Le 11 février 2000:

                  Chers amis (es)

C'est toujours une grande décision que celle de commencer le nouveau bulletin et c'est aujourd'hui le 11 février 2000 que je me jette à l'eau ! Il faut dire que les conditions sont réunies ; en eftet je suis à la clinique et j'ai tout le temps de noircir du papier du fond de mon lit. Rassurez-vous, la petite intervention chirurgicale que je viens de subir est sans gravité, mais elle était nécessaire. Il est vrai qu'au début du mois j'ai été mordue assez violemment au ventre, par un petit étalon, si chaud que ça lui monte un peu au cerveau malgré ses 25 ans bien sonnés.
Bien sûr je ne suis pas assez méfiante et, si la plupart de nos protégés sont des amours, il y a quand même un petit pourcentage d'exeptions qui confirment la règle et c'est à nous à rester vigilants.
Nous voilà donc ensembles pour un bon moment, le temps d'un compte rendu de l'année 1999, pour parler de nos soucis, de nos peines et aussi du plaisir de vous avoir, vous tous qui nous aidez à poursuivre cette oeuvre, par votre contribution et par vos gentilles lettres qui mettent un peu de baume au coeur. Sachez que je les lis toutes, qu'elles soient longues ou courtes, avec le plus grand intérêt, même si je ne réponds pas toujours, faute de temps.
Nous avons débuté l'année 99 par l'arrivée de Marie dont je vous avais touché un mot dans le bulletin précédent. Sa vue est très faible, elle a perdu un oeil et le deuxième est très diminué, elle sera aveugle d'ici un an ou deux et son ventre est si gros, malgré la maigreur de son échine, que nous sommes tous persuadés qu'elle est "gèstante ". Eh bien c'est une erreur, Marie ne nous fera pas un bébé, mais la voilà tranquille au refuge pour une retraite bien méritée, après je pense, une vie de poulinière à grand rendement à cause de son ventre si déformé.

Le 8 janvier

Nous accueillons MIRKA une petite jument d'une extrême maigreur. Elle appartient a une jeune femme charmante qui par compassion, avait soustrait cette jument à une vie misérable de poulinière en Italie et elle l'avait ramenée en France pour lui assurer un pré­retraite décente en la mettant en pension dans un centre équestre du coin. Repartie en Italie , elle payait régulièrement la pension de sa protégée mais, chaque fois qu'elle venait en France elle la trouvait amaigrie, jusqu'au jour où elle m'appela pour m'exposer son problème.
Etonnée par son histoire, j'accepte de prendre MIRKA et bien qu'avertie, je reste stupéfaite à la vue de la jument, elle a les os et la peau, un poil affreux, ses postérieurs vont dans tous les sens, elle semble souffrir d'un problème de moelle épinière et en plus elle est crottée de la tête au pied. Après avoir fait venir le vétérinaire nous apprenons par les analyses de sang, que le taux d'anémie est si élevé, que limite pour sa vie et qu'elle est infestée par les vers. J'ai du mal àcomprendre comment on peut si mal entretenir un cheval dans un établissement spécialisé et qui, de plus, encaisse une coquette pension. Aujourd'hui MIRKA a retrouvé une santé de fer, des rondeurs qui lui vont à merveille et la joie de vivre.

Le 10 janvier
Le temps se gâte, il neige toute la journée en bourrasques de vent et c'est bien sûr pour nous la galère! Le paysage est magnifique, les chevaux sont heureux de se rouler dans le linceul blanc, les plus fragiles sont enfermés et le travail dans le froid est bien pénible.
Le 17 la neige fond sous une pluie diluvienne, cette fois la blancheur a laissé la place à la boue et nous " gadouillons " ardemment!
Le 18, le vétérinaire opère l'oeil de Marie, tout se passe bien, c'est une bonne chose de faite.
Puis le 20, c'est le drame, nous découvrons la jument MALIKA en colique, elle se roule dans la boue glacée à côté de son box. De son parc, trop loin de la maison, je n'ai rien entendu et nous lui portons secours un peu tard, j'en suis bien consciente. Ses coliques sont très violentes, je lui fais une injection antispasmodique avant l'arrivée du veto. Plus tard elle est mise en perfusion, soignée je la surveille toute la nuit, mais je dois me battre avec elle pour qu'elle reste tranquille. Elle arrache la perf, il faut recommencer deux fois, la souffrance la rend folle je dois sortir du box par sécurité, elle s'éteint une heure après. Je suis en larmes, je pense à son propriétaire qui l'aime tant, j'imagine le chagrin qu'il va avoir. Elle était en pension pour la retraite avec son copain MIAMI, qui se retrouve seul, sans sa vieille amie. Nous avons été impuissants et ça me catastrophe. Je voudrais les avoir tous, autour de ma chambre pour les surveiller d'un coin d'oreille, mais la propriété est grande et c'est impossible.
C'est le début d'une série noire dans un froid glacial, cette fin janvier a été un vrai cauchemar
Le 22, notre BLIZZARD dont vous connaissez l'histoire, n'arrive plus à marcher Je fais à nouveau venir le véto, les résultats de la radio sont inquétants. Diagnostic : fracture d'appui. C'est très grave, car son autre postérieur déjà très abimé et opéré, il ne peut supporter le poids du cheval. Immobilisation, anti-inflammatoires et soins sont au programme. Je ne suis pas très optimiste.
Le 23 la série noire continue SKIP, grand "selle Français" retraité n'est pas bien . Je le rentre au box. Les vétos sont très occupés, c'est le weekend et je prend l'initiative de le soigner moi même car SKIP se met très vite en colique et le temps est court, il a une forte température, ses muqueuses sont jaunes, je diagnostique une pyroplasmose déclenchant une violente colique. Je lui administre des calmants, le sonde par l'oesophage lui injectant de l'huile de paraffine, le soir il va un peu mieux, le véto a pu se libérer, SKIP est en perfusion.
Je le veille toute la nuit et il accepte les soins. Tous les aspoirs sont permis. Pour ma part, je suis très fatiguée et frigorifiée, les nuits d'hiver dans les box me sont chaque année un peu plus pénibles.
Le 26 SKIP va beaucoup mieux, le 27 il est tout a fait bien. Les traitaments ont été efficaces et surtout SKIP a accepté les soins, de ce fait il a mis les chances de son côté, OUF! Jusqu'au 31 le mistral glacial souffle à 100 à l'heure c'est insupportable, nous sommes gelés et je plains les chevaux qui sont dehors. Pendant 4 jours nous n'aurons pas une goutte d'eau, tout est gelé, la nuit il fait moins 11. Les transports de bidons recommencent, il faut aller chercher l'eau au village!

