chevaux valides, un bon gros pataud, genre un peu demi-lourd de prendre peut-être le temps de le monter un peu, de le remettre au travail. Il faut avouer qu'avec les ennuis avec Croquette et les évènements désagréables qui se sont succédé, j'ai malencontreusement grossi d'une vingtaine de kilos. Je pense que c'est tout à fait nerveux et maintenant si je veux remonter, "il me faut un cheval vraiment costaud." Je crois que l'opportunité, c'est Black­-Jack. Avec le beau de temps, je vais essayer de me libérer une heure de temps à autre pour faire un tour avec lui. Ce sera un plaisir. On aurait pu croire que le mois d'octobre avait apporté suffisamment d'ennuis et bien non.

Le samedi 24 octobre
J'apprends par téléphone qu'un cheval vient d'avoir un accident. Je vais chercher en urgence, une jument qui était attachée dans une écurie, pas loin de chez nous et qui a tiré, s'est débattue toute la nuit pendue par son licol. Accident qui a failli être fatal à notre chère Perle que j'ai trouvée avec un pouls filant et un rythme cardiaque très ralenti. Elle était complètement hébétée, avec un oedème traumatique de la tète. Sa tête avait triplé de volume, c'était affreux: le sang coulait de ses yeux tuméfiés, elle avait également un gros hématome sur la cuisse, une jambe énorme avec un gros oedème aussi. J'ai eu très peur, nous l'avons tirée, poussée, presque portée pour la mettre dans le van pour l'amener au centre. J'ai pu commencer des soins, vraiment intensifs. Sa vie était vraiment en danger. Heureusement, l'amélioration a été assez rapide: de jour en jour la tête a dégonflé, Perle a retrouvé l'usage de sa bouche et a pu se nourrir un peu. Au bout de quinze jours, l’œdème de la tête avait pratiquement disparu, celui de la jambe a mis plus de temps à se résorber. Perle semblait sauvée. Un mois après, elle restait avec le nez et la bouche tordue. Le diagnostic est une paralysie faciale mais qui peut avec un traitement s'atténuer. Je lui ai administré un traitement par piqûres efficace. A ce jour, sa tête est presque normale. Perle reste ici, nous l'avons rachetée, nous n’avons pas voulu qu'elle soit attachée à nouveau. La personne qui l'avait est quelqu'un de très gentil mais qui n'a pas de structures (box ou extérieur) permettant une vie dans de bonnes conditions. Maintenant, elle est dans un parc avec Hard-Rock et cela se passe bien. Je tiens à préciser que le rachat de Perle s'est fait grâce à toute une équipe de jeunes qui ont organisé un concert de rock. Les bénéfices ont été reversés pour le rachat de Perle, l'argent manquant a été rajouté par Marina de Caluire qui est donc sa marraine. Merci à tous.
Novembre:
Nous adoptons Onyx, un petit chaton qui partait pour la S.RA. La présidente de la S.RA, dont le surnom est la "bouchère", a été mise en examen. Quand j'ai su que le petit Onyx partait pour la S.P.A je me suis dit que cela allait faire un cadavre de plus. Il est vrai qu'avec la prétendue épidémie de rage dans le Gard, les euthanasies allaient bon train. En fait, il n'y a eu qu'un seul cas de rage qui n'a d'ailleurs pas été absolument prouvé. Nous pensions placer le très joli petit Onyx, au pelage semi angora.. Le premier soir, il a trouvé le chemin de notre lit et quelques jours après, mon mari et moi décidons qu'il n'était plus à adopter: il est vraiment trop mignon.
Le lundi 9
Nous avons une équipe de Suisses allemands, des amis de mon gendre Christian, ce sont des spécialistes des pieds des chevaux. Il y a un maréchal-ferrant et une podologue pour chevaux. Cette dernière spécialité n'existe pas en France mais en Suisse elle commence à être reconnue. Ils ont fait un excellent travail pendant la durée de leur séjour: deux semaines. Merci à la charmante Magna la podologue et à Willy le formidable maréchal-ferrant. Les pieds de nos protégés ont été particulièrement bien soignés. Cette prestation a été très constructive pour eux aussi: ils ont pu voir des cas de pieds vraiment spéciaux, souffrants de pathologies très différentes et peu répandues.

