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Refuge, Protection animale

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le 21 avril 2008

Notre dernier clin d'oeil s'étant limité au flash concernant les pauvres chevaux du Calvados, il nous faut remonter à la mise à jour précédente à la date du 5 février où nous vous relations les faits de janvier. Après la saisie par arrêté municipal des 3 " Poneys voyou", nous avons été sollicités par une dame d'un certain âge possédant un cheval d'une vingtaine d'année qui était en garde chez des gens peu scrupuleux. Elle m'a suppliée de prendre en charge son vieux Sultan qui, depuis la mort de son mari était à l'état d'abandon et lui causait un véritable tourment. Je me suis donc rendu le 17 janvier à Chusclan pour prendre en charge le fameux Sultan. Il était dans un enclos de dimension ridicule avec un abri sordide, plus nettoyé depuis longtemps, avec une jument. Cette dernière était en bon état malgré la structure peu accueillante et ne paraissait pas souffrir de mal-nutrition. Par contre le pauvre Sultan était minable. Son énorme ventre probablement plein de vers laissait voir ses côtes, une tumeur sarcoïde sanguinolente lui occasionnait une certaine gène et, en plus, le cheval était franchement dominé par sa copine de galère qui devait à première vue lui substituer une grande part de sa nourriture.

Voilà la structure où vivait notre brave Sultan lorsque nous l'avons découvert. Voilà, Sultan est en sécurité au refuge. Le dentiste équin a du intervenir en urgence car d'énormes sur-dents empêchaient notre protégé de manger. Dans la foulée il a été vermifugé et la bonne surprise reste à venir !
Notre amie Véronique vient, chaque week-end, faire deux matinées de bénévolat et justement elle a craqué pour le gentil Sultan qui, en deux deux, s'est retrouvé chez elle, pour tenir compagnie à son cheval de 17 ans. En quelques semaines notre Sultan est transformé. Il est devenu un très joli cheval câlin est fait l'unanimité dans la famille. Son nouveau copin a mis quelques jours à l'accepter mais à l'heure qu'il est, ils sont comme deux larrons en foire ! Merci Véro !

Comme vous le voyez, les arrivages de janvier sont plutôt nombreux et ça n'est pas fini. Le 25 du même mois arrivaient Chippie et Lucky, la mère et le fils. Après avoir été avertie par la S.P.A. d'un problème concernant 2 poneys souvent en divagation dont un boiteux, je me suis rendue sur les lieux en compagnie de la déléguée enquêtrice de la S.P.A. En effet, Chippie dont les pieds avaient besoin de voir le maréchal, boitait considérablement. A priori, elle souffrait d'une fourbure avérée. Quant à Lucky, petit entier chaud comme une braise, il avait surtout besoin d'éducation et dans la foulée d'une bonne castration ! Les propriétaires dépassés par les évènements étaient loin d'être des tortionnaires mais seulement des personnes peu compétentes.
Nous avons donc emmené les deux loustics au refuge qui j'avoue ne se sont pas avérés très faciles. Chippie est une caractérielle dominante qui ne s'entend avec personne et Lucky un petit poney plein de vie qui ne pense qu'a la bagatelle !

Chippie étant fugueuse nous avons voulu la parquer dans une structure en dur la journée, avec Juju à qui elle rend la vie carrément impossible. C'est une vraie peste ! Le maréchal s'est occupé de ses pieds et nous essayons de lui faire perdre quelques kilos pour améliorer sa fourbure.

Quant à Lucky il a été castré, pucé et identifié sous le nom pompeux de Sir Lucky pour être à la lettre de son année de naissance. Son éducation est en cours et j'avoue qu'il s'améliore.

Un petit aperçu de la douche ...

le 29, nous partions Marilyne et moi pour la belle Provence où nous attendaient 2 vieux de la vieille, Phoebus et Roméo. Tous deux passaient leur temps à s'échapper sur le green du golf voisin et causaient les pires ennuis à leur propriétaire plutôt désemparé ! Là aussi l'éducation n'était pas de mise; les deux compères ne faisaient que ce qu'ils voulaient et n'allaient que là où ils voulaient sans se soucier de leur propriétaire un peu trop absent à cause d'un travail prenant souvent à des kilomètres. Ne manquant pas de nourriture Phoebus et Roméo n'étaient ni maigres ni maltraités, mais ils compliquaient beaucoup la vie d'un monsieur à qui les soucis ne manquaient pas et qui n'arrivait plus à les assumer, les structures environnementales ayant beaucoup changé et les terrains s'étant rétrécis comme des peaux de chagrin.

