Bulletins de 1996 à 2000

1999

2000

1996

Le 21 janvier 1997


Chers amis,


Il faut toujours un début à tout, et ce soir j'ai décidé coûte que coûte de commencer à élaborer le bulletin 1996.
Je vais essayer d'écrire avec un peu d'humour pour ne pas vous lasser, mais les nouvelles ne sont pas réjouissantes. Je pense que vous vous doutez tous et toutes que cet hiver est des plus difficile à passer, et en particulier pour les gens comme nous qui vivons dehors le plus clair de notre temps, et pour les animaux qui sont obligés de subir toutes les intempéries qui, je vous prie de croire, nous ont mis le moral à zéro.

Comme vous le remarquez, je m'adresse à vous depuis Servas où nous sommes installés depuis juillet 1996 après un déménagement rocambolesque dont je vous ferai grâce!

Soixante quinze chevaux ont donc élu domicile sur la nouvelle propriété dont je vous ai parlé dans le bulletin précédent. Après un début de restructuration (mise en place des clôtures et des parcs : épuisant et coûteux), nous avons donc pu amener les trois quart du cheptel, le reste des animaux, ânes, poneys, chèvres, moutons et quelques chevaux, sont restés encore pour quelques temps au Marican, car nos finances étant épuisées, nous n'avons pu finir d'aménager.

En Mars 1996, j'ai déposé une demande de permis de construire à la DDE ( Direction Départementale de l'Equipement ) de façon à ne pas être en retard pour engager les travaux d'un grand hangar dans l'été, ayant fait une demande de prêt à la banque, à mon nom bien sûr, pour une partie du financement. A partir de ce moment, nous avons eu la nette impression que cet organisme d'état s'est acharné à nous créer les pires ennuis. Il a fallut faire et refaire les dossiers, passer des nuits le nez dans les papiers, les plans, les estimations, les demandes aux autres organismes, ( EDF, téléphone, eau...). Géomètre et architectes se sont succédés afin que tout puisse concorder à l'aboutissement de notre demande. Mais en vain !!! A chaque fois il fallait encore autre chose, et tout ça à grand renfort de frais énormes.
Lorsque tout à été en ordre, on nous a opposé " LA SECURITE ".
Il faut une borne à incendie, pour que le dossier soit complet, mais les adductions d'eau étaient trop étroites, aucune possibilité de borne ne s'offrait à nous. Notre seul espoir était la réserve d'eau, petit étang déjà existant sur la propriété. Mais, lors de la visite des pompiers, cette pièce d'eau s'est avérée trop petite, il fallait donc l'agrandir, puis faire aussi un forage pour l'alimenter.

En attendant, le temps à passé, l'automne est arrivé avec la pluie incessante et les derniers travaux n'ont plus été possibles.

Nous nous sommes donc retrouvés sans hangar pour le foin et sans boxes pour les chevaux. Tout notre petit monde est dehors, à cause de réglementations que je trouve abusives, et pluie, vent, neige, givre, sont depuis la fin Octobre le tribu que paient nos pauvres animaux.

Autant vous dire que depuis le mauvais temps, je n'ai plus vécu. Inquiétude, angoisse, larmes ont été présentes au quotidien jour et nuit. Tous ces technocrates qui ont pouvoir de vie ou de mort (on peut le dire dans le cas présent) n'ont jamais fait preuve d'aucune sensibilité, ni d'humanité. Ils se sont bornés à appliquer des réglementations qui risquaient d'être fatales aux plus démunis vieux ou malades de nos chevaux.

Jean-Claude, mon mari, s'est employé à construire quelques abris en bois pour les plus fragiles, ainsi que les opérés. Mais les autres sont là, passant des semaines entières sous une pluie ininterrompue, les pieds dans la boue. Heureusement ils ont tous une nourriture très riche que nous avons augmentée pour qu'ils puissent tenir le coup, et je tiens à vous rassurer, tous vont très bien! Pas une goutte au nez, pas une toux, ils sont tous bien ronds, même ceux qui ont eu de gros problèmes de chirurgie. Les quelques maigrichons sont toujours les mêmes: au nombre de trois, mais c'est chronique.

Depuis pratiquement trois mois il pleut, il neige ou il gèle. Les écarts de température ici sont terribles. Nous sommes passés de +11 avec la pluie à -10 avec la glace.
Les voila tous devenus rustiques et combattants. Chacun d'entre eux s'est aménagé un poil d'hiver confortable et j'ai acheté un maximum de couvertures pour chevaux, chaudes et imperméables. J'ai fait tout ce que j'ai pu pour qu'ils souffrent le moins possible! Aujourd'hui il tombe encore des hallebardes et je sens que la nuit ne sera pas reposante.

De plus, BABY-BOOM, un de nos chat élevé au biberon, est au plus mal, avec une trachéite qui l'empêche de boire et de manger depuis déjà quatre jours. Je suis très inquiète, mais je garde espoir, vu le traitement de choc que je lui administre.

Je reprendrai ce courrier plus tard, il est 1H30 du matin.


Le 24 janvier 1997 au soir.

BABY-BOOM va mieux, il recommence à se tenir sur ses pattes et les perfusions y sont pour quelque chose, mais il ne mange, ni ne boit. J'espère de tout mon coeur que nous arriverons à le retaper.

Je reprend donc mon récit, et je tiens à ce que vous sachiez que ce qui risque de vous sembler des jérémiades, ne sont en définitive que des faits réels que je me dois de vous relater. Il faut savoir que depuis la fin Octobre nous n'avons plus quitté les bottes en caoutchouc, que nos chemins sont devenus des rivières, nos parcs des bourbiers, que plus aucun véhicule ne passe dans la propriété et que les soins, matin et soir, se font en grande partie à pieds. Difficile de marcher perpétuellement dans la boue et surtout fatiguant; les pieds restent collés au sol, on glisse, on tombe, les chevaux nous bousculent car ils veulent manger et c'est une fois de plus le parcours du combattant.

Les ballots de foin sont très lourds, les seaux de grains et de carottes, aussi et j'ai l'impression que mes bras s'allongent chaque jour (c'est une façon d'avoir "le bras long"). Ceux qui viennent nous voir n'en sont pas encore "revenus". je vous donne en mille combien nous sommes pour tout faire? Incroyable, nous sommes deux, Stéphane et moi!!!

Je ne pensais pas qu'à à l'aube de mes 50 ans (le 15 Août de cette année) je devrais travailler aussi dur! Cet été avec le beau temps et le soleil du Midi, il y avait beaucoup de monde ici, des jeunes bénévoles pour les vacances et trois belges, un couple, Patricia et Auguste, et Cathy. Ils nous ont bien aidé et je les en remercie de tout coeur. Ils aimaient les animaux et s'en occupaient bien, ce qui m'a permis d'être plus libre pour déménager tout ce petit monde.

Puis le mauvais temps est arrivé. La vie est devenue très dure, surtout en caravane, ou l'humidité est intenable (j'en sais quelque chose !).

Un beau jour nos trois belges nous ont quittés en même temps. Certes, j'en étais avertie depuis un mois, mais tout de même cela a été un peu dur. D'un seul coup les effectifs étaient réduits et le travail avait triplé. Dieu merci, Stéphane est toujours avec moi, fidèle au poste; il mène une vie de travail intensif sans sortie, sans distraction. ni aucun loisir. Pour un jeune de 22 ans: chapeau ! Nous pouvons tous lui dire un enorme merci. Charlotte, ma fille et Christian eux aussi répondent présents. Ils ont la responsabilité de tous les animaux qui sont restés au Marican, et le travail ne manque pas: les intempéries étant les mêmes que pour nous. Je leur rend visite et les ravitaille, ainsi que les animaux presque chaque jour. Bravo les enfants, 18 et 22 ans et un travail quotidien sans congés, ni Dimanche, quel exemple...

Ces sacrés animaux ne nous laissent pas beaucoup de répit, voire pas du tout, et même si nous les aimons beaucoup, il nempèche que nous sommes tous épuisés.

Comme d'habitude, l'hiver m'apporte de nombreuses enquêtes et beaucoup de chevaux sont dans un état de total abandon. En Camargue, cinq chevaux sont morts dans 1,10 m d'eau, deux autres ont pu être sauvés in­extremis grâce à notre intervention. Ici ou là une jument meurt de faim, l'autre est en piteux état, quatre chevaux sont enfermés dans une puanteur abominable, sans nourriture, plus loin un poulain né dans la boue glacée n'a jamais pu se relever, les membres collés au sol. Pas loin de chez nous on appelle le vétérinaire lorsque le cheval n'a plus que les os et la peau; trop tard! Il est mort deux jours après son arrivée au centre.

D'autres enquêtes m'attendent, mais hélas le temps me manque et les finances ne suivent vraiment plus. Je passe ma vie à faire des chèques sans provisions, non seulement sur le compte C.H.E.V.A.L, mais également sur nos comptes personnels. Malgré tout, le Crédit Agricole a été très compréhensif mais il y a des limites et je sens que cela se gâte. Chaque jour j'ai peur qu'un chèque ne soit pas honoré!

Il faut maintenant 50 000 francs par mois pour faire vivre notre petit monde et je n'en rentre pas le quart. Je n'ai plus rien à vendre de mes biens personnels, je vous avoue que la situation est plus que critique.

Je suis très endettée personnellement, et je me demande comment je vais faire pour m'en sortir.

J'espère que le ciel ne nous abandonnera pas!

Déjà aujourd'hui, il n'a pas plu. Pourvu que ça dure!!! On a même aperçu le soleil et on a pu enlever les couvertures; les chevaux se sont tous roulés et ils ont changés de couleur.

Un petit mot sur ceux qui sont arrivés, les petits nouveaux!

Quelques retraités comme :
SKIP, MAX, JICKA, MERIOS, GAVROCHE, MISS, LOUISE, LE MAGARAN, (cheval de club, mis à la retraite par son propriétaire, Bravo!) .

Quatre de ces chevaux sont également assumés par leur propriétaire par une pension mensuelle de 600 francs, ce qui paie juste la nourriture. Deux autres plus jeunes sont aussi pris en charge. Quant aux autres ils sont tous à mes frais.

Nous en avons, à ce jour 105, dont neuf qui m'appartiennent. Hélas les autres ont pratiquement tous des problèmes de boiterie, d'emphysème, de cancer ou tout simplement de vieillesse.

Nous avons aussi accueilli JACQUINOT mourant, opéré quatre fois, qui nous a crée d'énormes soucis mais qui est maintenant sauvé. Aujourd'hui il a doublé.

BABA-COOL, à l'attache depuis plusieurs années, étranglé par un lien qui pénétrait les chairs de l'encolure jusqu'à l'os, a été opéré, il va très bien.

JAMELA, condamnée par une ostéomvétite et couverte de plaies, après des soins intensifs, elle est superbe et va pour le mieux. FLY, lui aussi couvert de plaies sur tout le corps. La plus importante attaquait son nez jusqu'au cartilage (bonjour les vers !!!) car la peau était piquée par plus de cent mouches plates et le tout accompagné d'une maigreur accablante. Rassurez vous, il a bien changé et c'est un amour!

KARIME, ramassée de justesse devant la porte de l'abattoir dans un état inquiétant de mauvais entretien et d'ataxie, comme PILOU elle se déplace en lançant ses pieds dans tous les sens.
HOUPPETTE, avec un pied cassé et une ostéocondrose a été opérée, elle boîte fort mais ca va.
INDIA, fracture de la mâchoire, d'une hanche, un oeil crevé, les dents cassées, rouée de coups, et pour compléter une déchirure de la vulve ainsi qu'une métrite, sous une carcasse d'os et de peau. Dentiste, vétérinaire, maréchal ferrant, beaucoup de soins; malgré son grand âge, elle est devenue une petite boule et les séquelles sont très supportables.
HARAD, 18 mois, poulain arabe, né avec une méningite, très désordonné dans ses déplacements et dodelinant de la tête. Il a une pêche d'enfer et semble heureux, il est tout rond!
SIX-ROSES, atteint d'un cancer du foie, il a eu ses derniers mois bien entouré, il nous a quitté cet été pour toujours. La même chose pour CALINE, atteinte d'une compression médullaire très grave, elle n'a pas survécu.
TANIA, boiteuse, a été rachetée gestante. Elle mettait bas deux mois plus tard d'une petite IBIZA, très mignonne et très coquine. Maman ne boite presque plus, mais ses jarrets restent fragiles. Elle ne pourra plus jamais travailler, c'est donc pour elle une retraite anticipée à 7 ans. BELLE ALICIA, s'était déchirée en mettant bas chez un éleveur peu scrupuleux. Les deux sphincters ont aussi été atteints et BELLE fait ses crottins en marchant; elle est incontinente mais en bonne forme. Elle partait à la mort et galope maintenant comme une folle.
MAX, vieillissant, mais en bonne santé nous a aussi rejoint.
Il me faut aussi vous donner des nouvelles de nos "anciens", ceux que vous connaissez déjà par nos précédents bulletins.
Tout d'abord, nos petits ânes qui font toujours l'objet d'une instruction judiciaire et qui pour le moins traîne en longueur. Voilà plus de trois ans qu'ils ont été saisis par le parquet et que l'affaire n'est toujours pas passée devant le tribunal. Le principal c'est qu'ils aillent bien. Ils sont toujours cabotins, coquins et aussi têtus, ce n'est pas une légende, mais tellement mignons.

MANON, une grande ânesse brune les a rejoint. Je vous en reparlerai plus tard.
Quant à GENTIL PRINCE, notre petit poulain, né avec une polyarthrite, condamné par les hommes de science, il fêtera ses trois ans en Avril prochain. Pas une boiterie : il marche, trotte, galope et reste notre affectueux bébé. C'est un véritable miracle !

Et GOUSSA, notre gentille jument saisie par le parquet voilà quatre ans, que devient-elle ? Elle va très bien avec "une pêche formidable". Elle est magnifique et très attachante. Nous avons pu obtenir la correctionnelle pour son bourreau et nous pensons repasser au tribunal en février. Voilà encore une affaire qui aura traînée quatre ans. J'espère de tout mon coeur qu'elle nous sera confiée à vie, j'y suis très attachée !
PILOU, toujours ataxique, continue à se déplacer de façon désordonnée mais ne tombe pratiquement plus, on le surprend même à galoper.
SYRIUS, le poney au trois sabots, galope aussi.
ETOILE est en pleine forme, GRISOU vieillit très bien, PETOULET joue le matcho avec ses trois juments, GITAN a toujours aussi mauvais caractère, CHEYENNE est restée adorable.
Quant aux chiens, nous avons eu la chance de trouver d'excellentes familles d'adoption pour certain d'entre eux. Place a été faite pour d'autres.
HASTA, notre chienne Mâtine atteinte de leishmaniose, survit dans les meilleures conditions. Presque aveugle, elle a un moral d'acier et se permet d'être gaie et remuante.
Tous les chats vont bien, sauf BABY-BOOM mais je garde grand espoir.

Après avoir fait un petit tour d'horizon sur nos protégés, il me reste à reprendre mon agenda pour un survol de la rétrospective 1996, ce qui serait trop long ce soir, je reprendrai donc mon ouvrage plus tard, à bientôt.... 

... Déjà le 5 Février ! Me revoilà à la tâche, et comme promis nous allons survoler l'agenda 1996 et ses faits les plus marquants.