Le 13 Février
Nous accueillons TICHOU, un poulain de trait, né à l'élevage pour la viande des Pyrénées Orientale. Celui la est sauvé il est acheté par un de nos vétérinaires Charles BALMER il est au refuge pour 3 mois. Ensuite il ira vivre en Normandie chez les parents de Charles.

Le 22 Février
Je suis appelée à St­ MARTIN à 15 km de chez nous où un soit disant éleveur possède un énorme troupeau de chevaux, plutôt en mauvais état, je vous en ai déjà parlé dans les bulletins precédents et, malgré une surveillance régulière et déjà quelques dépôts de plainte, les poulains continuent à naître et quelquefois à mourir. Aujourd'hui j'arrive sur le terrain pour constater 4 chevaux morts, c'est horrible, la Direction des services vétérinaires est sur place, tout le monde discute, j'aperçois le propriétaire qui gesticule, les autres
chevaux circulent en évitant les cadavres de leurs congénères. Quel triste tableau, quelle indifférence! Je dépose plainte une fois de plus et demande une autopsie en urgence à Mme le Procureur. Ma demande est accordée mais l'autopsie ne se fera jamais, les services vétérinaire ont refusé de la faire et tout tombe à l'eau. La mort de ces 4 chevaux est normale on appellera ça, la sélection naturelle! Difficile de garder son sang-froid dans ces cas là! le Tribunal tranchera.

Le 27 février
Est encore un jour éprouvant, me voilà à nouveau partie sur une enquête du côté de Cabrière, après Nîmes. Je me trouve face à l'ignorance et à la bêtise humaine réunies. Deux juments sont dans un champs pas clôturé, toutes deux sont très grasses, une est au bout d'une chaîne, l'autre gît a terre, elle essaie de lever la tête lorsque je l'appelle puis retombe. J'aperçois ses sabots très longs, retournés en babouche et ses pauvres jambes déformées. Encore une triste vision du cheval de Camargue car ces deux juments sont Camarguaises. Le propriétaire la bouscule un peu, la tire par son licol et d'un coup la jument se lève, elle ne peut avancer, la souffrance lui interdit le moindre pas. Je dois encore parlementer insister, menacer, pour pouvoir emmener DAPHNEE. Monsieur n'a pas les moyens de payer un Maréchal-Ferrant, ni de les nourrir d'ailleurs puisqu'elle se nourrissent de déchets.DAPHNEE souffre de fourbure aiguë, le sang ne circule plus dans ses sabots, les phalanges ont basculé, elle ne peut rester au milieu de ce champ sans soins. Tant bien que mal nous arrivons à décider le propriétaire et DAPHNEE sera chargé avec difficulté dans le van. La suite risque de ne pas être réjouissante.

La première quinzaine de Mars passe plus calmement, le temps de respirer un peu et de recharger les batteries. Tout va à peu près bien, jusqu'au 15 au matin. Nous distribuons le grain, comme chaque jour et, chacun appelle, tape, réclame pour être servi plus vite! Ils sont impatients, après une nuit de repos le petit déjeuner est important. Comme d'habitude j'adresse un mot a chacun, puis, en plaisantant je dit au petit "Prince" qu'il peut attendre son tour car maintenant il est bien rond, rien à voir avec le "squelette" du début! Je remplis mes seaux puis reviens servir. Le Petit Prince est allongé sur sa litière, enveloppé dans sa belle couverture verte, l'angoisse m'étreint, il ne répond pas, il ne répondra plus jamais, son coeur vient de lâcher, il est mort subitement. J'étais si fière et si heureuse de ce sauvetage extraordinaire que je vous relate dans le bulletin précédent, j'ai de la peine à y croire, nous sommes tous chagrinés. Je l'appelais mon "rayon de soleil", il était toujours gai, et si reconnaissant du bien être que nous lui avions redonné. Il n'a passé que quelques mois de bonheur après une véritable résurrection au refuge. Je vous rappelle qu'il avait été trouvé agonisant depuis plusieurs jours dans la boue glacée. Nous ne t'oublierons pas Mon Petit Prince, tu avais réappris à vivre, à marcher avec nous, tu es parti sans souffrance, ton coeur trop éprouvé n'a pas tenu mais tu as été heureux, très heureux ces derniers mois ça, j'en suis persuadée. Une page est tournée.

Du 20 au 22 PUEBLO, notre vieil aveugle, nous fait une grosse frayeur, il est en colique, je passe deux nuits avec lui, il a besoin que je le rassure. Fragilisé par son grand âge, stressé par sa cécité et la souffrance il ne supporte pas que je m'éloigne. Les bons soins du vétérinaire et les miens réunis viendront à bout de ce vilain bouchon dans l'intestin et, le ciel aidant, PUEBLO retrouve sa forme dès le mardi 23. Je suis bien soulagée, car à cet âge rien n'est évident et mon PUEBLO, je l'aime beaucoup!

Le 31 mars

C'est une bonne nouvelle, notre amie Patricia arrive de Lille pour nous aider c'est son deuxième séjour au refuge, nous l'accueillons avec beaucoup de plaisir.
Le plus triste moment du mois d'avril est le départ de Marguerite pour le paradis des vaches. Vous l'avez tous connue, elle a été la vedette de "30 millions dAmis" sur TF1, son sauvetage avait ému beaucoup d'entre vous. Ses deux graves factures du postérieur droit, mal ressoudées avaient évolué en terrible arthrose et notre Marguerite passait ses derniers temps couchée, jusqu'à la formation d'escarres. Dure responsabilité que la décision finale, Marguerite était un peu notre mascotte mais je ne pouvais plus la regarder souffrir, elle était très difficile àsoigner. Encore un bien triste jour, Adieu Marguerite...

Le 27 avril
Je me rends au Tribunal de Montpellier pour le procès RAILLARD en correctionnelle. L'ancien propriétaire de notre bien aimée et regrettée CROQUETTE va enfin se trouver devant les juges...Il est absent à la barre, pas très courageux le tortionnaire, l'affaire est mise en délibéré. Nous apprendrons le 29 qu'il a été condamné à 4 mois de prison avec sursis, 20.000 Francs de dommage et intérêts pour l'association (que nous n'avons toujours pas touché!) et 1500 Francs d'amende.
Certes, ça paraît très peu par rapport au martyre de notre chère CROQUETTE mais c'est un succès comparé aux autres procès. Tout ça ne lui rendra pas la vie et n'effacera pas les cicatrices douloureuses dans mon coeur et dans ma tête.
Le 8 mai
FR3 vient tourner au refuge pour le Magazine du Cheval. Ça restera une journée sympathique, plutôt ludique et ça change les idées.

