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Refuge, Protection animale


---- BULLETIN 1998 ----
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Le lundi 19 octobre
En faisant une visite au centre équestre, je découvre Roxane dans son box. Cette grande jument ne travaille plus, parce qu'elle a un abcès au pied. Je regarde son pied, avec l'autorisation de son propriétaire. (Le sabot a été ouvert par le maréchal ferrant ) il sort beaucoup de pus, tout cela est méché. Je me rends compte que c'est sérieux et je propose au centre équestre de prendre Roxane au refuge pour la soigner. Cela libérera un box pour eux, et pour elle se serait peut-être mieux d'être dans un endroit où l'on passe plus de temps au soin. La proposition est acceptée et Roxane est chez nous. Nous la soignons pendant plusieurs semaines et quand je prends conscience qu'il n'y a pas d'amélioration je décide de faire à mes frais, non seulement une visite vétérinaire mais aussi une radio. Bien m'en a pris: la radio montre une ostéomyélite, c'est-à-dire une gangrène sur une phalange du sabot rongée déjà au trois quarts. La jument souffrait beaucoup, boitait. C'est bien plus grave qu'un abcès. Le traitement est complètement différent. Roxane va bien mieux mais avec une ostéomyélite, il n'est plus question pour elle de travailler. A 16 ans, Roxane est définitivement à la retraite. Je remercie Christian, le directeur du centre équestre, qui a accepté d'arrêter cette jument et qui a réglé les frais vétérinaires. Roxane est à notre charge désormais, mais quand même, la démarche du directeur du centre équestre, va plutôt dans le bon sens. Je souhaiterais que d'autres directeurs de centres équestres aient cette démarche au lieu de livrer leurs chevaux au boucher après de nombreuses années de travail intense.
Le jeudi 22 octobre
On nous signale un cheval très maigre qui divague depuis trois jours plus ou moins sur la route, qui traverse des propriétés. La gendarmerie nous demande de bien vouloir en prendre soin, de façon qu'il ne crée pas d'accident. Nous allons donc le récupérer, nous ramenons Black-Jack (nous n'avons su son nom qu'après) un très beau cheval noir, avec un poil très brillant mais malheureusement très maigre. C'est un cheval cob, il est d’origine anglaise. Certes très beau mais mal entretenu: maladie de peau dans la crinière et la queue, les crins plein de croûtes, on sent qu'il est abandonné à son triste sort. Nous en prenons soin, et nous nous mettons en quête du propriétaire dont nous aurons des nouvelles huit jours après. Sa propriétaire était partie en vacances et avait plus ou moins confié le cheval. Lorsque je lui ai reproché la maigreur du cheval, elle a avoué qu'elle n'y connaissait pas grand-chose mais qu'elle l'aimait beaucoup. Elle avait l'air sincère et je lui ai proposé de le garder un mois afin de lui donner toutes les vitamines nécessaires pour qu'il revienne à un état normal pour un cheval de cette taille. Elle accepte et me paie un mois de pension, avec les frais de médicaments, de vitamine, de maréchal-ferrant dont il avait grand besoin.
Depuis et jusqu'à ce jour de février 99, je n'ai plus eu aucune nouvelle de cette femme. Le principal est que le très gentil Black-Jack soit là, qu'il ait beaucoup grossi. J'ai décidé que puisque c'était un de nos chevaux valides, un bon gros pataud, genre un peu demi-lourd de prendre peut-être le temps de le monter un peu, de le remettre au travail. Il faut avouer qu'avec les ennuis avec Croquette et les évènements désagréables qui se sont succédé, j'ai malencontreusement grossi d'une vingtaine de kilos. Je pense que c'est tout à fait nerveux et maintenant si je veux remonter, "il me faut un cheval vraiment costaud." Je crois que l'opportunité, c'est Black­-Jack. Avec le beau de temps, je vais essayer de me libérer une heure de temps à autre pour faire un tour avec lui. Ce sera un plaisir. On aurait pu croire que le mois d'octobre avait apporté suffisamment d'ennuis et bien non.


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