Nous voilà chez Paula, oh la la, les clôtures sont électriques, comment allons nous faire pour nous échapper ? Et puis, il n'y a pas de green aux alentours, ça parait plutôt sec, il faudra faire contre mauvaise fortune bon coeur ! ! ! Bon, on y est, on y reste ! Les autres autour de nous n'ont pas l'air bien malheureux, finalement ça risque de bien se passer. Dommage qu'il n'y ait pas de golf !

Mais ça n'est pas terminé, le lundi 4 février nous accueillons Julie, Noria et Mirka, 3 de plus sinon rien ! Deux ponettes hyper chippies et une gentille jument, Mirka. Noria et Julie avaient été adoptées par une gentille famille dont l'escalade des soucis de santé n'a eu de cesse. Plusieurs fois hospitalisée la propriétaire n'était plus en état de s'occuper des 2 ponettes et de la jument qu'elle avait sortie d'une situation difficile. Les photos viendront plus tard, le temps m'a manqué pour les faire. A+

Pour ne pas perdre la main, dès le lendemain, arrivait Cindy. Jument poulinière d'un âge avancé, elle ne servait plus à grand chose dans l'élevage où elle avait déjà procréé plus qu'il n'en fallait. En plus, défigurée par une énorme grosseur sur la joue gauche, elle risquait de faire un peu désordre et peut- être, de ce fait, finir un peu prématurément, c'est la raison pour laquelle je n'ai pas hésité une minute à l'accueillir au refuge pour une retraite bien méritée. Avec notre véto nous pensons pouvoir intervenir chirurgicalement pour débarrasser Cindy de cette vilaine tumeur qui risque de finir par la gêner.

Lorsque j'ai demandé au propriétaire de Cindy quel était le diagnostic du vétérinaire en voyant cette énorme tumeur sur la joue, il m'a répondu : " Aucun vétérinaire la vue, elle n'a jamais été malade "

Sans commentaire ! ! !

Un peu de répit, nous sautons 24 heures et nous allons chercher Illico et Dakota sur le département de l'Ardèche. Illico, cheval vraiment pas facile, avait été adopté par une famille suisse expatriée dans notre midi qui possédait une vieille jument Dakota. Le temps a passé et nos propriétaires , eux aussi, ont été handicapés par de sérieux problèmes de santé sous forme de polyarthrite avérée et se trouvaient dans la quasi impossibilité de s'occuper de leurs 2 chevaux. Comme il se doit, fidèle au contrat d'adoption, il était normal que je récupère mon insupportable Illico et, dans la foulée, j'ai bien sûr emmené la brave Dakota. Les voilà tous deux rapatriés au refuge pour le meilleur et pour le pire ! Le meilleur a été bien sûr pour Illico qui a tapé dans l'oeil de notre ami Patrick et dans la foulée la adopté. Il faut dire que Muriel, épouse de Patrick avait jeté son dévolu, la semaine précédente sur le trés joli Blow dont elle est tombé amoureuse en moins de temps qu'il a fallut pour le dire. Le premier mars Illico et Blow prennaient la route de Marseillan où ils coulent depuis des jours heureux. Patrick et Muriel sont ravis de leurs derniers bébés et n'ont de cesse de me le répéter !

Le gris c'est Blow, le baie brun c'est Illico ! Quant à Dakota, c'est un peu moins drôle. Elle a vite maigri, dominée par ses congénères de parc et nous avons du l'isoler dans une structure où elle est avec Mirka, où elle profite d'avantage de la bonne nourriture que nous lui proposons quotidiennement. Les photos sont à venir celles que j'ai ne sont pas exploitables de par leur mauvaise qualité.

Le 11 février, un automobiliste nous amenait un chien en très mauvais état ramassé sur la route. Il était d'une maigreur impressionnante, couvert de plaies, avec des ongles très long qui lui rentrait dans les coussinets et le faisait sérieusement boiter. Dieu merci, il avait un tatouage et il ne fut pas difficile de retrouver ses propriétaires. Il s'agissait d'un chien à adopter à la S.P.A. qui avait été mal entretenu et surtout laissé sans soin malgré une leishmaniose avérée. Je l'ai bien sûr apporté chez le vétérinaire qui a prodigué les premiers soins.
les propriétaires ont été sommé de poursuivre le traitement et de prendre soin de leur animal, la S.P.A devra assurer la surveillance. Pauvre Rocky heureusement que tu es passé par la case " refuge " sinon on ne donnait pas cher de ta peau ! J'ai surveillé personnellement les premières visites chez le véto, la S.P.A. prendra le relais.