Nous nous sommes quittés l'an dernier en février, et c'est donc par l'arrivée de MISS, pur sang anglais sauvé de l'abattoir le 2 Mars que nous allons reprendre.
Le 3 Mars, nous accueillons BABA COOL, il sera opéré le 4, afin de retirer le lien qui l'étrangle depuis des années.
Le 5 Mars, HARDY rentre en clinique à Lunel pour l'opération d'une tumeur sarcoïde (cancer), il est opéré le 6. Il sortira huit jours après, en forme, mais malheureusement une nouvelle évolution me catastrophe.
Le 6 Mars, j'assiste à une audience du tribunal de Nîmes, ou nous nous portons partie civile. Un homme avec la complicité d'une jeune femme a tué une jument à coups de hache, il prendra six mois avec sursis. Quelle honte !!!
La propriétaire du cheval écoute, effondrée et en larmes, le verdict!
Le 13 Mars, Patricia et Auguste arrivent de Belgique comme bénévoles.
Le 15 Mars, arrivée de Cathy, jeune fille Belge qui vient pour nous aider. Ils resteront tous les trois jusqu'au début du mois de Décembre.
Le 17 Mars, PAMPERA, jument sauvée de l'abattoir, nous fait une colique irréversible.
Nous partons à la clinique de Lunel en urgence, elle est quasi perdue. Elle sera opérée dès notre arrivée en pleine nuit; même intervention que KIKI (26 000 francs). Elle sera sauvée et réintégrera le centre le 27. Chouchoutée, elle se remettra lentement mais sûrement. Elle va aujourd'hui très bien.
Le 20 Mars, nous recevons CALINE, pouliche de trois ans, avec une compression médullaire très importante, elle a beaucoup de mal à se déplacer, elle tombe souvent, sont état est très critique. Elle sera euthanasiée deux mois plus tard pour abréger ses souffrances, la science n'ayant pu la sauver.
Le 4 Avril, nous recevons un reporter-photographe du journal Maxi, dans lequel nous aurons plus tard un article sympathique.
Le 21 Avril, JACQUINOT, adorable petit cheval, rentre à la clinique pour l'ablation du pénis. Il sera réopéré trois autres fois, pour finir, par une uretérostomie qui le sauvera, il traînera longtemps squelettique, et grâce aux soins et à l'amour que nous lui portons, il redémarrera en janvier 1997 et à ce jour il est tout rond et malgré ses 26 ans, reprend goût à la vie. C'est un amour !
Le 29 Avril, TANGO, le cheval de Charlotte, se fait une petite fracture du sésanoïde (petit os du pied). Il rentre en clinique ou il est plâtré, et au repos complet pour deux mois.
Le 30 Avril, je récupère KARIME devant la porte de l'abattoir de Florac, amenée par sa propriétaire qui voulait s'en débarrasser.
Le 5 Mai, je prend le train pour Genève, afin de me rendre à la grande conférence Européenne sur le transport des animaux de boucherie, organisée par Franz Weber. Là, j'ai connu l'horreur des films relatant ces transports. Je découvre des professionnels de la torture, je n'aurais jamais imaginé de pareilles atrocités. Je suis heureuse d'être végétarienne et de ne pas être complice des souffrances insoutenables infligées à ces pauvres animaux, avant de connaître les affres de l'abattoir. Pendant deux jours, nous travaillerons avec les députés Européens à une dizaine d'articles, afin d'essayer d'adoucir les derniers jours de vie de ces bêtes, et abolir le transport d'animaux vivants sur les longues distances, préférant le transport réfrigéré des carcasses. Je suis rentrée atterrée et effondrée par ce que j'ai pu voir et entendre à cette conférence. En principe cette directive devrait aboutir au début de cette année. Croisons les doigts !!!
Le 15 Mai, MAX arrive au centre pour la retraite. 

Le ler juin, nous commençons à déménager à Servas, Patricia et Auguste installent leur caravane, ça y est le processus est lancé. La propriété est magnifique, les prairies sont vertes, c'est le bonheur pour les nouveaux arrivants !
LAÏKA, MALICIA, NAPOLEON, MARQUISE, SKIP qui étaient en liste d'attente nous rejoignent. Puis c'est GIKA, CALI, BELLA et les autres...

Le 19 juin, c'est un bébé chevreuil de quelques jours, déshydraté, récupéré dans une crevasse, abandonné par sa maman qui n'avait pu l'aider à sortir. Avec beaucoup de patience, j'arrive à la faire téter à la seringue. Cinq fois par jour, elle boit du lait de chèvre et petit à petit reprend goût à la vie. Elle fait toujours partie de notre grande famille.
Le 25 juin, nous transportons les daims à Servas, les femelles ne les rejoindront qu'au printemps prochain, le temps de laisser passer le rut.
Le 12 juillet, GIROFLEE et HANNIBAL déménagent chez Caroline. Ce sont nos petits ânons qui, élevés ensemble, ne seront pas séparés. Ils sont merveilleusement bien et choyés comme de vrais enfants !
Le 15 juillet, une mini tornade balaye la propriété, des arbres séculaires sont arrachés, les clôtures sont brisées, une jument est légèrement blessée, nous sommes tous en émoi. Il faudra des jours et des jours pour remettre tout en état.
Le 15 août, GAVROCHE grand cheval gris, d'un grand âge nous rejoint. Il a une grosse arthrose déformante, mais j'ai bon espoir de lui faire passer une retraite paisible et la plus longue possible !
Le 6 Septembre, PAPY et LAC partent pour la clinique de Lunel, pour des examens approfondis de sang, selles et urines. Ils y passeront trois jours. Ce sont les seuls à ne jamais grossir! Les analyses révèlent des traces de pyroplasmose ancienne devenue chronique. Ils resteront probablement très minces toute leur vie, mais ils ont un bon moral et sont toujours aussi avides de nourriture.
Le 20 Septembre HOUPETTE petite ponette en très mauvais état est opérée d'un accrochement de rotule.
Le Dimanche 22 septembre dans un campement de hippies, nous saisissons JAMELA petite jument dans un état épouvantable. Elle a des blessures profondes sur l'encolure, très infectées, dues à des morsures d'étalons. Sa jambe droite présente un énorme oedème, l'articulation du pied est bloquée. Plus tard le diagnostic des radios tombe: ostéornvélite. L'os est attaqué par l'infection, la paroi osseuse est détruite. La pouliche risque la fracture spontanée d'une minute à l'autre. Immobilisée, soignée, nourrie, elle est aujourd'hui sauvée, mais ne pourra jamais avoir une vie de cheval de selle. Elle restera au centre comme tant d'autres.
Le 30 Septembre, HARDY est de nouveau opéré d'une tumeur, nous tentons en dernier recours une chimiothérapie, qui actuellement s'avère relativement efficace. HARDY a le moral., il a encore de beaux jours devant lui et ... un appétit féroce ... bon signe !!!
Le ler octobre arrivée de JIKA, jument de 27 ans à la retraite. Elle était plutôt maigrichonne, aujourd'hui, c'est une boule.
Le 10 Novembre arrivée de la pluie, des trombes d'eau s'abattent sur nous et un vent d'une rare violence fait rage. La bâche qui recouvre le foin est arrachée, notre réserve est trempée, le foin chauffe, nous perdons près de 10 000 francs de fourrage.
Le mois de janvier n'a été que "galère" et travail intensif, je n'ai malheureusement pu me rendre à toutes les enquêtes, malgré les nombreux appels au secours. Les pages de l'agenda sont restées vides, et Dieu merci la santé de nos amis a été satisfaisante. Les intempéries n'ont pas eu raison de leur moral et le soleil, revenu aujourd'hui leur fait le plus grand bien. 
Une fois de plus j'interrompt ce long journal pour aller me coucher. A bientôt.

Le 10 Février au soir, j'espère que ce soir je vais arriver à finir ce véritable "roman à épisodes" et surtout ne rien oublier car j'ai encore mille choses à vous dire.

J'ai eu le résultat des analyses, malgré la vaccination, BABY-BOOM a la leucose.

Il me tient particulièrement à coeur de vous parler des êtres chers que nous avons perdus cette année.
Comme vous le savez tous, Jean-Pierre HUMN, nous a quitté début juin et nous a laissé dans la tristesse. Point n'est la peine de vous dire quel homme d'exeption il était. Inconditionnel des animaux, il savait les aimer, les comprendre et aussi les défendre.
Il nous manque beaucoup !
Quelques jours après, j'avais le grand chagrin d'apprendre le décès de Mr Edmond ROUDNISKA. Il était cet adhérent bienfaiteur des Alpes Maritimes dont je vous parlais anonymement dans mon dernier bulletin.
Inconnu dans la protection animale, il l'était mondialement dans l'espace des parfums. Créateur célèbre, son nom et sa réputation dépassaient les frontières. Il était un homme aisé qui mettait son argent au service des pauvres, des exclus et des animaux. Il répondait présent chaque fois que nous avions besoin de lui; il restera gravé dans ma mémoire et dans mon coeur.
Puis c'est Philippe qui est parti, parti pour toujours. Dans mon paragraphe sur les ânes, j'avais nommé MANON, une ânesse venue grossir le troupeau. MANON, appartenait à Philippe qui souffrait d'une maladie grave. Sa maman, déjà âgée, ne pouvait s'occuper de son fils malade et de MANON, mais tous deux étaient très inquiets sur le sort de cette petite ânesse. Je n'ai pas hésité un instant à l'accueillir, et elle est maintenant le souvenir qui nous reste de Philippe.

Il est parti à 37 ans après de grandes souffrances, faisant preuve d'un immense courage. Il était lui aussi un inconditionnel des animaux, avec un coeur énorme. Il laisse une maman effondrée et inconsolable.
Ces lignes tristes, beaucoup trop tristes, je devais les écrire, le départ de nos amis a terriblement marqué cette année passée.
Mr TARDIEU que vous connaissez aussi à travers le dernier bulletin, a été très malade et nous lui souhaitons de tout coeur de se remettre au plus vite.
Nous ne sommes que très peu de chose sur la terre, c'est la raison pour laquelle je rêve que notre association soit d'avantage prospère, dans le cas ou je ne serais plus là (je ne suis pas pressée, mais on ne sait jamais !), pour ne pas laisser ma famille dans un trop grand embarras et que les animaux n'en fassent pas les frais.
C'est vrai que lorsqu'ils sont malades, je me sens un peu indispensable, je sais les soigner et souvent les guérir. Dès que Charlotte et Christian nous auront rejoints, il faut que je leur apprenne certains soins avec plus de précision. Le week-end dernier nous avons eu très peur pour VANDA, une jument que j'adore, aucun vétérinaire n'était disponible, j'ai donc du me débrouiller toute seule. Il a fallu 48 heures et une nuit blanche pour être certain qu'elle soit sauvée. J'étais heureuse d'y être arrivée par mes propres moyens.

Bien sur, je les aime beaucoup, mais cela m'amuse toujours quand on me dit: "comme vous avez de la chance d'être avec ces animaux qui sont si gentils". Certes, je revendique cette chance de vivre au milieu d'eux, mais que l'on ne s'y trompe pas, nos petits anges sont parfois des démons!!! Certains ne sont pas très agréables, il y a même quelques pénibles que l'on passerait volontier à la "moulinette". 
Il y a des agressifs avec nous, des agressifs avec leurs congénères, il y a des brutes qui bousculent, des vicieux qui tapent et qui mordent et ceux que j'appelle les "ventres" car seule la "bouffe" les intéresse. Il y a ceux que je garde parce qu'il n'y a pas d'autre solution, mais c'est vrai qu'ils n'ont pas grand chose pour plaire. Rassurez vous, dans la majorité ils sont adorables avec leur défauts et leur qualités et quel bonheur de les voir revivre lorsqu'on les à vu presque morts !
Tout ça pour vous dire que malgré les difficultés, la grande fatigue, mon surendettement, je ne regrette rien et suis heureuse d'être a leur service.
Il va falloir essayer d'obtenir la reconnaissance d'utilité publique, c'est la raison pour laquelle je vous envoie cette fiche à remplir. Le dossier à constituer est lourd, la décision de cette demande doit être prise avec les adhérents. Je compte donc sur vous pour me renvoyer cette fiche remplie et signée.

Je profite également de l'occasion pour demander à chacun d'entre vous encore un effort supplémentaire. En effet, ce serait formidable que chaque adhérent trouve ou "parraine" une autre personne, pour l'instant étrangère à l'association. D'avance merci !
L'assemblée générale se fera dans la salle communale de la mairie de Servas le Samedi 15 Avril 1997 à 15hOO. Vous y êtes bien évidemment tous conviés, mais la plupart d'entre vous étant si loin, je pense que seulement les personnes les plus proches pourront se déplacer. Dommage !
Quant au bilan financier, il est plus que négatif, il est catastrophique. Nous espérons qu'avec votre aide nous arriverons à redresser la barre !
De notre côté nous avons des projets afin de rentabiliser la propriété et d'équilibrer les budgets, comme par exemple, la création d'une ferme pédagogique, ou tout autre idée dans ce genre... Nous en reparlerons lors de l'assemblée générale...

Je suis bien désolée d'avoir tant tardé pour expédier les cassettes que certains d'entre vous ont commandé et même parfois payé, mais le montage a été très compliqué et onéreux. Les premiers envois se feront début Avril, n'hésitez pas à me rappeler à l'ordre dans vos courriers, je ne m'en vexerai pas et ainsi je n'oublierai personne; Encore une fois pardon!

Je ne suis, hélas, pas arrivée à faire ce que je voulais en temps et en heure, mes journées sont trop courtes. A quand la semaine de 35 heures ? A quel syndicat dois-je m'adresser ???

Ce bulletin ne mérite pas un "classement vertical", il est le type même de la lecture qui doit se trouver sur votre table de nuit, et éventuellement vous empêcher de dormir en pensant que vous n'avez pas encore posté votre cotisation de membre bienfaiteur...

Cette pointe d'humour sonne la fin de ce bulletin, car il est hors de question de vous démoraliser complètement !!!

Permettez moi de vous embrasser de tout coeur et de vous dire merci à tous.



A bientôt.
PAULA



REMERCIEMENTS

Heureusement en cette fin d'année la FONDATION BARDOT nous a gentiment aidés. Un chargement de foin ainsi que des boîtes chiens/chats nous ont été offerts. Merci de tout coeur à cette FONDATION qui s'est émue de notre détresse. Merci également à 30 MILLIONS D'AMIS qui nous a remis un chèque de 5 000 francs (bienvenu !)

Merci à vous tous, et surtout vous toutes, car nos plus fidèles adhérents sont en majorité des dames.

Je n'ai certainement pas répondu à tout le monde ou si peu, mais sachez que sans vous il n'y aurait pas eu de survie possible. PARDON!

Ce bulletin représente une grosse partie de mes espoirs. En effet la situation financière du centre repose essentiellement sur vos dons et votre soutien permanent.

Merci à tous les sociétaires de la S.C.I, propriétaires des terrains pour une valeur de 40 hectares pour cette clôture grillagée, côté route, qui est indispensable, nous en avons la preuve tous les jours.

A Madeleine, Françoise, Ludvine, Luce, Paulette, Christiane, Marc et Dominique, Roger et josiane, Joël et Annie et tous les autres qui sont fidèles et ne nous oublient pas tout au long de l'année...

 

1997

Le 26 février 1998

Février tire à sa fin, je dois à tout prix prendre la plume: le bulletin ne peut plus attendre. Déjà certains, ou plutôt certaines d'entre vous le réclament et je ne cesse de répéter qu'il faut que je trouve le temps et aussi "la tête" car ma tête ne va pas très fort ces derniers mois: les soucis de tous ordres sont en train d'avoir raison de mon mental. Moi qui me croyais invulnérable de ce côté, me voilà contrainte d'admettre que je me suis mise à craquer. Depuis 15 jours, je me mets des coups de pied aux fesses pour reprendre le soir le courrier que j'avais totalement abandonné, mes neurones ne répondant plus.
Malgré tout, j'ai assumé le travail au refuge comme si de rien n'était et aujourd'hui je me rends compte qu'il est bon d'avoir une passion concrète, vivante comme tous nos enfants à quatre pattes à qui nous sommes indispensables, pour pouvoir surmonter le pire. Il faut dire qu'entre le temps, la pluie et la boue qui n'en finissent pas et surtout CROQUETTE, cette merveilleuse jument qui me fait tourner en bourrique mais qui est si attachante, j'ai eu du mal à dormir et à garder le sourire. Son histoire tiendra la plus grande partie de ce bulletin: elle le mérite.

J'aimerais d'abord vous rassurer, vous qui m'aidez à surmonter mes difficultés financières par vos dons, sur mes dépenses que certains d'entre vous trouvent "inconsidérées"! J'ai eu quelques réflexions sur la qualité exceptionnelle du papier glacé sur lequel est écrit notre bulletin annuel. Réflexions quelquefois "acides" qui m'ont un peu vexée, vous le savez je n'ai pas un très bon caractère. Ce très beau bulletin 96, traité merveilleusement sur ordinateur par nos amis Yannick et Patrice entièrement gratuitement, a coûté 5 fois moins cher que le très ordinaire bulletin 95 tapé à la machine et photocopié le plus simplement. En effet, j'ai la chance d'avoir un gendre imprimeur et c'est à lui que nous devons ces magnifiques spécimens ainsi que vos cartes de membre qui ont aussi comme un air de renouveau. Ne nous plaignons pas si la mariée est trop belle !
Il est temps de survoler cette année 97, nous nous étions quittés en Mars et tant de choses se sont passées ... Comme vous le savez, par le bulletin précédent, la DDE nous a refusé le permis de construire en dur pour "manque de sécurité". Nous avons décidé de parer au plus pressé en montant de beaux box en bois pour abriter les plus fragiles. Ces structures sont dites "démontables", comme la petite maison en bois que nous habitons. Beaucoup de chevaux sont encore dehors et, quand il fait mauvais temps, ça me gâche la vie! Il faut dire que depuis quelques années les éléments se déchaînent particulièrement. Peut-être le ciel n'apprécie-t-il pas vraiment tout ce que l'homme lui "balance" comme fusées, satellites ect...
Depuis février 97 nous avons vécu une sécheresse incroyable après des déluges successifs et le printemps n'a pas permis à un seul brin d'herbe de traverser la terre argileuse de nos prés devenus béton. Voilà un souci supplémentaire: il faut savoir qu'une trentaine de chevaux sont nourris sur notre terre pendant cinq mois. Soleil et Mistral ont eu raison des lacs de boue, il ne restait plus qu'à combler les ornières des chemins jusqu'à la saison prochaine. Nos protégés n'étaient pas fachés d'avoir les pieds au sec et le dos au soleil.