Le 10 Mai
Je fais venir le véto (ou plutôt revenir!) pour BLIZZARD, il ne peut plus se déplacer dans le box, nous faisons une radio. Je suis très inquiète. Le lendemain les résultats radiologiques sont désespérants: ostéomyélite grave. Nous tentons un traitement très dur, je garde au fond, un peu d'espoir car BLIZZARD est un battant, il est toujours sauvé in-extrémis mais bien vivant. Je le soigne et l'entoure de mon mieux.

Le 15 Mai
Je découvre une petite jument d'une extrême maigreur, couverte de fumier, les yeux hagards. Elle vient d'être recueillie par un jeune couple qui l'a trouvé sur la route. Je l'emmène au refuge où elle recevra tous les soins nécessaires et une bonne nourriture. Je la nomme ESPERANZA car son état critique nous inquiète pour l'avenir. Au fil des jours son corps se transforme, s'arrondit, ses plaies multiples cicatrisent, on finit par la trouver jolie! Elle a reprit un bon moral, mais son caractère restera, je pense... un peu spécial. Pour la petite histoire personne ne l'a réclamée, curieux!

Le 19 Mai
Le ciel se couvre, l'orage gronde et d'un seul coup une terrible averse de grêle nous dévaste tout. Quelle crainte pour les chevaux qui sont dehors, car il faut dire à cet époque de l'année ils sont presque tous dehors, c'est leur voeux!

Le 23 Mai
Nous apprenons par la télé régionale et la presse écrite qu'un picador est mort écrasé par son cheval, pendant une corrida. Il paraît qu'on n'a pas le droit de se réjouir mais, j'ai du mal à faire autrement !
Le mois de juin nous apporte une chaleur étouffante comme chaque année et j'avoue qu'en prenant de l'âge, je la supporte de moins en moins.

Le 13 Juin
Nous découvrons le corps d'un poulain sur le trottoir de la Ville d'Alès à côté d'un container à poubelles. C'est un bébé d'environ un mois, il a une blessure à la tête, qui a peut être provoqué sa mort. On aura tout vu et c'est bien triste, les gens jettent même leurs animaux aux ordures!

Le Mercredi 16
Un de nos chevaux, VAINQUEUR DE LION, trouve une nouvelle famille. Réformé du concours hippique, il avait été sauvé du couteau du boucher. D'une très belle allure "Selle Français" de pure race, il sera le chevalier servant d'une jolie jument grise souffrant de fourbure et de solitude. Ils vont être heureux dans leur montagne, mais... n'auront pas d'enfants. Cette famille d'accueil tout à fait digne de confiance offre à VAINQUEUR de grandes prairies, un bon box et beaucoup d'affection. Merci de tout coeur.
Et pour continuer dans le bon sens, FELIX, un joli Poney très coquin que j'ai personnellement sauvé d'une mort certaine, opéré a Aix en Provence, à la clinique du champs de courses en 1993 alors qu'il n'était qu'un bébé, s'en va lui aussi dans une sympathique famille près de St Jean-du-Gard. Une très bonne nouvelle! Deux adoption en deux jours ; j'avoue que ça fait vraiment plaisir car pour les animaux rien n'est plus appréciable que de vivre entouré d'une famille attentionnée et aimante. Bien sur, au refuge ils sont bien, bien nourris, nous les aimons, mais pour ma part, je ne peux les caliner tous, et chaque jour ils retrouvent une certaine indépendance, c'est l'instinct grégaire qui reprend le dessus et une hiérarchie se met en place très vite. Il arrive souvent que je les change de parc pour que les dominants ne soient pas toujours les mêmes.
Il m'arrive de regarder quelque peu la télé, surtout les actualités et ce 23 JUIN je suis "estomaquée" par une déclaration du journaliste. Image à l'appui, l'INRA (Institut National de Recherche Agronomique) donne l'assurance que les oies gavées ne souffrent pas ! Quel culot, si notre foie ressemblait à celui des oies gavées (foie GRAS) nous passerions un véritable martyre. Comment peut-on lancer sur les ondes de telles affirmations, nous savons tous que le foie gras est un concentré de souffrances, un organe malade au volume multiplié jusqu'à l2 fois. A bon entendeur Salut !

Le 29 iuin

Je pars pour les Pyrénées Orientales chez Cathy, qui sauve les poulains de la boucherie. Je vous ai parlé d'elle dans le bulletin précèdent. Nous redescendons de cette belle montagne dès le lendemain laissant ce troupeau de chevaux demi lourd dans cet endroit féerique. Spectacle grandiose, bonheur des yeux, mais à la sortie les poulains finissent à l'engraissement en Italie, puis sur l'étal du boucher. Depuis plusieurs années, comme vous le savez, grâce à Cathy, les poulains ne connaissent plus les horreurs mais se retrouvent pour une vraie vie de cheval de compagnie dans des familles qui les ont choisis. Bien sûr notre Association contribue à leur placement et ce 29 juin nous redescendons un beau poulain nommé TOTEM du côté de la Lozère. Dans la foulée, Penny nous accompagne, c'est une petite chienne d'à peine 3 mois qui a déjà une patte cassée. De race "Montagne des Pyrénées" elle va devenir énorme et, plus ils sont gros plus le placement est difficile. Enfin ça n'en fera qu'une de plus.
Le 1er juillet

PUEBLO notre très vieux cheval aveugle (34 ans) se fait une entorse en rentrant dans son box, butant sur la petite marche, chose qui n'était encore jamais arrivée, il garde son pied en l'air, il n'est pas bien. Vu son très grand âge je suis très inquiète. Une entorse chez un très vieux cheval est souvent fatale. Nous avons beau nous dire qu'il est à la fin de sa vie, c'est difficile de se résigner C'est un cheval exeptionnel qui a vécu sa cécité avec une grande intelligence, chose qui n'est pas évidente chez tous les chevaux. Le lendemain PUEBLO est couché, n'ayant pas l'appui sur son postérieur il ne peut se relever malgré les anti-inflammatoires. J'appelle le vétérinaire, nous le levons au palan, PUEBLO fait une fois de plus, preuve d'un grand courage et d'une grande volonté.

Le 3 juillet
C'est l'Assemblée Générale, sous une chaleur torride. Nous sommes environs 25 participants. Ce dont nous avons parlé vous le retrouverez dans le bulletin, les différentes actions, les déficits financiers, le surcroît de travail, les joies de voir revivre certains et les peines de voir partir d'autres. Nous évoquons aussi la difficulté à trouver des bénévoles.