Le samedi 13 novembre
Le téléphone m'apprenait qu'un petit cheval blanc, genre Camargue, était couché dans la boue. Il faisait très froid. Ce petit cheval semblait agonissant. Le Monsieur qui me prévenait, insistait sur l'urgence de la situation, il ne pouvait entrer dans la cour où le cheval gisait. Il pouvait seulement constater quelques mouvements spasmodiques des membres. Il était très inquiet. Nous prenons rendez-vous pour 13 heures afin qu'il nous conduise sur les lieux. Je peux prendre conscience, en effet, de la gravité de la situation. Je demande à une voisine de nous laisser entrer dans sa cour pour pouvoir pénétrer dans la cour où le cheval se meurt. Il était comme raide mort, les muqueuses blanches, le pouls filant, dans la boue, complètement glacé. C'était un dimanche: je ne pouvais pas avoir de vétérinaire. Mais il était évident qu'il fallait d'abord sortir ce cheval de là. Nous avons supplié la voisine de nous aider, elle nous a procuré les clés, le propriétaire était absent, il était en Espagne. Nous sommes rentrés au centre pour mobiliser tout le monde, nous avons même pris le tracteur parce que malgré nos efforts le cheval ne pouvait se relever. Nous avons dû le sangler, le relever avec la fourche du tracteur avec laquelle nous avons pu le déposer dans le van pour pouvoir le ramener au refuge. Il était si glacé qu'avant de faire quoique ce soit nous avons dû le réchauffer, faire circuler le sang, lui faire des piqûres pour essayer de redonner vie à ce petit corps inerte. Les yeux fermés se sont verts progressivement, il nous a vu l'un après l'autre, il paraissait heureux qu'on s’occupe de lui, il semblait reprendre goût à la vie. Nous l'avons ramené à la maison, suspendu dans un box aménagé pour Croquette, qui nous a servi pendant une longue semaine. Sous perfusion, il a commencé à retrouver une forme de cheval et à reprendre un peu de vivacité. Son installation a été très difficile. Pendant les jours qui ont suivi il a fallu des soins très intensifs et cela jusqu'à la veille de Noël, où il a fait une thrombose, près de la mort encore. J'ai dû passer la nuit, ça a été terrible, à nouveau comme mort, il a fallu le soutenir par tous les moyens afin que la vie puisse renaître. Je précise que ce cheval avait les os et la peau lorsque nous l'avons recueilli. L’analyse de sang mettait en évidence une anémie gravissime c'est pourquoi il a été si difficile de le faire récupérer. Mais en Janvier il était déjà bien mieux et début février il était tout rond. Malheureusement, il souffrait également d'emphysème. Ce cheval qui n'avait jamais été soigné souffrait d'un peu tout. Lorsqu'on arrivait à vaincre une pathologie, c'était une autre qui prenait le dessus et c'était fort compliqué pour Prince, qui était devenu notre Petit Prince. Le Petit Prince a eu beaucoup de mal à se remettre mais il s'est bien remis. Les propriétaires possédaient un deuxième cheval: Full qui était dans le même état que lui mais qui n’était pas encore tombé à terre. Je leur ai donc demandé de me le confier. Dans certains cas, il vaut mieux discuter avec les propriétaires pour sauver les animaux avant qu'il ne soit trop tard plutôt que de faire une action en justice qui peut durer tellement longtemps que les chevaux ont largement le temps de mourir. Je n'ai pas déposé de plainte, j'ai préféré le don des chevaux à l'association.
Le mardi 24 novembre
Nous allons récupérer Full, le copain de Petit Prince, atteint de cachexie: maigre jusqu'à la fonte musculaire. Dès qu'il est arrivé, il a eu droit à beaucoup de soins. Aujourd'hui, il est tout rond. Il était beaucoup moins atteint que Petit Prince, il n'avait pas de pathologie grave, l'anémie a été vite enrayée par les vitamines, les oligo-éléments et autres bons soins.