Vous pouvez remarquer sur le gros plan de la patte que les ongles ont été coupés et laissent une blessure profonde dans les coussinets. Les oreilles et les yeux sont abîmés, les pattes et les ischions présentent eux aussi de vilaines plaies. Bonne chance Rocky pour un avenir meilleur.

Dès le 22 du même mois je suis appelée par le maire de St Marcel de Carreiret. Cinq chevaux sont à l'état d'abandon, certains très maigres dans un minuscule pré sur sa commune. Plutôt débordée je n'ai pu me rendre sur les lieux que le 26 en compagnie de l'adjoint au maire et de Cécile, ma vétérinaire. Nous découvrons les chevaux sans eau avec des tas de paille de très mauvaise qualité jetés comme nourriture, un des animaux d'une vingtaine d'années est carrément squelettique, une jeune pouliche souffre d'une énorme tumeur sarcoïde située vers le grasset et très handicapante pour se déplacer, 3 autres de type camargue, moins maigres, présentent des pieds anormalement longs. Renseignement pris les chevaux appartiennent à un maquignon qui, depuis déjà trop longtemps fait du commerce de chevaux dans la plus grande illégalité. Monsieur Jean-Louis Blanc, Directeur de la D.D.S.V. se déplace en personne et met en demeure le contrevenant de faire identifier et pucer ses animaux ainsi que de prodiguer les soins nécessaires et de les nourrir convenablement sans oublier de les abreuver. Le mardi suivant j'apprends que le cheval baie, le plus maigre d'entre eux est mort, probablement d'épuisement alors que le maquignon voulait le charger dans le camion, quant à la pouliche, elle a été opéré et il ne me reste plus qu'a exercer une surveillance rapprochée. Le maquignon a été sommé de se mettre en conformité avec la loi pour exercer le commerce de bestiaux légalement, la aussi il me faudra rester vigilante. Ces maquignons me sortent par les yeux, il faut dire qu'en ce moment j'en ai ma dose.

C'est indéniable, depuis le début janvier un grand nombre d'animaux sont arrivés au refuge et peu en sont repartit comme vous le voyez le cheptel augmente à tous moments, avec les soucis et les frais qui en sont inhérents, pour ne pas perdre les habitudes nous gardons un peu de retard dans la mise à jour et vous informerons des mois de mars et avril la prochaine fois car il est minuit, et il faudra se lever demain matin qui sera un autre jour avec son lot de problèmes. Ce soir je suis particulièrement fatiguée, notre Fidji n'est pas bien depuis vendredi et j'ai du faire déjà deux aller-retour à la clinique. Croisons les doigts.
Je tiens à vous dire deux mots sur l'affaire du Calvados que j'essaie de mener au mieux. J'y travaille tous les jours, récoltant le plus d'information possible à annexer à un dossier déjà bien lourd. Aujourd'hui une nouvelle lettre au procureur est partie en chronopost contenant quelques informations croustillantes dont la teneur ne pourra laisser personne indifférent. La machine est en route, le barbare va-t-il être arrêté dans ses monstruosités ? C'est mon voeux le plus cher, je ne manquerais pas de vous tenir au courant. Merci à tous ceux et celles qui m'ont proposé leur aide sur place, pardon à ceux auxquels je n'ai pas répondu, je tacherais de le faire.
Il m'est impossible de clôturer cette mise à jour sans vous informer de la pire des horreurs qu'a vécu le propriétaire d'une jument lâchement assassinée ce lundi de pâques, barbarie insoutenable indigne d'un être appelé humain. Vous pourrez consulter le site s'y rapportant : http://www.equi-blog.com/quamille/rubrique8850.html Âmes trop sensibles s'abstenir.
Impossible de retenir les larmes devant un tel spectacle, ce n'est pas du voyeurisme mais il faut savoir ce dont les hommes sont capables. Du meilleur , peut-être mais du pire très certainement ! Que le propriétaire de cette pauvre jument sache que nous avons été extrêmement touchés par ce drame insoutenable et que nos pensées affectueuses l'accompagnent dans cette épreuve. De tout coeur avec vous, nous vous souhaitons le plus grand des courages. Que les tortionnaires soit punis à la hauteur de leurs actes.