Le 7 juillet
PUEBLO se recouche il a lutté pour rester debout mais il n'en peut plus, une énorme litière très confortable le reçoit pour un repos qui durera 2 jours, puis nous le relevons au palan car un cheval ne peut vivre couché. Le 15, jour d'anniversaire de Jean-Claude mon mari, PUEBLO est recouché depuis la veille, il sent qu'il ne se relèvera plus et commence à paniquer Je m'installe avec lui, sa tête est sur moi, il me fait confiance et se calme, il fait plus de 30° dans le box, nous sommes en nage, quand j'essaie de me lever il attrape mon tee-shirt avec ses dents, il ne veut pas que je le quitte. Je suis en relation avec le vétérinaire qui ne peut venir, grâce à mon téléphone por­table. Le soir il viendra pour l'ultime piqûre. PUEBLO nous quitte, toute la famille est bou­leversée. D'un caractère       charmant, d'une intelligen­ce rare, il nous aura parti­culièrement marqué pen­dant 14 ans, années où il a été heureux et entouré dans le box le plus proche de la maison. Je le voyais de ma cuisine, quel grand vide!
NIAGARA, jument également aveugle, habituée à avoir sa compagnie dans le box voisin risque de mal supporter le départ de son compagnon d'infortune. Au contraire de PUEBLO, le calme n'est pas sa qualité première et la panique à vite fait de l'envahir. Prions pour que tout se passe bien.
J'enchaîne sans transition avec un événement heureux.. GRENADINE et KIWY, deux petits anes de Provence ont trouvé une merveilleuse famille d'accueil. Je les accompagne dans leur nouveau paradis au coeur de la campagne AIXOISE. Monsieur RADISSON est Ostéopathe, spécialisé en équin et je lui fais une entière confiance ainsi qu'à son épouse. Merci à tous les deux de rendre "nos Amours" très heureux. Dans la foulée après avoir "posé" nos petits je continue avec le van en direction des Alpes de Haute Provence où nous continuons à sauver des poulains élevés pour la viande, je vous l'ai expliqué dans le bulletin précédent. Je redescends KEOPS après un embarquement difficile et très long. Il faut préciser que ces poulains vivent à l'état sauvage avec leurs mères et qu'ils n'ont pratiquement aucun contact avec les êtres humains. KEOPS restera au refuge où il sera éduqué et apprivoisé dans l'attente d'une adoption.

Le 3 août
Nous accueillons un pensionnaire de plus. C'est un vieux cheval de Camargue, très sympa trop vieux pour travailler qui vient passer sa retraite. Bienvenue!

Le 4 et le 5 août
Je fais le voyage avec le van pour transporter 5 chevaux depuis Aigues-­Mortes. Tous les cinq étaient sur un terrain sans nourriture et sans soin. Quatre d'entre eux sont très maigres,
une jument est très boiteuse elle a beaucoup de mal à se déplacer, tous ont les sabots très longs ; il ne sont pas entretenus depuis des mois. Un constat d'huissier est fait sur place, les gendarmes me demandent de les récupérer. Tous les soins seront fait dès le lendemain de leur arrivée. Je vous passerai tous les détails de la maladie d'IRREEL, il était MON cheval, né chez moi, magnifique Selle - Français, plein de vie qui, après une allergie a une piqûre de guêpe, ne survivra pas. L'empoisonnement du sang sera irréversible.
Le 15 août
La réunion de famille pour mon anniversaire ne sera pas aussi gaie car IRREEL n'est pas bien, la suite sera une série d'angoisse.
Depuis que DAPHNEE est arrivée nous avons tenté l'impossible, toutes sortes de prothèses pour ses sabots sont confectionnées, tous les soins vétérinaires sont apportés scrupuleusement, nous la suspendons quand ça va plus mal, nous essayons tout ce qui est en notre pouvoir mais le lundi 30 AOUT, le vétérinaire capitule, il avoue ne plus rien pouvoir et la souffrance est inacceptable. Pour lui, le seul soulagement possible ne peut être que le sommeil éternel, l'acharnement thérapeutique ne peut plus rien lui apporter et la décision sera prise sur le champs.
DAPHNEE s'endormira pour toujours. Elle était encore jeune mais un cheval sans ses jambes ne peut survivre, je suis ar­rivée beaucoup trop tard, comme souvent.

Le 2 septembre
Je retourne chercher deux poulains demi lourd dans les Alpes, toujours avec les mêmes difficultés d'embarquement et un voyage aller-retour dans la journée toujours aussi éprouvant. Je rentre à chaque fois vers minuit complètement épuisée.

Le 4 septembre
Nous accueillons BELINO pour la retraite, en pension cette fois. C'est un immense "Selle -Français" qui a beaucoup travaillé sur les obstacles et ses membres sont très abîmés, tendinite, os naviculaire basculé dans ses sabots il est et restera très boîteux. Dès les 1er jours il est mis sous anti-inflammatoire homéopathiques.

Le 8 septembre
Les travaux d'enfouissement des tuyaux sur la partie du terrain qui est en SCI est terminé grâce à Monsieur DARDAINE et Madame COLLIERE qui les ont financé. Les tuyaux n'éclateront plus sur cette partie du terrain et c'est un grand pas en avant. Merci à tous deux pour cette aide précieuse, une de plus!

Le 11septembre
A lieu à NIMES la manifestation anti corrida annuelle, nous sommes plus nombreux que l'an passé. Encore une fois bravo à Claire STAROSINSKY qui a su orchestrer avec brio cette grande marche pacifique en espérant qu'un jour de tels massacres seront reconnus comme tels, et cesseront à tout jamais.

Le 12 septembre
J'apprends le décès de Monsieur TARDIEU, il était l'instigateur de la SCI dont nous venons de parler à propos des tuyaux enfouis. Très catholique pratiquant il faisait partie de l'Association de "NOTRE DAME DE TOUTE PITIE" et, depuis sa retraite, avait consacré son temps à la protection animale. Chaque partie des terres que nous occupons nous rappelle son bon souvenir. Sa bonté et sa générosité resteront gravées dans nos coeurs. Sa longue maladie nous a beaucoup peinés.

Le 15 septembre
Je me rends à la cour d'appel de Montpellier pour l'affaire DWORSACK cité un peu avant. Il sera condamné, un succès pour nous et la protection animale!

Le 16 septembre
Me voilà repartie dans les Alpes, je ramène deux poulains, deux sauvetages de plus.

Le 18 septembre
Une voisine m'appelle pour son cheval YOYO, il est âgé et je constate une obstruction oesophagienne. Il me faut l'intuber jusqu'à l'estomac, intervention délicate mais efficace, le bouchon est dissout mais j'ai été appelée trop tard et déjà un peu d'aliment est passé dans la trachée artère. Le samedi ce n'est pas facile d'avoir un vétérinaire équin, de toute façon, il n'aurait pas fait plus. Il nous reste a espérer. L'année dernière je l'avais déjà sauvé d'une colique très avancée et il s'en était bien sorti.