Le mercredi 25
Notre terrain prend un aspect féerique. Le gel a fait éclater les tuyaux et sculpté des geysers glacés et figés de trois ou quatre mètres de haut. Les gens s'arrêtent sur la route tant le spectacle est magnifique. Beau, certes, mais pour nous c'est la galère encore une fois. J'ai dû racheter, ce jour-là, pour presque 10 000 francs de tuyaux pour pouvoir remettre les circuits d'eau en place afin que les chevaux puissent boire. Cet hiver a été particulièrement froid et... si nous n'avons pas été gênés par les pluies habituelles, nous avons subi les inconvénients provoqués par les grands froids. La sécheresse qui s'est installée risque d'ailleurs d'être grave de conséquence: l'herbe sera rare si elle se prolonge.
Le lundi 30 novembre
Nous apprenons que plusieurs centaines de personnes ont été intoxiquées par de la viande de cheval à Toulouse. Je suis désolée mais au risque de déplaire à certains d'entre vous, j'ai été ravie. Il me semble anormal de manger des animaux domestiques. Mangeriez-vous votre chat, votre chien ? Nous devons tout au cheval y compris notre survie. Des siècles durant il a labouré pour nous, il nous a transporté où nous voulions, il a permis que nous ayons des nouvelles ou que nous en donnions, il a participé à nos guerres, partout et toujours, avec nous. J'espère que les intoxiqués de Toulouse seront guéris à jamais de lui prouver notre reconnaissance en le mangeant.
Le lundi 21 décembre
Rien de bien spécial, sinon un mistral glacial inhabituel qui souffle à 150 kilomètres heures. Dans la plaine rien n’arrête le vent. On est très mal, le travail dehors est particulièrement difficile. Les chevaux face au vent résistent. Eux sont bien protégés, ils ont leur gros poil d'hiver et pour les plus fragiles de grosses couvertures. Quant aux très fragiles, ils sont à l'intérieur.
Le ieudi 24 décembre
Des matériaux ont été offerts par une adhérente bienfaitrice. Jean-Claude a aussitôt commencé un travail de construction de box et après quelques semaines quatre nouveaux box sont achevés. Ce jour prend des allures de fête inaugurale, nous sommes heureux de pouvoir rentrer quatre chevaux de plus.
Nous arrivons aux fêtes de fin d'année, qui ne représente pas grand-chose pour nous. Les animaux ont besoin de nous jours et nuits. A Pâques, Noël ou la Trinité nous nous levons aux mêmes heures que les jours non fériés. Tous les gens qui s'occupent d'animaux le savent: c'est presque un sacerdoce. Je remercie tous ceux qui m'ont envoyé de magnifiques cartes de Noël, de voeux qui ont pensé à nous souhaiter une bonne année. C'est très délicat de leur part et je les en remercie. Puisque j'en suis aux remerciements, je me dois de remercier les fondations amies: Trente millions d'amis, la fondation Bardot, la fondation Bourdon, chacune d'entre elles nous a payé un voyage de foin, ce qui nous a rendu un grand service dans les moments difficiles. La fondation Bourdon nous aide aussi, d'une autre façon. Pour nous c'est réconfortant de savoir que nous sommes soutenus par ces fondations. Merci pour ces dons, qui sont vitaux pur nous. Nous remercions aussi Monsieur Baudot, notre négociant en foin , qui fait preuve toujours d'une immense patience. Nous sommes constamment en compte avec lui. Notre dette diminue assez peu puisque nous avons toujours besoin de ses services et surtout de ce qu'il nous livre.
Merci également à la maison Quintane qui livre le grain. Ils sont toujours très prompts à répondre aux demandes de dernières minutes et ne nous harcèlent pas pour un paiement rapide des factures.
N'oublions pas dans ses remerciements la Société Civile Immobilière (société LPA investissements pour la protection animale) en la personne de Madame Collière pas plus que Messieurs Dardaine et Tardieu dont nous utilisons gracieusement les terres attenantes aux nôtres.
Disons également un grand merci à notre Banque La Société Marseillaise de Crédit, et particulièrement à son directeur que je remercie personnellement d'avoir compris le sens de notre oeuvre. Depuis que nous avons ouvert trois comptes (toute la famille est cliente à la banque), nous n’avons jamais eu de mauvaises paroles et vraiment tout le monde a été très compréhensif. Cette banque est maintenant un partenaire efficace et indulgent.