Le printemps installé redonnait à notre Baby Boum l'énergie pour se battre contre la maladie. Vous avez suivi sa "presque agonie" dans le bulletin précédent. Il était, en effet, à la dernière extrémité... malgré sa leucose, il a repris le dessus grâce aux soins intensifs et perfusions que je lui ai prodigués. Il est redevenu magnifique, son beau poil angora a repoussé et bien que sa santé reste fragile, il a repris une vie quasi normale.
En Mars, j'ai été secouée par une "Tornade bancaire". En effet, le directeur du Crédit Agricole a décidé qu'il me donnait huit jours pour combler les 70000 francs de découvert du compte C.H.E.V.A.L. sous peine de mettre ce compte au contentieux.

J'ai donc dû emprunter 80000 francs à mon nom avec la caution de mon mari pour couvrir ce compte sur lequel plus aucun découvert n'est admis. C'est maintenant sur les nôtres que les découverts sont très importants: c'est ce qui s'appelle déshabiller Pierre pour habiller Paul, mais je n'avais pas le choix.
La soirée est très avancée. Je vais aller dire bonsoir à CROQUETTE avant d'essayer de dormir. A bientôt.

Le 30 mars
Un mois est passé, les événements se sont succédés. Mars a été le mois de tous les chagrins et je n'ai pas eu une minute pour continuer le bulletin. Je le reprends, ce soir ler Avril, le coeur gros, les larmes aux yeux. Nous avons perdu Matcho, notre grand daim mâle, mort d'une fracture des cervicales le 13 Mars, notre CROQUETTE bien aimée le 24 Mars. Je suis bouleversée particulièrement par la mort de CROQUETTE pour laquelle je me suis battue pendant neuf mois. Je m'étais reprise à espérer: novembre et décembre avaient été de très bons mois pour CROQUETTE. Son état s'était bien amélioré, elle avait grossi, son poil était devenu brillant, ses escarres avaient bien cicatrisé, ma "Cro" avait un moral d'acier et une volonté hors du commun. Je lui avais fait faire une botte en cuir pour son pied postérieur gauche, avec à l'intérieur un pansement de coton cardé pour amortir la partie charnue sur laquelle elle marchait, le sabot étant retourné vers l'arrière. Quant au droit, la fibrose avait un peu diminué, les plaies étaient sèches et bourgeonnantes et Croquette se déplaçait doucement mais sûrement, se levait ou se couchait à sa guise. Jean-Claude, mon mari, lui avait fait un box très confortable, René, notre vice président, avait confectionné une armature métallique montée sur roulement et j'avais acheté deux palans, des chaînes et des sangles pour suspendre notre pauvre chérie afin de pouvoir faire des pansements plus facilement.
Tout allait pour le mieux, quand, début février une artère de sa jambe fibrosée a éclaté, provoquant une petite hémorragie. CROQUETTE immédiatement soignée a eu la jambe bandée. Mais très vite une plaie très laide se forme et la gangrène déjà enrayée une fois, se remet sur les tissus tellement abîmés et si fragiles. Malgré les soins quotidiens, une surveillance constante, des pansements méticuleusement tenus, l'état de sa jambe se dégrade chaque jour et elle est obligée de s'appuyer de plus en plus sur son autre jambe dont le pied est retourné. Je suis très inquiète mais CROQUETTE garde le moral et continue à manger comme un ogre.

Elle gardera ce moral et son appétit jusqu'au bout, c'est une battante. Son courage, son envie de vivre ne font aucun doute mais la souffrance augmente. CROQUETTE a du mal à se tenir debout, elle est de plus en plus souvent couchée mais dès qu'elle m'entend, elle se lève dans un effort violent, retombe, se relève montrant qu'elle est debout et qu'elle m'attend. Pendant deux jours et deux nuits elle tapera contre le murs avec les sabots de ses antérieurs et je dois la piquer souvent pour calmer la douleur. Le vétérinaire n'a plus d'espoir, l'amélioration n'est plus possible. A deux reprises, je prendrai la décision de l'endormir puis décommenderai le rendez-vous.
Le 22 mars, la décision est irréversible: CROQUETTE a souffert toute la nuit.
Le 23 mars ma "Cro" nous quitte pour le paradis des chevaux. A huit ans, après des années de martyre, elle a connu une forme de bonheur au centre, gâtée, choyée, adorée et considérée comme quelqu'un de la famille. J'avais ces derniers mois réglé ma vie sur la sienne, je ne la quittais pratiquement pas, je suis aujourd'hui effondrée.
L'histoire de CROQUETTE est jointe à chaque bulletin pour que chacun d'entre vous prenne conscience de la cruauté des hommes et de la misère des animaux. Pas une semaine ne se passe sans que que je sois sollicitée pour une affaire de mauvais traitements ou de cruauté.

Trois jours après la perte de ma "Cro" , Jacquinot nous a fait un gros problème oesophagien avec hémorragie et tout ce qu'il faut pour m'alarmer une fois de plus. Il a près de 30 ans et je ne veux rien négliger. Je le conduis donc à la clinique où il est sauvé in extremis. Jacquinot occupe aujourd'hui le box de Croquette, son état nécessite beaucoup de soin. De plus il n'a plus de dent: c'est un travail considérable pour le nourrir mais il ne va pas si mal.

Pour finir cet affreux mois de mars, Imco, petit cheval souvent stupide s'empale l'encolure sur un piquet de clôture. La blessure est épouvantable. Il est recousu, soigné, ses jours ne sont pas en danger mais des soins importants et onéreux seront nécessaires pendant de longues semaines.
J'ose espérer que la série noire est maintenant terminée et dès demain je pourrai reprendre le cours de l'année 97.


Le 2 Avril 98

Nous étions restés en Mars 97 avec les problèmes financiers et le mois suivant n'a pas été très brillant. Seule l'herbe a commencé à pousser mais la boîte aux lettres n'est jamais bien garnie avant l'envoi des bulletins et la jonction est bien difficile, d'un bulletin à l'autre. Mais ce n'est pas la peine que je vous ennuie avec la même chose, chaque fois.
Les frais de fonctionnement sont supérieurs de beaucoup aux rentrées et il faut faire des pirouettes miraculeuses en permanence, ça vous le savez tous.

Je survolerai les mois suivants car il y a beaucoup de choses à dire et si je me laisse trop aller aux détails... Je n'en finirai jamais.

Le 5 mai, j'ai eu l'énorme chagrin de perdre Gavroche, ce vieux cheval gris, tellement gentil et attachant. Usé par une propriétaire peu scrupuleuse sur les parcours de cross, puis recueilli très arthrosé par un couple sympa, il avait beaucoup de mal à se lever chaque jour et ils décidèrent de nous le laisser. Malgré les soins et un regain passager de vitalité, Gavroche n'a pu survivre plus de dix mois. Un matin, il s'est couché sans jamais vouloir se relever malgré tous nos efforts. Il était ce grand dadet affectueux que j'aimais beaucoup et qu'on n'oublie pas.
En juin Croquette est arrivée, le 13 exactement, son histoire est d'une grande tristesse.
Peu après Stéphane nous quittait pour un bol d'air, vacances peut-être ou départ définitif, il ne savait pas vraiment, mais ce qu'il savait c'est qu'il avait besoin de changer d'air. Il faut comprendre que pour nos jeunes c'est un peu difficile. Au centre, pas de vacances, pas de dimanche, de longues journées de travail par tous les temps... Alors, bonnes vacances Stéphane et si tu veux revenir, tu seras le bienvenu.


Le 8 mai 98

Plus d'un mois est passé depuis mon dernier paragraphe et je n'ai pu reprendre le stylo. J'ai à nouveau eu quelques problèmes de santé avec ma "tête", la disparition de Croquette y est pour beaucoup. Comment reprendre le dessus après un tel drame, quand le "terrain" est déjà fragile ? Malgré cet état dépressif il est indispensable que ce bulletin soit terminé, il est le seul organe de liaison et aussi la clé du "coffre" des renouvellements de carte. J'avoue que ces derniers mois sont très difficilement gérables, les dettes s'accumulent encore plus que d'habitude.

Nous en étions en Juillet 97 et nous nous retrouvions sans Stéphane avec un peu plus de travail! Heureusement l'été il y a moins de durs labeurs comme le nettoyage des box, les chevaux étant pratiquement tous dehors.

Le 14 juillet, jour de fête nationale, notre Mistral est "mort en héros". Il était le seul cheval de trait du centre, d'un âge canonique: plus de trente ans, il avait mené son petit train au centre entre deux crises d'arthroses dues à une vie de travail pénible. Doux, câlin tout le monde l'aimait beaucoup, mais ce chaud matin de juillet, il n'a pas pu se relever: il est parti sans souffrance après avoir passé trois ans au centre, bien entouré et bien soigné. Je l'appelais mon cheval préhistorique tant il était déformé. Il laisse à chacun de nous un excellent souvenir.
Le 5 août, ce fut le tour du vieil Aldo, ce double poney réformé d'un centre équestre que j'avais racheté cinq ans avant pour lui éviter le couteau du boucher.
Arthrosé, boiteux il nous donnait de gros soucis. Il était arrivé un peu trop tard pour sa retraite, il était déjà bien usé. Il avait beaucoup maigri, on s'attendait à un départ imminent. En vieillisant son caractère s'était aigri et il n'avait pas que des adeptes! Grincheux, certes il l'était, mais pendant de longues années il a dû supporter toutes sortes de gens, d'enfants qui en ont usé et abusé. Merci Aldo d'avoir servi l'être humain si longtemps, lui qui n'a même pas eu la moindre reconnaissance envers toi.
Le 15 Août, je fêtais allègrement mes 50 ans, au passage, je remercie tous ceux d'entre vous qui m'ont envoyé une carte: j'en ai été très touchée. Le cap du demi siècle n'est pas si facile à franchir quand on sent son énergie diminuer.
Septembre est arrivé, annonciateur d'un automne proche. Ici, l'arrière saison est très agréable.
Le 5 NIAGARA arrivait, c'est une très jolie jument de robe "Apaloosa" (tachetée comme un léopard!). Poulinière de son état, elle ne pouvait rester dans son élevage à cause d'une cécité due à une fluxion des yeux. Elle a immédiatement rejoint le box voisin de celui de PUEBLO, aveugle lui aussi. Ils sont devenus les meilleurs amis du monde. Jean-Claude leur a confectionné un parc en bois où ils se sentent en sécurité pour se détendre et brouter un peu d'herbe bien verte.
Le samedi 13 je me rendais à Nîmes pour la manifestation organisée par PASAC. Inutile de vous rappeler que dans notre région "l'acte de cruauté envers les animaux" que représente la corrida n'est nullement "puni" au contraire il est mis en vedette à l'occasion de Férias trois ou quatre fois par an. Il y a quelques jours la télévision repassait ce film merveilleux avec Fernandel qui retrace le parcours d'un vieux cheval camarguais voué à finir dans une arène: Heureux qui comme Ulysse. Quelle émotion! Ça donne une idée de l'horreur à ceux qui ont la chance d'être loin de ces lieux de torture.
Le 27, Melba la maman ours des pyrénees était lâchement assassinée par un jeune chasseur, laissant trois petits orphelins livrés à eux-mêmes. Bonne chance les bébés, que Dieu vous garde! Là aussi, il y aurait beaucoup à dire et vous m'avez bien sûr comprise.
Le 2 octobre je suis appelée chez un soi-disant éleveur. Je découvre 36 chevaux sous alimentés, sans eau, avec des clôtures de barbelés en très mauvais état et donc très dangereuses. Plusieurs poulains sont atteints de diarrhée profuse. Je dépose plainte et demande l'enlèvement par le parquet des deux poulains les plus mal lotis, mais rien ne se passe et le 10 octobre je reviens constater la mort de l'un d'eux. Le deuxième sera sauvé grâce aux soins que je lui prodigue et par la nourriture que j'ai apportée. Ce tout petit est mort dans la plus parfaite indifférence, comme souvent.
Le 20 c'est notre chienne Hasta qui nous quitte pour toujours. Elle était cette chienne grise de race "Mâtin de Naples" que vous avez pu voir lors du reportage de 30 millions d'amis il y a maintenant quatre ans. Son minois tout plissé, son "costume trop grand" et sa dégaine pataude nous laisserons un souvenir impérissable. Elle n'était qu'affection et bonne humeur malgré cette maladie qui la rongeait depuis plus de cinq ans: la leishmaniose, transmise par ce vilain moustique qui vit uniquement dans le sud et qui fait périr tant de chien. Elle est morte sans souffrir, le coeur s'est arrêté doucement. Adieu ma belle!
Quant aux intempéries d'octobre nous nous en souviendrons.
Le 6, un véritable déluge s'est abattu sur la région, accompagné d'impacts de foudre très inquiétants. La nuit fut mouvementée, le lendemain il fallait retrousser les manches.

Notre région était sinistrée. Heureusement pas d'accident grave pour nos animaux mais nous voilà dans la boue plus tôt que l'année d'avant.
En novembre, nous commençons à rentrer certains chevaux dans les nouveaux box que Jean-Claude vient de finir. Il a travaillé sans relâche: chaque week-end, chaque jour férié, sans prendre aucun repos. Les box sont magnifiques, celui de Croquette spécialement aménagé est très confortable: elle y finira ses jours.
le 10 novembre nous avons eu la bonne surprise de voir arriver Stéphane qui réintégrait ses quartiers: protection animale. Deux bras de plus, ça n'était pas du luxe, d'autant que deux jours plus tard un nouveau déluge-tempête s'abattait sur nous.
Quant à décembre, ce fut le bouquet final. Au moment des fêtes, un charnier est découvert à Saint Laurent d'Aigouze en Camargue. Plus de 30 carcasses et cadavres de chevaux camarguais sont répertoriés sur un site de 60 hectares. Les médias s'emparent de l'affaire, n'ayant pas grand chose à se mettre sous la dent à l'approche des fêtes. Des scènes épouvantables sont diffusées à la télé, on peut voir dans la presse des photos atroces.
Sur le terrain, les chevaux qui restent essaient de survivre. Les cadavres sont enlevés dans une odeur pestilentielle. Certaines carcasses vieilles de plusieurs années resteront sur place. Je dépose plainte juste après la vétérinaire locale.
Le propriétaire n'a aucune excuse, il lui avait déjà été demandé de soigner ses chevaux quatre ans auparavant mais les choses étaient restées en l'état. Les chevaux commençaient à mourir de faim et de maladies dès 94. La direction des services vétérinaires avait à cette époque été alertée mais n'avait pas cru bon de prolonger ses investigations à l'encontre du propriétaire, ce monsieur étant "très influent" et ses relations étant des meilleures. Dans mon dépôt de plainte, j'ai demandé que le propriétaire passe en correctionnelle (c'est la moindre des choses), bon nombre d'associations l'ont également demandé, je viens d'apprendre que nous avons obtenu gain de cause et que l'affaire passera en juin 98. Le compte rendu de l'audience vous sera donné dans le prochain bulletin.
Je vous ferai grâce des récits relatants des enquêtes, qui, cette année ont été une fois de plus trop nombreuses. Je suis sans cesse confronter à un mélange d'inconscience, d'incompétence, de cruauté quand ce n'est pas le légendaire appât du gain. Vous avez senti que l'enquête qui m'a le plus émue et celle qui m'a fait découvrir Croquette. J'espère que le tribunal ne fera pas preuve de laxisme vis à vis de cet horrible tortionnaire. Le juge qui s'en occupe semble très ému par cette affaire. Je lui fais une certaine confiance.
Vous comprendrez qu'il n'est pas évident de garder le moral quand on fait de la protection animale. Pas une semaine ne passe sans que je sois confrontée à des martyres, des tortures, des abandons ou simplement de pauvres chevaux qui ont servi leur maître toute leur vie et que ce même maître livre au boucher sans état d'âme.
Ces derniers temps, j'ai sans arrêt refusé des chevaux, tout simplement pour survivre car il nous est difficile de nous charger davantage. Mais quelle torture pour l'esprit de savoir que souvent le refus est synonyme de condamnation. Que de nuits blanches, que de regrets, si seulement je pouvais gagner au loto.