 

 

le 29 mars 2008

J'avoue que nous n'avons pas tenu nos engagements lorsque nous vous avons promis, le 5 février que nous allions compléter la mise à jour dans une petite quinzaine! Les jours passent, se suivent et malheureusement se ressemblent. Aucun répit dans l'horreur, des abandons en masse et des affaires de maltraitance à ne plus en pouvoir.
Aujourd'hui nous n'avons pas le temps de vous donner les nouvelles prévues et c'est seulement un "Flash" des plus sordides qui va occuper notre intervention. En effet, j'ai été alertée le 24 mars des agissements inqualifiables d'un éleveur-maquignon qui sévit dans le département du Calvados. Depuis des années ce dernier achète, revend, fait naître des chevaux et en particulier des Pur-Sang Anglais dont il ne s'occupe pratiquement pas les laissant sans nourriture sans eau et sans soins. Les animaux survivent dans des conditions de détention inacceptable, ils meurent comme des mouches, d'une mort lente, les cadavres ne sont pas toujours enlevés, de multiples ossements sont éparpillés sur les terres et dans la cour de la ferme. Personne n'est sur place, le propriétaire y vient quand il y pense. Certains chevaux sont incarcérés dans des box d'une saleté répugnante sans eau ni nourriture.

Les poulinières sont pour la plupart squelettiques et souvent suivies d'un poulain qu'elles ont du mal à mener au bout. Elles sont immédiatement ressaillies si elles arrivent à survivre. Elles sont sans surveillance aux niveau des naissances et, c'est à la grâce de Dieu ! Un jour, un poulain avec une fracture est mort à petit feu sans que quiconque ne lui porte secours, son cadavre a été retrouvé plus de quinze jours après, difficile d'imaginer la souffrance enduré.

Cet éleveur est aussi un maquignon notoire, il approvisionne abondamment les abatoirs à chaque visites à la ferme on y trouve des nouveaux cadavres qui ont tous simplement remplacé les anciens. depuis cinq ans, plus de 50 chevaux sont morts dans des souffrances que l'on peut difficilement imaginer. Mourir de faim, de soif et de mauvais traitement prend un certain temps !

Exemple de ce cheval, dénommé Balafre sur la photo, dit d'entraînement acheté tondu et entreposé dehors dans la neige et le froid. Sous-alimenté, trop faible, il n'est pas en mesure de ce défendre des autres chevaux. Il a de la peine à ce déplacer, il boite, il est couvert de plaies infectées qui ne sont jamais soignées. Il finira dans l'abandon le plus total, d'une hémorragie interne. Au moins il repose en paix. Un cheval qui ne rapporte pas est une perte de temps et surtout d'argent, le monde des courses n'est pas toujours reluisant !

Certains équidés sont dans des prairies nullement entretenues et qui finissent par être sur-pâturées et peu nourrissantes; Les clôtures en fils de fer barbelés sont détériorées et devenues particulièrement dangereuses pour les jambes des chevaux. Aucun apport de nourriture, ici on meurt debout ! ! !
Deux chiens vivent aussi dans cette ferme dans les mêmes conditions. Ils sont enfermés toute la journée dans des box puants en compagnie de morceaux de cadavres à disposition pour toute nourriture. Ils sortent de temps en temps et certaines personnes les ont vues manger les yeux des chevaux morts. Excusez ces détails écoeurants, mais il y a des choses que l'on ne peut passer sous silence !

 

Il m'en fallait assez pour immédiatement partir sur les chapeaux de roue aux secours de la trentaine de survivants, dont quelques uns sont encore en état,étant arrivés depuis peu et dont l'avenir reste bien incertain. Après avoir réuni le plus d'éléments possible, j'ai alerté la Direction Départementale des Services Vétérinaires du Calvados par un mail détaillé et imagé, une heure après j'étais en relation téléphonique avec le vétérinaire chef de service, qui m'a semblé très receptif, et qui dans la foulée est allé sur les lieux pour une enquête plus approfondie.Le soir même six chevaux été enlevés ainsi que les deux chiens. C'est un premier pas !