Merci à nos deux vétérinaires équins: Christophe Pélissier et Charles Balmer, les indispensables, qui eux aussi attendent parfois leurs honoraires. Ils savent qu'ils sont toujours payés mais quelques fois l'attente dure quelques mois, surtout dans les débuts d'année difficile que nous vivons actuellement. Ils continuent à nous fournir les vermifuges, les médicaments. Pour tout cela merci infiniment.
Merci aussi à Valérie Gérard, notre véto chien, chat. C'est une fille absolument adorable que nous n'hésitons pas à déranger le dimanche et les jours fériés et qui nous rend aussi bien des services.
N'oublions pas Maître Olivier MASSAL qui continue à défendre l'association contre les tortionnaires, tout à fait gracieusement. Merci surtout à chacun de vous. Chaque adhérent mérite un grand merci. Pourtant je dirai spécialement merci à nos adhérentes bienfaitrices qui ont fait en sorte que beaucoup plus d'animaux soient abrités, qui nous ont offert des matériaux, de quoi faire des box. Mille fois merci à vous tous. Au moment des fêtes, il faut absolument parler de Mary, une grosse jument, qui allait être tuée à l'abattoir bien qu'elle soit gestante de presque neuf mois.

Le premier janvier
C'était notre cadeau du jour de l'an. Pourquoi allait-elle être abattue si près de la délivrance ? Tout simplement parce qu'elle était en train de devenir aveugle. Elle avait déjà perdu un oeil et l'autre est pratiquement perdu. L’œil aveugle souffrait d'une pathologie un peu délicate et nous avons dû faire opérer cet oeil droit. L’œil gauche subit les mêmes attaques et Mary sera bientôt complètement aveugle. Ce qui ne l'empêche pas d'être une jument adora­blement gentille qui restera au centre. Aveugle ou pas elle a le droit de vivre. Elle est très heureuse avec nous et elle va nous donner un petit poulain qui sera un rayon de soleil et que nous attendons avec impatience.
J'en profite pour vous donner des nouvelles de Marie-Lou, la petite pouliche de Croquette. Elle est devenue fort jolie, elle est mignonne comme tout: c'est une petite chipie, extrêmement vive, qui ne ressemble pas vraiment à Croquette bien qu'un petit quelque chose dans la tête montre la filia­tion. Elle est beaucoup plus fine. En fin d'année, avec son gros poil d'hiver on aurait dit un poney. A l'arrivée du printemps nous l'avons tondue, rentrée, traitée parce qu'elle avait quelques poux. Une fois tondue, elle ressemble à un petit cheval de selle, elle est très mignonne, tout à fait adorable et je pense que Marie-­Lou ne sera ni placée, ni vendue parce qu’elle per­pétue le souvenir de sa maman Croquette que j'ai tant aimée, tant regrettée et même si elle fait partie des chevaux bien portants, elle restera là. En tout cas c'est mon souhait.
Il me reste à vous donner des nouvelles des chevaux d'abord les vieux de la vieille: Grisou, Jacquinot, Sultan sont toujours là. Comme vous le savez Ourasi nous a quitté. Pueblo est dans sa trente quatrième année, Fly, lui atteindra 38 ans cette année 99, Goussa, la petite pur-sang. arabe va toujours bien. Ele fait toujours l'objet d'une instruction judiciaire. Nous attendons toujours le jugement d'appel depuis 92. Quant aux petits ânes, ils sont toujours là. Ils sont en bonne santé, même la vieille Fanny qui à 38 ans va très bien. Je pense qu'un jour ou l'autre le tribunal se décidera à juger cette affaire. En attendant les ânes sont là, ils sont bien mignons. Il y a aussi Hard-Rock, tou­jours avec ses tumeurs sarcoïdes mais qui ne va pas plus mal. Il a toujours très mauvais caractère. Tant qu'il a son mauvais caractère, c'est qu'il va bien. Eole va bien également. Chez les vieux, on est plutôt en forme. Nous vous avons parlé des chevaux que nous avons perdus. Roturier, réformé des courses qui était arrivé en 97 a eu beaucoup de problèmes de santé cette année. C'est un cheval très délicat, extrêmement doux qui préfère les câlins à la mangeoire.