Nous terminons l'année 97.


1998 vous sera relatée dans moins d'un an, j'espère. Il me reste à vous parler des choses courantes et à donner des nouvelles "des vieux de la vieille". Deux mots sur la situation de nos ânes, ils font toujours l'objet d'une instruction judiciaire, l'affaire n'est toujours pas passée au tribunal et ils mènent une vie paisible au refuge, heureux d'être au monde et d'y voir clair. Saisis depuis 93 nous attendons toujours le dénouement pour pouvoir en placer une partie.
Goussa la petite pur-sang arabe est aussi toujours là et pour elle ausi nous attendons le jugement d'appel. Elle est au refuge depuis décembre 92. Quelle rapidité ! MONA la petite femelle chevreuil a bien grandi. Elle est très mignone et évolue dans un joli parc bien ombragé.
Tous les autres vont à peu près bien avec les hauts et les bas des très vieux.
Sarah n'ira pas bien loin, son mélanome (cancer) a beaucoup évolué et je crains qu'elle ne commence à souffrir.

Hardy fait contre mauvaise fortune bon coeur, il supporte bien ses tumeurs sarcoides qui s'étalent un peu plus chaque année mais il a la forme.
FLY va sur ses 36 ans, il n'a plus de dent mais se débrouille, bonne forme pour lui aussi.GRISOU, Jacquinot, Sultan, Ourasi, PUEBLO ont passé allègrement les 30 ans ainsi qu'EOLE. Survol un peu rapide mais le temps presse et l'imprimeur attend.
Quant à la reconnaissance d'utilité publique, ce ne sera pas pour demain: les conditions demandées sont loin d'être remplies, par exemple celle de l'autonomie financière! C'est un cercle vicieux! En tous les cas, merci à tous ceux qui ont bien voulu me renvoyer l'imprimé signé, ils sont tous consignés dans une chemise et seront ressortis lorsque ce sera nécessaire. Ils remplacent un vote qui aurait eu lieu à l'assemblée générale qui n'est guère fréquentée nos adhérents dispersés à des lieux à la ronde...
L'assemblée de 98 très en retard comme le bulletin est fixée au samedi 27 juin à l5h, chez nous,au refuge. Inutile de louer une salle, nous sommes toujours 3 pelés et 4 tondus, nous mettrons une table dehors au milieu des animaux, que voulez-vous de mieux ?
Quant à la fameuse cassette certains d'entre vous l'ont enfin reçue mais j'ai quelques problèmes pour la copie de la deuxième fournée, je suis en train d'y remédier. Donc pour les moins privilégiés ils seront satisfaits avant la fin de l'année. C'est une aventure à épisode, nous allons vivre le dernier bientôt, merci de votre patience.



REMERCIEMENTS

Il arrive le grand merci final, celui que je vous crie du fond du coeur à vous tous qui nous avez tant aidés: nos Mamy fidèles et si généreuses, nos jeunes qui économisent, ceux et celles qui m'envoient de longues et adorables lettres et à qui je ne réponds pas mais qui continuent malgré tout à nous aider, celles qui par des dons plus importants nous ont sortis de situations difficiles, Monsieur et Madame Larkin qui nous ont offert l'ordinateur sur lequel ce bulletin est tapé.
J'adresse aussi mes sincères remerciements à La Fondation 30 millions d'amis, La Fondation Brigitte Bardot et à La Fondation Bourdon pour l'aide apportée en "voyages de foin" dont le paiement est très souvent un problème: la livraison d'un camion de foin de Crau coûte 30000 francs et dure moins d'un mois. Voilà pourquoi je suis endettée auprès du négociant, Monsieur Gilles Baudot que je remercie au passage pour sa confiance. J'espère qu'avec les nouvelles adhésions je pourrai enfin me mettre à jour. Comme d'habitude, c'est sur vous que nous comptons.
Merci aussi à nos vétérinaires qui savent attendre et à Valérie qui oublie souvent d'envoyer les factures: c'est elle qui soignent nos chiens et chats car depuis que nous avons déménagé le trajet est trop long pour Pierre de Bie notre vétérinaire de Saint Jean de Valériscle, mais nous avons le plaisir de le revoir de temps en temps.


Nos petits nouveaux:

Mimi et Malicia sont chez nous pour la retraite, Roturier aussi: réformé des courses, Sam sauvé de la boucherie, NIAGARA aveugle, deux poneys: Julien et Gaudriole aveugle elle aussi, Yankee, petit cheval noir et blanc, encore jeune, affublé d'une tumeur au poitrail, qui risquait de mal finir, Amour magnifique cheval de race "selle français" avec un gros problème de tendons à 8 ans.
La meute s'est enrichie d'Alpha et Charly deux gros bâtards sympas, de Bandit énorme montagne de Pyrénées dont la vie était bien triste et qui revit parmi nous.

Quant à nos chers petits félins, nous comptons trois chattes de plus. Sugus demi persan vieille fille acariâtre, deux petites chasseuses Chipie et Clarence. Notre vieux Gros-Noir est mort de vieillesse en février 98: un gentil gros matou qui ne posait aucun problème et qu'on aimait beaucoup.
Je crois avoir à peu près fait le tour, j'ai sûrement oublié beaucoup de choses, j'espère être plus efficace pour le prochain bulletin.
Ne rangez pas ce bulletin au fond d'un tiroir mais pensez plutôt que nous devons acheter du bois pour d'autres box, qu'il nous faut refaire les chemins pour pouvoir soigner les animaux quand il pleut, qu'il faut payer les factures en retard: foin, grains, eau (15000 Fr), vétérinaires et que chaque jour nos protégés ne vivent pas d'amour et d'eau fraîche, que nos jeunes n'ont pas de salaire mais qu'ils mangent et s'habillent, que le marechal-ferrant vient régulièrement comme le dentiste équin, que les véhicules tels que les tracteurs, remorques, van, voiture tout terrain coûtent cher à l'achat et à l'entretien, que les clôtures sont à revoir presque chaque jour, que le téléphone et l'EDF ne sont pas gratuits et que le fonctionnement du centre est une énorme charge.

 

1998

Le 2 février 1999
Mes chers amis,

C'est seulement aujourd'hui que je commence ce journal avec un grand retard, qui comme d'habitude est dû au surcroît de travail au refuge et à de nombreuses enquêtes qui me prennent un temps fou. Bien sûr nous allons retracer toute l'année 98.
J’essayerai de le faire de mon mieux. Nous nous étions quittés en mai 98. Si vous me le permettez, je vais reprendre depuis le début d'année pour nos nouveaux adhérents qui sont plus ou moins au courant de ce que nous avons vécu auparavant. Pour vous qui nous suivez, depuis très longtemps, ce sera un peu du réchauffé. Je vous prie de m'en excuser. Je sais que beaucoup d'entre vous prennent un certain plaisir à avoir de nos nouvelles et que vous ne m'en voudrez pas de reprendre les évènements un peu anciens.
Comme vous le savez, c'est chaque année la même chose, ce bulletin représente non seulement des nouvelles pour vous mais aussi pour nous un petit peu la clé du coffre puisque c'est une période où nous avons de grosses difficultés financières. Encore que je tienne à vous remercier particulièrement car dans l'année écoulée vous avez fait un effort considérable. Beaucoup d'entre vous qui n'étaient pas membres bienfaiteurs le sont devenus. J'ai remarqué que beaucoup de cotisations étaient plus importantes malgré une certaine récession pour tout le monde. Je crois que vous avez été très émus par l'histoire de Croquette. Elle n'est pas morte pour rien puisqu'elle a fait que vous preniez davantage encore conscience de ce qui se passe pour tous ces chevaux malheureux. Nous vivons ces malheurs au quotidien, cette vie de protection animale est difficile non seulement à gérer émotionnellement mais aussi très difficile à gérer au niveau financier et ça vous le savez tous. Je voulais particulièrement vous remercier tous pour votre générosité et tout spécialement certaines de nos membres. Des dames sont allées plus loin, encore, en finançant les matériaux pour des box. Grâce à elles nous avons de nombreux box supplémentaires, en tout cas huit, ce qui est formidable: je les en remercie. Les débuts d'année sont toujours très difficiles. En février - mars et même janvier, nous ne recevons que très peu d'argent: les cartes ont déjà été réglées, les quelques adhérents qui envoient régulièrement de l'argent sont peu nombreux. Les frais, eux, restent les mêmes. Le fonctionnement étant très onéreux nous accumulons les dettes en début d'année. Je sais que dès le bulletin reçu vous allez encore faire preuve de générosité et que j'arriverai à payer une grande partie des dettes et à fonctionner à nouveau un peu mieux. Je vous fais confiance.
Je vous rappelle que nous tournons actuellement à peu près avec 128 équidés, à peu près parce qu'un est rentré avant-hier, et qu'un autre rentrera peut-être demain. Malheureusement, nous en avons perdu quelques-uns. Ils sont très vite remplacés. Bien qu'ils ne le soient pas dans nos coeurs, ils le sont dans les stalles et les parcs. Ce cheptel énorme demande beaucoup d' attention: les chevaux rentrants sont généralement très abîmés. Il leur faut des soins importants: vétérinaire, maréchal-ferrant, dentiste équin et bien sûr une nourriture appropriée très riche. Nous avons toujours une dizaine de chiens et de chats, nos chèvres, nos moutons, les quelques daines qui nous restent et notre petite chevreuil Mona qui va très bien.
Hormis le fonctionnement du centre: nourriture et soins pour les animaux, vous savez que nous continuons d'aménager le refuge. Lorsque nous avons acheté, c'était un terrain de friche, une sorte d'immense terrain vague sur lequel il n'y avait absolument rien. Cet aménagement coûte cher chaque année. Il faut quand même savoir, qu'un jour, tous les aménagements nécessaires seront en place. Dans deux ou trois ans, peut-­être, les investissements terminés, nous n'aurons plus que l'entretien. Il sera , alors, bien plus facile de fonctionner. Nous vivons avec l'espoir de poursuivre notre mission, sans le poids des lourds soucis financiers. Nous avons maintenant, une capacité de box et d'abris qui commence à devenir intéressante puisque au moins un tiers, sinon un peu plus du cheptel est abrité l'hi­ver. Il suffirait de multiplier par trois les travaux déjà engagés pour que nous puissions mettre tout le monde à l'abri. Bien entendu, nous essayons, je m'y emploie, de ne pas trop augmenter le cheptel: quatre ou cinq chevaux, une dizaine au maximum chaque année. Il faudra être encore plus raisonnable et ne pas dépasser ce nombre d'animaux déjà consi­dérable. Toutefois, comme je le répète dans chaque bulletin, refuser un cheval c'est souvent le condamner à mort. Ce n'est pas facile de dire non quand on prévoit la fin inévitable.

L'année 98 a été placée sous le signe de Croquette. Vous tous qui êtes adhérents depuis au moins une année, vous avez connu la triste histoire, l'histoire épouvan­table de notre Croquette.
Le mois de janvier 98 lui a été consacré: soin, temps, chagrin aussi. Nous avons eu quand même, une note plus gaie, plus heureuse. En effet le samedi 10 janvier 98 notre fille Charlotte, bénévole à l'association, comme vous le savez, a épousé Christian également bénévole: notre petit Suisse allemand d'l mètre 95. Ils se sont unis, nous en sommes très heureux. Ils continuent à travailler pour l'association à laquelle ils consacrent tout leur temps, comme nous d'ailleurs.
J'en reviens encore à Croquette. Elle n'est pas trop mal, en ce moment, elle va plutôt mieux, elle grossi, elle a des pansements tous les jours; elle demande beaucoup de temps, je me lève la nuit pour voir si elle va bien. Elle m'appelle en tapant contre la paroi derrière laquelle je dors. C'est très facile de l'entendre m'appeler, je me rends à son chevet, elle va plutôt bien, elle a repris le moral, elle a l'oeil vif, je suis même assez contente, je reprend espoir. Finalement on va peut-être pouvoir la sortir d'affaire et elle va connaître la joie de marcher sans souffrir. Espoir ! Espoir !
Le 12 janvier notre Blizzard, un gros cheval de compétition, à la retraite chez nous, à l'âge de 10 ans, après un grave accident sur un obstacle, avait été sauvé de justesse. La séquelle durable est une jambe énorme très fibrosée qui ne l'em­pêche d'ailleurs pas de galoper malgré deux postérieurs très abîmés aussi. C'est impression­nant, il a été opéré, après gan­grène, greffe, etc... il va très bien Blizzard, mais ce 12 jan­vier, il a fait un abcès au pied. Bien entendu, chaque fois qu'il y a un problème sur les pieds postérieurs de Blizzard, c'est le branle-bas de com­bat avec vétérinaire plus soins intensifs et la rentrée au box. Blizzard s'en est bien sorti. Cet abcès a bien guéri mais ça a duré près de 15 jours. Maintenant il est reparti dans son parc et il va très bien.
Le mardi 10 février
Malheureusement Croquette rechute, on a l'impression que malgré les pansements fréquents, quotidiens, une asepsie extrêmement vigilante, la jambe donne une impression de nouvelle gangrène. Croquette est à nouveau fiévreuse: je suis très inquiète.


Le samedi 14. Bien que ce soit le week-end, le vétérinaire se déplace de nouveau: Croquette n'est pas bien du tout. Elle a beaucoup de température et mon inquiétude grandit. Tout le mois de février va être comme ça. Nous sommes très inquiets, Croquette souffre. Je devrais prendre une décision, je devrais même la prendre assez vite, je n’ai pas le courage de la prendre. Je suis très perturbée, je n’ose pas prendre la décision finale. J'essaie de faire en sorte que les souffrances ne soient pas trop grandes, je lui admi­nistre beaucoup de calmant, je me lève la nuit pour lui faire des piqûres. Elle est toujours gentille, recon­naissante et incroyablement, elle a gardé un mons­trueux appétit. Elle qui avait toujours manqué de nourriture, elle mange, elle mange malgré l'état fié­vreux, la gangrène, elle continue à manger.
Le 15 février
Je reprends. notre petit journal. Ce soir, je suis un peu inquiète, mon fils aîné a été opéré de son épaule à Montpellier. Il faut dire que c'est la énième intervention chirurgicale après un grave acci­dent de moto, il y a cinq ans. On devrait avoir l'habitude mais ce genre d'habitude ne se prend pas. Pour ne pas trop y penser, ce soir, je reprends contact avec vous par l'intermédiaire de ce journal. Demain, 16 février, à Montpellier l’affaire Raillard, c'est-à-dire l'affaire qui concerne Croquette devrait être jugée. Nous en reparlerons.