Le 19 septembre
YOYO n'est pas bien, je le prends au refuge pour continuer les soins.

Le 21 septembre
Le vétérinaire vient castrer 3 des poulains ramenés des ALPES. Il est bien entendu qu'ils ne rejoignent les familles d'accueil que stérilisés pour éviter la reproduction abusive. Je préfère que ce soit au refuge car les soins ne sont pas évidents sur ces petits sauvageons!

Le 24 septembre
JULIE, une des pouliches des Alpes rejoint sa famille définitive. Elle est accueillie dans une belle et grande propriété en Camargue avec de grandes prairies bien vertes. Je crois qu'elle sera bien.

Le 25 septembre
YO YO ne s'est pas remis de son problème. A 30 ans le vétérinaire a préféré l'endormir. Si nous avons perdu YOYO, nous avons gagné une amie Michèle, sa propriétaire qui a pris conscience du travail que nous faisons et qui nous donne, depuis, un coup de main chaque semaine.

Le 26 septembre
C'est "La Journée Nationale du Cheval" et comme chaque année nous faisons une porte-ouverte. Nous organisons une Paella géante sans viande et nous refusons des couverts! c'est un succès! tombola, nouvelles adhésions plus les repas nous faisons ce jour un bénéfice de 7000 F, buvette comprise, voilà qui va renflouer un peu notre compte "minable".Merci à tous ceux qui nous ont aidé, ce jour où je ne savais plus ou donner de la tête!

Nous attaquons le mois d'OCTOBRE pendant lequel nous avons souvent une très belle arrière-saison mais qui annonce toujours le début de l'automne et des difficultés dues aux intempéries.


Le ler octobre
C'est un jour sympathique: PEARL adopte la famille BARRIERE où elle sera comme une reine, nous leur souhaitons une grande complicité affectueuse. Mais les jours se suivent et ne se ressemblent pas, Le 4, sur dénonciation, je rend visite à un élevage de chevaux à une vingtaine de kilomètres du Refuge. Des poulinières d'une extrème maigreur sont protrées avec leurs poulains en aussi mauvais état que leur mère, un étalon n'a plus que la peau sur les os, ils pataugent dans un cloaque de boue et d'urine. Pas une trace de nourriture à l'horizon, des abreuvoirs nauséabonds, une odeur de misère et d'abandon flotte au dessus de ces pauvres animaux. Il n'y a personne. Seuls les chiens m'accueillent. Le beauceron vient me faire la fête, je le caresse et ma main se colle sur une vilaine plaie infectée sur la joue, il est maigre, il fait mal au coeur. Un autre chien est attaché par une chaîne très courte à une niche en ruine qui s'écroule sur lui. C'est vraiment la cour des miracles. Dès le lendemain je me débrouille pour racheter avec mes deniers personnels, une pouliche squelet­tique d'environ un an. Elle est couverte de petites plaies, un énorme abcès plein de pus situé sous son maxillaire inférieur s'écoule doucement, elle souffre d'une fracture du jarret et d'un gros hématome collecté sur la cuisse. Je me demande si je vais pouvoir la sauver. Pour les autres, j'emmène les gendarmes sur place et dépose plainte, demandant la saisie rapide des animaux. L'éleveur en question est une jeune femme que je connais déjà depuis longtemps pour le martyre qu'elle fait passer à ses animaux. C'est un "Maquignon en jupons"
sans scrupule, cruelle et qui ne connait ni sentiments ni pitié. Elle avait fait déjà la une des quotidiens locaux pour s'être débarrassée de plusieurs cadavres de ses animaux jetés du haut d'un pont. Avec les gendarmes nous découvrons des ossements d'ânes et de poulains sous un tas de fumier. Une journée d'horreur de plus et les soucis      quotidiens qui me rongeront pendant les semaines suivantes pour tous les chevaux qui sont res­tés dans leur misère. Affaire à suivre!

Le 8 et le 9, je conduis JUMP, KEOPS et JIMMY, nos fameux poulains des Alpes, qui rejoignent leur famille d'adoption.
Le 14 j'emmène KIWI et KANGOO deux autres aussi dans leur faimille, tout va bien pour eux!
Le 17 je suis appelée pour deux chevaux en colique. L'un deux est dans un état presque désespéré je suis inquiète mais je tente le tout pour le tout, c'est dimanche et les effectifs vétérinaires sont réduits. Après plusieurs heures de lutte contre la mort, le cheval est calme, il est très tard et je reprends espoir. Le lendemain matin, le cheval est sauvé, c'est une belle victoire!
Le 20 je monte en Haute-Savoie chercher CALINE une adorable jument qui était destinée au couteau, sauvée par des adhérents Parisiens en vacances. Elle est si mignonne qu'elle trouvera très vite une famille.

Le 23 octobre
Je reçois un coup de fil désespéré d'une femme en pleurs. Un homme vient de pendre un petit veau par les pattes arrières et il va l'abattre clandestinement comme il a, paraît-il, l'habitude de procéder Je suis catastrophée par la sauvagerie de mes congénères et demande aux gendarmes d'intervenir. Malheureusement le petit veau sera sauvagement assassiné et je dépose plainte pour abattage clandestin. La voisine qui m'a appelée sera violemment menacée au point d'être obligée de déménager dans la semaine suivante. Elle n'a pas osé déposer plainte craignant pour sa vie et celle de son mari. Il est certain que ces gens capables de tuer de sang froid peuvent aussi bien exercer leur cruauté sur des humains. Encore une affaire à suivre.
Le 15 novembre
Nous avons eu droit à toutes les intempéries, températures sibériennes, trombes d'eau glacées, vents à140 km/heure, un véritable enfer et l'angoisse de savoir un bon nombre de nos protégés dehors.

Le 20 novembre
C'est la cerise sur le gâteau! Mon gendre Christian s'en va, Charlotte est très déprimée et je me retrouve seule avec Etienne. Les journées prennent des allures de bagne, la fatigue est énorme, les journées sont de 18 heures de travail.Il faut que je tienne le coup! Heureusement, mon mari me seconde bien, dès qu'il arrive de son cabinet, il se change et monte sur le tracteur pour m'aider à finir. Entre midi et deux il rentre pour m'aider, ne prend pas le temps de manger et repart au travail. Ce furent deux mois difficiles mais nous avons réussi à les surmonter.