C'est assez rare mais c'est comme ça. Il nous a donné beaucoup de souci. Il a un régime très spécial, il mange peu, il faut toujours être là pour regarder s'il a fini. C'est un cheval particulier mais je crois qu'il ne va pas trop mal. Une place est réservée pour un vieux cheval de trente ans qui devrait arriver prochainement. C'est un cheval qui a travaillé toute sa vie dans un centre équestre, jusqu'à l'année dernière. C'est dire qu'il a travaillé très tard. Je ne pense pas qu'il soit normal qu'un tel cheval parte à l'abattoir. J'attends son arrivée: il vivra ce qu'il vivra, une ou plusieurs années mais il mérite une retraite heureuse après de si longs et loyaux services. Il s'appel­le Damier. Je continue à réduire les arrivées de chevaux, c'est obli­gatoire pour la bonne marche du centre mais c'est toujours avec un gros poids sur le cœur que j'en refuse quelques-uns. J'espère que je n'aurais pas trop de propositions cette année. Souvent lorsqu'ils sont vieux, il faut les racheter et nos moyens ne nous permettent plus de racheter les chevaux à la boucherie. On peut seulement le faire ponctuellement.
Il y a aussi tous les chiens et chats, je dois en refuser souvent. Il me faut aussi vous donner des nouvelles de Stéphan qui a passé quatre ans chez nous et qui n'est pas revenu en 97. J'ai eu des nouvelles une fois, il avait trouvé du travail dans le Périgord. Je com­prends très bien que Stéphan ait envie de vivre une vie de jeune, d'être plus libre. Ici c'est un peu le bagne pour des jeunes de 20 ans. On peut com­prendre qu'il ait le désir de voir autre chose. Je remercie Stéphan pour les quatre ans qu'il a passés ici et peut-être un jour passera-t-il nous dire bonjour. Les effectifs sont réduits: nous avons quand même notre ami Etienne qui est un Monsieur de plus de 60 ans qui, c'est bien normal, n’a pas l'énergie de Stéphan mais qui remplit son rôle, plutôt bien et que remercions aussi. Le travail est énorme. Pour ma part, je suis extrêmement fatiguée mais je tiens le coup. Je me sens quand même bien aidée morale­ment et financièrement par vous tous. C'est un grand réconfort de savoir que beaucoup de personnes pen­sent à nous. Merci donc de vos lettres magnifiques, de vos coups de téléphone chaleureux, de votre aide financière.

Vous savez qu'il est important pour moi que le centre soit un lieu agréable pour nos animaux et pour nous bien sûr puisque nous y vivons tout au long de l'année. Je tiens à ce que le refuge soit un exemple de propreté. C'est vrai que ce n'est pas simple, nous ne sommes pas assez nombreux. Il y a tant de priori­té dont ces enquêtes qui me prennent tant de temps.
Je suis sans arrêt appelée à droite, à gauche pour des réalités complètement lamentables. Il y a certaines enquêtes auxquelles je ne me rends pas. J'ai honte de le dire mais je ne peux pas aller partout. Certaines demandent de faire de longs déplacements dans le Vaucluse, dans la Lozère, dans l'Aveyron: ce n’est pas toujours facile. Je fais comme je peux: lorsqu'il y a un choix à faire entre les soins urgents à donner et une enquête, je choisis prioritairement de sauver les chevaux ici. Dans chaque bulletin, je dis un petit mot sur mon mari, Jean-Claude. Cette fois je voudrais en dire plus. Il mérite notre considération d'abord parce qu'il me supporte. Il a supporté le fait que je commence à prendre 5 chevaux puis 10 puis ... jusqu'à 130, sans compter les chiens, les chats et un refuge. Il a parfois râlé un peu mais vraiment très peu. Peu d'hommes auraient supporté autant de charges. Il y a un deuxième raison à cette grande considération pour Jean-Claude. Dès qu'il a terminé le travail à son cabinet dentaire, il se transforme en menuisier, en ébéniste, en plombier. Il assume tous les corps de métier possible et imaginable. Ce n'est pas un bricoleur mais un perfectionniste qui a construit des box qui sont de petites merveilles. Je vous invite à venir voir. Il sait absolument tout faire. Il a posé des canalisations partout pour abreuver les chevaux. En ce moment nous avons posé des abreuvoirs automatiques, nous espérons, avec l'argent qui rentrera des cotisations, pouvoir acheter d'autres abreuvoirs automatiques: les corvées d'eau, tous les jours, prennent un temps considérable. De plus en plein été l'eau manque souvent dans les récipients (les chevaux donnent des coups de pieds dedans, les cassent ou les renversent). Pour le bien être de nos protégés et pour nous éviter aussi ces tours de rein dus à la manipulation de gros bidons de 30 litres ce serait beaucoup plus fonctionnel d'avoir des abreuvoirs automatiques dans la plupart des parcs. Il y aura donc ce travail de pose à faire, d'autres chemins sont à aménager.