Début Mars 98
Croquette ne va pas mieux et je me bats, elle se bat à mes côtés. Elle se bat tellement fort que je n’ai pas envie de laisser tomber. Je ne peux pas arrêter, elle est tellement battante, elle n’a pas envie de mourir.
Le jeudi 5
En plus de ça nous avons un gros problème. Le parc de nos daims, un parc très bien fait par un professionnel, qui m'a coûté très cher est détruit. Je rappelle qu'après les avoir saisis dans une villa où ils étaient emprisonnés dans une petite cage, ces daims nous ont été confiés par le parquet de Montpellier. Les daims, ce matin, ont eu leur parc complètement cassé, démonté et notre Macho, grand daim avec ses immenses bois, n'est plus dans le parc. Revenons en arrière: nous avons un voisin au village, éleveur d'animaux pour la chasse. Inutile de dire en quelle estime je tiens ce genre de métier...
Ce cher homme élève des faisans, des lapins, des garennes et des daims qui sont abattus régulièrement pour fournir une table d'hôte dans ce même établissement, ou qui sont lâchés pour la chasse. Or, l'année dernière, à peu près 25 daims de Monsieur Brahiti se sont échappés, évanouis dans la nature. Évanouis, pas vraiment: en effet, ils ont vite repéré que, dans le domaine du refuge, ils trouvaient à manger du foin en période creuse avec du grain, un bon breuvage et aussi des copains, qui étaient, eux, dans un enclos. C'est ainsi que nous avons récupéré la majorité des évadés qui avaient découvert leur Pérou. Jusque-là, j'étais plutôt contente, je trouvais que c'était une façon de les protéger des chasseurs. C'était magnifique, le matin de voir courir ces daims partout autour de nous. Les daines, accompagnées par un seul mâle, ont mis bas.
Elles ont eu des mâles, dont les bois ont poussé et en passant dans les clôtures ses daims ont commencé à faire beaucoup de dégâts. Ils ont cassé les clôtures des chevaux. Chaque jour il fallait les réparer. Ils ont ensuite décidé d'aller voir les copains, c'est-à-dire nos daims qui se trouvaient enfermés sans problème dans leur grand enclos, très beau, très ombragés dans lequel ils se trouvaient très bien jusque-là. Les bois des daims à l'extérieur plus les bois des daims de l'intérieur, contre le grillage ont fini par faire d'énormes trous et comme je vous le disais, 
le jeudi 5 mars
Le parc est tout délabré et Macho est parti. Pour moi, c'est terrible parce que Macho est mon préféré avec Bambinette, Bambi qui est la première daine que j'avais sortie d'un cirque que j'aime beaucoup. Macho était un mâle extraordinaire, il avait des bois impressionnants et malgré tout il venait manger des pommes dans ma bouche. Vraiment, j'avais une confiance en lui sans borne, sans limites. J'adorais ce daim.
Le 6 mars
Pas de nouvelle de Macho. Je téléphone à l'ancien propriétaire des daims échappés, qui sont maintenant devenus du gibier, puisqu'ils ont rejoint la faune sauvage. C'est la loi même si elle ne me convient pas vraiment: ils sont devenus du gibier de chasse. Je contacte donc ce Monsieur, et je lui explique que mon daim mâle s'est échappé, à cause de ses daims et que je suis très inquiète. Il me répond que lui n'a rien à voir avec ce troupeau considéré comme sauvage et de toutes façons que je n'ai pas d'illusion à me faire: mon daim Macho n'a absolument rien à "foutre" de moi et qu'il ne reviendra jamais maintenant qu'il a connu la liberté et les filles. Je ne suis pas intimement persuadée par cette réflexion et je garde espoir mais cet espoir est minime.

Le samedi 7
En effet, Macho revient. Il est 6 heures du matin, j'entends du bruit, je me dirige vers le bruit. Mon Macho est là, la tête en bas, des fils électriques des parcs à chevaux autour des bois, il ne peut plus relever la tête. Nous l'attrapons, nous le rentrons dans un box et nous faisons venir le vétérinaire. Atteint de trouble du cerveau et d'une double entorse cervicale, nous avons très peu d'espoir de le sauver. Malgré tout, j'essaie. Ce n'est pas toujours facile de soigner un animal sauvage, tel qu'un daim. Pourtant Macho avec ses bois de presque un mètre de hauteur, est resté dans le box et j'étais avec lui. Je l'ai soigné, je lui ai fait des piqûres, j'ai fait tout ce que j'ai pu. Malheureusement nous l'avons perdu trois jours après, il est mort non sans que nous ayons tout tenté pour le sauver. Voilà ! La négligence de certaines personnes, qui laissent échapper leurs animaux, n'engendre qu'ennuis et drames.
Le 13 mars, Macho s'endort définitivement dans mes bras, la tête sur mes genoux, je lui ferme les yeux. Je ne vous cache pas que je suis très bouleversée. Croquette agonise et Macho s'éteint, ça fait trop.
Le lundi 23 mars
En effet, Croquette va très mal. A deux reprises déjà, j'ai fait venir le vétérinaire pour l'euthanasier. Mais chaque fois elle se lève et chaque fois elle a l'oeil vif et chaque fois elle me regarde, avec son regard tellement profond, que ni lui ni moi, n'avons le courage de prendre une décision. Ce soir Croquette va vraiment très mal alors j'appelle le vétérinaire et je prends rendez-vous pour le lendemain.
Le Mardi 24
Croquette nous quitte définitivement. Je sens dans son regard un reproche, elle était tellement battante, elle voulait vivre, même malade. Mais il était impossible, pour moi, de la laisser souffrir autant. Comment accepter une telle souffrance pour cette jument qui a déjà vécu un martyre chez son propriétaire.
Ce mois de mars est un mois absolument épouvantable pour moi et les mois qui ont suivi dont pas été tellement meilleurs: j'ai fait de la dépression, ça a été très dur, je me suis mise à grossir, j'ai pris plus de vingt kilos. Je ne vais pas en dire plus parce que j'en ai parlé dans l'autre bulletin mais je tiens quand même à rappeler ces faits pour ceux qui arriveraient dans l'association: Croquette a passé quatre ans de martyre attachée par un pied à des filins au milieu d'une terre, sans nourriture et sans eau, bien souvent. Elle a passé sa vie à se débattre et à lutter contre la souffrance et contre la mort.
Trois jours après le départ définitif de notre Croquette, nous avons eu aussi un énorme problème avec Jacquinot. Jacquinot, un vieux cheval de 30 ans, a fait une obstruction oesophagienne qui a mal tourné avec une énorme hémorragie, nous avons dû le conduire immédiatement à la clinique où nous avons passé une demi-journée avec lui et le vétérinaire. Quand il est rentré, il allait plutôt mal. Mais après de très bons soins (il est resté dans le box qu'occupait Croquette) nous avons pu le sauver. Il va très bien aujourd'hui, ne vous inquiétez pas, il n'a plus une seule dent, mais on arrive à le nourrir avec un régime un peu spécial, il a toujours son mauvais caractère, mais tout va bien pour lui.
Ce maudit mois de mars ne pouvait "finir qu'en beauté": Illico, un poulain né au refuge d'une jument un peu spéciale, rejeté dès le début. A trois jours, il avait déjà des piqûres anti-inflammatoires à cause des coups de pied que lui donnait sa mère. Vous voyez: il a eu un très mauvais départ dans la vie. C'est un poulain de petite santé qui n’avait qu'un testicule ce qui provoque chez les chevaux un caractère plus que spécial, presque insupportable. Nous l'avons fait castrer puis opérer à nouveau pour enlever le deuxième testicule: il a passé sa jeunesse à être soigné jusqu'au jour où il s'est empalé sur un piquet de clôture. Une fois de plus nous l'avons sorti d'affaire.

Le mois d'Avril
A été un peu plus calme, il y a eu deux faits marquants:
Le dimanche 19 Avril
Nous avons récupéré un berger allemand, d'une façon très curieuse. Il se trouve que chacun d'entre nous vaquait à ses occupations au refuge lorsque nous avons entendu deux coups de feu stridents, une voiture démarrer et un chien hurler. Tout cela en même temps. Le chien a traversé le parc des chevaux camarguais, nous sommes allés à sa rencontre. Il était couvert de sang: trois balles l'avaient touché, à la tête et au niveau des poumons. Il avait du sang plein la bouche, c'était assez spectaculaire. Je l'ai tout de suite mis dans la voiture et je l'ai conduit chez Valérie notre vétérinaire qui s'est dérangée un dimanche pour le soigner. Par chance, ce chien n’avait aucun organe vital touché, nous avons pu le sauver. Les balles ont été extraites ultérieurement après qu'il ait été adopté par une de nos adhérentes, une femme qui l'aime beaucoup. Il a donc trouvé une très bonne famille. Je me permets d'insister sur la sauvagerie de ces gens qui sont arrivés en voiture, à la limite de notre propriété, se sont arrêtés, ont jeté le chien hors de la voiture, lui ont tiré dessus et qui sont ensuite partis dans un démarrage tonitruant. Bien entendu j'étais fort occupée à sauver le chien, je n’ai pas poursuivi les malfaisants, les enfants n'ont pas pu les rattraper: ils n'avaient pas de véhicule sous la main. Ces gens sont des êtres humains, ils sont nos congénères et j'ai vraiment honte d'appartenir à la même espèce. Le deuxième fait marquant de ce mois d'Avril est le passage au tribunal de l'éleveur Monsieur Tésauris, chez lequel j'avais découvert un troupeau de 36 chevaux en mauvais état dont certains étaient morts le 2 octobre 97. Le déroulement de l'audience a été absolument insoutenable. Aucun des griefs que nous avions contre Monsieur Tésauris n'a été retenu: son avocat était très brillant. Le mien n’a pas pu me défendre dans cette affaire pour une raison déontologique: un de ses associés ayant été antérieurement un des avocats de Monsieur Tésauris. Je me suis retrouvée sans avocat et c'est tout juste si à la fin de l'audience, je n'étais pas considérée comme une folle furieuse. Donc Monsieur Tésauris s'en est sorti avec tous les honneurs. Le tribunal a mis en délibéré jusqu'au 20 juin et je ne vous cache pas que monsieur Tésauris a été relaxé, à la grande surprise de la protection animale, de Monsieur Rouvière inspecteur à "Assistance aux animaux" qui s'était aussi occupé de l'affaire et de moi-même. De toutes façons, nous en reparlerons, depuis il y a eu du nouveau dans cet élevage.
Le mois de Mai
A été marqué par une visite, une enquête concernant une association de protection du cheval. C'est toujours difficile quand on est appelé dans une autre association. Bien entendu, nous sommes très gênés. Il se trouve que la S.PA de Nîmes m'a sollicitée pour cette visite et que la déléguée de la S.RA de Nîmes est venue avec moi. Toutes deux, nous nous sommes rendues à Fontvieille ou plutôt à la limite de Tarascon et nous sommes allées voir cette fameuse association, ne sachant pas d'ailleurs, à ce moment là qu'il s'agissait d'une association.
Nous nous déplacions pour mauvais traitements sur des chevaux en très mauvais états. Nous avons trouvé un campement avec de nombreuses caravanes. Mais ça, ce n'est pas trop choquant dans la protection animale sauf qu'une odeur terrible nous a tout de suite un peu surprises. Il n'y avait personne, nous sommes restées. Claude et moi avons constaté qu'il y avait une quinzaine de chiens attachés sous les caravanes. Les structures d'hébergement semblaient plus que précaires. Quant aux chevaux, certains étaient complètement incarcérés dans des-box dégoûtants. Leurs pieds pataugeaient dans tant d'excréments et de boue qu'on ne voyait plus ni sabots, ni boulets (l'os qui vient tout de suite après le sabot) entièrement recouverts de fange. Les chevaux étaient dans un état épouvantable, sans aucune nourriture et sans eau. Très maigres, avec des poils qui pendaient partout, ils n'avaient visiblement reçu aucun coup de brosse depuis fort longtemps. Les pieds très longs, ouverts en deux ou en trois, ces bêtes étaient vraiment pitoyables. Il y avait une ponette avec un poulain, d'autres poulains très maigres un peu plus loin, tous vivant dans cette odeur pestilentielle. Nous avons attendu tout l'après-midi. Finalement les propriétaires sont arrivés le soir. Ces gens-là n’étaient pas du tout des gitans. Nous n'avons pu nous entendre avec eux. J’ai voulu les aider, j'ai pris pour cela une carte de membre chez eux. Mais tout a très vite dégénéré: la personne qui tenait cette association refusant toute discussion, nous a tout de suite abreuvées d' insultes. Lorsque nous sommes parties, j'ai décidé de déposer une plainte, j'ai envoyé une lettre au procureur. Malheureusement, je n'avais que quelques photos, à mon avis très parlantes. Mais nous avons été déboutées: les griefs n'étaient pas assez importants pour qu'on puisse faire quelque chose. Une fois de plus, on a laissé faire ces gens. Je n'ose imaginer dans quel état c'est maintenant pas plus que je n'ose y retourner. Je dois quand même préciser, que si mon vieux cheval Glorieux, que j'aime beaucoup, qui a 27 ans cette année devait finir ses jours dans une association pour la défense du cheval comme celle-là, je préférerais qu'il soit euthanasié sur-le-champ. C'est exactement ce que j'ai dit au procureur lors de ma plainte. J'en profite pour dire un mot à ce sujet, je reçois quelquefois des courriers de personnes qui me demandent conseil et je les en remercie car il est vrai que c'est un terrain délicat, voire glissant lorsqu'on décide de faire de la protection du cheval et de monter une association. Plusieurs associations de protection du cheval se sont arrêtées d'un seul coup, j'en connais une dernièrement qui s'appelait "Troisième âge équin" dont le président a mis la clé sous la porte. Les animaux se sont retrouvés tous seuls. Les personnes étant proches ont dû se débrouiller pour les placer mais il vaut mieux ne pas en arriver là. C'est pourquoi je dis toujours aux gens qui m'écrivent: "faites très attention". Ils sont plein de bonne volonté et ont certainement un coeur plein d'amour mais ils ne mesurent pas ce que représente la protection du cheval. Le cheval est un animal réservé à une certaine classe de la société: on ne peut pas se permettre d'avoir des chevaux si on est au R.M.I. Un cheval coûte très cher, surtout s'il lui arrive quelque chose, s'il a un problème vétérinaire et ces problèmes là doivent être réglés dans tous les cas. Lorsque quelqu'un m'écrit en me disant: "Je n'ai pas de terrain, je n'ai pas d'argent, mais je pourrais louer un terrain et peut-être faire un emprunt", je dis: "stop !". Lorsqu'on monte ce genre d'association, il faut avoir de l'argent au départ et bien entendu, une propriété où mettre les animaux. Je me suis rendu compte que nous avons nous-mêmes dépensé énormément de notre argent et que si nous étions partis sans un sou, nous aurions coulé tout de suite. ... A bientôt...

Le 22 février 99
J'ai déjà dit que l'affaire de Croquette passait le 16 au tribunal de Montpellier. Elle a été reportée, je suis allée à Montpellier pour rien. Vous serez tenu au courant de la suite des évènements. Aujourd'hui la journée a été très chargée: nous venons de découvrir quatre chevaux morts chez Monsieur Tesauris, ce fameux éleveur de Saint Martin qui avait été relaxé par le parquet. Quatre chevaux morts on ne sait pas de quoi, on ne sait pas ce qui s'est passé. Je continue mes investigations auprès de la gendarmerie, des vétérinaires, de la direction des services vétérinaires (organisme officiel). Bien entendu, je vous reparlerai de cette découverte macabre qui m'a profondément secouée, je vous l'avoue.
Mai 98
Le lundi 18 mai
Je suis allée à Hyères dans le Var pour aller chercher des renards bleus et des chiens du viverain. Ce sont des animaux sauvages qui étaient détenus par un original, pour le moins. Ces animaux sont élevés habituellement pour la fourrure. La Fondation Bourdon, qui avait été avertie de cette vente, les a rachetés pour leur éviter le sort que nous imaginons tous. Nous les avons rapatriés depuis hier, le voyage a été un peu long pour des animaux sauvages qui se débattaient dans les cages et j'étais bien contente d'arriver le lundi soir à bon port avec les animaux. La Fondation Bourdon a payé les structures pour ces animaux et maintenant ils sont au centre. Ce sont des animaux très curieux qui ne sont pas spécialement sympathiques, beaucoup trop sauvages pour être caressés, ils ne veulent absolument rien savoir de l'amitié qu'on pourrait leur donner. Ils sont là, tout simplement: ils mangent, ils boivent, ils dorment, c'est déjà pas mal, et ils ne souffrent de rien.
Le mardi 26 mai
Nous rentrons deux nouveaux chevaux: Du Grillon et Vainqueur de Lion, deux chevaux de race, avec des papiers, chevaux de concours hippique qui rentraient pour une retraite anticipée puisqu'ils ont des problèmes de pieds et de dos. Ils étaient initialement voués au couteau du boucher. C'est une fois de plus la Fondation Bourdon qui les a sauvés en payant la valeur qu'ils représentaient pour le boucher. Du Grillon était entier, il a été castré dès l'après-­midi car le problème des chevaux entiers ici n'est pas facilement gérable.
Mois de iuin 98
Passage de Monsieur Cruze au tribunal, l'éleveur de Camarguais de Saint Laurent d'Aigouze, dont nous avons relaté les méfaits dans le bulletin précédent puisqu'en 97, il avait été découvert dans sa propriété un charnier de chevaux Camargue morts de faim et d'épuisement. Nous avions répertorié plus de 30 carcasses de chevaux. Monsieur Cruze est arrivé au tribunal, le sourire aux lèvres, accompagné d'un avocat tout aussi souriant, bien que les parties civiles soient très nombreuses (toutes les fondations et associations de protection animale dont la nôtre, évidemment). Cela n'empêchait pas l'équipe de Monsieur Cruze de continuer de regarder tout le monde narquoisement. Je vous fais grâce de cette audience assez longue: chaque partie civile a répété exactement les mêmes griefs contre Monsieur Cruze. L’avocat du tortionnaire a été très brillant. En fin d'audience, ce pauvre Monsieur Cruze n'était absolument pour rien dans cette tragédie. Une fois de plus, il est insoutenable d'entendre des choses pareilles. L’affaire a été mise en délibéré. Vous aurez les résultats de ce délibéré un peu plus tard.