Le 29 Novembre
Je me débrouille pour trouver le temps d'aller à une enquête car les téléphones sont de plus en plus pressants et la situation me parait urgente. En effet je découvre près de GENOLHAC, 7 pauvres poulains de 6 à 7 mois, squelettiques, malades. Pauvres petits bouts, je n'en crois pas mes yeux! Il fait un froid glacial, ils sont sur un plateau en plein vent et la dermatophylose fait tomber leurs poils en plaque, ils n'ont plus de protection. Bien sûr pas une seule bribe de nourriture pour les réchauffer, on ne sait comment ils arrivent à tenir debout, les gendarmes viendront constater, je dépose plainte, le propriétaire "est prié" de faire le nécessaire pour ses animaux une affaire de plus !

En décembre
CALINE sera adoptée par des gens charmants avec un petit poney CARAMEL, pas loin du refuge. Une façon de bien finir l'année.
Nous avons la chance de passer au travers de la tempête meurtrière qui a sévi sur notre pays. Lorsque je voyais les images terribles à la TV de ces pauvres régions dévastées, j'étais morte de peur à l'idée que ça pouvait arriver jusqu'ici. Nous avons un terrain très arboré et les vents violents avaient déjà fait des dégâts, 2 ans auparavant blessant une jument. Si tous les arbres étaient tombés comme ça a été le cas ailleurs, nous aurions perdu un grand nombre de nos chevaux et le ciel a vraiment eut la bonté de nous protéger. Une seule nuit a été très pénible mais sans gravité. Je compatis a vos peines, vous qui avez eu à faire face et à endurer ces éléments anormalement déchaînés. A l'heure où je suis sur le point de conclure ce bulletin nous sommes en Avril 2000 et déjà beaucoup de problèmes sont venus perturber nos jours et nos nuits. Non, notre vie n'est pas un long fleuve tranquille et le paradis dans lequel nous vivons est quelquefois celui des bagnards. Je vous rappelle qu'aucun jour de congé ni de repos n'est inscrit au programme, que les journées sont très fatigantes physiquement et aussi moralement. Un argent fou est nécessaire pour faire tourner le refuge et les tracas financiers sont usants. Soyez indulgents mes amis, ne soyez pas fâchés si je ne vous réponds pas, au dos de chacune de vos lettres, il y figure la mention "A REPONDRE" mais la plupart du temps, je n'y arrive pas. N'en soyez pas froissés, mais essayez de comprendre qu'il y a des priorités. Il y a des jours ou je considère que je ne fais pas les choses comme il faut et ça me désole. Je voudrais que tout soit parfait mais je néglige, faute de temps et aussi d'argent. Toutefois ne soyez pas trop inquiets, ils sont quand même gâtés nos petits loups. Je fais toujours en sorte qu'ils ne manquent de rien même si je dois m'endetter ce qui est le cas à cette époque. Les échéances de la plupart des traites sont à la fin juin et c'est vous qui allez m'aider à payer nos dettes pour pouvoir continuer a être utiles pour leur venir en aide. Sachez que 95 % de nos protégés ne sont pas plaçables, ou trop vieux ou trop infirmes, ils sont voués à finir leur vie avec nous. Les plus que trentenaires sont nombreux ce qui prouve qu'ils ne sont pas si mal. Vous savez que l'état ne nous alloue aucune subvention, que nous jouissons d'un statut "d'Utilité Publique ", que lorsque les collectivités, gendarmeries, mairies ont besoin de nos services, que seules certaines fondations nous apportent un peu d'aide et que le coeur de ce refuge continuera à battre grâce à vous.
La famille LOIS ne possède ni bateau, ni villa au bord de la mer ni domestiques! Qu'elle vit dans une petite maison de bois de deux pièces faisant abstraction dit moindre luxe et que chaque centime est dépensé pour le refuge. Vous savez que vous y êtes tous les bienvenus malgré le nouveau portail qui ferme la propriété. Son usage se limite à empêcher les animaux d'aller sur la route (surtout les chiens quelque peu vagabonds!) et qu'il vous suffit de l'ouvrir et de le refermer derrière vous. C'est un appel pour vous dire à bientôt!

A bientôt peut-être pour l'Assemblée Générale qui se déroulera sous une chaleur torride comme chaque année, le samedi ler JUILLET à 15 heures au refuge. Vous êtes tous les bienvenus. Nous n'y sommes jamais bien nombreux mais nous avons nos habitués! Je pense à deux de nos adhérentes qui viennent de très loin et sont extrêmement fidèles!
L'Assemblée Générale est une formalité incontournable mais à vrai dire ça n'est pas indispensable pour vous tous et toutes qui êtes des lecteurs assidus de notre petit journal par
lequel vous pouvez vivre les moments forts du refuge. Et puis il y a la fameuse cassette que nous avons revue et corrigée par un nouveau montage et qui vous donne une idée plus précise de notre oeuvre. J'en ai envoyé beaucoup qui étaient commandées et quelfois payées d'avance mais je suis certaine d'avoir oublié quelques uns d'entre vous. N'hésitez pas à me le rappeler, gentiment de préférence, car c'est vrai que mon caractère ne s'arrange pas au fil des années, il est vrai que la protection animale ça a tendance à m'aigrir un peu. J'ai du mal à encaisser les reproches car je fais plus que je ne peux et ça n'est pas toujours suffisant! La plupart d'entre vous éte très tolérants et je vous en remercie, quant aux mécontents, qu'ils viennent passer quelques jours de galère, de préférence au gros de l'hiver et ils m'en diront des nouvelles.

Il faut aussi que je vous parle d'un événement sympathique concernant un disque CD que nous avons sorti à l'automne au profit de l'Association. A vrai dire tout le mérite en revient à Colette CASANOVA qui habite NIMES et qui est la fidèle marraine du cheval GENTIL-PRINCE dont l'histoire est relatée dans notre cassette. Colette est une conteuse - écrivain. Elle écrit des contes merveilleux pour les enfants, dont les animaux sont souvent les vedettes et ceci avec beaucoup de sensibilité et de brio, il faut le dire. Et puis elle a aussi réussi un exploit en mobilisant Gérard RINALDI, comédien bien connu, ancien chanteur, homme public bien sympathique qui a accepté de prêter sa très belle voix chaude pour dire les contes de Colette. Le CD s'appelle "CAROUSSEL" et le deuxième va sortir en MAI 2000. Les CD sont accompagnés d'un petit livret fabriqué artisanalement, absolument charmant.
Le CD et le livret sont vendus 150 Fr. versés en totalité à l'Association, Colette prenant tous les frais à sa charge. Nous la remercions de tout coeur. C'est un très joli cadeau pour les enfants et aussi les grands et nous n'en avons que des compliments. Voilà pour notre "PETITE BOUTIQUE" nous
avons pense que la cassette le CD vous plairaient d'avantage que tout autre tee shirt ou casquette au nom de l'Association!
Il me faut aussi vous donner quelques nouvelles des chevaux dont nous avons parlé dans le dernier bulletin car je sais que beaucoup d'entre vous les suivent avec intérêt.