Si un petit bout de chemin a été fait, il y en a beaucoup d'autres qui sont encore impraticables l'hiver et qui nous posent de gros problèmes. Cette année nous n'avons pratiquement pas eu de pluie mais pendant quinze jours nous avons eu beaucoup de mal à monter dans les près du haut, nous avons dû descendre les chevaux. Cela aussi va être un chantier à entreprendre. Par ailleurs, si nous voulons obtenir un permis de construire, il nous faut aussi agrandir notre mare pour faire une pièce d'eau qui soit une réserve utilisable éventuellement par les pompiers. C'est aussi un problème d'argent le devis est de 300000 francs pour faire cette pièce d'eau. Tous ces aménagements posent problèmes, demandent de gros investissements. Quant aux conduites d'eau qui gèlent régulièrement nous aimerions en enterrer une grande partie afin d'éviter ce genre de problème, ce qui à long terme serait moins coûteux que le remplacement épisodique des conduites. Quelques enclos en bois, différents des parcs en fils électriques sont aussi à refaire: nous avons souvent des chevaux et surtout des poneys qui ne respectent pas l'électricité, il nous faut pour eux des enclos: parcs en bois qui sont aussi utilisés par les vaches. Il en faudrait davantage. Cela fait partie des projets de construction.. Un petit local de douche avec toilettes serait indispensable pour les bénévoles. Je ne dispose que de deux pièces et c'est le défilé pour aller à la salle de bain. Ce n'est pas que je sois "la fourmi pas prêteuse" mais c'est vrai qu'à "nos âges" mon mari et moi avons besoin d'intimité et que ce n'est guère agréable pour les bénévoles d'avoir à nous envahir. Quant à la douche pour les chevaux, surtout réservée à ceux qui ont des problèmes de jambe, (or ici ils sont nombreux ce qui la rend indispensable) sa construction sera mise en route mi-avril grâce à une adhérente qui s'est proposé pour la financer. Bien sûr, en attendant nous utilisons le pis-aller du tuyau d'arrosage peu pratique, les chevaux et nous pataugeons dans de la boue qu'ils projettent généreusement sur nous, après quoi nous n'avons plus besoin de tenue de camouflage! Quand on pourra disposer d'une douche couverte, utilisable même par temps de pluie, avec un sol en dur et un écoulement ce sera formidable. Merci à la merveilleuse donatrice qui assure ce financement, ce n'est d'ailleurs pas son premier geste, nous la remercions infiniment. Nous espérons pouvoir faire une douzaine d'abris, minimum pour espérer pouvoir abriter presque tous les animaux. Les chevaux Camargue ne craignent pas grand-chose et peuvent attendre une année encore, à part Gilou, cette Camargue un peu moins en santé et que nous rentrons régulièrement quand il est fait très mauvais, mais les autres sont très heureux dehors. Nos "tout rond" galopent allègrement sous la pluie. Dans les prévisions de travaux, il faut aussi que je note une éventuelle clôture. Nous avons une grande partie de la propriété clôturée avec du grillage. Nous aimerions continuer cette clôture, pour éviter toute errance des chiens et pour que les chevaux lorsqu'ils cassent les fils électriques des parcs soient contenus dans la propriété, sans aucune possibilité d'accès à la route. A ce jour, nous n'avons jamais eu de chevaux tués sur la route alors qu'autour de nous cela arrive très fréquemment. Les gens ont 1 ou 2 chevaux, et ne sont pas capables de les garder chez eux, c'est dramatique. Cette clôture serait une sécurité nécessaire. Les projets d'aménagement ne manquent pas et j'en oublie.