Le mercredi 17 juin
Nous perdons Sara. Sara était une jument grise très maigre atteinte d'une très grave mélanose qui empirait chaque mois, chaque année. Nous avions eu un peu d'espoir pour elle mais les cancers ont pris le dessus. Nous l'avons faite euthanasier. Sara, soudainement, ne tenait plus debout, elle tombait. Nous ne pouvions pas la laisser agoniser plus longtemps. Sara était une jument d'un caractère très difficile presque inapprochable. Elle avait, je crois, beaucoup souffert et l'on peut lui pardonner ses sautes d'humeur. En tout cas nous avons essayé de lui donner le meilleur de nous-mêmes, ce n'était pas facile. J'espère qu'elle a quand même été un peu heureuse avec nous. Ce même mercredi, nous avions eu une enquête sur Clapier près de Montpellier. Nous avons découvert une jument d'une maigreur épouvantable qui allaitait un poulain. J'ai porté plainte suite à cette enquête.
Le ieudi 25
J'ai été mordu cruellement par un de mes petits renards bleus. Ce charmant petit animal n’a pas supporté que je lui soigne un oeil malade, s'est retourné et m'a ouv­ert un doigt jusqu'à l'os. Ça n'a pas été très grave mais cela m'a fait souffrir et gêné quelque temps: le travail avec une main invalide ce n'est pas très agréable.Petit renard: Merci.
Le vendredi 10 juillet
Je suis allée chercher deux petits chevaux demi lourds, presque des chevaux de trait. Ces chevaux ont été ramenés de la Valbonnette, montagne au-dessus de Digne, dans les Alpes-de-Haute-Provence. J'en profite pour parler de ces poulains lourds ou demi lourds qui sont élevés pour la boucherie. Vous savez ou vous ne savez pas qu'il existe, en France, des élevages sauvages de chevaux demi-lourds pour la viande uniquement. Ils ne sont pas élevés. Ces chevaux se suffisent à eux-mêmes. Les propriétaires ont des grands terrains, ils n'apportent aucune nourriture aux chevaux qui doivent se débrouiller. Nous connaissons deux de ces élevages: l'un dans les Pyrénées ­Orientales, l'autre dans les Alpes-de-Haute-Provence. Le fait que ces chevaux soient destinés à la boucherie est déjà dramatique en soi, mais le plus dramatique tient dans la façon dont ils sont amenés pour être tués. Je tiens à vous dire quelques mots de cette horreur. Ces chevaux ne sont en principe jamais approchés. Les poulains naissent et ne connaissent absolument pas l'homme. Ils vivent ou ne vivent pas: les conditions sont rudes. Il y a ce que ces éleveurs appellent la sélection naturelle: les plus faibles meurent et les plus solides arrivent à grandir. A l'âge de 6 mois ils sont récupérés pour partir à l'engraissement en Italie. C'est ce qui se passe pour l'élevage des Pyrénées-Orientales. Les chevaux sont chargés dans les camions, on fait des couloirs dans lesquels on les pousse avec les mères dont ils vont être séparés définitivement. Puis on fait le tri et on fait monter les chevaux dans les camions, d'une façon brutale, bestiale. Les êtres humains que sont ses éleveurs se déchaînent: tout le monde tape, frappe. Les chevaux sont complètement apeurés, terrorisés et tout ce petit monde monte dans un fracas absolument insupportable de coups de bâton et de hurlements. Tous sont entassés, sans séparations, et se piétinent, se mordent. Il se passe des choses, dans ces camions véritablement épouvantables. Le convoi démarre pour l'Italie où ils sont engraissés aux hormones. Je vous laisse apprécier l'horreur de cette façon de faire. A ce sujet je voudrais vous parler de notre amie Cathy, une femme formidable qui habite les Pyrénées Orientales, qui a voué sa vie à un de ses élevages de poulain. Elle s'est installée dans une petite baraque, qui lui permet de vivre au milieu d'un troupeau de chevaux dits sauvages. Lorsqu'elle est arrivée, ces chevaux étaient sauvages, maintenant, ils ne le sont plus. Elle s'occupe depuis plusieurs années d'apprivoiser, petit à petit, les mères et même l'étalon. Dès leurs naissances elle approche les poulains qui ont tout de suite une autre vision de l'homme. Depuis qu'elle a commencé cette action, elle a réussi à sauver tous les poulains. Plus un seul poulain ne part à la boucherie. Pour elle, c'est très dur, il faut qu'elle les place et il faut qu'à chaque fois elle puisse donner le chèque au propriétaire. Nous essayons de l'aider, nous mettons des annonces partout, mais à ce jour elle réussit à caser tous les poulains qui naissent. Cette cause, pour noble qu'elle soit, est une cause presque perdue puisque année après année ça recommence. Chaque année, il faut payer puis vendre ou placer une dizaine ou une quinzaine de poulains. Le même problème existe sur Digne, mis à part que les poulains ne sont pas envoyés en Italie. Ils vont directement à la boucherie à deux ans. L’embarquement est quasiment pire. A deux ans, les chevaux sont déjà costauds. Ils ne se débattent qu'avec plus de vigueur, imaginez leur stress, leur peur. Des chevaux demi -lourds de deux ans qui se débattent, croyez-moi, ça fait des blessures, ça fait des accidents, ça fait quelquefois des fractures. Il faut préciser qu'ils sont brutalement séparés de leur mère qu'ils n'ont jamais quittée. Ils sont séparés de leur troupeau, le seul environnement connu, embarqués avec beaucoup de violence dans ces camions de la mort.

Vendredi 18 juillet
Nous avons sauvé deux demi-lourds que nous avons ramenés et placés. Isis a été revendue à une famille pas très loin d'ici et Jason a été acheté par un couple de Perthuis. Il y a eu d'autres chevaux sauvés. Plusieurs personnes ont envoyé un peu d'argent. Nous avons reçu des chèques de 100 F, 200 F, 300 F, que nous avons mis bout à bout qui nous ont permis de racheter des poulains que nous avons replacés par la suite. Que ces personnes soient remerciées, par ce don elles sont devenues membre de notre association, elles recevront à partir de cette année le bulletin.
Le mercredi 15 juillet
Nous avions le plaisir de recevoir Monsieur Bernard Scofier, directeur de 30 millions d'amis, Fondation bien connue que nous aimons tous. Il a pu visiter le centre, regarder un petit peu nos besoins. Je crois qu'il a été content de sa visite, que le refuge lui a plu et j'espère qu'il décidera de nous accorder une aide pour les clôtures. C'est ce dont nous avons parlé lors de sa visite. Nous aimerions clôturer une autre partie de la propriété car les grandes clôtures de grillage nous préservent non seulement de la fuite des chevaux qui peut se produire à l'occasion d'une peur mais qui peut aussi nous préserver de la visite de gens malfaisants comme certains qui, à un moment donné, nous ont volé du foin. A bientôt, Monsieur Scofier, peut-être 30 millions d'amis pourra nous aider, un petit peu à prolonger notre clôture.
Le mardi 21 juillet
Nous avons eu un gros chagrin, nous avons perdu Lac, un vieux cheval borgne, ancien cheval de course qui avait de très gros problèmes d'intestin à cause d'une suralimentation, comme l'avoine, que les entraîneurs donnent en très grosse quantité, aux chevaux de course. Il avait fait de nombreuses coliques, c'était un cheval fragile, déjà très âgé, et qui nous avait posé de gros problèmes. Il n'a pas supporté la température qui a sévi cet été 98. Le mardi 2 juillet, il faisait 40 degrés, Lac transpirait, sans bouger, puis il s'est mis à reculer, à reculer jusqu'à ce qu'il tombe. Les vaisseaux sanguins du cerveau ont éclaté, il a fait une attaque. Il nous a quitté. Adieu Lac, là où tu es tu ne souffriras plus. En tout cas, il a passé quelques années ici qui lui ont permis d'avoir une retraite bien tranquille.
Le vendredi 24 Juillet
Nous terminons une partie du chemin d'accès à la propriété. Ce chemin était très mauvais, toujours boueux, défoncé. Aucun véhicule n’avait plus accès chez nous, en période de pluie et c'était vraiment notre souci premier. Nous avions fait faire un devis par une entreprise, ce devis était tellement énorme que jamais nous n'avions pu en faire faire la moindre partie. C'est finalement Eric, l'oncle de Christian, un entrepreneur paysagiste Suisse, qui a fait ce chemin. Il a fait un travail fou en 15 jours. Nous avons loué des engins, Eric a fait un travail formidable avec des drainages, des écoulements. Il a réalisé environ 500 mètres d'un chemin praticable, qui vient jusqu'aux écuries et jusqu'à notre petite maison.
Le 5 Août 98
Arrivée de Patricia, une jeune adhérente du Nord. Elle a traversé toute la France pour venir mieux connaître notre association et nous donner un coup de main. Elle passera une quinzaine de jours avec nous et nous rendra de grands services. Elle a pu remarquer le travail que nous avons, elle s'est inves­tie. C'est très gentil, nous la remercions.

Le lundi 17 août
Arrivée de Timée, une petite jument toute ronde et qui a un très gros jarret d'un postérieur, le droit, je crois, elle a une déchirure ligamentaire, elle a été sauvée par une personne qui l'a rachetée à un maquignon. Elle sortait des laboratoires de l'institut Mérieux dans lequel on tire du sang des chevaux pour faire les vaccins. C'est une vie affreuse pour ces animaux, comme tout ce qui est expéri­mentation animale, nous le savons tous. Timée était d'abord sortie du laboratoire où elle a certainement passé une vie de martyre: elle est d'ailleurs marquée par un gros numéro tatoué sur son encolure. Ensuite, elle a été blessée chez ce maquignon, puis rachetée par cette dame. Aujourd'hui, elle est chez nous. Je ne sais pas si c'est pour toujours ou pour quelque temps.
Il faut que je remercie tous ceux, et surtout toutes celles qui m'ont envoyé de magnifiques cartes remplies de bons voeux, pour mon anniversaire.
Tout ça m'a beaucoup touchée : ces signes d'amitié me font énormément plaisir.
Le mardi 18
Nous perdons un autre très vieux cheval de plus de 30 ans: Ourasi, un peu comme Lac, il est mort de chaleur. Le thermomètre varie entre 39 et 41 degrés et Ourasi, comme beaucoup de nos vieux chevaux a beaucoup souffert de cette température inhabituelle. Ils ne sont pas les seuls à en souffrir, pour moi c'est très dur aussi. Nous n'avons rien pu faire pour Ourasi qui, lui aussi, a succombé à une attaque cervicale. Il est tombé, je pense sans souffrance. C'était la mort rêvée pour lui qui avait passé les 30 ans depuis déjà quelque temps et qui a vécu, en tout cas, une bonne retraite chez nous.
Au mois de septembre
Notons la manifestation anti-corrida à Nîmes. Le samedi 12 manifestation annuelle grâce au travail de Claire Starosenski, la présidente de cette association qui se démène pour tenter d'aller encore plus loin dans sa lutte contre la corrida. Elle est l'auteur d'un livre: " La mort donnée en spectacle", un livre très bien fait, qui peut vous être très utile pour répondre à tous les fanatiques de corrida, à tous les aficionados qui ne rendent pas toujours compte de ce qui se passe vraiment. Tous les fonds, que rapportera ce livre, seront reversés à l'association l'A.S.S.A.C. dont Claire est la présidente. Si vous êtes intéressé, prenez contact avec moi, je vous enverrai l'imprimé pour pouvoir acheter ce livre.
Le lundi 14 septembre
Nous avons eu la visite de Laetitia Scherer un top modèle connu par beaucoup d'entre vous. Je rappelle qu'elle est la fille du grand couturier Scherer, et qu’elle fait de la protection animale depuis de nombreuses années. C'est une amoureuse des animaux.Elle nous a rendu une visite très amicale que nous avons beaucoup appréciée. C'est une jeune femme charmante qui, en plus d'être jolie, est une femme de coeur. Elle a fondé une association. Nous espérons la revoir bientôt.

Le mardi 15 septembre
Je partais à Millau où l'affaire contre Monsieur Dvorzack , un éleveur, passait au tribunal.
Nous n'avons vraiment pas de chance avec les éleveurs. Celui-ci, nous l'avions dans le collimateur depuis plusieurs années, nous avions déposé une plainte contre lui dans le Gard. Malheureusement, nous n'avions rien obtenu, il avait été relaxé.
Il avait transporté ses animaux dans l'Aveyron. Avec l'aide de la famille Alonso qui est membre de notre association et qui est très protectrice, nous avons pu suivre sur ce département ses agissements catastrophiques. Des vaches et des veaux sont mort durant le transport, le transfert par camion a été lamentable. Nous avons obtenu gain de cause, après une délibération de quelques jours. Nous avons obtenu 24000 francs d'amende, non pas de dommages et intérêts, mais d'amende payée à l'état.
Pour une fois, un tortionnaire va être un peu plus sérieusement puni. Je reconnais que 24000 francs, c'est peu de chose par rapport à toutes les souffrances endurées par nos amis. Chez cet homme, les cadavres ne se comptent plus. Il a quitté l'Aveyron. Il continue, malgré tout, à côté de Nîmes à faire ce qu'il veut. Ce qui est malheureux, c'est le manque de suivi. Il faudra à nouveau porter plainte. Pour ma part, je regrette que les instances judiciaires ne coupent pas court, carrément, qu'elles n'interdisent pas à ce genre d'éleveur d'avoir des animaux. Le raisonnement de la foi française c'est qu'on ne peut pas interdire à qui que ce soit d'avoir des animaux parce que l'homme est perfectible. Ce qui veut dire que celui qui a torturé des animaux, un jour, peut devenir meilleur et la semaine d'après peut ne plus torturer les animaux. Pour ma part, je n'y crois pas du tout mais la loi est la loi et malheureusement nous devons nous y plier.
Depuis hier nous n'avons pas de courrier, ce qui est un peu dramatique pour nous qui vivons quand même beaucoup avec notre boîte aux lettres. La grève des facteurs du district durera plus de 15 jours.
Mois d'octobre
Le mardi 6 octobre grand choc: nous trouvons notre parc à daims complètement vide. Ce matin, ce n'est pas un daim échappé, mais un parc totalement déserté. L’autre mâle, celui qui restait, Bambou plus Fleur, Bambinette et le petit faon ont disparu, tous partis. Grande tristesse, nous savons que les daims sont considérés, hors de leur enclos, comme gibier de chasse. Octobre est une période de chasse, ils risquent d'être tirés, tués, d'une minute à l'autre.
Le mercredi 7
Je fais faire un constat d'huissier pour les dégâts occasionnés par les daims dits de faune sauvage. Nous espérons le retour de nos daims. Le soir et le matin, je vais avec un seau de nourriture, essayer de voir nos daims. Ça ne traîne pas beaucoup :
le jeudi 8
Nos daims reviennent, nous pouvons les faire rentrer et c'est un grand bonheur. Je me faisais beaucoup de souci, surtout pour ma vieille Bambinette que nous avons depuis de nombreuses années qui est tellement apprivoisée qu'il semble impossible qu'elle puisse revenir à l'état sauvage. Il a fallu faire de très gros frais pour le parc des daims. De toutes façons il est constamment détérioré et le problème reste entier.
Le samedi 16 octobre
Nous accueillons Etoile, une petite jument brune, très mignonne qui était sur le fil du rasoir depuis quelques jours. Elle devait partir à l'abattoir le lundi 19 le maquignon qui l'avait rachetée dans un club avait décidé de la faire tuer. Ne voulant pas garder de chevaux à nourrir l'hiver, il faisait tuer les chevaux qui lui restaient. Il se trouve qu'Etoile avait appartenu à une jeune fille qui ayant eu vent du départ prochain de son ex­-jument pour l'abattoir, s'est mise en tête de la sauver. Malheureusement, elle n'avait pas suffisamment d'argent. Lorsqu'elle m'a appelée au téléphone, je lui ai conseillé d'essayer de faire une petite quête, d'en parler aux gens qui aiment les chevaux, de ramasser un peu d'argent. Je J'ai assurée que nous mettrions ce qui manquerait et que nous sauverions Etoile. Aussitôt dit, aussitôt fait l'association a rajouté la moitié de la valeur d'Etoile. Elle est là maintenant.
Elle est plutôt maigre, il est vrai que les chevaux qui arrivent de chez les maquignons ne sont pas gros.
(Au moment où j'écris ce bulletin, elle a bien changé: elle est toute ronde.)
Ce même jour, nous avons posé la citerne pour le forage que nous avons fait, qui ne donne hélas pratiquement pas d'eau. Il semble que l'hydrogéologue ait fait une erreur. Ce forage risque de ne jamais être opérationnel. Il ne donne de l'eau que lorsqu'il pleut. A mon avis, il s'alimente plutôt dans une nappe d'eau de pluie que dans une vraie nappe phréatique.