Malheureusement, j'ai l'impression que le tortionnaire se méfiait, car au contraire de son habitude il avait en 48 heures enlevé les cadavres, carcasses et ossements de tous genres. Une grande partie des chevaux avait disparue et, le samedi matin ayant pour prédilection l'abbatage, nous fait frémir d'horreur. Toutes les personnes l'ayant cotoyé ne cessent de répéter qu'il a de grandes relations et qu'il est intouchable ! Pour ma part je promet de ne pas le lacher et de faire en sorte que tous ses méfaits ne restent pas dans l'impunité. Le week-end sera long mais je vous assure que, dès lundi, je repart en guerre contre cet horrible individu même si je dois parcourrir les 900 kilometres qui nous séparent !

En attendant, je remercie la D.D.S.V. du Calvados pour sa rapidité, son efficacité et la confiance qu'elle m'a accordé, mais le plus gros reste à faire. Je leur avais bien sûr proposé de prendre les rescapés aux refuge s'ils ne trouvaient pas de solution à proximité. Un refuge du département de l'Eure à pu accueillir les 6 chevaux saisis et les 2 chiens, ce qui évite un déplacement fatiguant pour des animaux en mauvais état et pour moi un déplacement extrêmement coûteux.
Il faut savoir que le 28 mars j'ai immédiatement déposé plainte auprès du Procureur de la République du T.G.I de Caen. Dès lundi je saisirai aussi le Préfet du département de façon à ne rien négliger.Par chance, je pourrai,d'ici peu joindre plusieurs attestations à annexer au dossier, ce qui est une très bonne chose.
Merci aussi à monsieur Jean-Louis Blanc notre directeur D.D.S.V. du Gard qui a été un intermédiaire précieux. Je ne manquerais pas de vous tenir au courant des évènements, je reste plus que jamais très déterminée, vous commencez à me connaître un peu, croisons les doigts ! A bientôt.

 

 

 

Le 5 février 2008

Plus d'un mois est passé depuis notre dernier contact et je sais que certains s'impatientent. C'est à peine croyable, depuis le début de l'année nous avons rentré 24 chevaux et poneys confondus et je crois rêver ou plutôt cauchemarder ! Nous approchons les 200 équidés, la fatigue nerveuse et physique nous gagne mais malheureusement je n'ai pas la baguette magique et c'est bien dommage!
La fin 2007 n'a pas été des plus roses avec une simili-agonie de Manon que nous avons veillée, soignée et perfusée pendant toutes les fêtes de fin d'année. Je vous rassure, elle est bien vivante malgré ses trente et quelques balais, mais à quel prix ! Son arthrose ne s'arrange pas et ses difficultés pour se mouvoir persistent et nous inquiètent. Elle passera l'hiver dans son box sans faire trop d'effort et j'espère un grand mieux pour le printemps prochain. Croisons les doigts !
L'année 2008 a démarré sur les chapeaux de roue avec d'abord, l'arrivée des chevaux de Claire que nous sommes allés chercher en Haute Loire à la période la plus critique avec pluie, neige et froid en prime. En effet, le 3 janvier nous partions, mon ami Jacques et moi, direction la Chaise Dieu, Retraite Prés Verts. Quand je dis prés verts je devrai dire plutôt blancs car nous sommes arrivés dans plus de 15 cm de neige après un voyage épouvantable durant lequel nous avons douté plus d'un instant de notre bonne continuation. La route a été un véritable parcours du combatant avec un camion non équipé pour la neige et nous n'étions pas certains d'arriver à bon port. Mais finalement, tout s'est bien passé malgré nos craintes, sauf qu'au retour nous avons du faire un détour de plus de cent kilomètres pour ne pas mettre les chevaux en péril, les routes étant de plus en plus impraticables, la neige ne cessant de tomber. Douze heures de camion après, nous arrivions.
Explication : l'association Retraite Prés Verts fondée et gérée par Claire a fait l'objet de diverses critiques via le blog installé sur son site, sur lesquelles je ne m'étendrai pas, ayant d'autres chats à fouéter ( au figuré bien sûr, j'adore les chats!) et ne me permettant pas de juger les personnes qui me parraîssent mener une action positive. Claire, qui a une très petite santé, a été extrèmement amoindrie moralement et physiquement par toutes ces histoires et elle m'a demandé de venir chercher ses douze chevaux pour les mettre en sécurité dans notre refuge car elle n'avait plus la force de s'en occuper. Aussitôt dit, aussitôt fait et déjà, dans ce premier voyage nous emmenions Jacques et moi la moitié du cheptel. Le mardi 8 janvier nous allions chercher les autres et nos retraités se sont retrouvés au complet à l'association C.H.E.V.A.L. pour un hiver plus clément. Il est vrai que les intempéries du premier voyage m'avaient fait assurer que, pour tout l'or du monde je n'irais vivre dans ce département sybérien !
Le deuxième voyage a été légèrement plus clément mais encore douze heures de patience et de stress, avant d'arriver.
Je dois avouer que j'ai trouvé Claire dans un état de santé si inquiétant que j'ai compris l'importance de son S.O.S.. Depuis elle est déjà venue voir ses "petits choux" comme elle les appelle et elle a participé financièrement à leur entretien dans la mesure du possible, connaissant nos difficultés que je dirais croissantes. Un grand merci à Jacques qui,une fois de plus a été formidable !