BLIZZARD va à nouveau très bien cette année 2000 il s'est une fois de plus sorti de ses galères habituelles, ses postérieurs sont en si mauvais état, mais c'est un battant et il est à même de reprendre quelques joyeux galops.

JACQUINOT prend 31 ans cette année il est nourri de bouillies spéciales avec son vieux copain GRISOU. Les deux compères vont très bien, GRISOU remercie son parrain au passage pour sa fidélité.

ILLICO, le poulain infernal est toujours aussi infernal mais ne nous a pas inquiété cette année 99 avec de nouveaux problèmes de santé.

Quand à ROXANE, atteinte d'ostéomyélite elle a passé l'année sans trop de problèmes, un petit abcès à son pied malade, régulièrement, mais nous nous en sortons à chaque fois.

La vieille ânesse FANNY arbore ses 40 ans avec une certaine prestance, elle se déplace toujours en trottinant et ne laisse pas sa part aux chiens !

MARY - LOU la fille de CROQUETTE, est la pire des chipies, elle est jolie comme un petit coeur mais extrêmement dominante. Méfiance pour les autres. Notre tout vieux FLY est toujours parmi nous, il a allègremement les 36 ans et il mène son petit bonhomme de chemin. SULTAN nous a fait une grosse frayeur en l'an 2000 mais il est maintenant totalement remis, il fête ses 35 ans lui aussi. Notre viel HARDY ne change pas trop, ses tumeurs sarcoïdes s'étendent un peu plus mais ne l'empêchent pas de manger.