Le lundi 19 octobre
En faisant une visite au centre équestre, je découvre Roxane dans son box. Cette grande jument ne travaille plus, parce qu'elle a un abcès au pied. Je regarde son pied, avec l'autorisation de son propriétaire. (Le sabot a été ouvert par le maréchal ferrant ) il sort beaucoup de pus, tout cela est méché. Je me rends compte que c'est sérieux et je propose au centre équestre de prendre Roxane au refuge pour la soigner. Cela libérera un box pour eux, et pour elle se serait peut-être mieux d'être dans un endroit où l'on passe plus de temps au soin. La proposition est acceptée et Roxane est chez nous. Nous la soignons pendant plusieurs semaines et quand je prends conscience qu'il n'y a pas d'amélioration je décide de faire à mes frais, non seulement une visite vétérinaire mais aussi une radio. Bien m'en a pris: la radio montre une ostéomyélite, c'est-à-dire une gangrène sur une phalange du sabot rongée déjà au trois quarts. La jument souffrait beaucoup, boitait. C'est bien plus grave qu'un abcès. Le traitement est complètement différent. Roxane va bien mieux mais avec une ostéomyélite, il n'est plus question pour elle de travailler. A 16 ans, Roxane est définitivement à la retraite. Je remercie Christian, le directeur du centre équestre, qui a accepté d'arrêter cette jument et qui a réglé les frais vétérinaires. Roxane est à notre charge désormais, mais quand même, la démarche du directeur du centre équestre, va plutôt dans le bon sens. Je souhaiterais que d'autres directeurs de centres équestres aient cette démarche au lieu de livrer leurs chevaux au boucher après de nombreuses années de travail intense.
Le jeudi 22 octobre
On nous signale un cheval très maigre qui divague depuis trois jours plus ou moins sur la route, qui traverse des propriétés. La gendarmerie nous demande de bien vouloir en prendre soin, de façon qu'il ne crée pas d'accident. Nous allons donc le récupérer, nous ramenons Black-Jack (nous n'avons su son nom qu'après) un très beau cheval noir, avec un poil très brillant mais malheureusement très maigre. C'est un cheval cob, il est d’origine anglaise. Certes très beau mais mal entretenu: maladie de peau dans la crinière et la queue, les crins plein de croûtes, on sent qu'il est abandonné à son triste sort. Nous en prenons soin, et nous nous mettons en quête du propriétaire dont nous aurons des nouvelles huit jours après. Sa propriétaire était partie en vacances et avait plus ou moins confié le cheval. Lorsque je lui ai reproché la maigreur du cheval, elle a avoué qu'elle n'y connaissait pas grand-chose mais qu'elle l'aimait beaucoup. Elle avait l'air sincère et je lui ai proposé de le garder un mois afin de lui donner toutes les vitamines nécessaires pour qu'il revienne à un état normal pour un cheval de cette taille. Elle accepte et me paie un mois de pension, avec les frais de médicaments, de vitamine, de maréchal-ferrant dont il avait grand besoin.
Depuis et jusqu'à ce jour de février 99, je n'ai plus eu aucune nouvelle de cette femme. Le principal est que le très gentil Black-Jack soit là, qu'il ait beaucoup grossi. J'ai décidé que puisque c'était un de nos chevaux valides, un bon gros pataud, genre un peu demi-lourd de prendre peut-être le temps de le monter un peu, de le remettre au travail. Il faut avouer qu'avec les ennuis avec Croquette et les évènements désagréables qui se sont succédé, j'ai malencontreusement grossi d'une vingtaine de kilos. Je pense que c'est tout à fait nerveux et maintenant si je veux remonter, "il me faut un cheval vraiment costaud." Je crois que l'opportunité, c'est Black­-Jack. Avec le beau de temps, je vais essayer de me libérer une heure de temps à autre pour faire un tour avec lui. Ce sera un plaisir. On aurait pu croire que le mois d'octobre avait apporté suffisamment d'ennuis et bien non.

Le samedi 24 octobre
J'apprends par téléphone qu'un cheval vient d'avoir un accident. Je vais chercher en urgence, une jument qui était attachée dans une écurie, pas loin de chez nous et qui a tiré, s'est débattue toute la nuit pendue par son licol. Accident qui a failli être fatal à notre chère Perle que j'ai trouvée avec un pouls filant et un rythme cardiaque très ralenti. Elle était complètement hébétée, avec un oedème traumatique de la tète. Sa tête avait triplé de volume, c'était affreux: le sang coulait de ses yeux tuméfiés, elle avait également un gros hématome sur la cuisse, une jambe énorme avec un gros oedème aussi. J'ai eu très peur, nous l'avons tirée, poussée, presque portée pour la mettre dans le van pour l'amener au centre. J'ai pu commencer des soins, vraiment intensifs. Sa vie était vraiment en danger. Heureusement, l'amélioration a été assez rapide: de jour en jour la tête a dégonflé, Perle a retrouvé l'usage de sa bouche et a pu se nourrir un peu. Au bout de quinze jours, l’œdème de la tête avait pratiquement disparu, celui de la jambe a mis plus de temps à se résorber. Perle semblait sauvée. Un mois après, elle restait avec le nez et la bouche tordue. Le diagnostic est une paralysie faciale mais qui peut avec un traitement s'atténuer. Je lui ai administré un traitement par piqûres efficace. A ce jour, sa tête est presque normale. Perle reste ici, nous l'avons rachetée, nous n’avons pas voulu qu'elle soit attachée à nouveau. La personne qui l'avait est quelqu'un de très gentil mais qui n'a pas de structures (box ou extérieur) permettant une vie dans de bonnes conditions. Maintenant, elle est dans un parc avec Hard-Rock et cela se passe bien. Je tiens à préciser que le rachat de Perle s'est fait grâce à toute une équipe de jeunes qui ont organisé un concert de rock. Les bénéfices ont été reversés pour le rachat de Perle, l'argent manquant a été rajouté par Marina de Caluire qui est donc sa marraine. Merci à tous.
Novembre:
Nous adoptons Onyx, un petit chaton qui partait pour la S.RA. La présidente de la S.RA, dont le surnom est la "bouchère", a été mise en examen. Quand j'ai su que le petit Onyx partait pour la S.P.A je me suis dit que cela allait faire un cadavre de plus. Il est vrai qu'avec la prétendue épidémie de rage dans le Gard, les euthanasies allaient bon train. En fait, il n'y a eu qu'un seul cas de rage qui n'a d'ailleurs pas été absolument prouvé. Nous pensions placer le très joli petit Onyx, au pelage semi angora.. Le premier soir, il a trouvé le chemin de notre lit et quelques jours après, mon mari et moi décidons qu'il n'était plus à adopter: il est vraiment trop mignon.
Le lundi 9
Nous avons une équipe de Suisses allemands, des amis de mon gendre Christian, ce sont des spécialistes des pieds des chevaux. Il y a un maréchal-ferrant et une podologue pour chevaux. Cette dernière spécialité n'existe pas en France mais en Suisse elle commence à être reconnue. Ils ont fait un excellent travail pendant la durée de leur séjour: deux semaines. Merci à la charmante Magna la podologue et à Willy le formidable maréchal-ferrant. Les pieds de nos protégés ont été particulièrement bien soignés. Cette prestation a été très constructive pour eux aussi: ils ont pu voir des cas de pieds vraiment spéciaux, souffrants de pathologies très différentes et peu répandues.

Le samedi 13 novembre
Le téléphone m'apprenait qu'un petit cheval blanc, genre Camargue, était couché dans la boue. Il faisait très froid. Ce petit cheval semblait agonissant. Le Monsieur qui me prévenait, insistait sur l'urgence de la situation, il ne pouvait entrer dans la cour où le cheval gisait. Il pouvait seulement constater quelques mouvements spasmodiques des membres. Il était très inquiet. Nous prenons rendez-vous pour 13 heures afin qu'il nous conduise sur les lieux. Je peux prendre conscience, en effet, de la gravité de la situation. Je demande à une voisine de nous laisser entrer dans sa cour pour pouvoir pénétrer dans la cour où le cheval se meurt. Il était comme raide mort, les muqueuses blanches, le pouls filant, dans la boue, complètement glacé. C'était un dimanche: je ne pouvais pas avoir de vétérinaire. Mais il était évident qu'il fallait d'abord sortir ce cheval de là. Nous avons supplié la voisine de nous aider, elle nous a procuré les clés, le propriétaire était absent, il était en Espagne. Nous sommes rentrés au centre pour mobiliser tout le monde, nous avons même pris le tracteur parce que malgré nos efforts le cheval ne pouvait se relever. Nous avons dû le sangler, le relever avec la fourche du tracteur avec laquelle nous avons pu le déposer dans le van pour pouvoir le ramener au refuge. Il était si glacé qu'avant de faire quoique ce soit nous avons dû le réchauffer, faire circuler le sang, lui faire des piqûres pour essayer de redonner vie à ce petit corps inerte. Les yeux fermés se sont verts progressivement, il nous a vu l'un après l'autre, il paraissait heureux qu'on s’occupe de lui, il semblait reprendre goût à la vie. Nous l'avons ramené à la maison, suspendu dans un box aménagé pour Croquette, qui nous a servi pendant une longue semaine. Sous perfusion, il a commencé à retrouver une forme de cheval et à reprendre un peu de vivacité. Son installation a été très difficile. Pendant les jours qui ont suivi il a fallu des soins très intensifs et cela jusqu'à la veille de Noël, où il a fait une thrombose, près de la mort encore. J'ai dû passer la nuit, ça a été terrible, à nouveau comme mort, il a fallu le soutenir par tous les moyens afin que la vie puisse renaître. Je précise que ce cheval avait les os et la peau lorsque nous l'avons recueilli. L’analyse de sang mettait en évidence une anémie gravissime c'est pourquoi il a été si difficile de le faire récupérer. Mais en Janvier il était déjà bien mieux et début février il était tout rond. Malheureusement, il souffrait également d'emphysème. Ce cheval qui n'avait jamais été soigné souffrait d'un peu tout. Lorsqu'on arrivait à vaincre une pathologie, c'était une autre qui prenait le dessus et c'était fort compliqué pour Prince, qui était devenu notre Petit Prince. Le Petit Prince a eu beaucoup de mal à se remettre mais il s'est bien remis. Les propriétaires possédaient un deuxième cheval: Full qui était dans le même état que lui mais qui n’était pas encore tombé à terre. Je leur ai donc demandé de me le confier. Dans certains cas, il vaut mieux discuter avec les propriétaires pour sauver les animaux avant qu'il ne soit trop tard plutôt que de faire une action en justice qui peut durer tellement longtemps que les chevaux ont largement le temps de mourir. Je n'ai pas déposé de plainte, j'ai préféré le don des chevaux à l'association.
Le mardi 24 novembre
Nous allons récupérer Full, le copain de Petit Prince, atteint de cachexie: maigre jusqu'à la fonte musculaire. Dès qu'il est arrivé, il a eu droit à beaucoup de soins. Aujourd'hui, il est tout rond. Il était beaucoup moins atteint que Petit Prince, il n'avait pas de pathologie grave, l'anémie a été vite enrayée par les vitamines, les oligo-éléments et autres bons soins.

Le mercredi 25
Notre terrain prend un aspect féerique. Le gel a fait éclater les tuyaux et sculpté des geysers glacés et figés de trois ou quatre mètres de haut. Les gens s'arrêtent sur la route tant le spectacle est magnifique. Beau, certes, mais pour nous c'est la galère encore une fois. J'ai dû racheter, ce jour-là, pour presque 10 000 francs de tuyaux pour pouvoir remettre les circuits d'eau en place afin que les chevaux puissent boire. Cet hiver a été particulièrement froid et... si nous n'avons pas été gênés par les pluies habituelles, nous avons subi les inconvénients provoqués par les grands froids. La sécheresse qui s'est installée risque d'ailleurs d'être grave de conséquence: l'herbe sera rare si elle se prolonge.
Le lundi 30 novembre
Nous apprenons que plusieurs centaines de personnes ont été intoxiquées par de la viande de cheval à Toulouse. Je suis désolée mais au risque de déplaire à certains d'entre vous, j'ai été ravie. Il me semble anormal de manger des animaux domestiques. Mangeriez-vous votre chat, votre chien ? Nous devons tout au cheval y compris notre survie. Des siècles durant il a labouré pour nous, il nous a transporté où nous voulions, il a permis que nous ayons des nouvelles ou que nous en donnions, il a participé à nos guerres, partout et toujours, avec nous. J'espère que les intoxiqués de Toulouse seront guéris à jamais de lui prouver notre reconnaissance en le mangeant.
Le lundi 21 décembre
Rien de bien spécial, sinon un mistral glacial inhabituel qui souffle à 150 kilomètres heures. Dans la plaine rien n’arrête le vent. On est très mal, le travail dehors est particulièrement difficile. Les chevaux face au vent résistent. Eux sont bien protégés, ils ont leur gros poil d'hiver et pour les plus fragiles de grosses couvertures. Quant aux très fragiles, ils sont à l'intérieur.
Le ieudi 24 décembre
Des matériaux ont été offerts par une adhérente bienfaitrice. Jean-Claude a aussitôt commencé un travail de construction de box et après quelques semaines quatre nouveaux box sont achevés. Ce jour prend des allures de fête inaugurale, nous sommes heureux de pouvoir rentrer quatre chevaux de plus.
Nous arrivons aux fêtes de fin d'année, qui ne représente pas grand-chose pour nous. Les animaux ont besoin de nous jours et nuits. A Pâques, Noël ou la Trinité nous nous levons aux mêmes heures que les jours non fériés. Tous les gens qui s'occupent d'animaux le savent: c'est presque un sacerdoce. Je remercie tous ceux qui m'ont envoyé de magnifiques cartes de Noël, de voeux qui ont pensé à nous souhaiter une bonne année. C'est très délicat de leur part et je les en remercie. Puisque j'en suis aux remerciements, je me dois de remercier les fondations amies: Trente millions d'amis, la fondation Bardot, la fondation Bourdon, chacune d'entre elles nous a payé un voyage de foin, ce qui nous a rendu un grand service dans les moments difficiles. La fondation Bourdon nous aide aussi, d'une autre façon. Pour nous c'est réconfortant de savoir que nous sommes soutenus par ces fondations. Merci pour ces dons, qui sont vitaux pur nous. Nous remercions aussi Monsieur Baudot, notre négociant en foin , qui fait preuve toujours d'une immense patience. Nous sommes constamment en compte avec lui. Notre dette diminue assez peu puisque nous avons toujours besoin de ses services et surtout de ce qu'il nous livre.
Merci également à la maison Quintane qui livre le grain. Ils sont toujours très prompts à répondre aux demandes de dernières minutes et ne nous harcèlent pas pour un paiement rapide des factures.
N'oublions pas dans ses remerciements la Société Civile Immobilière (société LPA investissements pour la protection animale) en la personne de Madame Collière pas plus que Messieurs Dardaine et Tardieu dont nous utilisons gracieusement les terres attenantes aux nôtres.
Disons également un grand merci à notre Banque La Société Marseillaise de Crédit, et particulièrement à son directeur que je remercie personnellement d'avoir compris le sens de notre oeuvre. Depuis que nous avons ouvert trois comptes (toute la famille est cliente à la banque), nous n’avons jamais eu de mauvaises paroles et vraiment tout le monde a été très compréhensif. Cette banque est maintenant un partenaire efficace et indulgent.
Merci à nos deux vétérinaires équins: Christophe Pélissier et Charles Balmer, les indispensables, qui eux aussi attendent parfois leurs honoraires. Ils savent qu'ils sont toujours payés mais quelques fois l'attente dure quelques mois, surtout dans les débuts d'année difficile que nous vivons actuellement. Ils continuent à nous fournir les vermifuges, les médicaments. Pour tout cela merci infiniment.
Merci aussi à Valérie Gérard, notre véto chien, chat. C'est une fille absolument adorable que nous n'hésitons pas à déranger le dimanche et les jours fériés et qui nous rend aussi bien des services.
N'oublions pas Maître Olivier MASSAL qui continue à défendre l'association contre les tortionnaires, tout à fait gracieusement. Merci surtout à chacun de vous. Chaque adhérent mérite un grand merci. Pourtant je dirai spécialement merci à nos adhérentes bienfaitrices qui ont fait en sorte que beaucoup plus d'animaux soient abrités, qui nous ont offert des matériaux, de quoi faire des box. Mille fois merci à vous tous. Au moment des fêtes, il faut absolument parler de Mary, une grosse jument, qui allait être tuée à l'abattoir bien qu'elle soit gestante de presque neuf mois.