Voilà les doudous installés dans le midi de la France où le climat leur paraît vraiment plus clément. L'herbe sera plus rare mais la température plus douce et le soleil plus présent. Ils sont tous dans le même parc de 3 hectares, selon la volonté de Claire. Seule ombre au tableau, qui n'en est pas vraiment une, la petite Belle a été séparé de ses compagnons, car très amaigrie elle jouit d'un traitement nutritionnel spécial vieux chevaux après le passage du dentiste. Elle avait d'énormes sur-dents et faisait des boulettes avec son foin. Ses molaires étant plutôt branlantes; elle est au régime vétérans et tient compagnie à notre vieux Sultan de 40 et des ..... qui venait de perdre sa compagne ânesse Manon que nous avons mise à l'abri après ses gros problèmes de santé.
J'ai de très belles photos prises en Haute-Loire d'un blanc immaculé mais je n'ai pas réussi a les transférer de mon téléphone portable sur mon PC. J'éspère pouvoir le faire dans la prochaîne mise à jour.
Voilà déjà pour douze, mais ça n'est pas terminé !


Quelques péripéties sans image pour les jours suivants. Le lundi 7 on m'apportait une vieille chienne avec une énorme tumeur au ventre, dans un très mauvais état d'entretien et, après une visite vétérinaire et quelques soins, je me suis démenée toute la journée pour retrouver ses propriétaires qui ne se sont même pas dérangés pour venir la chercher. A 21 heures je partais ramener la fifille dans sa famille, tout est bien qui finit bien, ou presque bien !


Le lendemain fut une journée noire. Mon voisin m'appelle en urgence pour un de ses poulains blessé sans me donner trop de détails. Je parts immédiatement voir le malheureux, me munissant d'une trousse de secours bien garnie, mais en arrivant j'ai cru être victime d'une hallucination tant le spectacle était horrible. Le pauvre poulain avait le flanc ouvert sur une quinzaine de centimètres et j'ai tout de suite senti la ventilation s'échappant de ce trou béant diagnosticant de ce fait une perforation du poumon. Il s'était empalé sur une ferraille dangereuse qui n'avait pas sa place dans l'enclos. J'ai donc immédiatement appellé mon cabinet vétérinaire priant ma véto de venir au plus vite mais tout le monde était fort occupé et les secours allaient mettre un certain temps. J'étais catastrophée, tremblante mais il me fallait prendre mon courage à deux mains pour faire une piqûre calmante à ce pauvre animal, et de surcroit, en intraveineuse. J'avoue que je n'en ai pas été capable; le poulain de 18 mois sautait dans tous les sens, se cognait la tête au plafond trop bas et se jetait parterre. Il faut dire que malgré son âge il n'avait jamais été sociabilisé et que d'éventuels soins semblaient bien compromis. Bien sûr, vous pouvez l'imaginer, le pauvre poulain n'est plus de ce monde, mais j'éspère que mes paroles envers son propriétaire n'auront pas été vaines. Je rappelle à qui veut bien l'entendre, que l'élevage est un véritable métier qui nécessite, non seulement des connaissances, des compétences, mais un travail à plein temps et un minimum de sensibilité !