Je voulais vous reparler de quelques chevaux qui mangent l'écorce des arbres et qui les font mourir. Cette manie se transmet aux autres chevaux, beaucoup de nos grands chênes blancs ont été abîmés. Maintenant nous les protégeons en entourant les troncs de grillage. Cela coûte cher d'autant que nous avons dû le faire faire par manque de temps. Grillage, main d’œuvre, ça chiffre vite! A terme tous les arbres seraient morts et il n'y aurait plus, dans les parcs, un brin de cette ombre si nécessaire dans une région qui vit des chaleurs caniculaires en été. Les frais ne manquent pas, mais je suis sure que vous êtes conscients de nos difficultés pour faire tourner, dans les meilleures conditions, un refuge aussi important que le nôtre. Je ne vous rappellerai pas dans chaque bulletin tous nos frais fixes dont vous avez une idée.
Cette année il nous faut aussi changer le van, le nôtre a beaucoup trop servi, le toit s'est ouvert en passant sous un pont légèrement trop bas, il prend l'eau, il est vraiment très abîmé par l'usage intensif.
J'aimerais aussi construire une petite buvette pour le printemps et l'été. Nous avons pas mal de visite, il serait intéressant de vendre quelques boissons comme nous le faisions au Marican. ce ne sont pas ces recettes qui nourriront nos animaux mais cela permettrait de donner un peu d'argent de poche à nos jeunes.

Délibération pour l'affaire de Monsieur Cruze de Saint Laurent d'Aigouzes, ce Monsieur a eu 10000 francs d'amande et 6 mois de prison avec sursis. Ce qui est proprement scandaleux. C'est ­un jugement dont l'intéressé peut se moquer absolument. Prison avec sursis bof ! Quant à l'amende, il a tellement gagné d'argent avec la revente de ses chevaux que c'est parfaitement dérisoire. Le sort de ces malheureux chevaux avait tellement apitoyé toute la France, que les gens se sont déplacés de ses quatre coins pour les racheter. Quand on y pense, loin de lui coûter, il sort grand bénéficiaire de cette horreur. "Le jour viendra où le fait de tuer un animal sera condamné au même titre que celui de tuer un humain" écrivait Léonard de Vinci. Cinq siècles ont passé et nous devons attendre encore. La société n'exige toujours pas que les hommes soient plus humains...
Ce mois de février
Nous faisons une demande de subvention au conseil régional pour l'aménagement d'une réserve d'eau qui permettrait d'obtenir un permis de construire en dur, qui nous a été refusée pour manque de sécurité incendie.
Ce bulletin est la seule liaison entre vous et nous. Il est aussi un appel à cotisation. Pour tous ceux qui ont déjà envoyé leur cotisation avant la réception du bulletin, cet appel n’a pas lieu d'être, encore que si vous le souhaitez.... quant à vous qui attendez le bulletin nous comptons sur vous, vous êtes le cœur de ce refuge qui ne peut vivre sans vous. Nous vous remercions de ne pas ranger ce bulletin au fond d'un tiroir. Merci, à tous ceux qui nous ont beaucoup aidé et merci à ceux qui vont le faire. Je ne suis que le porte parole de tous ces animaux qui sont si reconnaissants.
Nous vous invitons à la traditionnelle assemblée générale fixée, cette année, au samedi 3 juillet au refuge même. Cette date correspondant au début des vacances pourrait permettre à certains d'entre vous de faire partie des nôtres.... J'espère vous gâter un peu avec le dépliant couleur, qui toujours grâce à mon gendre imprimeur, ne coûte pas grand chose.
A bientôt, à l'année prochaine. J'espère que vous serez satisfaits de ce compte rendu. Je fais ce que je peux, je l'ai déjà dit, je ne suis pas une grande intellectuelle, ce n’est pas facile de mettre en place ce bulletin, vous pardonnerez mes maladresses.
Je vous embrasse tous, à bientôt j'espère.

Paula Loïs

Dernière minute : France 3 est venue faire un reportage au centre qui passera sur cette chaîne lors de l'émission Le magazine du cheval qui a lieu le samedi à 14 h. Nous n'avons aucune idée de la date de diffusion, probablement en mai ou juin­, mais un peu de vigilance vous permettra de remarquer sur vos journaux spécialisés cette date.
Dernière minute: Damier est arrivé, nous sommes tranquilles et rassurés sur son sort, il est au centre. Il est un peu maigrichon, j'espère le remettre en état.