Le premier janvier
C'était notre cadeau du jour de l'an. Pourquoi allait-elle être abattue si près de la délivrance ? Tout simplement parce qu'elle était en train de devenir aveugle. Elle avait déjà perdu un oeil et l'autre est pratiquement perdu. L’œil aveugle souffrait d'une pathologie un peu délicate et nous avons dû faire opérer cet oeil droit. L’œil gauche subit les mêmes attaques et Mary sera bientôt complètement aveugle. Ce qui ne l'empêche pas d'être une jument adora­blement gentille qui restera au centre. Aveugle ou pas elle a le droit de vivre. Elle est très heureuse avec nous et elle va nous donner un petit poulain qui sera un rayon de soleil et que nous attendons avec impatience.
J'en profite pour vous donner des nouvelles de Marie-Lou, la petite pouliche de Croquette. Elle est devenue fort jolie, elle est mignonne comme tout: c'est une petite chipie, extrêmement vive, qui ne ressemble pas vraiment à Croquette bien qu'un petit quelque chose dans la tête montre la filia­tion. Elle est beaucoup plus fine. En fin d'année, avec son gros poil d'hiver on aurait dit un poney. A l'arrivée du printemps nous l'avons tondue, rentrée, traitée parce qu'elle avait quelques poux. Une fois tondue, elle ressemble à un petit cheval de selle, elle est très mignonne, tout à fait adorable et je pense que Marie-­Lou ne sera ni placée, ni vendue parce qu’elle per­pétue le souvenir de sa maman Croquette que j'ai tant aimée, tant regrettée et même si elle fait partie des chevaux bien portants, elle restera là. En tout cas c'est mon souhait.
Il me reste à vous donner des nouvelles des chevaux d'abord les vieux de la vieille: Grisou, Jacquinot, Sultan sont toujours là. Comme vous le savez Ourasi nous a quitté. Pueblo est dans sa trente quatrième année, Fly, lui atteindra 38 ans cette année 99, Goussa, la petite pur-sang. arabe va toujours bien. Ele fait toujours l'objet d'une instruction judiciaire. Nous attendons toujours le jugement d'appel depuis 92. Quant aux petits ânes, ils sont toujours là. Ils sont en bonne santé, même la vieille Fanny qui à 38 ans va très bien. Je pense qu'un jour ou l'autre le tribunal se décidera à juger cette affaire. En attendant les ânes sont là, ils sont bien mignons. Il y a aussi Hard-Rock, tou­jours avec ses tumeurs sarcoïdes mais qui ne va pas plus mal. Il a toujours très mauvais caractère. Tant qu'il a son mauvais caractère, c'est qu'il va bien. Eole va bien également. Chez les vieux, on est plutôt en forme. Nous vous avons parlé des chevaux que nous avons perdus. Roturier, réformé des courses qui était arrivé en 97 a eu beaucoup de problèmes de santé cette année. C'est un cheval très délicat, extrêmement doux qui préfère les câlins à la mangeoire.
C'est assez rare mais c'est comme ça. Il nous a donné beaucoup de souci. Il a un régime très spécial, il mange peu, il faut toujours être là pour regarder s'il a fini. C'est un cheval particulier mais je crois qu'il ne va pas trop mal. Une place est réservée pour un vieux cheval de trente ans qui devrait arriver prochainement. C'est un cheval qui a travaillé toute sa vie dans un centre équestre, jusqu'à l'année dernière. C'est dire qu'il a travaillé très tard. Je ne pense pas qu'il soit normal qu'un tel cheval parte à l'abattoir. J'attends son arrivée: il vivra ce qu'il vivra, une ou plusieurs années mais il mérite une retraite heureuse après de si longs et loyaux services. Il s'appel­le Damier. Je continue à réduire les arrivées de chevaux, c'est obli­gatoire pour la bonne marche du centre mais c'est toujours avec un gros poids sur le cœur que j'en refuse quelques-uns. J'espère que je n'aurais pas trop de propositions cette année. Souvent lorsqu'ils sont vieux, il faut les racheter et nos moyens ne nous permettent plus de racheter les chevaux à la boucherie. On peut seulement le faire ponctuellement.
Il y a aussi tous les chiens et chats, je dois en refuser souvent. Il me faut aussi vous donner des nouvelles de Stéphan qui a passé quatre ans chez nous et qui n'est pas revenu en 97. J'ai eu des nouvelles une fois, il avait trouvé du travail dans le Périgord. Je com­prends très bien que Stéphan ait envie de vivre une vie de jeune, d'être plus libre. Ici c'est un peu le bagne pour des jeunes de 20 ans. On peut com­prendre qu'il ait le désir de voir autre chose. Je remercie Stéphan pour les quatre ans qu'il a passés ici et peut-être un jour passera-t-il nous dire bonjour. Les effectifs sont réduits: nous avons quand même notre ami Etienne qui est un Monsieur de plus de 60 ans qui, c'est bien normal, n’a pas l'énergie de Stéphan mais qui remplit son rôle, plutôt bien et que remercions aussi. Le travail est énorme. Pour ma part, je suis extrêmement fatiguée mais je tiens le coup. Je me sens quand même bien aidée morale­ment et financièrement par vous tous. C'est un grand réconfort de savoir que beaucoup de personnes pen­sent à nous. Merci donc de vos lettres magnifiques, de vos coups de téléphone chaleureux, de votre aide financière.

Vous savez qu'il est important pour moi que le centre soit un lieu agréable pour nos animaux et pour nous bien sûr puisque nous y vivons tout au long de l'année. Je tiens à ce que le refuge soit un exemple de propreté. C'est vrai que ce n'est pas simple, nous ne sommes pas assez nombreux. Il y a tant de priori­té dont ces enquêtes qui me prennent tant de temps.
Je suis sans arrêt appelée à droite, à gauche pour des réalités complètement lamentables. Il y a certaines enquêtes auxquelles je ne me rends pas. J'ai honte de le dire mais je ne peux pas aller partout. Certaines demandent de faire de longs déplacements dans le Vaucluse, dans la Lozère, dans l'Aveyron: ce n’est pas toujours facile. Je fais comme je peux: lorsqu'il y a un choix à faire entre les soins urgents à donner et une enquête, je choisis prioritairement de sauver les chevaux ici. Dans chaque bulletin, je dis un petit mot sur mon mari, Jean-Claude. Cette fois je voudrais en dire plus. Il mérite notre considération d'abord parce qu'il me supporte. Il a supporté le fait que je commence à prendre 5 chevaux puis 10 puis ... jusqu'à 130, sans compter les chiens, les chats et un refuge. Il a parfois râlé un peu mais vraiment très peu. Peu d'hommes auraient supporté autant de charges. Il y a un deuxième raison à cette grande considération pour Jean-Claude. Dès qu'il a terminé le travail à son cabinet dentaire, il se transforme en menuisier, en ébéniste, en plombier. Il assume tous les corps de métier possible et imaginable. Ce n'est pas un bricoleur mais un perfectionniste qui a construit des box qui sont de petites merveilles. Je vous invite à venir voir. Il sait absolument tout faire. Il a posé des canalisations partout pour abreuver les chevaux. En ce moment nous avons posé des abreuvoirs automatiques, nous espérons, avec l'argent qui rentrera des cotisations, pouvoir acheter d'autres abreuvoirs automatiques: les corvées d'eau, tous les jours, prennent un temps considérable. De plus en plein été l'eau manque souvent dans les récipients (les chevaux donnent des coups de pieds dedans, les cassent ou les renversent). Pour le bien être de nos protégés et pour nous éviter aussi ces tours de rein dus à la manipulation de gros bidons de 30 litres ce serait beaucoup plus fonctionnel d'avoir des abreuvoirs automatiques dans la plupart des parcs. Il y aura donc ce travail de pose à faire, d'autres chemins sont à aménager.
Si un petit bout de chemin a été fait, il y en a beaucoup d'autres qui sont encore impraticables l'hiver et qui nous posent de gros problèmes. Cette année nous n'avons pratiquement pas eu de pluie mais pendant quinze jours nous avons eu beaucoup de mal à monter dans les près du haut, nous avons dû descendre les chevaux. Cela aussi va être un chantier à entreprendre. Par ailleurs, si nous voulons obtenir un permis de construire, il nous faut aussi agrandir notre mare pour faire une pièce d'eau qui soit une réserve utilisable éventuellement par les pompiers. C'est aussi un problème d'argent le devis est de 300000 francs pour faire cette pièce d'eau. Tous ces aménagements posent problèmes, demandent de gros investissements. Quant aux conduites d'eau qui gèlent régulièrement nous aimerions en enterrer une grande partie afin d'éviter ce genre de problème, ce qui à long terme serait moins coûteux que le remplacement épisodique des conduites. Quelques enclos en bois, différents des parcs en fils électriques sont aussi à refaire: nous avons souvent des chevaux et surtout des poneys qui ne respectent pas l'électricité, il nous faut pour eux des enclos: parcs en bois qui sont aussi utilisés par les vaches. Il en faudrait davantage. Cela fait partie des projets de construction.. Un petit local de douche avec toilettes serait indispensable pour les bénévoles. Je ne dispose que de deux pièces et c'est le défilé pour aller à la salle de bain. Ce n'est pas que je sois "la fourmi pas prêteuse" mais c'est vrai qu'à "nos âges" mon mari et moi avons besoin d'intimité et que ce n'est guère agréable pour les bénévoles d'avoir à nous envahir. Quant à la douche pour les chevaux, surtout réservée à ceux qui ont des problèmes de jambe, (or ici ils sont nombreux ce qui la rend indispensable) sa construction sera mise en route mi-avril grâce à une adhérente qui s'est proposé pour la financer. Bien sûr, en attendant nous utilisons le pis-aller du tuyau d'arrosage peu pratique, les chevaux et nous pataugeons dans de la boue qu'ils projettent généreusement sur nous, après quoi nous n'avons plus besoin de tenue de camouflage! Quand on pourra disposer d'une douche couverte, utilisable même par temps de pluie, avec un sol en dur et un écoulement ce sera formidable. Merci à la merveilleuse donatrice qui assure ce financement, ce n'est d'ailleurs pas son premier geste, nous la remercions infiniment. Nous espérons pouvoir faire une douzaine d'abris, minimum pour espérer pouvoir abriter presque tous les animaux. Les chevaux Camargue ne craignent pas grand-chose et peuvent attendre une année encore, à part Gilou, cette Camargue un peu moins en santé et que nous rentrons régulièrement quand il est fait très mauvais, mais les autres sont très heureux dehors. Nos "tout rond" galopent allègrement sous la pluie. Dans les prévisions de travaux, il faut aussi que je note une éventuelle clôture. Nous avons une grande partie de la propriété clôturée avec du grillage. Nous aimerions continuer cette clôture, pour éviter toute errance des chiens et pour que les chevaux lorsqu'ils cassent les fils électriques des parcs soient contenus dans la propriété, sans aucune possibilité d'accès à la route. A ce jour, nous n'avons jamais eu de chevaux tués sur la route alors qu'autour de nous cela arrive très fréquemment. Les gens ont 1 ou 2 chevaux, et ne sont pas capables de les garder chez eux, c'est dramatique. Cette clôture serait une sécurité nécessaire. Les projets d'aménagement ne manquent pas et j'en oublie.

Je voulais vous reparler de quelques chevaux qui mangent l'écorce des arbres et qui les font mourir. Cette manie se transmet aux autres chevaux, beaucoup de nos grands chênes blancs ont été abîmés. Maintenant nous les protégeons en entourant les troncs de grillage. Cela coûte cher d'autant que nous avons dû le faire faire par manque de temps. Grillage, main d’œuvre, ça chiffre vite! A terme tous les arbres seraient morts et il n'y aurait plus, dans les parcs, un brin de cette ombre si nécessaire dans une région qui vit des chaleurs caniculaires en été. Les frais ne manquent pas, mais je suis sure que vous êtes conscients de nos difficultés pour faire tourner, dans les meilleures conditions, un refuge aussi important que le nôtre. Je ne vous rappellerai pas dans chaque bulletin tous nos frais fixes dont vous avez une idée.
Cette année il nous faut aussi changer le van, le nôtre a beaucoup trop servi, le toit s'est ouvert en passant sous un pont légèrement trop bas, il prend l'eau, il est vraiment très abîmé par l'usage intensif.
J'aimerais aussi construire une petite buvette pour le printemps et l'été. Nous avons pas mal de visite, il serait intéressant de vendre quelques boissons comme nous le faisions au Marican. ce ne sont pas ces recettes qui nourriront nos animaux mais cela permettrait de donner un peu d'argent de poche à nos jeunes.

Délibération pour l'affaire de Monsieur Cruze de Saint Laurent d'Aigouzes, ce Monsieur a eu 10000 francs d'amande et 6 mois de prison avec sursis. Ce qui est proprement scandaleux. C'est ­un jugement dont l'intéressé peut se moquer absolument. Prison avec sursis bof ! Quant à l'amende, il a tellement gagné d'argent avec la revente de ses chevaux que c'est parfaitement dérisoire. Le sort de ces malheureux chevaux avait tellement apitoyé toute la France, que les gens se sont déplacés de ses quatre coins pour les racheter. Quand on y pense, loin de lui coûter, il sort grand bénéficiaire de cette horreur. "Le jour viendra où le fait de tuer un animal sera condamné au même titre que celui de tuer un humain" écrivait Léonard de Vinci. Cinq siècles ont passé et nous devons attendre encore. La société n'exige toujours pas que les hommes soient plus humains...
Ce mois de février
Nous faisons une demande de subvention au conseil régional pour l'aménagement d'une réserve d'eau qui permettrait d'obtenir un permis de construire en dur, qui nous a été refusée pour manque de sécurité incendie.
Ce bulletin est la seule liaison entre vous et nous. Il est aussi un appel à cotisation. Pour tous ceux qui ont déjà envoyé leur cotisation avant la réception du bulletin, cet appel n’a pas lieu d'être, encore que si vous le souhaitez.... quant à vous qui attendez le bulletin nous comptons sur vous, vous êtes le cœur de ce refuge qui ne peut vivre sans vous. Nous vous remercions de ne pas ranger ce bulletin au fond d'un tiroir. Merci, à tous ceux qui nous ont beaucoup aidé et merci à ceux qui vont le faire. Je ne suis que le porte parole de tous ces animaux qui sont si reconnaissants.
Nous vous invitons à la traditionnelle assemblée générale fixée, cette année, au samedi 3 juillet au refuge même. Cette date correspondant au début des vacances pourrait permettre à certains d'entre vous de faire partie des nôtres.... J'espère vous gâter un peu avec le dépliant couleur, qui toujours grâce à mon gendre imprimeur, ne coûte pas grand chose.
A bientôt, à l'année prochaine. J'espère que vous serez satisfaits de ce compte rendu. Je fais ce que je peux, je l'ai déjà dit, je ne suis pas une grande intellectuelle, ce n’est pas facile de mettre en place ce bulletin, vous pardonnerez mes maladresses.
Je vous embrasse tous, à bientôt j'espère.

Paula Loïs

Dernière minute : France 3 est venue faire un reportage au centre qui passera sur cette chaîne lors de l'émission Le magazine du cheval qui a lieu le samedi à 14 h. Nous n'avons aucune idée de la date de diffusion, probablement en mai ou juin­, mais un peu de vigilance vous permettra de remarquer sur vos journaux spécialisés cette date.
Dernière minute: Damier est arrivé, nous sommes tranquilles et rassurés sur son sort, il est au centre. Il est un peu maigrichon, j'espère le remettre en état.