Le vendredi 11 a été une fois de plus une journée d'horreur ! Ayant été avertie quelques jours avant par mail, avec photos à l'appui du martyre d'un pauvre étalon, je prenais rendez-vous avec la Direction des Services Vétérinaires des Bouches du Rhône, dans la plus grande urgence, je loue d'ailleurs, leur rapidité à intervenir, puisque le lendemain nous nous rendions sur place. J'avais déjà une idée de ce qui m'attendait mais j'avoue avoir été extrêmement choquée par la triste réalité. Un pauvre étalon ibérique grignotait son foin, au millieu d'une structure incroyable faite de bric et de broc, d'une saleté repoussante dans une puanteur insupportable. Le pauvre animal était d'une maigreur difficilement descriptible avec une paralysie du fourreau présentant un oedème impressionnant doublé de quelques tumeurs sarcoïdes, tout ça sur un tas de fumier ne datant pas du jour et dans un environnement digne d'une véritable décharge. Malgré tout la propriétaire haussait le ton pour ne pas dire vociférait, proférant des grossièretés à notre encontre, prétendant soigner au mieux son cheval "adoré" ! Je lui ai proposé d'emmener l'étalon au refuge, de le faire opérer à mes frais, appuyée par la D.D.S.V. et le vétérinaire dépêché pour l'enquête, mais rien n'y a fait, elle a refusé toute aide et les instances vétérinaires n'avait plus qu'une solution, ordonner l'euthanasie pour abréger des souffrances déjà trop longues. Ce fut fait le lundi suivant et pour moi c'était une sorte de délivrance.

Les 2 photos suivantes ont été prises en catimini le jour de l'enquête ! Le cinéma des pleurs et des grincements de dents ne m'a jamais paru vraiment sincère, après une petite enquête personnelle, j'ai appris que le pauvre cheval était squelettique depuis déjà longtemps et qu'il avait, dans cet état fait de nombreuses saillies rapportant autour de 800 euros. Comment peut-on dissocier l'amour de l'argent et celui du cheval ? Bonne question ! Toutefois je considère que ce genre de personne est indigne de se proclamer éleveuse, il faut préciser qu'un peu plus loin, une pouliche d'environ 18 mois est incarcérée dans un box sordide d'où elle ne sort pas. La crasse, la puanteur et le désordre indèscriptible de l'endroit n'est pas compatible avec la détention d'animaux et je souhaite que la D.D.S.V. intervienne plus sévèrement afin que cette personne trouve un autre moyen de gagner sa vie !


Et pour ne pas perdre la main le mardi 15 j'étais sollicitée par la mairie du Cailar pour récupérer trois "poneys voyous" qui mettaient le désordre dans la commune depuis plusieurs années, provoquant par leurs fuites et divagations répétées, des dégats considérables. Ils ont donc été saisis par arrêté municipal et d'une façon définitive. Jamais touchés, les trois énergumènes nous ont donné, quelque peu, du fil à retordre mais, consolation, ils sont tout trois gras comme des taupes. Il faut préciser qu'ils mangeaient à volonté dans les prés et les meilleurs potagers jusqu'à s'en faire péter la panse ! Nous les avons nommés Voyou, Brigand et Bandit, ça leur va comme trois gants ! Ils sont incarcérés dans un parc avec barrières en bois plus électricité maxi. Pour l'instant, ils se tiennent tranquilles.

Nous venons, Dany et moi de passer plus de trois heures en votre compagnie et nous sommes bien contents mais la mise à jour est loin d'être terminée. Demain matin une rude journée nous attend et nous préférons vous donner rendez-vous un peu plus tard pour la suite des événements qui prendra elle aussi, un certain temps.
Malgré toutes ces occupations stressantes j'ai réussie à finir le bulletin écrit sur papier, relatant 2006 et 2007. Il est en voie d'être imprimé et, vous qui êtes adhérants ou parrain, allez le recevoir dans les deux mois qui suivent, car c'est aussi un travail prenant et long.

Ne soyez surtout pas choqués par la robe boueuse de certains de nos p'tits loups, nous avons essuyé 10 jours de pluie dans un premier temps, puis une semaine de beau temps qui a commencé à sécher les parcs, mais rebelote, avant-hier nous avons eu des trombes d'eau nous plongeant dans une boue profonde. J'avoue être un peu découragée et lasse.

Merci encore pour votre fidélité, nous reprendrons contact d'ici une petite quinzaine. Avec retard, trés bonne année à tous et que vos voeux les meilleurs se réalisent.