PAPY a des hauts et des bas avec sa pyroplasmose chronique. Nos vieilles juments vont plutôt bien, c'est leur mauvais caractère qui les maintient en forme! Et puis il y a tous les autres, ça va pas mal dans l'ensemble! Cette année nous avons rentré BELLINO, GALOP, EOLE, MALINGO, BELEO, SYRUS, L'INDIEN pour la retraite. Plusieurs d'entre eux sont très fatigués après un peu trop de travail à mon gré. Quand ils sont performants on a peu trop tendance à en abuser Certains d'entre eux ont beaucoup de mal à se déplacer lors des changements de temps, je les comprends bien car je suis comme eux!
L'INDIEN nous a donné beaucoup de soucis car son dur travail en poney club, plus un manque certain de nourriture ont eu raison de sa santé.
Dans cet établissement il devait souvent lécher le sol et avaler de la terre et du sable et à plusieurs reprises il a fallut le sonder, constatant du sable dans ses urines, il a faillit en mourir. Maintenant il est toujours boiteux mais il s'est bien arrondi et j'espère qu'il va tenir le coup longtemps.
Nos chiens sont en pleine forme, nous avons eu le grand chagrin de perdre notre HUDSON, les très grands chiens ne vivent pas très longtemps, il s'est paralysé du train arrière, il allait avoir 11 ans. L'absence de son immense carcasse laisse un grand vide dans ma cuisine où il dormait dans une corbeille démesurée. L'affection qu'il nous portait était en rapport avec sa taille. Nous te regrettons, mon HUDSON! Trois chiennes ont agrandi la liste des Canidés nous en reparlerons dans le prochain bulletin. Nos chats se portent comme des charmes, ils font beaucoup de bêtises mais sont adorables.
Il me reste à vous remercier vous tous qui nous restez fidèles, vous qui répondrez à ce nouvel appel à cotisation, vous qui savez que tout l'argent qui rentre ici est utilisé pour les animaux et seulement pour eux. Merci à nos fournisseurs qui se montrent toujours compréhensifs, à nos vétérinaires, Mme COLLIERE et MR DARDAINE de la Société I PA qui apportent une aide régulière et conséquente, à la Fondation 30 millions d'Amis qui à financé le reste de notre clôture et nous met à l'abri des accidents, à la Fondation BOURDON sur laquelle nous avons toujours pu compter dans les très mauvais moments et à la Fondation BARDOT qui a financé un voyage de foin dans une période difficile. A nos très bienfaitrices (et une en particulier) qui nous ont soutenus tout au long de l'année et à vous qui régulièrement envoyez un petit chèque chaque mois sans jamais oublier, à notre Avocat, MAITRE MASSAL sur lequel nous pouvons aussi compter. Il me reste encore quelques souhaits à formuler pour d'éventuels projets. Nous avons suffisamment de box pour les malades, mais les abris dans les parcs sont insuffisants. Lors des grosses pluies et des grands froids j'ai du mal à dormir en pensant à ceux qui sont dehors. J'ai fait la connaissance d'une entreprise qui construit des abris transportables sur remorques, donc déplaçables, qui sont particulièrement solides (bois et métal) et qui coûtent 11 000 F pour abriter 2 chevaux. L'idéal serait de pouvoir en acheter quelques un . Nous manquons aussi d'abreuvoirs automatiques et perdons beaucoup de temps à remplir les baignoires. Nous n'avons pas encore pu faire la buvette faute de finance mais ce sera dans un prochain temps. Il nous faudra d'autres parcs en bois pour ceux qui ne respectent absolument pas les clôtures électriques. En parlant de ça, les dîtes clôtures sont presque toutes à refaire car à force de les rafistoler, l'électricité ne passe plus vraiment et ça pose de sérieux problèmes. Nous avons nos insupportables nous aussi et quelquefois il faut une sacré patience. Il faut que je change ma voiture qui est un outil de travail ! c'est un problème à part entière mais c'est aussi un problème qui me reste personnel, car elle n'est plus fiable quand je fais des grands trajets avec mes chevaux derrière. Il nous faudrait aussi un petit local bien fermé où ranger les couvertures des chevaux et le petit matériel. Les tracteurs abrités seraient mieux qu'à toutes les intempéries, ils dureraient plus longtemps. L'aménagement du reste des terres serait un plus, et l'entretien des prairies et leur renouvellement en semence serait aussi bénéfique. Je pense aussi à l'amélioration et à l'extension du réseau d'eau qui nous tient à coeur car les bidons, c'est lourd! Et long! J'ai tout plein de choses à vous dire et comme chaque année j'en oublierai la moitié !            Je voudrais vous parler de la stérilisation des chats et des chiens qui est indispensable, même pour les mâles. Les chiens castrés sont mieux dans leurs têtes et sont beaucoup plus sociables, moins fugueurs, il n'y a jamais de bagarre, les nôtres vivent tous en bonne intelligence malgré la meute impressionnante. Et puis, il y a déjà tellement de chiens et de chat si mal­heureux qu'il vaut mieux éviter qu'ils puissent se reproduire. Il  y a aussi toutes ces animaleries qui font sans arrêt reproduire des lapins, des souris, des hamsters et des cochons d'Inde, vendus comme jouets vivants pour des enfants que ça n'amusera qu'un temps. J'ai toujours un pince­ment de coeur en passant dans ces rayons là des supersmarchés, c'est d'une grande tristesse. Il faut savoir que moins de 10 % de ces animaux finissent bien. Je voulais aussi vous parler de l'Europe en occultant totalement le côté politique. Cette Communauté Européenne qui favorise l'élevage intensif par des subventions époustouflantes, augmente par la même occasion le martyre des animaux. Les transports pour le MAGRHEB, des bovidés par bateau est une horreur. Les éleveurs touchent le prix de l'animal + une prime à l'exportation, qu'il arrive mort ou vif. Ceux qui arrivent à supporter l'ultime voyage sont tués casher, en arrivant, selon le rite, égorgés dans les souffrances que l'on connaît. Pour ma part tout ça me rend folle! Je vous laisse seuls juges, mais j'ai le courage d'en parler!
Je pense aussi à tous ceux et celles qui m'ont confié leur cheval en pension, leur meilleur ami, je les ai même vu pleurer en les laissant au refuge! Ils ont payé un mois ou deux et depuis plus de nouvelles, l'ami de toujours est définitivement abandonné. Ah! bien sûr, on sait bien que je ne jetterai pas le cheval à la rue. Ça s'appelle de la malhonnêteté et de la lâcheté. Je préfère "celle" qui continue à donner signe de vie expliquant ses gros problèmes financiers, je suis bien placée pour comprendre. Dieu, merci, il y a les quelques uns qui continuent à assurer régulièrement la retraite de celui qu'ils ont tant chéri et je les en remercie.
L'espèce humaine est quand même une drôle d'espèce! Tant qu'il y aura des hommes il y aura des guerres, des massacres, des tortures d'enfants et d'animaux, des vaches dites "folles", de la viande de cheval et de porc porteuse de Trichinose... Et ça me rend triste de voir que c'est toujours pire. Pas un seul jour ne passe sans qu'un appel désespéré ne me signale un ou plusieurs animaux en détresse etje suis très souvent impuissante car je ne peux être partout et ceux qui sont ici ont aussi vraiment besoin de moi. C'est absolument impossible de trouver des bénévoles motivés qui soient capables de tout regarder, de faire les choses avec passion, de savoir reconnaître un cheval qui ne va pas bien et surtout de pouvoir être disponible, à tous moment. C'est de l'utopie pure je le sais bien et c'est ce qui me vaut quelques moments de découragement.
Je ne vous ai pas parlé de l'arrivée au refuge de VALRICO, grand cheval Portugais, très maigre, mis de côté après une boiterie d'un postérieur. Il a servi la corrida et comme tous ces chevaux de réjonéador (Toréador à Cheval) ses pieds postérieurs n'ont pu supporter ces pirouettes fatales pour évi­ter le taureau, ou tout le poids de l'homme et du cheval porte sur le  même pied. VALRICO est un étalon, trop âgé pour être cas­tré, mais très sage et très respectueux, il est absolu­men adorable!
Maintenant il est franche­ment très rond, presque trop, et il a repris un vrai moral. Au début il était prostré et refusait sa nour­riture. Ça c'est un vrai suc­cès, et je l'aime beaucoup ce grand cheval si expres­sif et si démonstratif. Dès  qu'il entend ma voix il appelle jusqu'à je vienne lui donner une caresse... ou une gâterie. Et puis il y a SQUAW petite camargaise partant au couteau et hébergée dans un taudit nauséabond. Voilà le genre d'hébergement que nous trouvons quelques fois dans la région. SQUAW est au refuge, son arthrose la gêne mais elle vit au mieux. Je me rends compte que j'ai déjà noirci beaucoup de papier et ça représente pas mal de soirées fatiguantes car le travail d'écriture se fait après le lourd labeur de la journée et j'avoue que ma tête n'est plus aussi rapide dans la réflexion qu'avant et même si je jouis d'une assez bonne santé, l'arthrose de mes articulations me fait beaucoup souffrir. Toutefois je ne voudrais pas conclure sans vous dire que je ne pourrai pas faire tout ce que je fais sans JEAN- CLAUDE mon mari. Il est si polyvalent que toute la partie technique (réseau électrique, réseau d'eau) la partie construction, l'aménagement des chemins, les clôtures enfin tout, tout ne fonctionne que grâce à lui et il est franchement  indispensable. Son dévouement au refuge est sans limite et en plus c'est lui qui gagne notre "croûte" grâce à son travail au cabinet. C'est une perle rare! Merci de tout coeur. Et comme l'an dernier c'est mon gendre Bertrand qui va imprimer ce bulletin, nous le remercions ainsi que son patron Monsieur ANDRE qui nous fait une véritable fleur.
Un fois de plus je compte sur votre indulgence lorsque vous me lirez, j'ai essayé de retracer les moments forts de cette année 99 et de vous donner mon sentiment sur les problèmes qui me tiennent à coeur. Si vous voulez mettre des images sur tous les bulletins que vous avez parcouru ces dernières années, je vous conseille de commander la cassette, vous aurez une idée plus exacte de notre oeuvre et de notre cadre de vie. Elle est en vente au refuge au prix de 160 FR. et 200 FR. reçue chez vous, les frais de port étant importants. Sur cette cassette vous pourrez aussi constater comment l'être humain que je suis a pu se dégrader physiquement à cause des soucis, des chagrins, et du travail souvent un peu trop dur. C'est certain, la protection animale ne laisse pas beaucoup de temps pour s'occuper de soi!
Comme d'habitude je compte sur vous m'aider à honorer nos dettes vers nos fournisseurs, (toujours en accord avec eux). Le renouvellement des cartes de membre reste le seul moyen pour repartir à zéro.
Tous nos pensionnaires sont là, bien vivants, et il me faut leur donner le plus de bien-être possible.

Merci à vous tous de bien vouloir répondre le plus tôt. Ne partez pas en vacances en mettant ce courrier dans les oubliettes, pensez à nous qui n'en prenons jamais parce que nous ne pouvons plus depuis plus de 10 ans et que la vie et la bonne marche du refuge en dépend.
Recevez mes très sincères remerciements et amitiés, pour ceux qui veulent bien, je les embrasse de tout coeur.

A l'année prochaine,

PAULA LOIS